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Agent de sécurité Québec
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Actualités
Permis du BSP : ce qu'il en coûte et comment ne pas le perdre
188,50 $ pour une première demande, 87,50 $ par année ensuite, et un renouvellement à envoyer au moins 45 jours avant l'échéance du permis.
Au Québec, impossible de travailler comme agent de sécurité sans un permis du Bureau de la sécurité privée (BSP). Ce permis coûte de l'argent à l'entrée, puis chaque année, et il peut se perdre pour des raisons très simples : un paiement oublié, un formulaire envoyé trop tard. Voici les frais en 2026, et comment réussir son renouvellement pour le garder valide.
Pour les conditions d'admissibilité, les documents et les étapes de la demande, consultez notre guide complet du permis BSP. Cet article se concentre sur l'argent et sur l'échéance.
Combien coûte le permis du BSP ?
Voici les droits publiés par le BSP pour un permis d'agent, en vigueur en 2026.
Démarche
Frais
Total
Première demande
69,50 $ (droits du permis) + 119,00 $ (vérification de sécurité)
188,50 $
Droits annuels
69,50 $ (droits du permis) + 18,00 $ (veille sécuritaire)
87,50 $
Renouvellement (aux 5 ans)
69,50 $ (droits du permis) + 119,00 $ (vérification)
188,50 $
Ajout d'une catégorie
69,50 $
69,50 $
Remplacement ou copie du permis
31,25 $ + taxes
31,25 $ + taxes
La vérification de sécurité et la veille sécuritaire ne sont facturées qu'une fois, même si vous détenez plusieurs permis d'agent. La veille sécuritaire correspond aux vérifications que la Sûreté du Québec peut faire en continu pendant la durée du permis.
Les frais changent-ils chaque année ?
Oui. Le BSP précise que ses droits sont indexés de plein droit le 1er janvier de chaque année, selon la hausse de l'indice général des prix à la consommation. Les montants ci-dessus sont ceux de 2026. Vérifiez la page du BSP avant de payer en 2027 ou plus tard.
Les frais du permis, de la vérification de sécurité et de la veille sécuritaire ne sont pas remboursables. Un refus ou un abandon ne vous rend pas votre argent.
Combien coûte le permis sur 5 ans ?
Le permis est valide 5 ans, et les droits annuels sont exigibles à chaque date anniversaire du permis. En prenant les tarifs de 2026, sans tenir compte de l'indexation, on obtient ceci :
Première demande : 69,50 $ + 119,00 $ = 188,50 $
Droits annuels aux 4 dates anniversaires (2e à 5e année) : 4 × (69,50 $ + 18,00 $) = 4 × 87,50 $ = 350,00 $
Total pour les 5 premières années : 188,50 $ + 350,00 $ = 538,50 $, soit environ 108 $ par année
Au bout de 5 ans, le renouvellement coûte de nouveau 188,50 $ (au tarif de 2026). Ajoutez au besoin une copie du permis (31,25 $ + taxes) si vous perdez votre carte.
Ce calcul est une estimation fondée sur les tarifs publiés par le BSP en 2026. Le montant réel sera un peu plus élevé : les droits sont indexés chaque 1er janvier.
Qui paie : l'agent ou l'agence ?
Le BSP ne dit pas qui doit payer. Il précise seulement que le permis demeure le vôtre même si c'est votre employeur qui en a payé les coûts. Qui paie est une question à poser à l'embauche, et à faire mettre par écrit si l'agence s'engage à payer.
Comment payer les droits du BSP ?
Le BSP accepte la carte de débit, la carte de crédit ou prépayée, l'argent comptant, le chèque et le mandat-poste ou bancaire. Le virement Interac n'est plus accepté. Les détails, et le changement d'affichage du Registre public pendant un renouvellement, sont expliqués dans notre article sur le paiement et le registre.
Comment renouveler son permis d'agent de sécurité ?
Le BSP vous envoie le formulaire de renouvellement pendant la 5e année du permis. Selon sa foire aux questions, ce formulaire, accompagné des documents et des paiements exigés, doit être retourné au plus tard 45 jours avant l'expiration. Sinon, il faut soumettre une nouvelle demande complète.
Notez la date d'expiration inscrite sur votre permis.
Reculez de 45 jours : c'est votre vraie date limite.
Remplissez le formulaire dès sa réception, avec les documents demandés.
Payez les droits de renouvellement par un mode accepté.
Gardez une preuve de l'envoi et du paiement.
Au renouvellement, le BSP transmet de nouveau votre dossier à la Sûreté du Québec pour vérification (article 27 de la Loi sur la sécurité privée). Les 119,00 $ de vérification se paient de nouveau.
Qu'est-ce qui peut faire perdre son permis ?
Selon l'article 30 de la Loi sur la sécurité privée, le BSP peut suspendre, révoquer ou refuser de renouveler le permis d'un agent qui :
ne satisfait plus aux conditions de délivrance du permis
ne paie pas ses droits annuels
occupe un emploi incompatible avec son activité de sécurité privée (la loi cite notamment un emploi dans un corps de police)
a été déclaré coupable d'une infraction à la loi ou à ses règlements
a contrevenu aux normes de comportement fixées par règlement
Le cas le plus bête est l'oubli de paiement. Selon la foire aux questions du BSP, sans paiement à la date anniversaire, le permis est suspendu, puis révoqué après le délai indiqué dans l'avis de suspension. Pendant la suspension, vous ne pouvez exercer aucune activité de sécurité.
L'article 24 de la loi oblige aussi le titulaire à aviser le BSP sans délai de tout changement susceptible d'affecter la validité de son permis. Une accusation ou une condamnation criminelle en fait partie. Ce sujet est traité en détail dans notre article sur le casier judiciaire et le permis.
Que faire si l'on déménage ou perd sa carte ?
Le BSP vous écrit pour le renouvellement et pour les droits annuels. Avec une adresse périmée, vous risquez de ne jamais recevoir le formulaire. Le BSP demande d'être avisé de tout changement et de tout nouvel employeur. En cas de doute sur la façon de mettre à jour vos coordonnées, appelez-le au 514 748-7480 ou au 1 877 748-7483.
Si votre permis est perdu ou volé, remplissez le formulaire de demande de remplacement. Les frais sont de 31,25 $ plus les taxes.
Le BSP rembourse-t-il les frais si ma demande est refusée ?
Non. Le BSP indique que les frais du permis, de la vérification et de la veille sécuritaire ne sont pas remboursables.
Que se passe-t-il si j'envoie mon renouvellement moins de 45 jours avant l'échéance ?
Le BSP exige le formulaire au plus tard 45 jours avant l'expiration. Passé ce délai, il faut soumettre une nouvelle demande complète. Communiquez avec lui au plus vite pour connaître la marche à suivre.
Puis-je travailler si mon permis est suspendu pour droits impayés ?
Non. Un permis suspendu ne permet d'exercer aucune activité. Payez les droits sans attendre, avant que la suspension mène à une révocation.
En ligne, à jour : agentdesecuritequebec.com/nouvelles/permis-bsp-frais-renouvellement/
Salaire et décret
Les primes du décret que plusieurs agents ne réclament pas
Nuit, santé, secourisme, service à la clientèle : les primes du décret, leurs conditions et comment vérifier sa paie pour ne rien perdre.
Le taux horaire n'est pas toute la paie. Le Décret sur les agents de sécurité prévoit aussi des primes à l'heure qui s'additionnent au taux minimum de 20,60 $ (classe A, depuis le 28 juin 2026). Selon le décret, plus d'une prime à la fois peut être applicable. Pourtant, plusieurs agents passent à côté d'une prime parce qu'une formation est expirée, parce qu'une attestation n'a jamais été remise à l'employeur ou simplement parce qu'ils ne savent pas que la prime existe. Voici la liste complète, les conditions exactes et la façon de vérifier sa paie.
Quelles sont toutes les primes du décret des agents de sécurité ?
Les primes sont définies à l'article 1.01 du décret et leurs montants sont fixés dans le tableau de l'article 4.07. Ces montants sont des minimums. Ils sont les mêmes du 28 juin 2026 au 4 juillet 2027 (et, sauf P-13, depuis le 2 août 2023).
Prime
Condition exacte selon le décret
Montant à l'heure
P-1
Formation spéciale pour combattre les incendies et membre de l'équipe incendie à la demande du client ou de l'employeur
0,35 $
P-2
Fonction d'utiliser un radar, ou autorisation de délivrer des constats d'infraction (stationnement ou autre loi ou règlement)
0,55 $
P-3
Travail dans un établissement de santé et de services sociaux, avec une formation en gestion de crise d'au moins 16 heures, donnée par un formateur reconnu par le Crisis Prevention Institute et suivie au cours des 2 dernières années (aussi versée dans un autre secteur si le client exige cette formation)
2,00 $
P-4
Formation de secouriste, RCR et défibrillateur d'au moins 16 heures, donnée par un organisme reconnu par la CNESST et suivie au cours des 3 dernières années
0,60 $
P-6
Travail avec une arme
2,50 $
P-7
L'agent a besoin d'un abri et doit utiliser son automobile à cet effet
3,00 $
P-8
Secteur judiciaire ou parajudiciaire (tribunaux, palais de justice, surveillance de détenus, de témoins ou de jurés), avec une formation sur l'usage de la force d'au moins 20 heures, donnée par un formateur reconnu par l'A.P.A.S. et suivie au cours des 2 dernières années (aussi versée ailleurs si le client l'exige)
2,00 $
P-9
Aucun uniforme fourni à l'agent
0,15 $
P-10
Le client ou l'employeur exige l'attestation de l'ASP Construction
1,00 $
P-11
Heures travaillées entre 22 h et 6 h
1,00 $
P-12
Formation en service à la clientèle d'au moins 4 heures, donnée par l'A.P.A.S. ou une école reconnue par le BSP et suivie au cours des 2 dernières années
0,50 $
P-13
Travail pendant un état d'urgence sanitaire déclaré par le gouvernement sur tout le territoire québécois
2,00 $
La prime P-5 n'existe plus : son paragraphe est abrogé et sa ligne est marquée « supprimée » dans le tableau. La prime P-13 est inactive tant qu'aucun état d'urgence sanitaire n'est déclaré.
Quelle est la prime de nuit pour un agent de sécurité ?
La prime P-11 est de 1,00 $ l'heure, seulement pour les heures travaillées entre 22 h et 6 h. Sur un quart de 18 h à 2 h, quatre heures y donnent droit. Elle ne dépend d'aucune formation. Les détails (repas, heures supplémentaires, sécurité) sont dans notre article sur l'agent de sécurité de nuit.
Quelles primes dépendent d'une formation encore valide ?
Quatre primes tombent dès que la formation dépasse son délai. C'est là que se perdent le plus de dollars.
P-3 (gestion de crise) : 16 heures minimum, suivie il y a moins de 2 ans
P-4 (secourisme, RCR, défibrillateur) : 16 heures minimum, suivie il y a moins de 3 ans
P-8 (usage de la force) : 20 heures minimum, suivie il y a moins de 2 ans
P-12 (service à la clientèle) : 4 heures minimum, suivie il y a moins de 2 ans
Dans chaque cas, le décret exige une attestation émise par le formateur. Gardez une copie et remettez-en une à votre employeur. Notez aussi la date d'échéance : le lendemain du délai, la prime ne s'applique plus. Sur notre site, les agents inscrits reçoivent un rappel avant l'expiration de leurs formations. Créer mon profil
La prime P-3 et le milieu hospitalier sont expliqués en détail dans notre article sur l'agent de sécurité à l'hôpital.
Les primes du décret se cumulent-elles ?
Oui. Un agent de classe A qui travaille de nuit dans un hôpital, avec ses formations en gestion de crise, en secourisme et en service à la clientèle à jour, touche au moins :
Élément
Montant à l'heure
Taux minimum, classe A
20,60 $
P-3 (établissement de santé)
2,00 $
P-11 (nuit)
1,00 $
P-4 (secourisme)
0,60 $
P-12 (service à la clientèle)
0,50 $
Total
24,70 $
Sur une semaine de 40 heures entièrement de nuit, les 4,10 $ de primes représentent 164 $ de plus. Si la formation en gestion de crise expire, le même agent perd 2,00 $ l'heure, soit 80 $ par semaine. D'autres profils cumulés sont comparés dans notre article sur les agents de sécurité les mieux payés.
Les primes sont-elles majorées en heures supplémentaires ?
En partie seulement. Selon l'article 3.04, les heures supplémentaires sont majorées de 50 % du salaire effectivement payé, à l'exclusion des primes horaires, sauf les primes P-4 et P-12, qui entrent dans le calcul. Les autres primes restent au même montant, sans majoration.
Pour l'agent de l'exemple : (20,60 + 0,60 + 0,50) × 1,5 = 32,55 $, plus P-3 et P-11 non majorées (3,00 $), soit 35,55 $ par heure supplémentaire. Le calcul de la semaine normale est présenté dans notre article sur le décret des agents de sécurité expliqué.
Qui paie la formation qui donne droit à une prime ?
En règle générale, toute formation ou tout renouvellement exigé par l'employeur ou le client est aux frais de l'employeur (salaire comme au travail, inscription et autres frais raisonnables). L'article 4.07 prévoit toutefois deux exceptions : la formation qui permet à l'agent de se qualifier pour un travail donnant droit à une prime, et celle qui sert à obtenir ou renouveler son permis d'agent. Une formation qui ouvre la porte à une prime peut donc rester à vos frais, même lorsqu'elle est demandée. Avant de vous inscrire, demandez par écrit qui paie.
Comment vérifier ses primes sur son bulletin de paie ?
L'article 4.06 oblige l'employeur à remettre, avec le salaire, un bulletin de paie qui permet de vérifier le calcul. Il doit notamment indiquer :
la période de travail visée par le paiement
le nombre d'heures payées au taux normal
le nombre d'heures supplémentaires et la majoration appliquée
la nature et le montant des primes versées
le taux du salaire, le salaire brut et le salaire net
Comparez vos heures de nuit, vos affectations et les dates de vos attestations avec chaque ligne de prime. Si une prime manque, parlez-en d'abord à votre employeur, attestation en main.
Comment réclamer une prime non payée ?
Le Comité paritaire des agents de sécurité veille à l'application du décret. Un salarié peut y déposer une plainte, notamment par son formulaire en ligne. Les plaintes sont confidentielles (article 24 de la Loi sur les décrets de convention collective). Conservez vos bulletins de paie, vos horaires et vos attestations de formation : ce sont vos preuves.
Y a-t-il une prime de soir ou de fin de semaine ?
Non. Le décret ne prévoit aucune prime de soir ni de fin de semaine. Seules les heures entre 22 h et 6 h donnent droit à la prime de nuit. Un employeur peut offrir plus, mais rien ne l'y oblige. Le portrait complet de la rémunération se trouve sur notre page salaire d'agent de sécurité.
Questions fréquentes
Est-ce qu'un agent de sécurité a droit à une prime P11 ?
Oui. Au Québec, l'agent d'une agence de sécurité a droit à la prime P-11 de 1,00 $ l'heure pour chaque heure travaillée entre 22 h et 6 h, selon l'article 4.07 du décret. Elle ne dépend d'aucune formation et s'ajoute au taux de base et aux autres primes. Les heures faites hors de cette plage n'y donnent pas droit.
