Signaleur routier au Québec : formation, salaire et travail l'hiver
Formation obligatoire renouvelée aux 3 ans, minimum de 24,50 $ l'heure, équipement, règles au bord de la route et conseils de la CNESST pour le froid.
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Le signaleur routier dirige la circulation près d'un chantier, d'un événement ou d'une entrave sur la route. Plusieurs agences de sécurité offrent aussi ce service, et bien des agents se demandent s'ils peuvent le faire avec leur permis. C'est un métier à part, avec sa propre formation, son propre décret et son propre salaire minimum. Et avec l'hiver qui arrive, c'est aussi l'un des postes les plus exposés au froid. Voici les règles, tirées des textes officiels.
Quelle formation faut-il pour être signaleur routier ?
La formation est obligatoire. L'article 10.3.2 du Code de sécurité pour les travaux de construction exige que l'employeur s'assure que le signaleur routier connaît ses responsabilités, qu'il a suivi une formation reconnue par l'ASP Construction, et qu'il porte un vêtement à haute visibilité et les accessoires prévus par les normes de signalisation routière.
Le cours s'appelle simplement « Signaleur routier ». Deux organismes le donnent :
- ASP Construction, en salle : 5 h 30 de formation, plus une pause repas. L'organisme précise que la formation est obligatoire pour exercer le métier et qu'elle doit être renouvelée tous les 3 ans
- AQTr (centre TransForm), en ligne : 3 h 30 de cours et 45 minutes d'examen, à 294 $ plus taxes en 2026. Il faut un ordinateur, et la certification est valide 3 ans
Le ministère des Transports et de la Mobilité durable exige de son côté que tous les signaleurs qui travaillent sur son réseau soient formés et détiennent une carte de signaleur.
Attention à ne pas confondre : le signaleur routier dirige les usagers de la route, alors que le signaleur de chantier guide les camions et la machinerie à l'intérieur du chantier. Ce sont deux formations distinctes, et l'ASP Construction précise qu'il est interdit de faire les deux fonctions en même temps.
Faut-il aussi le cours de 30 heures de la construction ?
Sur un chantier de construction, oui. L'article 2.4.2 du même Code oblige l'employeur à s'assurer que les travailleurs du chantier ont réussi le cours « Santé et sécurité générale sur les chantiers de construction », qui dure 30 heures. L'AQTr indique que ce cours est exigé pour les signaleurs routiers. Demandez à l'employeur ce qu'il exige avant de vous inscrire.
Un agent de sécurité peut-il faire de la signalisation avec son permis ?
Le permis d'agent de sécurité ne remplace pas la formation de signaleur routier. Ce sont deux cadres différents.
La Loi sur la sécurité privée définit le gardiennage comme la surveillance ou la protection de personnes, de biens ou de lieux, surtout pour prévenir la criminalité et maintenir l'ordre. Elle ne parle pas de diriger la circulation. Le Décret sur les agents de sécurité, lui, exclut en toutes lettres les salariés qui exécutent des travaux de signalisation routière (article 2.03). Ces salariés relèvent d'un autre texte : le Décret sur le personnel de l'industrie de la signalisation routière du Québec.
En pratique, un agent qui veut aussi faire de la signalisation routière doit suivre la formation de signaleur, et son salaire pour ces heures suit le décret de la signalisation, pas celui des agents de sécurité. Pour ce dernier, voyez notre page sur le salaire et les primes des agents de sécurité.
Combien gagne un signaleur routier ?
Le décret de la signalisation routière fixe un taux horaire minimum de 24 $ depuis le 23 février 2025. Il ajoute une prime de 0,50 $ l'heure pour le salarié qui fait un travail de signaleur routier, ce qui donne au moins 24,50 $ l'heure.
| Ce que prévoit le décret | Montant ou règle |
|---|---|
| Taux horaire minimum | 24,00 $ |
| Prime de signaleur routier | 0,50 $ l'heure |
| Prime si l'employeur ou le client exige une attestation de l'ASP Construction | 0,25 $ l'heure |
| Bottes de sécurité | 0,10 $ par heure régulière |
| Autres équipements de protection | Fournis gratuitement par l'employeur |
| Repas | 30 minutes payées par tranche de 5 heures consécutives |
| Présence au travail | Indemnité minimale de 4 heures |
| Heures supplémentaires | Majorées de 50 % après 40 heures |
Le décret ne couvre pas tout le monde. Il ne s'applique pas aux employés des gouvernements et des municipalités, ni aux salariés qui travaillent seulement pour un employeur de la construction, ni à ceux qui font de la signalisation pour les besoins de leur propre employeur. Demandez toujours qui sera votre employeur et quel texte s'applique.