Quelle est la prime P12 pour un agent de sécurité ?
Au Québec, la prime P-12 est de 0,50 $ l'heure, selon le décret. Elle est versée à l'agent qui a suivi, au cours des 2 dernières années, une formation en service à la clientèle d'au moins 4 heures, donnée par l'A.P.A.S. ou une école reconnue par le BSP. Selon l'article 3.04, elle entre dans le calcul des heures supplémentaires.
Ma prime de secourisme tombe-t-elle si ma formation a plus de 3 ans ?
Oui. La prime P-4 exige une formation suivie au cours des 3 dernières années. Une fois ce délai passé, il faut la renouveler pour retrouver les 0,60 $ l'heure.
Puis-je recevoir la prime P-3 hors d'un hôpital ?
Oui, si le client exige la formation en gestion de crise. Le décret prévoit alors que la prime est aussi versée à l'agent qui travaille dans un autre secteur.
Mon employeur peut-il me payer plus que les primes du décret ?
Oui. Le taux et les primes de l'article 4.07 sont des minimums. L'employeur ne peut pas verser moins, mais il peut verser davantage.
En ligne, à jour : agentdesecuritequebec.com/nouvelles/primes-decret-agents-securite/
Salaire et décret
Le taux minimum des agents de sécurité passe à 20,60 $ l'heure
Depuis le 28 juin 2026, un agent de sécurité de classe A gagne au moins 20,60 $ l'heure. Taux, classes, hausse de 2027 et recours.
Le Décret sur les agents de sécurité fixe le taux minimum des agents d'agence de sécurité au Québec, que l'agent soit syndiqué ou non. Depuis le 28 juin 2026, un agent de classe A ne peut pas être payé moins de 20,60 $ l'heure. Voici ce que dit l'article 4.07 du décret, ce que la hausse change sur votre paie et quoi faire si votre employeur ne l'applique pas.
Quel est le taux horaire minimum d'un agent de sécurité en 2026 ?
Depuis le 28 juin 2026, le taux minimum est de 20,60 $ l'heure en classe A et de 20,85 $ l'heure en classe B. Avant cette date, il était de 20,09 $ et de 20,34 $. Le tableau de l'article 4.07 du décret donne toutes les étapes depuis 2023, y compris la dernière hausse déjà inscrite pour 2027.
À compter du
Classe A
Classe B
Hausse
2 août 2023
19,34 $
19,59 $
—
30 juin 2024
19,69 $
19,94 $
+0,35 $ (1,8 %)
29 juin 2025
20,09 $
20,34 $
+0,40 $ (2,0 %)
28 juin 2026
20,60 $
20,85 $
+0,51 $ (2,5 %)
4 juillet 2027
21,10 $
21,35 $
+0,50 $ (2,4 %)
Les pourcentages sont calculés par nous sur le taux de classe A et arrondis à une décimale.
Que représente la hausse du 28 juin 2026 ?
En classe A, le taux passe de 20,09 $ à 20,60 $, soit 0,51 $ de plus l'heure, une hausse d'environ 2,5 %. C'est la plus forte hausse annuelle du tableau depuis 2023. En classe B, l'écart est le même : de 20,34 $ à 20,85 $.
Sur une semaine normale de 40 heures, 0,51 $ l'heure donne 20,40 $ brut de plus par semaine. Sur une année complète de 2 080 heures, cela représente environ 1 060 $ brut de plus.
Quelle est la différence entre les classes A, A sur appel et B ?
L'article 1.01 du décret définit les classes de salariés :
Classe A : le salarié qui exécute un travail de sécurité sans qu'une classe supérieure lui soit applicable. C'est l'agent de base.
Classe A sur appel : le même travail, mais sans horaire de travail déterminé. Le tableau de l'article 4.07 ne lui donne pas de taux distinct. Il a droit au taux de la classe A.
Classe B : le salarié chargé de diriger ou de surveiller un ou plusieurs salariés de classe A ou de classe B. Son taux dépasse de 0,25 $ l'heure celui de la classe A.
Un salarié de classe B qui dirige ou surveille lui-même des salariés de classe B reçoit encore 0,25 $ l'heure de plus que le taux de la classe B, selon l'article 4.07. Son minimum est donc de 21,10 $ depuis le 28 juin 2026, puis de 21,60 $ à compter du 4 juillet 2027.
La hausse s'applique-t-elle automatiquement ?
Oui. Vous n'avez rien à demander. Selon l'article 11 de la Loi sur les décrets de convention collective, les dispositions d'un décret sont d'ordre public. L'article 12 ajoute qu'il est interdit de payer un salaire inférieur à celui que fixe le décret, et que le salarié y a droit malgré toute entente contraire. Un contrat signé à 20,09 $ l'heure ne permet donc pas à l'employeur de garder ce taux après le 28 juin 2026.
Les taux du décret sont des minimums. L'article 13 de la même loi permet un contrat plus avantageux. Si vous gagniez déjà plus que 20,60 $, l'employeur n'est pas obligé de vous augmenter, sauf si votre contrat ou une convention collective le prévoit. Les primes horaires, elles, n'ont pas changé le 28 juin 2026 et s'ajoutent toujours au taux de base. Notre guide des primes du décret les détaille.
Comment ce taux se compare-t-il au salaire minimum général ?
Selon la CNESST, le salaire minimum général au Québec est de 16,60 $ l'heure depuis le 1er mai 2026. Le minimum d'un agent de classe A le dépasse de 4,00 $ l'heure, soit environ 24 %.
Taux
À l'heure
Brut annuel (40 h × 52 sem.)
Salaire minimum général (1er mai 2026)
16,60 $
34 528 $
Agent de classe A (28 juin 2026)
20,60 $
42 848 $
Agent de classe B (28 juin 2026)
20,85 $
43 368 $
Classe B qui dirige des classe B
21,10 $
43 888 $
Combien gagne un agent au minimum sur une année ?
À 40 heures par semaine pendant 52 semaines, soit 2 080 heures, un agent de classe A payé au minimum gagne 42 848 $ brut par année. Ce calcul ne compte ni les primes ni les heures supplémentaires. Les heures faites en 2026 avant le 28 juin étaient payées au taux de 20,09 $, donc le brut réel de l'année civile 2026 sera un peu plus bas. Pour savoir ce qui reste après les retenues, consultez notre article sur le salaire net d'un agent de sécurité en 2026.
Comment vérifier sa paie et réclamer un rappel de salaire ?
Sur votre talon de paie, vérifiez d'abord le taux horaire de base des heures faites à partir du 28 juin 2026. Il doit être d'au moins 20,60 $ en classe A ou 20,85 $ en classe B. Vérifiez ensuite que les primes auxquelles vous avez droit apparaissent bien en plus.
Si le taux est trop bas, le Comité paritaire des agents de sécurité fait appliquer le décret. Il peut réclamer la différence à l'employeur au nom des salariés, et la loi lui permet aussi de recouvrer une somme égale à 20 % de cette différence (article 22 de la loi). Les plaintes sont confidentielles. Ne tardez pas : selon l'article 28, l'action civile se prescrit par un an à compter de chaque échéance. Gardez vos talons de paie et notez vos heures. Le rôle du comité est expliqué dans notre article sur le décret des agents de sécurité.
Quand sera la prochaine hausse ?
Le 4 juillet 2027, le taux minimum passera à 21,10 $ en classe A et à 21,35 $ en classe B. C'est la dernière colonne du tableau de l'article 4.07. Aucune hausse n'y est inscrite après cette date. Notre article sur le salaire des agents de sécurité en 2027 présente ce changement et ce qui pourrait suivre.
D'ici là, ce sont surtout les primes qui font varier la paie d'un poste à l'autre. Notre comparaison des agents de sécurité les mieux payés montre jusqu'où elles peuvent monter.
Questions fréquentes
Quelle sera l'augmentation du salaire d'un agent de sécurité au Québec en 2026 ?
Au Québec, la hausse de 2026 est de 0,51 $ l'heure, soit environ 2,5 %, selon le tableau de l'article 4.07 du décret. Elle est en vigueur depuis le 28 juin 2026 : le taux minimum est passé de 20,09 $ à 20,60 $ en classe A et de 20,34 $ à 20,85 $ en classe B. Sur 2 080 heures, cela représente environ 1 060 $ brut de plus par année.
Quelle est l'augmentation prévue pour les agents de sécurité en 2026 ?
Au Québec, le Décret sur les agents de sécurité prévoit pour 2026 une hausse de 0,51 $ l'heure du taux minimum des agents d'agence, appliquée le 28 juin 2026. Le minimum est de 20,60 $ l'heure en classe A et de 20,85 $ en classe B. Les primes horaires n'ont pas changé. La hausse suivante, de 0,50 $ l'heure, est inscrite pour le 4 juillet 2027.
Un agent débutant peut-il être payé moins que 20,60 $ ?
Non. Le tableau de l'article 4.07 ne prévoit aucun taux réduit pour les débutants ou les salariés à l'essai. Le minimum de la classe A s'applique dès la première heure.
Mon employeur a oublié la hausse sur quelques paies. Que faire ?
Demandez-lui d'abord la correction par écrit. S'il refuse, communiquez avec le Comité paritaire des agents de sécurité, qui peut réclamer le rappel de salaire pour vous. Agissez dans l'année qui suit chaque paie en cause.
Les primes ont-elles augmenté le 28 juin 2026 ?
Non. Selon le tableau de l'article 4.07, les primes horaires sont les mêmes qu'en 2025, par exemple 1,00 $ l'heure pour la prime de nuit P-11. Seuls les taux de base des classes A et B ont changé.
Quel est le salaire minimum d'un agent de sécurité au Québec ?
Au Québec, le salaire minimum d'un agent d'agence de sécurité est de 20,60 $ l'heure en classe A et de 20,85 $ en classe B depuis le 28 juin 2026, selon l'article 4.07 du décret. Le salaire minimum général est de 16,60 $ l'heure, selon la CNESST. La comparaison est à la section « Comment ce taux se compare-t-il au salaire minimum général ? ».
Quelle est la grille salariale des agents de sécurité pour 2026 ?
Au Québec, le tableau de l'article 4.07 du décret fixe depuis le 28 juin 2026 un taux minimum de 20,60 $ l'heure en classe A et de 20,85 $ en classe B. Selon le même article, le salarié de classe B qui dirige des salariés de classe B reçoit 0,25 $ de plus, soit 21,10 $. Le salarié de classe A sur appel a droit au taux de la classe A, et le tableau ne prévoit aucun taux réduit pour les débutants ou les salariés à l'essai.
Quelle est la rémunération d'un agent de sécurité en 2026 ?
Au Québec, la rémunération d'un agent d'agence part du taux minimum du décret, 20,60 $ l'heure en classe A depuis le 28 juin 2026, soit 42 848 $ brut par année à 40 heures par semaine. Les primes horaires s'ajoutent au taux de base, par exemple 1,00 $ l'heure pour la prime de nuit P-11. Voyez les primes du décret et le salaire net en 2026.
En ligne, à jour : agentdesecuritequebec.com/nouvelles/taux-minimum-agents-securite-2026/
Conseils
Rapport d'incident d'agent de sécurité : comment l'écrire (modèle)
Règles d'or, mots à éviter, modèle à remplir et exemple complet de rapport d'incident pour agent de sécurité au Québec.
Le rapport d'incident est le document le plus important qu'un agent de sécurité produit pendant son quart. Bien écrit, il protège l'agent, le client et l'employeur. Mal écrit, il se retourne contre eux. Voici à quoi il sert, les règles pour le rédiger, un modèle de rapport d'incident à remplir et un exemple de rapport d'événement complet.
À quoi sert un rapport d'incident d'agent de sécurité ?
Le rapport fixe les faits pendant qu'ils sont frais. Il peut ensuite être lu par beaucoup de monde, souvent des mois plus tard :
l'employeur et le client, qui décident des suites (mesures correctives, changement de consignes)
la police, si une plainte est déposée ou si un suspect est remis aux policiers
l'assureur, en cas de dommages matériels ou de blessure d'un visiteur
la CNESST, si un travailleur (vous ou un collègue) s'est blessé
un tribunal, où vous pourriez devoir témoigner en vous appuyant sur ce que vous avez écrit.
Un rapport clair et précis vaut souvent mieux qu'un bon souvenir : c'est lui qui sera relu, pas votre mémoire.
Quelle est la différence entre le registre (journal de poste) et le rapport d'incident ?
Registre ou journal de poste
Rapport d'incident
Contenu
Tout le quart : rondes, entrées, clés remises, appels
Un seul événement, raconté en détail
Forme
Lignes courtes, une heure par ligne
Récit complet, structuré
Quand
En continu pendant le quart
Dès que la situation est stabilisée
Lien entre les deux
Le journal mentionne l'incident en une ligne (« 14 h 12 : incident au hall, voir rapport n° … ») et renvoie au rapport.
Chaque client et chaque agence a ses propres formulaires et consignes. Suivez toujours ceux de votre poste. Ce guide donne la méthode générale.
Comment écrire un bon rapport d'incident : les règles d'or
1. Des faits observés, pas des opinions
Écrivez ce que vous avez vu, entendu, senti. « L'homme titubait, parlait fort et sentait l'alcool » est un fait. « L'homme était saoul » est une conclusion. Le lecteur tirera lui-même la conclusion.
2. Qui, quoi, où, quand, comment
Chaque rapport doit répondre à ces questions. Pour les personnes : nom si connu, sinon description (âge approximatif, taille, vêtements, signes distinctifs). Pour le lieu : l'endroit exact (« porte est du hall, près des ascenseurs »), pas seulement « au bâtiment ».
3. Des heures précises
Notez l'heure de chaque étape : début de l'événement, appel au 911 ou au superviseur, arrivée des secours, fin. Vérifiez sur une horloge fiable (téléphone, système de caméras).
4. Les paroles entre guillemets, mot pour mot
Si quelqu'un menace ou insulte, citez exactement, même si c'est grossier. « Il m'a dit : "Je vais revenir te régler ton cas" » est beaucoup plus utile que « il a fait des menaces ».
5. Écrire tout de suite
Notez les points clés sur un carnet pendant l'événement, puis rédigez le rapport le plus tôt possible, avant la fin du quart. Les détails s'effacent vite.
6. Ne jamais modifier après coup
Un rapport remis ne se corrige pas en effaçant. Si vous apprenez un fait nouveau ou repérez une erreur, rédigez un complément daté et signé qui renvoie au rapport original. Un rapport retouché perd sa crédibilité.
7. Rester dans son rôle
Décrivez vos propres gestes honnêtement, y compris un contact physique. Si vous avez dû intervenir, consultez notre article sur l'arrestation citoyenne par un agent de sécurité pour connaître les limites.
Quels mots éviter dans un rapport d'événement ?
À éviter
Pourquoi
À écrire plutôt
« Il était drogué »
Diagnostic que vous ne pouvez pas poser
« Pupilles dilatées, propos incohérents, difficulté à se tenir debout »
« Le voleur »
Personne n'est coupable avant un jugement
« L'individu », « la personne interceptée »
« Il était agressif »
Jugement vague
« Il a crié, serré les poings et avancé vers moi à un mètre »
« Vers 14 h environ »
Imprécis
« 14 h 12 »
« Je pense que », « sûrement »
Supposition
Ce que vous avez constaté, ou rien
Abréviations maison, sacres, humour
Incompréhensible ou peu professionnel pour un juge
Phrases complètes et neutres
Modèle de rapport d'incident à remplir
Ce gabarit peut être recopié dans un document ou un carnet. Il ne remplace pas le formulaire de votre agence, s'il en existe un.
RAPPORT D'INCIDENT
N° de rapport
__________
Agent (nom, n° de permis, matricule)
__________
Agence et client / site
__________
Date de l'incident
__________
Heure de début / heure de fin
____ h ____ / ____ h ____
Lieu exact
__________
Type d'incident
☐ Vol ☐ Intrusion ☐ Personne en détresse ou intoxiquée ☐ Bris ☐ Blessure ☐ Incendie / alarme ☐ Autre : ____
Preuves (images de caméras conservées, objets, photos)
__________
Suites recommandées
__________
Signature de l'agent, date et heure de rédaction
__________
Reçu par (superviseur), date
__________
Exemple de rapport d'incident rempli
Exemple entièrement fictif, créé pour illustrer la méthode. Les noms, lieux et numéros sont inventés.
N° de rapport
2026-0042
Agent
Alex Exemple, permis n° 000000 (fictif)
Site
Tour Imaginaire, 123, rue Fictive, hall principal
Date / heures
Samedi, de 23 h 41 à 0 h 27
Type
Personne intoxiquée
Personne impliquée
Homme inconnu, environ 30 ans, 1,80 m, manteau rouge, tuque noire
Témoin
Locataire de l'unité 1204 (nom et téléphone au dossier)
Récit :
23 h 41 – En ronde, je vois sur la caméra 3 un homme assis par terre près des ascenseurs du hall. Je me rends sur place.
23 h 43 – L'homme a les yeux mi-clos, l'haleine sent l'alcool, une bouteille de bière ouverte est à côté de lui. Je me présente comme agent de sécurité et je lui demande s'il réside dans l'immeuble. Il répond : « Je cherche mon chum, il reste au huitième. » Il ne peut pas donner de nom ni de numéro d'unité.
23 h 46 – Je lui demande de se lever. Il tente deux fois et retombe assis. Il dit : « J'ai mal à la tête. » Je ne vois ni sang ni blessure visible.
23 h 47 – J'appelle le 911 (personne incapable de se tenir debout, se plaint de douleur à la tête). Puis j'avise mon superviseur par téléphone.
23 h 52 – La locataire de l'unité 1204 entre dans le hall. Elle dit ne pas connaître l'homme.
0 h 03 – Arrivée des ambulanciers. Je leur résume ce que j'ai observé.
0 h 18 – L'homme est transporté par ambulance. Deux policiers arrivent ensuite. Je donne mon nom et le numéro du rapport. Numéro d'événement policier noté.
0 h 27 – Le hall est nettoyé. La bouteille est jetée. Fin de l'événement. Les images des caméras 3 et 4 (23 h 30 à 0 h 30) sont signalées au client pour conservation.
Gestes de l'agent : aucun contact physique. Distance gardée, ton calme. Suites recommandées : vérifier la fermeture de la porte d'entrée secondaire, trouvée non verrouillée à 23 h 55. Rédigé le dimanche à 0 h 50, signé : A. Exemple.
Aucune phrase ne dit « il était saoul » ou « c'était un itinérant ». Le rapport décrit, il ne juge pas.
Que faire si je me blesse pendant mon quart ?
Une blessure au travail demande deux écrits : votre rapport d'incident habituel et les démarches auprès de la CNESST. Selon la CNESST :
Avisez votre employeur rapidement, vous-même ou par une autre personne.
Faites inscrire l'événement au registre des accidents, incidents et premiers secours de l'employeur.
Consultez un professionnel de la santé de votre choix. Il remplit l'attestation médicale nécessaire à la réclamation. Si vous ne pouvez pas travailler le jour même, l'employeur paie 100 % du salaire pour cette journée.
Si vous ne pouvez pas revenir le lendemain, remettez l'attestation à votre employeur.
Vous avez 6 mois à partir de la date de l'accident pour produire votre Réclamation du travailleur à la CNESST (deux ans pour une lésion causée par de la violence à caractère sexuel).
Dans votre rapport, décrivez précisément la blessure, la partie du corps touchée, comment elle s'est produite et le nom des témoins : ces détails serviront à la réclamation.
Qui peut lire mon rapport et combien de temps le garder ?
Un rapport d'incident contient presque toujours des renseignements personnels : noms, descriptions, état de santé, images de caméras. Au Québec, la loi sur le secteur privé, modernisée par la Loi 25, rend chaque entreprise responsable des renseignements personnels qu'elle détient. Une perte ou une communication non autorisée de ces renseignements est un « incident de confidentialité », que l'entreprise doit consigner dans un registre et, s'il présente un risque de préjudice sérieux, déclarer à la Commission d'accès à l'information et aux personnes concernées.
Pour l'agent, cela veut dire en pratique :
remettre le rapport par le canal prévu par l'agence, et à personne d'autre
ne pas photographier le rapport ou les écrans de caméras avec son téléphone personnel
ne jamais publier un incident sur les réseaux sociaux, même sans nom
laisser à l'employeur les décisions sur la durée de conservation et la communication à des tiers.
Les délais de conservation varient selon l'agence et le client. Aucune durée unique ne s'applique à tous les rapports. En cas de doute, demandez la politique de votre employeur.
Comment rédiger un rapport d'un agent de sécurité ?
Un rapport d'agent de sécurité se rédige avec des faits observés, pas des opinions. Il répond aux questions qui, quoi, où, quand et comment, donne l'heure précise de chaque étape et cite les paroles entre guillemets, mot pour mot. Rédigez-le le plus tôt possible, avant la fin du quart, et ne le modifiez jamais après coup : un fait nouveau va dans un complément daté et signé. Au Québec, chaque agence et chaque client a ses formulaires et ses consignes, suivez ceux de votre poste.
Comment faire un rapport d'incident exemple ?
Partez du modèle à remplir de cette page : numéro de rapport, agent, site, date, heures, lieu exact, type d'incident, personnes impliquées et témoins. Écrivez ensuite le récit en ordre chronologique, une heure par fait, comme dans l'exemple rempli plus haut (une personne intoxiquée dans un hall, de 23 h 41 à 0 h 27). Terminez par vos gestes, les suites recommandées, puis la date, l'heure de rédaction et votre signature. Ce modèle s'adresse aux agents de sécurité du Québec et ne remplace pas le formulaire de votre agence, s'il en existe un.
Puis-je écrire mon rapport à la main ?
Oui, si votre agence l'accepte. Écrivez lisiblement, à l'encre, sans correcteur liquide : rayez d'un trait l'erreur, de façon qu'elle reste lisible, et initialez.
Mon superviseur me demande de changer mon rapport. Que faire ?
Vous pouvez ajouter un complément daté pour préciser ou corriger un fait. Ne retirez pas un fait que vous avez réellement observé et n'ajoutez rien que vous n'avez pas vu.
Dois-je faire un rapport si rien de grave n'est arrivé ?
Suivez les consignes du poste. En général, un événement inhabituel (porte forcée, personne refusée, quasi-accident) mérite au moins une ligne au journal, et un rapport s'il peut avoir des suites.
En ligne, à jour : agentdesecuritequebec.com/nouvelles/rapport-incident-agent-securite-modele/
Emploi
CV d'agent de sécurité : modèle et conseils
Quoi mettre dans un CV d'agent de sécurité (permis BSP, formations, disponibilités), un modèle complet, une lettre courte et les questions d'entrevue.
Un bon CV d'agent de sécurité se lit en trente secondes. Le recruteur d'une agence cherche quelques réponses précises : avez-vous un permis valide, quelles formations sont à jour, quand êtes-vous disponible et pouvez-vous vous rendre sur un site éloigné ? Voici quoi mettre, un modèle complet, une courte lettre de présentation et les questions d'entrevue les plus fréquentes.
Quoi mettre dans un CV d'agent de sécurité ?
Placez les renseignements qui décident de l'embauche tout en haut, avant même l'expérience.
Le permis du BSP
Au Québec, on ne peut pas travailler comme agent de sécurité sans un permis d'agent du Bureau de la sécurité privée (BSP), en gardiennage dans la plupart des cas. Le permis est délivré pour 5 ans. Inscrivez son numéro et sa date d'expiration : l'employeur peut vérifier en temps réel dans le registre public du BSP. Si votre demande est en traitement, écrivez-le clairement (« demande déposée en septembre 2026 »). Tout sur les démarches : obtenir et renouveler son permis BSP.
Les formations, avec leurs dates
Indiquez chaque formation avec sa date de réussite. Plusieurs donnent droit à une prime horaire selon le Décret sur les agents de sécurité, mais seulement si elles sont encore valides. Une date visible montre à l'agence que vous êtes « primable » dès le premier jour.
Formation
Durée
Valide pour la prime
Formation en gardiennage (formation de base exigée par le BSP)
Disponibilités : jour, soir, nuit, fin de semaine, jours fériés, remplacements à court préavis. Soyez honnête : un horaire promis puis refusé nuit plus qu'une disponibilité limitée annoncée d'avance.
Transport : permis de conduire (classe 5) et voiture. Beaucoup de sites industriels ou de chantiers ne sont pas desservis la nuit par le transport en commun, et certains postes de patrouille exigent de conduire.
Langues : français, anglais, autres. Dans un hôpital, un centre commercial ou un événement, une langue de plus est un vrai atout.
Des compétences concrètes
Évitez « sens des responsabilités » tout seul. Nommez ce que vous savez faire :
rondes de surveillance (avec ou sans système de pointage électronique)
rédaction de rapports d'incident et tenue du registre
contrôle d'accès : cartes, registre des visiteurs, livraisons
panneau d'alarme incendie et intrusion, réponse aux alarmes
surveillance par caméras
premiers soins et appel aux services d'urgence
désamorçage verbal d'une personne agitée.
Comment faire un CV d'agent de sécurité sans expérience ?
Pour un premier emploi, misez sur les expériences transférables. Un caissier gère des clients mécontents et de l'argent. Un employé de restaurant travaille de soir, sous pression, en suivant des procédures. Un surveillant de camp de jour veille à la sécurité d'un groupe. Un ancien militaire, cadet ou bénévole d'événement a l'habitude de la discipline et des consignes. Décrivez ces tâches avec des verbes d'action : « j'ai géré », « j'ai rédigé », « j'ai vérifié ». Les heures de stage de votre formation comptent aussi.
À quoi ressemble un modèle de CV d'agent de sécurité ?
Voici un exemple fictif à adapter. Une page suffit.
ALEX TREMBLAY — Agent de sécurité (gardiennage)
Coordonnées
Ville de Québec · téléphone · adresse courriel professionnelle
Permis BSP
Agent, gardiennage · n° 000000 · expire le 15 mars 2030
Disponibilités
Jour, soir, nuit et fins de semaine · remplacements à court préavis
Transport
Permis de conduire classe 5 · voiture
Langues
Français (langue maternelle) · anglais (fonctionnel)
Formations
2026
Formation en gardiennage en sécurité privée (70 h)
Mai 2026
Secourisme, RCR et défibrillateur (16 h)
Juin 2026
Service à la clientèle (4 h)
Expérience
2026 · Agent de sécurité, stage
Rondes de nuit dans un entrepôt. Rapports d'incident. Réponse au panneau d'alarme
2023-2026 · Commis de dépanneur
Service à la clientèle de soir. Fermeture et dépôt de caisse. Gestion de clients agressifs dans le calme
2022 · Bénévole, festival
Contrôle des bracelets à l'entrée. Orientation du public
Compétences
Contrôle d'accès · surveillance par caméras · rédaction de rapports · premiers soins · désamorçage verbal
Exemple fictif : le nom et le numéro de permis sont inventés.
Quelles erreurs éviter dans un CV d'agent de sécurité ?
Oublier le permis ou omettre sa date d'expiration.
Lister des formations sans date : l'agence ne peut pas savoir si elles sont encore valides.
Des fautes : le métier exige de rédiger des rapports. Un CV propre prouve que vous en êtes capable.
Une adresse courriel peu sérieuse ou une messagerie vocale pleine.
Trop long : au-delà d'une page, le recruteur décroche.
Exagérer : les références seront appelées et le permis sera vérifié.
Que mettre dans une lettre de présentation d'agent de sécurité ?
Une lettre de présentation d'agent de sécurité tient en quelques lignes : le poste visé, votre permis, une qualité appuyée par un fait, et vos disponibilités. Exemple :
Madame, Monsieur,
Je pose ma candidature au poste d'agent de sécurité de nuit affiché sur votre site. Je détiens un permis d'agent en gardiennage du BSP valide jusqu'en 2030 et ma formation en secourisme date de mai 2026. Pendant trois ans de soirées en dépanneur, j'ai appris à garder mon calme devant des clients difficiles et à suivre les procédures de fermeture à la lettre. Je suis disponible la nuit et les fins de semaine, et j'ai une voiture.
Je serais heureux de vous rencontrer.
Alex Tremblay
Quelles sont les questions fréquentes en entrevue d'agent de sécurité ?
Les questions d'entrevue d'agent de sécurité visent surtout votre jugement. Répondez avec un exemple réel : la situation, ce que vous avez fait, le résultat.
« Que faites-vous si une personne refuse de quitter les lieux ? » Montrez que vous parlez d'abord, calmement, que vous appliquez les consignes du client, que vous appelez votre superviseur ou la police au besoin, et que vous rédigez un rapport. Évitez de parler d'intervention physique en premier.
« Décrivez un conflit que vous avez désamorcé. » Prenez un exemple de votre emploi précédent, même hors sécurité.
« Comment rédigez-vous un rapport d'incident ? » Des faits, pas d'opinions : qui, quoi, où, quand, ce que vous avez fait, avec les heures exactes.
« Que faites-vous si l'alarme sonne pendant votre ronde ? » Suivre la procédure du site, vérifier la zone sans vous mettre en danger, appeler les secours ou la centrale, consigner l'événement.
« Comment restez-vous alerte la nuit ? » Parlez de vos habitudes de sommeil, des rondes régulières et de votre expérience des horaires de nuit.
« Quelles sont vos disponibilités ? » Une réponse claire et honnête vaut mieux qu'un « n'importe quand » que vous ne tiendrez pas.
Apportez votre permis : le BSP précise qu'un agent doit s'identifier sur demande en le présentant. Apportez aussi vos attestations de formation.
Puis-je postuler avant d'avoir reçu mon permis BSP ?
Oui, mais vous ne pourrez pas travailler comme agent avant de détenir le permis. Indiquez sur le CV que la demande est déposée et à quelle date.
Faut-il joindre une photo au CV ?
Non. Au Québec, la photo n'est pas d'usage sur un CV, et elle n'apporte rien au recruteur.
Dois-je mettre une formation expirée ?
Oui, si elle montre une expérience, mais avec sa date. Mieux encore, renouvelez-la : la prime du décret ne s'applique qu'aux formations valides.
Comment postuler pour devenir agent de sécurité ?