Quel équipement est obligatoire ?
Selon l'aide-mémoire de l'ASP Construction, le signaleur routier doit avoir en tout temps :
- un casque de sécurité jaune-vert fluorescent avec une bande rétroréfléchissante blanche
- un vêtement jaune-vert fluorescent avec des bandes rétroréfléchissantes à l'avant, à l'arrière et sur les côtés, conforme à la norme CSA Z96
- des chaussures de sécurité
- le panneau du signaleur, « Lentement » d'un côté et « Arrêt » de l'autre
- un moyen de communication, comme une radio, dès qu'il y a plus d'un signaleur
Dans l'obscurité ou par faible lumière, un bâton lumineux rouge peut s'ajouter au panneau. Le ministère des Transports précise aussi que l'endroit où se tient le signaleur doit être éclairé la nuit pour qu'il soit visible de loin. L'ASP suggère d'avoir en plus un sifflet, un imperméable et des gants ou des moufles bien visibles.
Où se place le signaleur, et à quelle distance doit-on le voir ?
La CNESST recommande que le signaleur se tienne debout, face à la circulation, sur l'accotement, à environ 7 mètres derrière le panneau de la ligne d'arrêt, avec une zone de refuge repérée d'avance. Il ne doit pas s'approcher d'un véhicule ni tenter de l'intercepter. Si un conducteur passe outre, on note la plaque et on avise la police.
Les conducteurs doivent pouvoir le voir d'assez loin pour s'arrêter. La distance minimale dépend de la vitesse affichée :
| Vitesse affichée | Distance minimale de visibilité |
|---|---|
| 30 km/h | 50 m |
| 40 km/h | 65 m |
| 50 km/h | 85 m |
| 60 km/h | 105 m |
| 70 km/h | 130 m |
| 80 km/h | 160 m |
| 90 km/h | 185 m |
| 100 km/h | 220 m |
Autre règle importante : selon la CNESST et l'ASP Construction, pour les travaux de courte et de longue durée, le signaleur ne doit pas diriger la circulation sur les routes où la vitesse affichée est de 70 km/h et plus. On utilise alors une barrière de contrôle, des feux de circulation pour travaux ou un chemin de détour. Il existe des exceptions, par exemple pour l'arpentage ou à une intersection déjà contrôlée par des feux ou un panneau d'arrêt. La CNESST rappelle d'ailleurs que le recours à un signaleur ne devrait pas être systématique.
Les conducteurs sont-ils obligés d'obéir au signaleur ?
Oui. L'article 311 du Code de la sécurité routière oblige toute personne à obéir aux ordres et aux signaux d'un signaleur chargé de diriger la circulation lors de travaux, d'événements exceptionnels ou de compétitions sportives, même si la signalisation indique autre chose. L'amende pour le conducteur qui désobéit est de 300 $ à 600 $ (article 314.2). Et dans une zone de travaux, l'amende pour excès de vitesse est doublée (article 516).
Travailler dehors l'hiver : ce que recommande la CNESST
Le signaleur reste debout, souvent immobile, pendant des heures. La CNESST nomme la posture statique parmi les facteurs de risque au froid : elle ne produit pas de chaleur. Sa brochure Travailler au froid donne des repères utiles :
- La vigilance commence tôt. Dès que la température à l'abri du vent passe sous 5 °C, il faut faire attention
- Le vent change tout. À -20 °C avec un vent de 30 km/h, l'indice de refroidissement est de -33. Entre -28 et -39, la peau exposée peut geler en 10 à 30 minutes
- Des pauses au chaud. La CNESST propose un régime d'alternance entre le travail et le réchauffement, avec des pauses de 10 minutes dans un endroit chauffé. Pour un travail léger comme celui du signaleur, elle demande d'appliquer le niveau plus protecteur de son tableau
- Des couches plutôt qu'un gros manteau. Un sous-vêtement qui éloigne l'humidité, des couches isolantes, une couche extérieure coupe-vent et imperméable. On évite le coton
- La tête et les pieds. Une doublure isolante sous le casque, et des chaussures antidérapantes, imperméables et isolées
- Boire chaud. Des boissons chaudes et sucrées ou de la soupe. On évite le café et l'alcool
- Rester au sec. On ne retourne pas au froid avec des vêtements humides
L'employeur a aussi sa part : un abri chauffé, des écrans contre le vent quand c'est possible, et un moyen de communication pour un travailleur isolé.