Au Québec, on postule auprès d'une agence avec un CV d'une page qui place en haut le numéro du permis du BSP, les formations avec leurs dates et les disponibilités. Les postes sont dans les offres d'emploi d'agent de sécurité et au Guichet-Emplois du gouvernement du Canada. Vous pouvez aussi créer votre profil d'agent gratuit, que les agences consultent.
En ligne, à jour : agentdesecuritequebec.com/nouvelles/cv-agent-securite-modele/
Formation
Formation d'agent de sécurité à Montréal : comment s'y prendre
Où suivre le cours d'agent de sécurité à Montréal, combien de temps il dure, comment le faire payer par Services Québec et quoi faire ensuite.
Vous cherchez une formation d'agent de sécurité à Montréal ? C'est la ville du Québec où l'offre est la plus large, dans le réseau public comme dans le privé. Encore faut-il choisir un cours qui mène vraiment au permis du Bureau de la sécurité privée (BSP), au bon prix et à un horaire qui vous convient. Voici comment s'y prendre, étape par étape.
Le contenu de la formation (les trois modules, la liste des écoles privées reconnues) est expliqué sur notre page la formation d'agent de sécurité en détail. Cet article porte sur ce qui est propre à Montréal.
Quelle formation faut-il pour être agent de sécurité à Montréal ?
La règle est la même partout au Québec : pour obtenir un permis de gardiennage, le BSP exige au moins 70 heures de cours. Le BSP indique qu'on suit cette formation dans un centre de services scolaire qui offre le programme de gardiennage en sécurité privée, ou dans une autre formation reconnue par le ministre et inscrite dans sa liste.
À Montréal, vous croiserez deux formats dans le réseau public :
la formation de base exigée pour le permis, d'au moins 70 heures
l'attestation d'études professionnelles (AEP) « Sécurité privée – Gardiennage » (programme 4239), beaucoup plus longue : 390 heures, soit environ trois mois. Elle existe aussi en anglais (Private Security Guarding, programme 4739).
L'AEP couvre bien plus que le minimum : surveillance, contrôle des accès, intervention d'urgence, secourisme et un volet d'intégration au milieu de travail. Si vous voulez simplement votre permis le plus vite possible, demandez au centre lequel des deux formats il offre et si l'attestation remise est celle qu'accepte le BSP.
Où suivre un cours d'agent de sécurité à Montréal ?
Selon l’Inforoute de la formation professionnelle, au moins deux centres de services scolaires de l’île de Montréal offrent l’AEP Sécurité privée – Gardiennage :
Centre de services scolaire
Ce qu'on sait
CSS Marguerite-Bourgeoys (ouest de l'île)
Offre le programme : groupe de jour et reconnaissance des acquis
CSS de la Pointe-de-l'Île (est de l'île)
Centre participant. Vérifiez les sessions ouvertes
Les sessions ne démarrent pas toutes en même temps et ne sont pas offertes chaque mois. Le plus simple : chercher le programme 4239 sur l'Inforoute FPT ou sur Admission FP, qui affichent les groupes ouverts, avec la date de début, l'horaire et la date limite d'inscription.
Il existe aussi plusieurs écoles privées à Montréal. Certaines sont reconnues par le BSP, d'autres ne le sont plus, et une formation n'est acceptée que si elle a été suivie après la date de sa reconnaissance. Nous ne recommandons aucune école : vérifiez simplement le nom exact de la vôtre dans la liste officielle « Autres formations en gardiennage acceptées par le BSP » avant de payer.
Combien de temps dure la formation, et peut-on la suivre le soir ?
La durée dépend du format : 70 heures au minimum pour la formation de base, 390 heures pour l'AEP. Les horaires, eux, varient selon le centre et la session. Dans le réseau public, on voit des groupes de jour, du lundi au vendredi, et des groupes de soir pour ceux qui travaillent déjà. Les formules de fin de semaine sont plus rares. Si c'est votre seule option, posez la question directement au centre.
Un permis temporaire du BSP peut permettre de travailler pendant une formation en alternance travail-études. Il dure 120 jours au plus.
Combien coûte une formation d'agent de sécurité à Montréal ?
Le coût varie selon le centre, le format et votre situation (certains groupes du réseau public sont financés, d'autres sont offerts par le service aux entreprises à un tarif fixe). Demandez toujours :
si le matériel et le secourisme sont compris dans le prix
s'il y a des frais d'inscription ou d'examen en plus
si le centre a des places financées par Services Québec.
Existe-t-il une formation d'agent de sécurité gratuite ?
Oui, dans certains cas. Si vous êtes sans emploi, Services Québec peut payer votre formation par la Mesure de formation de la main-d'œuvre. Selon Québec.ca, cette mesure peut :
verser une allocation d'environ 400 $ par semaine pendant une formation qualifiante (comme une AEP)
rembourser certains frais : garde d'enfants, transport, frais de formation, hébergement.
Pour y avoir droit, il faut notamment avoir 16 ans ou plus, avoir quitté l'école à temps plein depuis au moins 24 mois et démontrer que le manque de formation vous empêche de trouver un emploi. La décision revient à Services Québec : faites la demande avant de vous inscrire, en ligne ou dans un bureau de Services Québec de votre quartier.
Certaines agences forment aussi leurs nouveaux agents à leurs frais. Le décret ne les y oblige pas : c'est une condition d'embauche à négocier.
Que faire après la formation ?
Gardez votre attestation. Elle prouve au BSP que vous avez la formation exigée.
Faites votre demande de permis en ligne, par la poste ou en personne. Le BSP a ses bureaux à Montréal, boulevard Crémazie Est. Tout le détail : les étapes du permis BSP.
Cherchez un emploi pendant la vérification de sécurité. Montréal compte des postes dans les tours de bureaux, les hôpitaux, les centres commerciaux, les événements et le transport. Voir trouver un emploi d'agent de sécurité.
Quelles formations complémentaires sont utiles à Montréal ?
Secourisme, RCR et défibrillateur (16 h) : déjà compris dans la formation de base, mais il faut le refaire tous les 3 ans pour garder la prime prévue au décret.
Gestion de crise : demandée dans les hôpitaux et les établissements de santé, nombreux à Montréal, où elle donne droit à une prime.
Service à la clientèle : courte formation qui donne aussi droit à une prime horaire.
L'anglais : dans plusieurs postes du centre-ville, des hôtels ou des événements, l'employeur demande de pouvoir servir le public dans les deux langues. Les centres d'éducation des adultes et les cours de langue offerts par l'État sont une piste.
Peut-on suivre la formation d'agent de sécurité en ligne ?
En partie seulement, selon l'école. Le secourisme et les procédures d'urgence demandent de la pratique en classe. Vérifiez quelle part du cours se donne en ligne et que l'attestation sera acceptée par le BSP.
Peut-on suivre le cours en anglais à Montréal ?
Oui. L’AEP existe en anglais (Private Security Guarding, programme 4739). Cherchez ce numéro de programme sur l’Inforoute FPT pour voir quels centres l’offrent.
Faut-il un diplôme d'études secondaires ?
Pas forcément. Pour l'AEP, il faut au moins une 3e secondaire (ou la réussite du test de développement général) et remplir une autre condition, par exemple avoir 18 ans. Pour le permis, le BSP exige 18 ans et le droit de travailler au Canada.
Combien de temps entre le début du cours et le premier emploi ?
Comptez la durée du cours, puis le délai de traitement du BSP, qui varie. Le permis temporaire peut raccourcir l'attente dans certains cas.
En ligne, à jour : agentdesecuritequebec.com/nouvelles/formation-agent-securite-montreal/
Droits et sécurité au travail
Arrestation citoyenne : les pouvoirs d'un agent de sécurité
Arrestation, force, fouille, menottes : ce que l'article 494 du Code criminel permet à un agent de sécurité au Québec, et ce qu'il interdit.
L'arrestation citoyenne est le seul pouvoir d'arrestation dont dispose un agent de sécurité au Québec. Un agent n'est pas un policier : il arrête quelqu'un exactement au même titre que n'importe quel citoyen, en vertu de l'article 494 du Code criminel. Voici ce que ce pouvoir permet, ce qu'il ne permet pas, et les risques auxquels s'expose un agent qui en dépasse les limites.
Cet article est informatif et ne constitue pas un avis juridique. Pour une situation précise, consultez un avocat ou les directives écrites de votre agence.
Un agent de sécurité a-t-il un pouvoir d'arrestation ?
Oui, mais pas plus qu'un autre citoyen. Le permis délivré par le Bureau de la sécurité privée (BSP) autorise à exercer le métier. Il ne donne aucun pouvoir policier. Le permis d'agent de sécurité du BSP ne fait pas de vous un agent de la paix. Votre pouvoir d'arrêter quelqu'un vient entièrement de l'article 494 du Code criminel, qui prévoit deux situations.
1. Toute personne (art. 494(1))
N'importe qui peut arrêter sans mandat :
une personne qu'il trouve en train de commettre un acte criminel
une personne dont il croit, pour des motifs raisonnables, qu'elle a commis une infraction criminelle et qu'elle est en train de fuir des personnes légalement autorisées à l'arrêter (par exemple, des policiers qui la poursuivent).
2. Le propriétaire et les personnes qu'il autorise (art. 494(2))
C'est la disposition qui concerne le plus directement les agents. Le propriétaire d'un bien, la personne qui en a la possession légitime, et les personnes qu'ils autorisent peuvent arrêter sans mandat quelqu'un qu'ils trouvent en train de commettre une infraction criminelle sur ce bien ou à son égard. L'agent posté dans un magasin, un centre commercial ou un immeuble de bureaux agit habituellement à ce titre, comme personne autorisée par le client.
Qu'est-ce que le « délai raisonnable » ajouté au Code criminel ?
Avant la réforme, le propriétaire devait en pratique arrêter la personne sur le fait. La loi adoptée en 2012 (L.C. 2012, ch. 9) a assoupli la règle : l'arrestation peut aussi se faire dans un délai raisonnable après l'infraction, à une condition : l'agent doit croire, pour des motifs raisonnables, qu'une arrestation par un agent de la paix n'est pas possible dans les circonstances.
Concrètement, si un voleur à l'étalage identifié sur la caméra revient le lendemain, la nouvelle règle peut s'appliquer, mais seulement si l'on ne peut pas raisonnablement appeler la police à la place. Le Code ne définit pas de durée précise. C'est une question d'appréciation, ce qui invite à la prudence.
Que doit faire l'agent après une arrestation citoyenne ?
L'article 494(3) est clair : quiconque n'est pas agent de la paix et arrête une personne sans mandat doit la livrer aussitôt à un agent de la paix. En pratique :
appeler la police immédiatement
garder la personne sous surveillance dans un endroit sûr jusqu'à l'arrivée des policiers
ne pas la questionner pour obtenir des aveux, ni la retenir pour « régler ça » avec le gérant
noter les faits (heure, motifs, témoins, gestes posés) dans un rapport écrit.
Une arrestation citoyenne n'est pas une détention prolongée : l'agent ne peut pas garder quelqu'un pendant des heures, ni le relâcher contre un paiement ou une promesse.
Un agent de sécurité peut-il utiliser la force ?
Oui, dans une mesure limitée. L'article 494(4) précise que la personne qui arrête légalement en vertu de l'article 494 est considérée comme légalement autorisée pour l'application de l'article 25. Cet article protège celui qui, agissant pour des motifs raisonnables, emploie la force nécessaire pour accomplir ce que la loi l'autorise à faire.
Trois limites importantes :
Seulement la force nécessaire. L'article 26 rend criminellement responsable celui qui emploie une force excessive, même s'il était autorisé à en employer.
Pas de force mortelle pour une simple arrestation. Selon l'article 25(3), on ne peut justifier une force destinée à causer la mort ou des lésions corporelles graves que si l'on croit, pour des motifs raisonnables, qu'elle est nécessaire pour se protéger ou protéger quelqu'un d'autre contre la mort ou des lésions graves.
Les règles sur la fuite ne visent pas les agents privés. L'exception de l'article 25(4), qui permet dans certains cas une force plus grave contre une personne qui s'enfuit, s'adresse aux agents de la paix et à ceux qui les aident légalement, pas à l'agent de sécurité qui agit seul.
La légitime défense (art. 34) reste par ailleurs ouverte à l'agent comme à tout le monde, si on emploie la force contre lui et que sa réaction est raisonnable dans les circonstances.
Un agent de sécurité peut-il fouiller quelqu'un ?
Le Code criminel ne donne à l'agent de sécurité aucun pouvoir général de fouille. L'article 494 parle d'arrestation, pas de fouille. Une fouille faite sans consentement pourrait être considérée comme des voies de fait et exposer l'agent à des accusations ou à une poursuite civile.
Ce qui est généralement admis :
demander à la personne d'ouvrir elle-même son sac ou de montrer un objet, sans l'y obliger
vérifier les sacs à l'entrée d'un lieu dont c'est une condition d'accès connue (spectacle, événement), la personne restant libre de refuser et de ne pas entrer
retirer un objet dangereux qui menace la sécurité immédiate, dans la mesure nécessaire pour se protéger.
En cas de refus, l'agent attend la police. C'est elle qui décidera de fouiller selon ses propres pouvoirs.
Un agent de sécurité peut-il mettre des menottes ?
Aucune loi n'interdit à un agent de sécurité de menotter une personne arrêtée légalement, mais les menottes sont une forme de force. Elles doivent donc respecter les mêmes règles : être nécessaires (risque de fuite réel, comportement violent) et proportionnées. Menotter par réflexe une personne calme qui attend la police peut être jugé excessif.
Plusieurs agences interdisent les menottes ou exigent une formation reconnue avant de les porter. Respectez toujours la politique de votre employeur et la formation reçue. Pour connaître les cours offerts, voyez notre page sur la formation d'agent de sécurité et les cours obligatoires.
Ce qu'un agent de sécurité n'a PAS le droit de faire
se présenter comme un policier ou laisser croire qu'il en est un
arrêter quelqu'un sur un simple soupçon, sans l'avoir vu commettre l'infraction (sauf la situation de fuite prévue à l'art. 494(1)b))
arrêter une personne pour une infraction commise hors du bien qu'il protège, en invoquant l'art. 494(2)
fouiller une personne de force ou sans son consentement
retenir une personne sans appeler la police, ou exiger un paiement pour la libérer
employer une force excessive, humilier ou intimider.
La Charte s'applique-t-elle à l'agent de sécurité ?
La Charte canadienne des droits et libertés protège contre les fouilles abusives (art. 8) et la détention arbitraire (art. 9), et donne à une personne arrêtée le droit d'être informée des motifs et d'avoir recours sans délai à un avocat (art. 10). Mais selon son article 32, elle vise d'abord le Parlement, les législatures et le gouvernement.
La question de savoir si un agent privé qui fait une arrestation citoyenne doit respecter ces droits comme un policier n'est pas tranchée de façon simple : la réponse peut dépendre des circonstances. La conduite prudente est donc la même dans tous les cas : dire clairement à la personne pourquoi elle est arrêtée, ne pas l'interroger, et laisser la police l'informer de son droit à l'avocat à son arrivée.
Quels risques prend un agent qui dépasse ses pouvoirs ?
Criminel : une arrestation illégale ou une force excessive peut mener à des accusations (voies de fait, séquestration).
Civil : la personne peut poursuivre l'agent et l'agence en dommages et intérêts.
Permis : le BSP exige des titulaires de permis qu'ils se comportent de façon à préserver la confiance que requièrent leurs fonctions. Un manquement peut entraîner une plainte et des sanctions sur le permis.
Emploi : un congédiement est possible si la politique de l'agence n'a pas été respectée, ce qui peut nuire à votre recherche d'emploi d'agent de sécurité par la suite.
Que prévoit la Loi sur la sécurité privée ?
La Loi sur la sécurité privée encadre l'obtention et le maintien du permis, et son règlement fixe des normes de comportement pour les titulaires. Le BSP rappelle notamment l'obligation de se comporter de manière à préserver la confiance du public et d'utiliser, le cas échéant, son arme avec prudence et discernement. Ces règles ne créent pas de pouvoir d'arrestation. Elles s'ajoutent au Code criminel et peuvent être invoquées contre un agent qui abuse de sa position. Si vous commencez dans le métier, notre guide pour devenir agent de sécurité au Québec explique les étapes du permis.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que l'arrestation citoyenne ?
Au Québec, l'arrestation citoyenne est l'arrestation sans mandat que toute personne, sans être policière, peut faire aux conditions de l'article 494 du Code criminel. C'est le seul pouvoir d'arrestation dont dispose un agent de sécurité. La personne arrêtée doit être livrée aussitôt à un agent de la paix. Les conditions de l'article sont détaillées à la question suivante.
Que dit l'article 494 du Code criminel ?
L'article 494 du Code criminel permet à toute personne d'arrêter sans mandat quelqu'un qu'elle trouve en train de commettre un acte criminel, ou quelqu'un dont elle croit, pour des motifs raisonnables, qu'il a commis une infraction criminelle et qu'il est en train de fuir des personnes légalement autorisées à l'arrêter (paragraphe 1). Le paragraphe 2 permet au propriétaire d'un bien, à la personne qui en a la possession légitime et aux personnes qu'ils autorisent d'arrêter sans mandat quelqu'un qu'ils trouvent en train de commettre une infraction criminelle sur ce bien ou à son égard, soit sur le fait, soit dans un délai raisonnable après l'infraction s'ils croient, pour des motifs raisonnables, qu'une arrestation par un agent de la paix n'est pas possible dans les circonstances. Le paragraphe 3 oblige quiconque n'est pas agent de la paix à livrer aussitôt la personne arrêtée à un agent de la paix. Au Québec, tout le pouvoir d'arrestation de l'agent de sécurité repose sur cet article, et la force employée doit se limiter à la force nécessaire (articles 25 et 26).
Un agent de sécurité peut-il arrêter quelqu'un dans le stationnement d'un magasin ?
Oui, si le stationnement fait partie du bien que le client lui a confié et que l'infraction criminelle y a été commise ou le visait. Hors de ce bien, il redevient un simple citoyen soumis à l'art. 494(1).
Combien de temps un agent peut-il retenir une personne ?
Le temps nécessaire pour la remettre à la police. La loi exige de la livrer « aussitôt » à un agent de la paix.
Peut-on refuser d'ouvrir son sac à un agent de sécurité ?
Oui. Sans consentement, l'agent ne peut pas fouiller. Il peut toutefois refuser l'accès à un lieu dont la vérification est une condition d'entrée, ou appeler la police s'il a des motifs d'arrestation.
L'agent doit-il lire ses droits à la personne arrêtée ?
Ce n'est pas clairement établi pour un agent privé. Il est prudent d'indiquer le motif de l'arrestation, de ne pas l'interroger et de laisser la police l'informer de ses droits.
En ligne, à jour : agentdesecuritequebec.com/nouvelles/arrestation-citoyenne-agent-securite/
Salaire et décret
Décret des agents de sécurité : vos droits expliqués
Décret des agents de sécurité : qui est couvert, taux 2026, heures supplémentaires, vacances, jours fériés, uniforme, préavis et plainte au comité paritaire.
Au Québec, le décret des agents de sécurité fixe les conditions minimales de travail des agents des agences de sécurité : salaire, heures supplémentaires, vacances, jours fériés, uniforme et préavis. Que vous travailliez pour une grande agence ou une petite entreprise, ces règles vous protègent. Voici ses règles, article par article, en langage clair.
Qu'est-ce que le décret des agents de sécurité ?
Son nom officiel est le Décret sur les agents de sécurité (RLRQ, chapitre D-2, r. 1). Il découle de la Loi sur les décrets de convention collective, qui permet au gouvernement d'étendre certaines clauses d'une convention collective à tous les employeurs et à tous les salariés d'un secteur, syndiqués ou non.
Concrètement, le décret reprend surtout les clauses « à caractère pécuniaire » : salaires, congés, heures supplémentaires. Le but est d'empêcher que les conditions de travail deviennent un argument de concurrence entre agences. Dans la sécurité, un premier décret a été adopté pour la région de Québec en 1980, puis pour celle de Montréal en 1981. Les deux ont été fusionnés en 1984.
Le décret actuel demeure en vigueur jusqu'au 4 juillet 2027. Ensuite, il se renouvelle automatiquement d'année en année, sauf si une des parties s'y oppose.
Qui est couvert par le décret ?
Le décret s'applique partout au Québec. Il vise les agences de sécurité et leurs salariés, c'est-à-dire les personnes qui, pour le compte d'une agence, font du travail de garde, de surveillance ou de protection : surveiller des personnes, des biens ou des lieux, fouiller, patrouiller, diriger la circulation, prévenir le vol à l'étalage, le feu ou le vandalisme, etc.
Il distingue deux classes principales :
Classe A : l'agent qui fait du travail de sécurité (il existe aussi une classe A sur appel, sans horaire déterminé)
Classe B : la personne chargée de diriger ou de surveiller d'autres agents.
Qui n'est pas couvert ?
Le décret exclut notamment :
les policiers et autres agents de la paix
les agents d'investigation qui font de l'enquête au sens de la Loi sur la sécurité privée
les employés des gouvernements, des municipalités et des centres de services scolaires
les agents qui font de la sécurité uniquement pour leur propre employeur (sécurité « interne », hors agence)
les travailleurs de la signalisation routière, qui ont leur propre décret.
Qu'est-ce que le Comité paritaire des agents de sécurité ?
Le Comité paritaire des agents de sécurité (CPAS) est un organisme sans but lucratif, autofinancé, qui administre et fait respecter le décret. « Paritaire » renvoie à sa composition : il réunit des représentants des parties patronale et syndicale qui ont signé la convention à l'origine du décret.
Son mandat comprend :
informer les agents et les employeurs de leurs droits et obligations
recevoir les plaintes et mener des inspections, y compris au siège social de l'employeur
réclamer aux employeurs les sommes dues aux salariés
défendre les salariés devant les tribunaux et poursuivre les employeurs fautifs.
Chaque employeur assujetti doit aussi lui transmettre un rapport mensuel de paie, ce qui permet au comité de vérifier la conformité.
Quel est le taux horaire minimum du décret ?
Le décret fixe des taux minimums : l'employeur peut payer plus, jamais moins.
Comment sont payées les heures supplémentaires d'un agent de sécurité ?
La semaine normale de travail est de 40 heures. Au-delà, chaque heure est payée avec une majoration de 50 % (temps et demi). Quelques précisions utiles :
La majoration s'applique au salaire effectivement payé, mais la plupart des primes horaires n'en font pas partie. Seules certaines (dont la prime de service à la clientèle) sont incluses dans le calcul.
Les heures faites en plus de votre quart, lorsqu'elles sont obligatoires pendant plus de 4 heures, comptent aussi comme heures supplémentaires.
L'agent permanent A-01 qui travaille plus de 6 jours de suite est payé en temps supplémentaire à partir de la 7e journée, même s'il n'a pas dépassé 40 heures (règle différente dans le secteur minier avec hébergement).
Les jours de vacances et les jours fériés payés comptent comme des jours de travail pour le calcul des 40 heures.
L'employeur peut étaler les heures sur un maximum de 4 semaines (la moyenne doit rester à 40 heures), mais seulement à des conditions strictes : l'accord des salariés concernés, un avantage en échange, un contrat précis, une durée maximale d'un an et un avis écrit au comité paritaire au moins 60 jours avant.
Rappel au travail et repas
Si l'employeur vous fait venir et que vous travaillez moins de 4 heures consécutives, vous avez droit à au moins 4 heures payées. Pour le repas, le décret prévoit 30 minutes payées par période de travail de 5 heures.
Combien de semaines de vacances a un agent de sécurité ?
La durée des vacances dépend de votre service continu chez le même employeur, à la fin de l'année de référence. L'indemnité est de 6 % des gains bruts dans tous les cas.
Service continu
Congé annuel
Indemnité
Moins d'un an
1 jour ouvrable par mois, jusqu'à 10 jours
6 % des gains
1 an à moins de 3 ans
2 semaines continues (une 3e semaine sans solde sur demande)
6 % des gains
3 ans à moins de 10 ans
3 semaines continues
6 % des gains
10 ans et plus
4 semaines, dont 3 continues
6 % des gains
Autres règles à connaître : vous avez le droit de connaître la date de vos vacances au moins 4 semaines à l'avance. L'indemnité est versée en un seul paiement avant le départ. Les vacances ne peuvent pas être reportées d'une année à l'autre. Sur demande écrite 30 jours à l'avance, vous pouvez vous faire payer les semaines qui dépassent les 2 premières.
Quels sont les jours fériés des agents de sécurité ?
En plus de la Fête nationale (24 juin), le décret prévoit 8 jours fériés et chômés : le 1er janvier, le Vendredi saint, le lundi qui précède le 25 mai, le 1er juillet, la fête du Travail, l'Action de grâce, le jour du Souvenir et le 25 décembre.
Indemnité : 1/20 du salaire gagné pendant les 4 semaines complètes de paie précédentes, primes comprises, mais sans les heures supplémentaires.
Si vous travaillez ce jour-là : vous recevez votre salaire pour les heures faites, plus l'indemnité, ou bien un congé compensatoire d'une durée équivalente.
Condition : ne pas vous être absenté sans raison valable le jour ouvrable avant ou après le férié.
Le travail un jour férié ne donne pas, en plus, droit au temps et demi.
Qui paie l'uniforme d'un agent de sécurité ?
L'employeur paie l'uniforme et l'équipement qu'il exige, à l'exception des bas, des ceintures et des chaussures ordinaires (les chaussures de sécurité exigées sont fournies). Chaque année, il doit fournir au moins 4 chemises et 2 pantalons, et, si le travail l'exige, un manteau d'hiver avec capuchon ainsi qu'un imperméable et un chapeau de pluie. Pour les agents permanents A-01, le renouvellement se fait avec des vêtements neufs. Aucune retenue sur la paie n'est permise pour l'uniforme.
Quel préavis l'employeur doit-il donner ?
Avant de mettre fin à votre emploi ou de vous mettre à pied pour 6 mois ou plus, l'employeur doit vous donner un avis écrit, dès que vous avez 3 mois de service continu :
Service continu
Préavis
Moins d'un an
1 semaine
1 an à 5 ans
2 semaines
5 à 10 ans
4 semaines
10 ans ou plus
8 semaines
Sans avis suffisant, l'employeur doit verser une indemnité équivalente. Pour une mise à pied de moins de 6 mois, un avis d'au moins 1 semaine est exigé (sauf exceptions, comme l'occasionnel A-04). Le préavis ne s'applique pas en cas de faute grave, de force majeure ou de fin d'un contrat à durée déterminée. À la fin de tout emploi, vous pouvez aussi exiger un certificat de travail, qui ne peut pas porter de jugement sur votre travail ou votre conduite.
Comment porter plainte au comité paritaire ?
Vous pensez être payé sous le taux du décret, ne pas recevoir vos heures supplémentaires ou votre indemnité de vacances ? La démarche est simple :
vous recevez une lettre de confirmation dans les jours qui suivent
un inspecteur analyse le dossier et communique avec vous.
Les plaintes sont confidentielles (article 24 de la Loi sur les décrets de convention collective) et la loi prévoit des sanctions contre l'employeur qui exercerait des représailles. Vous pouvez aussi appeler le comité au 514 493-9105 ou au 1 800 361-5442. Gardez vos talons de paie et notez vos heures : ce sont vos meilleures preuves.
Quelle est la loi qui régit les agents de sécurité au Québec ?
Au Québec, deux textes régissent les agents de sécurité. La Loi sur la sécurité privée encadre le métier : elle institue le Bureau de la sécurité privée (BSP), qui délivre le permis d'agent. Le Décret sur les agents de sécurité (RLRQ, chapitre D-2, r. 1), qui découle de la Loi sur les décrets de convention collective, fixe les conditions minimales de travail des agents des agences de sécurité.
Le décret s'applique-t-il si je ne suis pas syndiqué ?
Oui. Il s'applique à tous les salariés des agences de sécurité au Québec, syndiqués ou non.
Mon employeur peut-il me payer moins que 20,60 $ l'heure ?
Non, pas un agent de classe A depuis le 28 juin 2026. Le taux passera à 21,10 $ le 4 juillet 2027.
Ai-je droit au temps et demi après 8 heures dans une journée ?
Pas automatiquement : le calcul se fait sur la semaine de 40 heures. Seules les heures obligatoires ajoutées à un quart pendant plus de 4 heures sont assimilées à des heures supplémentaires.
Un agent de sécurité interne est-il couvert ?
Non, si vous faites de la sécurité uniquement pour votre propre employeur (et non pour une agence), le décret ne s'applique pas. Ce sont alors les normes du travail générales.
En ligne, à jour : agentdesecuritequebec.com/nouvelles/decret-agents-securite-explique/
Emploi
Agent de sécurité en événementiel : festivals, spectacles, sports
Permis BSP même pour un soir, portier de bar, fouille des sacs, rappel minimum de 4 h : ce qu'il faut savoir avant de travailler en événementiel.
Un festival en plein air, un spectacle dans un amphithéâtre, un match un samedi soir : chaque grand rassemblement a besoin de monde à l'entrée et dans la foule. Le travail d'agent de sécurité événementiel attire beaucoup d'étudiants et de personnes qui cherchent des quarts en dehors des heures de bureau. Avant d'accepter un contrat, il faut pourtant savoir ce que la loi exige, quel permis détenir et quelles règles de paie s'appliquent. Voici l'essentiel, vérifié dans les textes officiels.
Que fait un agent de sécurité dans un événement ?
Les tâches varient selon le site et le client, mais on retrouve presque toujours les mêmes grands blocs :
Contrôle d'accès : vérifier les billets, les bracelets ou les accréditations, garder les zones réservées (scène, coulisses, loges, zone technique) et diriger les gens vers la bonne porte.
Vérification des sacs : regarder le contenu des sacs à l'entrée pour repérer les objets interdits par l'organisateur.
Gestion de foule : surveiller la densité devant la scène, garder les allées et les sorties dégagées, repérer une bousculade avant qu'elle dégénère.
Objets interdits : appliquer la liste de l'organisateur (contenants de verre, alcool apporté, objets dangereux, etc.) et expliquer calmement le refus.
Personnes intoxiquées ou en détresse : repérer quelqu'un qui ne va pas bien, le diriger vers les premiers soins et appeler les secours au besoin.
Évacuation : connaître les sorties, suivre le plan d'urgence du site et guider le public si l'événement doit être interrompu (orage, alerte, incendie).