Reconnaître une gelure ou une hypothermie
Une gelure se voit à une peau blanchâtre ou cireuse et à un engourdissement. On ne frotte pas la zone, on ne la masse pas et on ne la met pas contre une source de chaleur directe : on la réchauffe graduellement. L'hypothermie, elle, peut survenir même au-dessus du point de congélation. Les signes sont les frissons, la maladresse, une difficulté à parler, de la confusion et de la somnolence. La personne ne s'en rend généralement pas compte : surveillez-vous entre collègues. C'est une urgence médicale.
L'hiver amène aussi la noirceur plus tôt, les précipitations et la chaussée glissante. Le Code de la sécurité routière oblige les conducteurs à ralentir dans ces conditions (article 330), mais le signaleur a intérêt à garder sa zone de refuge dégagée et à vérifier que son poste est bien éclairé avant la tombée du jour.
Un métier à risque
La CNESST a enregistré 215 lésions professionnelles chez les signaleurs routiers en 2022, dont 18 liées à un heurt avec un véhicule ou un équipement mobile. La même année, 822 personnes ont été blessées dans une zone de travaux ou à son approche, dont 8 sont décédées. Outre les heurts, la CNESST nomme parmi les risques l'hypothermie, le coup de chaleur et les agressions verbales ou physiques. Sur ce dernier point, nos conseils pour désamorcer une personne agressive s'appliquent aussi au bord de la route.
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Questions fréquentes
Quel est le salaire d'un signaleur routier ?
Au Québec, le décret de la signalisation routière fixe un taux horaire minimum de 24 $ depuis le 23 février 2025. Une prime de 0,50 $ l'heure s'ajoute pour le travail de signaleur routier, ce qui donne au moins 24,50 $ l'heure. Le décret ne s'applique pas aux employés des gouvernements et des municipalités, ni aux salariés qui travaillent seulement pour un employeur de la construction, ni à ceux qui font de la signalisation pour les besoins de leur propre employeur.
Comment devenir signaleur routier ?
Au Québec, il faut suivre la formation « Signaleur routier » reconnue par l'ASP Construction, exigée par l'article 10.3.2 du Code de sécurité pour les travaux de construction. L'ASP Construction la donne en salle et précise qu'elle doit être renouvelée tous les 3 ans. L'AQTr la donne en ligne, et sa certification est valide 3 ans. Sur un chantier de construction, l'article 2.4.2 du même Code exige aussi le cours de 30 heures « Santé et sécurité générale sur les chantiers de construction ».
Quelle est la différence entre un signaleur de chantier et un signaleur routier ?
Le signaleur routier dirige les usagers de la route, alors que le signaleur de chantier guide les camions et la machinerie à l'intérieur du chantier. Au Québec, ce sont deux formations distinctes. L'ASP Construction précise qu'il est interdit de faire les deux fonctions en même temps.
Quel est le prix d'une formation de signaleur routier ?
Au Québec, la formation en ligne de l'AQTr coûte 294 $ plus taxes en 2026, pour 3 h 30 de cours et 45 minutes d'examen. Pour la formation en salle de l'ASP Construction, demandez le prix à l'organisme.
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Sources
- Code de sécurité pour les travaux de construction (RLRQ, c. S-2.1, r. 4), articles 2.4.2 et 10.3.2, LégisQuébec.
- Formation « Signaleur routier » et aide-mémoire « Le signaleur routier », ASP Construction.
- Formation en ligne « Signaleur routier », centre TransForm de l'AQTr.
- Contrôle de la circulation par un signaleur, ministère des Transports et de la Mobilité durable.
- Décret sur le personnel de l'industrie de la signalisation routière du Québec (RLRQ, c. D-2, r. 16.1), articles 4, 5, 10, 11 et 38 à 40, LégisQuébec (à jour au 1er juin 2026).
- Décret sur les agents de sécurité (RLRQ, c. D-2, r. 1), article 2.03, LégisQuébec.
- Loi sur la sécurité privée (RLRQ, c. S-3.5), article 1, LégisQuébec.
- Code de la sécurité routière (RLRQ, c. C-24.2), articles 311, 314.2, 330 et 516, LégisQuébec.
- Positionnement sécuritaire du signaleur routier, CNESST, 2025.
- Travailler au froid : prévenir et soigner les lésions dues au froid, CNESST, 4e édition, 2024.
- Signaleurs routiers, CNESST.
- Communiqué de la CNESST du 7 août 2023 et communiqué du 3 juillet 2023 sur le plan d'action 2023-2026, Québec.ca.