Au sens du décret, toutes ces tâches entrent dans le « travail de sécurité » : surveiller ou protéger des personnes, des biens ou des lieux, fouiller, diriger la circulation, prévenir le vol, le feu et le vandalisme (art. 1.01, paragr. 20).
La fouille des sacs : seulement avec consentement
L'agent de sécurité n'a aucun pouvoir général de fouille. À l'entrée d'un événement, la vérification des sacs repose sur le consentement : c'est une condition d'entrée fixée par l'organisateur. La personne peut refuser. L'agent peut alors lui refuser l'accès, mais il ne peut pas fouiller de force. Nous expliquons les limites de vos pouvoirs (arrestation, fouille, force) dans notre article sur l'arrestation citoyenne et les pouvoirs de l'agent de sécurité.
Faut-il un permis du BSP, même pour un contrat d'un soir ?
Oui. La Loi sur la sécurité privée vise le « gardiennage », c'est-à-dire la surveillance ou la protection de personnes, de biens ou de lieux, principalement pour prévenir la criminalité et maintenir l'ordre (art. 1). Toute personne qui exerce cette activité doit détenir un permis d'agent de la bonne catégorie (art. 16). La loi ne prévoit pas d'exception pour un contrat court : un seul soir de travail rémunéré en sécurité exige un permis.
Seules les personnes qui exercent ces activités bénévolement sont exclues de la loi (art. 2, paragr. 8). Un bénévole qui aide à l'accueil d'un festival n'est donc pas visé. Un agent payé, lui, l'est.
Pour obtenir le permis régulier, il faut notamment avoir au moins 18 ans, avoir suivi la formation exigée par règlement, avoir de bonnes mœurs et ne pas avoir d'antécédent criminel lié à l'activité, sauf pardon (art. 19). Le permis régulier vaut cinq ans (art. 21). Toutes les étapes sont détaillées sur notre page comment obtenir le permis BSP d'agent de sécurité.
Le permis temporaire pour un événement particulier
La loi permet aussi au BSP de délivrer un permis temporaire d'une durée maximale de 120 jours (art. 22). Le BSP précise qu'il peut servir, entre autres, à fournir de la main-d'œuvre temporaire lors d'un événement particulier, comme des activités sportives ou culturelles. Ce permis s'accompagne d'obligations : rester sous la responsabilité de l'employeur pour lequel il a été délivré, travailler sous la supervision d'un titulaire de permis régulier de la même catégorie, et ne pas l'utiliser à d'autres fins. L'employeur organise ce type de demande. Un agent qui veut faire carrière a intérêt à obtenir le permis régulier.
Un portier de bar fait-il de la sécurité privée au sens de la loi ?
Surveiller l'entrée d'un bar et y maintenir l'ordre correspond à la définition du gardiennage. Tout dépend ensuite de qui vous emploie :
Portier fourni par une agence de sécurité : il exerce une activité de sécurité privée et doit détenir un permis d'agent de gardiennage, comme tout autre agent (art. 16).
Portier engagé directement par le bar : la loi prévoit une règle particulière. Quand une personne travaille pour le compte exclusif d'un employeur dont l'entreprise n'est pas d'offrir de la sécurité, elle doit détenir un permis seulement si la sécurité est son activité principale (art. 16, 2e alinéa).
Le BSP illustre cette règle avec un commerce qui emploie ses propres agents de prévention des pertes : le commerce n'a pas besoin d'un permis d'agence, mais ses agents, eux, doivent avoir un permis parce que leur tâche principale est la sécurité. Par analogie, un portier dont le travail consiste surtout à surveiller l'entrée et à maintenir l'ordre devrait détenir un permis, même s'il est payé par le bar. Un serveur qui, à l'occasion, vérifie des pièces d'identité à la porte est dans une situation différente. En cas de doute, posez la question directement au BSP.
Pour le portier engagé directement par un bar, le décret des agents de sécurité ne s'applique pas : il exclut les salariés qui font de la sécurité exclusivement pour les besoins de leur propre employeur (art. 2.03, paragr. 5). Ce sont alors les normes du travail générales qui s'appliquent.
Quelles règles du décret s'appliquent en événementiel ?
Agent qui exécute un travail de sécurité (art. 1.01, paragr. 12)
Classe A sur appel
Même travail, mais sans horaire de travail déterminé (art. 1.01, paragr. 12.1)
Classe B
Personne chargée de diriger ou de surveiller d'autres agents (art. 1.01, paragr. 13)
Minimum de 4 heures
L'agent qui se présente au travail à la demande de l'employeur et qui n'a pas de travail, ou qui travaille moins de 4 heures consécutives, reçoit une indemnité égale à 4 heures de salaire, à chaque occasion (art. 3.07)
La plupart des agents d'événements sont sur appel : l'agence vous offre des quarts selon le calendrier de ses clients. La règle des 4 heures s'applique alors : si l'on vous convoque pour un match et qu'on vous renvoie chez vous au bout de deux heures, vous avez droit à 4 heures payées. Notez vos heures d'arrivée et de départ à chaque quart.
Le décret prévoit aussi des primes, dont la prime P-4 pour la formation en secourisme. Les montants sont détaillés dans notre article sur les primes du décret.
À quoi ressemblent les horaires en événementiel ?
Les événements ont lieu quand le public est libre : le soir, la nuit, les fins de semaine et les jours fériés. L'été concentre une grande partie des festivals extérieurs, alors que les sports et les spectacles en salle s'étalent sur toute l'année. Quelques réalités à prévoir :
Quarts irréguliers : montage avant l'ouverture, fermeture tardive, sortie de foule après le dernier spectacle.
Travail à l'extérieur : chaleur, pluie, longues heures debout. Hydratez-vous et prévoyez des vêtements adaptés.
Rapports : chaque incident (blessure, expulsion, objet saisi) se documente. Notre modèle de rapport d'incident vous aidera à écrire un rapport clair.
Quelles formations sont utiles pour la sécurité de festivals et d'événements ?
La formation de base exigée pour le permis reste la porte d'entrée. Au-delà, la formation la plus utile en événementiel est le secourisme : malaises, chaleur, intoxication et blessures légères font partie du quotidien d'un grand site. Le décret reconnaît la formation de secouriste, RCR et défibrillateur d'au moins 16 heures, donnée par un organisme reconnu par la CNESST et suivie dans les 3 dernières années, pour la prime P-4 (art. 1.01).
Comment trouver des contrats en sécurité événementielle ?
Pour travailler légalement dans un festival ou un aréna, il faut en général passer par une agence titulaire d'un permis d'agence de gardiennage : la loi oblige toute entreprise qui offre de la sécurité privée à en détenir un (art. 4). Quelques pistes :
vérifiez qu'une agence détient un permis valide dans le registre public du BSP avant de signer
dites clairement que vous êtes disponible pour des quarts sur appel, le soir et la fin de semaine
mettez en valeur votre permis, votre secourisme et votre expérience de service à la clientèle dans votre CV d'agent de sécurité
Puis-je travailler un seul soir comme agent de sécurité sans permis ?
Non, si vous êtes payé. La loi exige un permis d'agent pour toute personne qui fait du gardiennage, sans exception pour les contrats courts. Seuls les bénévoles sont exclus.
Un agent peut-il fouiller mon sac à l'entrée d'un festival ?
Seulement avec votre consentement. Si vous refusez, l'agent peut vous refuser l'entrée, mais il ne peut pas fouiller votre sac de force.
Un portier de bar a-t-il besoin d'un permis du BSP ?
Oui s'il est fourni par une agence. S'il est engagé directement par le bar, il en a besoin lorsque la sécurité est son activité principale, ce qui est généralement le cas d'un portier.
Si mon quart est annulé à mon arrivée, suis-je payé ?
Si vous travaillez pour une agence soumise au décret et que vous vous êtes présenté à sa demande, vous avez droit à une indemnité de 4 heures de salaire (art. 3.07).
En ligne, à jour : agentdesecuritequebec.com/nouvelles/agent-securite-evenementiel/
Formation
Permis temporaire du BSP : travailler pendant sa formation
Durée de 120 jours, supervision, documents, frais de 188,50 $ et conversion en permis régulier : le permis temporaire d'agent de sécurité expliqué.
Vous êtes inscrit à votre cours de gardiennage et une agence est prête à vous faire travailler tout de suite ? Le permis temporaire du BSP sert à ça : il permet à un futur agent de sécurité de travailler pendant sa formation, sous supervision, en attendant le permis régulier. Encore faut-il bien comprendre ses limites. Voici comment fonctionne ce permis temporaire d'agent de sécurité, combien il coûte et comment passer ensuite au vrai permis.
Pour les conditions générales, les catégories et le renouvellement aux 5 ans, consultez notre guide complet du permis d'agent de sécurité du BSP. Cet article porte seulement sur le permis temporaire lié à la formation.
Qu'est-ce que le permis temporaire d'agent du BSP ?
Le Bureau de la sécurité privée (BSP) peut délivrer un permis temporaire d'agent dans trois situations : pour suivre une formation (stage ou alternance travail-études), pour les besoins particuliers d'une enquête (agent d'infiltration ou agent double) et pour combler un besoin de main-d'œuvre lors d'un événement particulier (activité culturelle ou sportive, conflit de travail, désastre, pandémie).
Le cas qui intéresse la plupart des nouveaux agents est le premier : travailler en gardiennage pendant qu'on suit la formation exigée. Selon le formulaire du BSP, la durée d'un permis temporaire ne peut pas dépasser 120 jours.
Ce permis n'est pas un permis régulier « en attendant ». Le BSP le décrit comme un permis délivré pour un mandat précis et unique : vous ne pouvez pas changer d'employeur ni d'emploi avec lui.
Stage ou alternance travail-études : quelle différence ?
Le formulaire distingue deux formules liées à la formation :
Le stage (gardiennage, serrurerie, investigation) : vous faites un stage chez un employeur dans le cadre de votre formation. L'employeur s'engage à n'utiliser vos services que pour ce stage.
L'alternance travail-études (ATE) (gardiennage et serrurerie seulement) : vous travaillez sous supervision en parallèle de vos cours théoriques. La formation doit commencer au plus tard 30 jours après la délivrance du permis.
En gardiennage, l'ATE a une règle stricte : la demande ne peut être faite qu'une seule fois, et le permis n'est ni renouvelé ni redélivré. Le BSP considère que 120 jours suffisent pour terminer les 70 heures de formation déjà commencées. Pour choisir votre cours, voyez la formation d'agent de sécurité en détail ou, si vous êtes dans la métropole, comment choisir sa formation d'agent de sécurité à Montréal.
Quelles sont les conditions pour l'obtenir ?
Les conditions de base ressemblent à celles du permis régulier :
avoir au moins 18 ans, sauf exception : le BSP accepte un demandeur plus jeune seulement quand le permis est demandé pour un stage dans le cadre d'une formation
être citoyen canadien, résident permanent ou titulaire d'un droit de travail au Canada
n'avoir jamais été reconnu coupable d'une infraction criminelle liée à l'activité visée (sauf pardon) et avoir de bonnes mœurs. Le BSP fait vérifier vos renseignements par la Sûreté du Québec
être dans un état physique et mental compatible avec le travail. Un certificat médical peut être demandé.
Qui fait la demande : vous ou l'agence ?
C'est vous. Le formulaire 194.005 doit être rempli et signé par le demandeur du permis. L'agence joue toutefois un rôle obligatoire : elle doit remplir et signer une déclaration de l'employeur (annexe 1 pour un stage, annexe 2 pour l'ATE) que vous joignez à votre demande. Remettez-la-lui avant de commencer.
Dans cette déclaration, l'employeur s'engage à ce que vous travailliez sous la supervision active et continue d'un agent titulaire d'un permis régulier de la même catégorie, et à prévenir le BSP sans délai s'il cesse de faire appel à vous. De votre côté, vous devez rester en tout temps sous la responsabilité de cet employeur.
Quels documents faut-il fournir ?
Le formulaire 194.005 complet, daté et signé (ou le formulaire interactif en ligne).
Une preuve d'inscription à une formation qui mène au permis régulier. Pour l'ATE, une preuve d'inscription et de paiement qui indique la date de début.
La déclaration de l'employeur (annexe 1 ou 2). En gardiennage ATE, aussi l'annexe 2.1, un complément signé par vous.
Une copie recto verso de deux pièces d'identité différentes : une pour l'identité (le permis de conduire en priorité) et une pour le statut au Canada.
Deux photos couleur identiques de format passeport (5 cm x 7 cm), prises dans les 6 derniers mois, dont une signée par un répondant qui vous connaît depuis au moins 1 an (sinon un commissaire à l'assermentation, un notaire ou un avocat).
Le paiement des droits.
Le BSP recommande la demande en ligne, qu'il présente comme la plus rapide. Il faut une adresse courriel et une carte de paiement. Sinon, la demande se fait par la poste au 1611, boulevard Crémazie Est, bureau 500, à Montréal. Le BSP ne publie pas de délai de traitement précis, mais il avertit qu'un formulaire incomplet entraîne d'importants délais, voire le retour de la demande.
Combien coûte le permis temporaire ?
Selon la feuille de paiement du formulaire (tarif en vigueur depuis le 1er janvier 2026), on paie les frais de la catégorie et la vérification des conditions. Ces droits ne sont jamais remboursables, même en cas de refus.
Le permis expire. Si vous n'avez pas obtenu votre permis régulier, vous devez cesser de travailler : la FAQ du BSP rappelle que seul le titulaire d'un permis valide peut exercer, et une demande en traitement ne suffit pas.
Certains permis temporaires peuvent être renouvelés, à condition d'envoyer la demande avant l'expiration et pour la même raison. En gardiennage ATE, ce n'est pas possible : il faut avoir terminé sa formation dans les 120 jours.
Comment passer au permis régulier ?
Une fois la formation réussie, le titulaire d'un permis temporaire formation (stage ou ATE) remplit le formulaire 194.008 – Conversion de permis – formation. Le BSP doit recevoir la demande pendant la validité du permis temporaire pour que vous profitiez du tarif de conversion (31,25 $ + taxes). Le BSP ne précise pas le tarif applicable après l'expiration : en cas de doute, appelez-le au 514 748-7480.
Quelles sont les erreurs fréquentes ?
Commencer à travailler avant d'avoir le permis en main. Une demande en traitement ne donne aucun droit d'exercer.
Travailler seul. Le permis exige la supervision active et continue d'un agent au permis régulier de la même catégorie.
Changer d'agence ou faire d'autres contrats. Le permis est lié à l'employeur et à la raison indiquée dans la demande.
Commencer la formation trop tard. En ATE, elle doit débuter dans les 30 jours. Sinon le BSP peut révoquer le permis.
Envoyer la conversion trop tard. Elle doit être reçue avant l'expiration du permis temporaire.
Oublier une annexe ou une photo signée. Une demande incomplète peut être jugée irrecevable.
À quoi servent le portail Accès Agent et le registre public ?
Le site du BSP donne accès au portail Accès Agent (accesagent.bspquebec.ca), l'espace en ligne réservé aux agents, distinct du portail Accès Agence destiné aux entreprises.
Le Registre des titulaires de permis, lui, est public. On y cherche un agent par son numéro de permis (avec les espaces, par exemple « GAR 99999999 ») ou par son nom et son prénom, avec la graphie exacte. Le statut doit être « valide » : un permis suspendu, révoqué ou expiré interdit de travailler. Vérifiez-y votre propre fiche avant votre premier quart, et sachez que votre employeur ou un client peut le faire aussi.
Questions fréquentes
Comment obtenir son permis temporaire ?
Au Québec, le permis temporaire d'agent se demande au Bureau de la sécurité privée (BSP) avec le formulaire 194.005, rempli et signé par le demandeur. Il faut y joindre une preuve d'inscription à la formation, la déclaration de l'employeur, deux pièces d'identité, deux photos et le paiement des droits, soit 188,50 $ en gardiennage en 2026. Le BSP recommande la demande en ligne, qu'il présente comme la plus rapide. Le permis dure 120 jours au plus.
Le permis temporaire est-il valide plus de 120 jours ?
Non. La période demandée ne peut pas dépasser 120 jours. Certains permis peuvent être renouvelés avant leur expiration, mais pas le permis ATE en gardiennage.
Puis-je obtenir un permis temporaire à moins de 18 ans ?
Seulement pour un stage dans le cadre d'une formation qui mène au permis régulier. Dans les autres cas, il faut avoir 18 ans.
Est-ce l'agence qui paie et dépose la demande ?
Le formulaire est rempli et signé par le demandeur. L'agence fournit sa déclaration d'employeur. Le BSP ne précise pas qui doit payer : c'est à convenir avec l'employeur.
Combien coûte le passage au permis régulier ?
Pour un permis temporaire formation, 31,25 $ plus les taxes, si la demande de conversion est reçue avant l'expiration du permis temporaire.
En ligne, à jour : agentdesecuritequebec.com/nouvelles/permis-temporaire-bsp/
Formation
Formation d'agent de sécurité à Laval, Longueuil et en couronne
Où suivre la formation d'agent de sécurité à Laval, Longueuil, sur la Rive-Sud et en couronne : centres publics vérifiés, 70 h ou AEP de 390 h, financement.
Vous cherchez une formation d'agent de sécurité à Laval, à Longueuil ou ailleurs en couronne ? L'offre publique y est plus mince qu'on pourrait le croire : au moment d'écrire ces lignes, le répertoire officiel de la formation professionnelle n'affiche aucun groupe à Laval, dans les Laurentides ou dans Lanaudière, et seulement deux centres de services scolaires en Montérégie. Voici ce qui existe vraiment, comment le vérifier vous-même et quoi faire ensuite.
Le contenu des cours (modules, heures, formations complémentaires) est détaillé sur notre page la formation d'agent de sécurité expliquée. Ici, on se concentre sur les régions autour de Montréal.
Quelle formation exige le BSP pour travailler en gardiennage ?
Où que vous habitiez, la règle du Bureau de la sécurité privée (BSP) ne change pas : il faut au moins 70 heures de formation, réparties en trois modules :
milieu, fonction, législation et normes de comportement (30 heures)
procédures en situation d'urgence (24 heures)
secourisme en milieu de travail reconnu par la CNESST (16 heures).
Le BSP précise que cette formation se suit dans un centre de services scolaire qui offre le programme de gardiennage, ou dans une autre formation reconnue et inscrite sur sa liste.
Le réseau public offre aussi un parcours plus complet : l'attestation d'études professionnelles (AEP) « Sécurité privée – Gardiennage », programme 4239, de 390 heures. L'Inforoute FPT l'estime à environ trois mois. La version anglaise, Private Security Guarding (programme 4739), compte aussi 390 heures.
Où suivre une formation d'agent de sécurité à Longueuil et sur la Rive-Sud ?
Pour qui cherche une formation d'agent de sécurité à Longueuil ou sur la Rive-Sud, l'Inforoute FPT liste deux centres de services scolaires de la Montérégie pour l'AEP 4239 :
CSS Marie-Victorin (territoire de Longueuil) : son centre de formation professionnelle y figure avec un groupe en reconnaissance des acquis et des compétences (RAC), de jour, en entrée continue. La RAC s'adresse surtout aux personnes qui ont déjà de l'expérience en sécurité et veulent faire reconnaître leurs compétences, plutôt qu'aux débutants.
CSS des Hautes-Rivières (région de Saint-Jean-sur-Richelieu) : son centre de formation professionnelle y affiche un groupe de soir. La date de début indiquée était passée lors de notre vérification. Demandez au centre quand le prochain groupe commence.
Nous n'avons trouvé aucun groupe affiché pour le CSS des Patriotes ou d'autres centres de la Rive-Sud. Les sessions s'ouvrent selon la demande.
Et à Laval, dans les Laurentides et dans Lanaudière ?
Pour la formation d'agent de sécurité à Laval, lors de notre vérification, l'Inforoute FPT ne listait aucun groupe de l'AEP 4239 au CSS de Laval, ni dans les centres de services scolaires des Laurentides (Mille-Îles, Rivière-du-Nord) ou de Lanaudière (Affluents, Samares). Pour la formation de 70 heures, par contre, le site agentdesecurite.ca, auquel renvoie le BSP, nomme le Centre de services scolaire de Laval et celui des Affluents. Les dates affichées lors de notre vérification du 7 octobre 2026 étaient passées : appelez le centre pour connaître le prochain groupe. Les options réalistes :
surveiller l'Inforoute FPT, qui affiche les nouveaux groupes avec l'horaire et la date de début
choisir une autre formation reconnue par le BSP, en vérifiant le nom exact de l'établissement dans la liste officielle « Autres formations en gardiennage acceptées par le BSP ». Une formation n'y compte que si elle a été suivie après la date de sa reconnaissance.
Quels centres offrent l'AEP 4239 autour de Montréal ?
Région
Centre(s) affiché(s) sur l'Inforoute FPT
Format affiché
Laval
Aucun groupe affiché
—
Montérégie (Longueuil)
CSS Marie-Victorin, centre de formation professionnelle
RAC, jour, entrée continue
Montérégie (Saint-Jean-sur-Richelieu)
CSS des Hautes-Rivières, centre de formation professionnelle
Soir
Laurentides
Aucun groupe affiché
—
Lanaudière
Aucun groupe affiché
—
Montréal (pour comparaison)
CSS de la Pointe-de-l'Île. CSS Marguerite-Bourgeoys
Jour
Ce tableau reflète l'Inforoute FPT au début d'octobre 2026. Les groupes changent souvent : vérifiez toujours la page du programme 4239 avant de vous décider.
Combien coûte la formation, et peut-elle être payée ?
Nous n'avons trouvé aucun tarif publié sur les pages officielles des centres de la région. Demandez-le directement au centre, en précisant si le matériel, le secourisme et les frais d'inscription sont compris.
Si vous êtes sans emploi, Services Québec peut financer votre formation par la Mesure de formation de la main-d'œuvre. Selon Québec.ca :
il faut avoir 16 ans ou plus, avoir quitté l'école à temps plein depuis au moins 24 mois, et que le manque de formation soit un obstacle important à l'emploi
l'aide peut atteindre 400 $ par semaine pour une formation qualifiante comme une AEP
certains frais peuvent être remboursés : garde d'enfants, transport, frais de formation, hébergement.
Faites la demande à Services Québec avant de vous inscrire. Habiter Laval ou Lanaudière et suivre le cours à Montréal ? Les frais de transport font partie de ce qui peut être remboursé.
Que faire une fois la formation terminée ?
Conservez votre attestation : c'est la preuve de formation que le BSP vous demandera.
Demandez votre permis d'agent. Toutes les étapes, les documents et les délais sont sur notre page comment obtenir le permis BSP.
Cherchez un poste : centres commerciaux, entrepôts, chantiers et établissements de santé embauchent en couronne. Nos conseils : trouver un emploi d'agent de sécurité.
Questions fréquentes
La RAC du CSS Marie-Victorin convient-elle à un débutant ?
En général, non. La reconnaissance des acquis sert à faire valider des compétences déjà acquises au travail. Sans expérience, visez un groupe de formation régulier, à Montréal ou ailleurs.
Puis-je suivre le cours dans une autre région que la mienne ?
Oui. Rien n'oblige à étudier dans son propre centre de services scolaire. Beaucoup de Lavallois et de résidents de la Rive-Nord suivent leur cours à Montréal.
Les 70 heures suffisent-elles pour le permis ?
Oui, si les trois modules exigés par le BSP sont réussis. L'AEP de 390 heures va plus loin, mais n'est pas obligatoire pour obtenir le permis.
En ligne, à jour : agentdesecuritequebec.com/nouvelles/formation-agent-securite-laval-longueuil/
Formation
Formation d'agent de sécurité à Québec et Lévis
Où suivre un cours d'agent de sécurité à Québec ou Lévis : AEP 4239, 70 h exigées par le BSP, coûts, horaires, aide de Services Québec et permis.
Vous cherchez une formation d'agent de sécurité à Québec ou à Lévis ? Dans la région de la Capitale-Nationale, l'offre publique est plus concentrée qu'à Montréal : un seul centre de services scolaire affiche aujourd'hui le programme officiel sur l'Inforoute de la formation professionnelle. Voici ce qu'on y trouve, ce que ça coûte, comment le faire financer et quoi faire une fois le cours terminé.
Le contenu détaillé de la formation (les modules, les formations complémentaires et les primes du décret) est expliqué sur notre page tout sur la formation d'agent de sécurité au Québec. Ici, on s'en tient à ce qui est propre à la région de Québec et de Lévis.
Quelle formation exige le BSP pour travailler comme agent de sécurité ?
Que vous habitiez Charlesbourg, Sainte-Foy ou Lévis, la règle ne change pas. Pour un permis d'agent en gardiennage, le Bureau de la sécurité privée (BSP) demande au moins 70 heures de cours, suivies dans un centre de services scolaire qui offre le programme de gardiennage en sécurité privée. Ces 70 heures se divisent en trois blocs :
milieu, fonction, législation et normes de comportement : 30 heures
procédures en situation d'urgence : 24 heures
secourisme en milieu de travail reconnu par la CNESST : 16 heures.
Le BSP accepte aussi certaines autres formations en gardiennage, à condition qu'elles aient été reconnues par le ministre et suivies après la date de cette reconnaissance. Avant de payer une école, vérifiez son nom exact dans la liste officielle du BSP.
Il existe une version plus complète : l'attestation d'études professionnelles (AEP) « Sécurité privée – Gardiennage », programme 4239. Elle compte 390 heures, soit environ trois mois à temps plein.
Où suivre un cours d'agent de sécurité à Québec ?
Selon l'Inforoute FPT, consultée le 2 octobre 2026, le seul organisme de la Capitale-Nationale qui offre l'AEP 4239 est le Centre de services scolaire des Découvreurs, par son Service aux entreprises des Découvreurs. Trois groupes y sont affichés :
Groupe
Début
Horaire
Ce qu'on sait
Groupe 4239
13 octobre 2026 (fin le 26 janvier 2027)
Jour, 8 h 15 à 15 h 15, 30 h par semaine
Affiché « complet ». 19 places. Alternance travail-études
Groupe « Février 27 »
15 février 2027
Jour
Prochaine cohorte. Détails à confirmer auprès du centre
RAC-SECUR
Entrée continue
Jour, 8 h 30 à 16 h
Reconnaissance des acquis et des compétences
Le groupe RAC s'adresse aux personnes qui ont déjà de l'expérience en sécurité : au lieu de refaire tout le cours, on fait reconnaître ce qu'on sait déjà et on ne suit que ce qui manque.
Et les autres centres de services scolaires de la région, comme celui de la Capitale ou celui des Premières-Seigneuries ? À la date de notre vérification, ni l'Inforoute FPT ni la liste des centres publiée sur le site d'information sur le programme de gardiennage, auquel renvoie le BSP, ne les nommaient pour ce programme. Une offre peut toutefois s'ouvrir en cours d'année : refaites la recherche du programme 4239 avant de vous décider.
Peut-on suivre la formation à Lévis ?
Pas pour l'instant, du moins dans le réseau public. L'Inforoute FPT n'affichait aucun groupe de l'AEP 4239 en Chaudière-Appalaches, et le CSS des Navigateurs (Lévis) n'apparaît pas non plus dans la liste des centres qui offrent la formation de 70 heures. Pour une personne de Lévis, l'option publique la plus proche reste donc le CSS des Découvreurs, de l'autre côté du fleuve.
Ce portrait bouge : une cohorte peut être ajoutée si la demande est là. Un appel au service aux entreprises du CSS des Navigateurs vous dira s'il prévoit un groupe.
Combien coûte la formation et combien de temps dure-t-elle ?
Pour le groupe d'octobre 2026 du CSS des Découvreurs, l'Inforoute FPT indique un coût de 105 $ taxes incluses, matériel compris. Ce montant vaut pour ce groupe précis : pour les autres cohortes ou pour la RAC, le coût varie selon le centre et la session. Demandez toujours ce qui est compris (secourisme, manuels, uniforme) et s'il y a des frais d'inscription à part.
Côté durée, comptez 70 heures pour la formation minimale exigée par le BSP et 390 heures pour l'AEP. À raison de 30 heures par semaine, le groupe d'octobre s'étend sur un peu plus de trois mois.
Ajoutez à votre budget les frais du permis du BSP, qui sont indexés chaque année.
Services Québec peut-il payer ma formation ?
Oui, si vous êtes admissible à la Mesure de formation de la main-d'œuvre. Selon Québec.ca, elle peut :
verser une allocation de 400 $ par semaine pendant une formation qualifiante comme une AEP
rembourser certains frais : formation, transport, garde d'enfants, et frais de séjour si vous devez vous déplacer pour suivre la formation.
Il faut notamment avoir au moins 16 ans, avoir cessé les études à temps plein depuis au moins 24 mois et montrer que le manque de formation vous empêche de trouver un emploi. La demande se fait en ligne ou au bureau de Services Québec de votre secteur, à Québec comme à Lévis, et de préférence avant de vous inscrire. Pour une personne de Lévis, le transport vers Québec fait partie des frais qu'on peut demander de faire rembourser.
Que faire une fois la formation terminée ?
Conservez votre attestation. C'est la preuve de formation qu'exige le BSP.
Demandez votre permis. Toutes les étapes, les documents et les délais sont expliqués dans notre guide comment obtenir son permis du BSP. Le groupe d'octobre étant offert en alternance travail-études, un permis temporaire peut parfois permettre de travailler pendant le cours.
Postulez. Hôpitaux, édifices gouvernementaux, campus, centres commerciaux, chantiers et événements : la région offre plusieurs milieux. Nos conseils pour trouver un emploi d'agent de sécurité s'appliquent ici aussi.
Vous pouvez aussi vous former ailleurs. Si aucune date ne vous convient à Québec, comparez avec l'offre décrite dans notre article sur la formation d'agent de sécurité à Montréal, où plusieurs centres offrent le programme.
Questions fréquentes
Quelles sont les conditions d'admission à l'AEP 4239 ?
Selon l'Inforoute FPT, il faut avoir au moins les unités de 3e secondaire (ou l'équivalent) en langue d'enseignement, langue seconde et mathématiques, et remplir une autre condition : avoir 18 ans ou plus, avoir interrompu ses études à temps plein depuis au moins 12 mois, ou détenir déjà un diplôme d'études secondaires ou professionnelles.
Le cours est-il complet ? Que faire ?
Le groupe d'octobre 2026 était affiché complet au 2 octobre. Inscrivez-vous tôt pour celui de février 2027, et demandez si une liste d'attente existe.
J'ai déjà travaillé en sécurité sans formation reconnue. Dois-je tout refaire ?
Pas forcément. La démarche de reconnaissance des acquis (RAC-SECUR) du CSS des Découvreurs, à entrée continue, sert à faire valider l'expérience acquise.
En ligne, à jour : agentdesecuritequebec.com/nouvelles/formation-agent-securite-quebec/
Emploi
Agent de sécurité à l'hôpital : rôle, formation et prime
Urgence, code blanc, contrôle d'accès : ce que fait l'agent de sécurité à l'hôpital, la formation exigée et la prime P-3 de 2,00 $ l'heure du décret.
Un agent de sécurité à l'hôpital ne fait pas le même travail que celui qui surveille un entrepôt la nuit. À l'urgence, dans les corridors ou à l'entrée principale, il côtoie des patients, des familles inquiètes et du personnel soignant sous pression. C'est un milieu exigeant, mais aussi un des rares où le décret prévoit une prime importante. Voici ce que fait l'agent en milieu de santé, quelle formation est demandée, combien rapporte la prime et comment trouver un emploi de sécurité à l'hôpital.
Que fait un agent de sécurité dans un hôpital ?
Les tâches varient d'un établissement à l'autre, mais on retrouve presque toujours les mêmes grands blocs :
Présence à l'urgence : c'est souvent le poste le plus exigeant. L'agent assure une présence visible, calme les tensions dans la salle d'attente et soutient le personnel quand une situation dégénère.
Interventions auprès d'une personne agressive : dans plusieurs établissements, on parle de « code blanc ». L'équipe de sécurité se rend sur place pour aider le personnel soignant à désamorcer la situation et, en dernier recours, à maîtriser la personne de façon sécuritaire.
Contrôle d'accès : vérification des entrées, gestion des cartes d'accès, surveillance des secteurs fermés (pharmacie, blocs opératoires, unités protégées) et respect des heures de visite.
Accompagnement : raccompagner un membre du personnel à sa voiture le soir, escorter un patient ou un visiteur, accompagner des transferts.
Surveillance de patients : présence auprès d'un patient à risque de fugue ou d'agressivité, à la demande de l'équipe de soins.
Rondes et alarmes : patrouilles, réponse aux alarmes incendie et intrusion, caméras, objets perdus.
Un patient détenu ou sous garde policière reste sous la responsabilité des policiers ou des agents correctionnels qui l'accompagnent. L'agent de sécurité privée n'est pas un agent de la paix. Ses pouvoirs sont ceux de tout citoyen. Nous les expliquons dans notre article sur l'arrestation citoyenne et les pouvoirs d'un agent de sécurité.
Quelle formation faut-il pour travailler en sécurité dans un hôpital ?
La base est la même que partout ailleurs : il faut détenir un permis d'agent de sécurité délivré par le Bureau de la sécurité privée (BSP), ce qui suppose d'avoir réussi la formation obligatoire. Tout le parcours est expliqué sur notre page formation d'agent de sécurité, et les démarches de permis sur la page permis du BSP.
En milieu de santé, deux formations complémentaires font une vraie différence, sur le terrain comme sur la paie :
La formation en gestion de crise
Le décret vise précisément une formation sur la gestion de crise d'au moins 16 heures, donnée par un formateur reconnu par le Crisis Prevention Institute (CPI), avec une attestation remise à la fin. Elle doit avoir été suivie au cours des 2 dernières années. Elle ouvre la porte à la prime P-3 (voir plus bas).
Et la formation Oméga, souvent mentionnée dans le réseau de la santé ? Le décret l'a déjà reconnue, mais seulement par une disposition transitoire : jusqu'au 2 août 2025, la prime P-3 pouvait aussi être versée à un agent qui avait suivi la formation « OMÉGA » ou « ITCA » entre le 1er août 2021 et le 2 août 2023, dans les établissements visés par cette disposition. Cette période est terminée. Aujourd'hui, le texte du décret ne mentionne que la formation reconnue par le CPI. Si un employeur vous propose une autre formation, demandez-lui par écrit si elle donne droit à la prime.
Le secourisme
Une formation de secouriste, RCR et défibrillateur d'au moins 16 heures, donnée par un organisme reconnu par la CNESST et suivie au cours des 3 dernières années, donne droit à la prime P-4. Dans un hôpital, le personnel médical est sur place, mais l'agent est souvent le premier à arriver dans un stationnement ou une entrée.
Quel est le salaire d'un agent de sécurité dans un hôpital ?
Travail dans un établissement de santé et de services sociaux + formation en gestion de crise reconnue par le CPI (16 h, moins de 2 ans)
2,00 $
P-4
Secourisme, RCR et défibrillateur (16 h, moins de 3 ans, organisme reconnu par la CNESST)
0,60 $
Un agent de classe A qui a ses deux formations à jour touche donc au moins 23,20 $ l'heure (20,60 $ + 2,00 $ + 0,60 $), avant les autres primes, comme celle de nuit. La prime P-3 n'est pas réservée aux hôpitaux : le décret prévoit aussi qu'elle est versée à un agent d'un autre secteur quand un client exige cette formation.
Les montants ci-dessus sont des minimums. Un employeur peut payer davantage.
Agent d'agence ou employé de l'hôpital : quelle différence ?
Dans un établissement de santé, on peut croiser deux types d'agents :
L'agent d'agence : il est salarié d'une agence de sécurité qui a un contrat avec l'établissement. C'est lui que vise le décret, qui s'applique aux agences de sécurité et à leurs salariés. Taux minimum, primes, heures supplémentaires : tout se vérifie dans le décret.
L'employé de l'établissement : certains CISSS et CIUSSS embauchent aussi leur propre personnel de sécurité. Ses conditions dépendent alors de l'établissement et de la convention collective applicable, pas du décret. Les échelles et les primes peuvent donc être différentes.
Avant d'accepter un poste, demandez clairement qui sera votre employeur. C'est ce qui détermine quelles règles s'appliquent à votre paie.
Est-ce dangereux d'être agent de sécurité à l'hôpital ?
Le risque principal est l'agressivité : patients en crise, personnes intoxiquées, visiteurs à bout de nerfs. La plupart des situations se règlent par la parole, et c'est précisément ce que la formation en gestion de crise enseigne. Mais des blessures arrivent.
La Loi sur la santé et la sécurité du travail oblige l'employeur à prendre les mesures pour protéger le travailleur exposé à une situation de violence physique ou psychologique sur les lieux de travail. Elle reconnaît aussi au travailleur le droit de refuser un travail s'il a des motifs raisonnables de croire que ce travail l'expose à un danger pour sa santé, sa sécurité ou son intégrité physique ou psychique. Ce droit a toutefois des limites, notamment quand le danger est normal dans le genre de travail exercé : en cas de doute, informez-vous auprès de la CNESST.
Si vous êtes blessé lors d'une intervention, déclarez-le tout de suite à votre superviseur et consignez-le dans un rapport. C'est ce qui permet ensuite une réclamation à la CNESST.
Comment trouver un emploi de sécurité dans un hôpital ?
Obtenez votre permis du BSP : aucun employeur ne peut vous affecter sans permis valide.
Suivez la formation en gestion de crise reconnue par le CPI : elle est souvent exigée pour le milieu de santé et donne droit à la prime P-3.
Mettez votre secourisme à jour : c'est un atout et une prime de plus.
Visez les deux portes d'entrée : les agences qui ont des contrats dans le réseau de la santé, et les offres d'emploi publiées directement par les CISSS et CIUSSS.
Adaptez votre CV : mettez en avant le service à la clientèle, la gestion des conflits et les formations à jour, avec leurs dates. Notre modèle de CV d'agent de sécurité peut servir de point de départ.
Dans plusieurs établissements, le code blanc est l'appel lancé quand une personne devient agressive ou violente. L'équipe d'intervention, qui comprend souvent les agents de sécurité, se rend sur place pour soutenir le personnel. Les codes et les procédures peuvent varier selon l'établissement.
La formation Oméga donne-t-elle droit à la prime P-3 ?
Plus maintenant, selon le texte du décret. Elle a été reconnue par une disposition transitoire qui a pris fin le 2 août 2025. Le décret vise aujourd'hui une formation reconnue par le Crisis Prevention Institute, d'au moins 16 heures, suivie au cours des 2 dernières années.
Faut-il une formation spéciale pour être agent de sécurité à l'hôpital ?
Le permis du BSP suffit légalement pour travailler comme agent. La formation en gestion de crise n'est pas une condition du permis, mais elle est souvent demandée par les employeurs du milieu de santé et elle donne droit à 2,00 $ de plus l'heure.
Peut-on devenir agent de sécurité hospitalier sans diplôme ?
Oui. Le permis du BSP n'exige pas de diplôme d'études secondaires : il faut avoir 18 ans, suivre la formation reconnue d'au moins 70 heures et satisfaire aux exigences de bonnes mœurs. Seule l'AEP de 390 heures, offerte par les centres de services scolaires, demande des unités de 3e secondaire (ou la réussite du test de développement général). Voir comment devenir agent de sécurité.
Quelle est la prime de nuit pour un agent de sécurité ?
Le décret prévoit 1,00 $ de plus l'heure pour les heures travaillées entre 22 h et 6 h (prime P-11). Elle s'ajoute aux primes P-3 et P-4 : un agent de classe A qui a ses deux formations à jour et travaille de nuit touche donc au moins 24,20 $ l'heure.
Quel sera le salaire d'un agent de sécurité en 2027 ?
Le taux minimum de la classe A passe à 21,10 $ l'heure le 4 juillet 2027, selon le décret. Les primes restent les mêmes.
Un agent de sécurité peut-il retenir un patient qui veut partir ?
Non, pas de sa propre autorité. L'agent n'est pas un agent de la paix. Les décisions qui touchent la liberté d'un patient relèvent de l'équipe de soins et du cadre légal applicable. L'agent agit en soutien, selon les consignes de l'établissement.
En ligne, à jour : agentdesecuritequebec.com/nouvelles/agent-securite-hopital/
Droits et sécurité au travail
Agent de sécurité de nuit : prime, santé et droits
Prime de nuit de 1,00 $/h entre 22 h et 6 h, repas payé, heures sup., travail seul et santé : ce que disent le décret, la LSST et le CCHST.
Surveiller un entrepôt à 3 h du matin, faire des rondes dans un stationnement vide, tenir la guérite d'une usine pendant que tout le monde dort : le quart de l'agent de sécurité de nuit est un travail à part. Il vient avec une prime prévue au décret, des règles précises sur les repas et les heures supplémentaires, et des risques pour la santé et la sécurité qu'il vaut mieux connaître. Voici ce que disent les textes officiels.
Quelle est la prime de nuit pour un agent de sécurité ?
Le Décret sur les agents de sécurité définit la prime P-11 comme un avantage versé pour les heures travaillées entre 22 h et 6 h (art. 1.01). Son montant est fixé à l'article 4.07 : 1,00 $ l'heure, et ce montant ne change pas d'une année à l'autre dans le tableau en vigueur jusqu'en 2027.
Trois précisions utiles :
La prime s'applique aux heures faites dans cette plage, pas au quart entier. Un quart de 18 h à 2 h donne donc 4 heures de prime (de 22 h à 2 h).
Elle s'additionne aux autres primes : le décret précise que plus d'une prime à la fois peut s'appliquer (secourisme, service à la clientèle, établissement de santé, etc.).
Le décret ne prévoit pas de prime de soir distincte : avant 22 h, aucune prime de nuit.
Le salaire de base est le même que de jour. Seule la prime change. Depuis le 28 juin 2026, le taux minimum du décret est de 20,60 $ l'heure pour un salarié de classe A et de 20,85 $ pour la classe B (art. 4.07).
À compter du 28 juin 2026
Taux de base
Avec la prime de nuit P-11
Salarié de classe A
20,60 $
21,60 $
Salarié de classe B
20,85 $
21,85 $
Ce sont des minimums : l'employeur peut payer plus. À compter du 4 juillet 2027, les taux passent à 21,10 $ (classe A) et 21,35 $ (classe B), et la prime de nuit reste à 1,00 $. Le détail des taux est expliqué dans notre page salaire et décret des agents de sécurité.
Les heures supplémentaires de nuit
La semaine normale est de 40 heures (art. 3.01). Les heures faites au-delà sont des heures supplémentaires, tout comme les heures ajoutées à un quart quand elles sont obligatoires pour plus de 4 heures (art. 3.03). Elles sont majorées de 50 % (art. 3.04).
La majoration de 50 % se calcule sur le salaire sans les primes horaires, sauf les primes P-4 (secourisme) et P-12 (service à la clientèle). La prime de nuit P-11 n'est donc pas majorée : en heure supplémentaire, elle reste à 1,00 $.
Pour le calcul de la semaine, les heures comptent dans le jour où elles sont faites (art. 3.01). Le décret permet aussi, à des conditions strictes, d'étaler les heures sur un maximum de 4 semaines, avec l'accord des salariés et un avis au comité paritaire au moins 60 jours avant (art. 3.01.1).
Le repas pendant un quart de nuit
L'article 3.12 donne droit à une période de repas de 30 minutes payée pour chaque période de travail de 5 heures, que l'agent soit autorisé ou non à quitter son poste. Si l'agent ne peut pas quitter son poste, il mange sur place, mais il n'est pas payé une demi-heure de plus pour autant. Le décret ne contient pas d'autre règle sur les pauses.
Est-ce difficile de travailler de nuit comme agent de sécurité ?
Pour beaucoup, oui, au moins au début. Selon le Centre canadien d'hygiène et de sécurité au travail (CCHST), le travail de nuit dérègle le rythme circadien, cette horloge interne de 24 heures qui gère le sommeil, la digestion et la température du corps. Le sommeil de jour est rarement aussi profond ni aussi réparateur que celui de nuit, et la fatigue constante est une plainte courante.
Le CCHST mentionne aussi des troubles digestifs (brûlures d'estomac, perte d'appétit), des effets sur le cœur et sur la vie familiale et sociale. Le Centre international de recherche sur le cancer a classé le travail de nuit comme « probablement cancérogène » (groupe 2A), sur la base de preuves limitées chez l'humain. Ce n'est pas une certitude, mais c'est une raison de prendre sa santé au sérieux. En cas de problème qui dure, parlez-en à un professionnel de la santé.
Conseils pratiques du CCHST
Sommeil : dormir à heures régulières, dans une pièce sombre, tranquille et confortable (bons stores, téléphone en mode « ne pas déranger »). Demander à la famille de respecter ces heures.
Repas : manger léger pendant le quart et prendre un déjeuner moyen en rentrant, pour ne pas être réveillé par la faim ou une digestion lourde.
Collations : boire beaucoup d'eau, préférer craquelins et fruits aux boissons gazeuses et friandises. Réduire sel, caféine et alcool. Éviter les aliments gras la nuit.
Médicaments : éviter l'usage excessif d'antiacides, de tranquillisants et de somnifères.
Forme : garder une bonne condition physique et prendre ses loisirs au sérieux.
Le CCHST signale aussi que le quart de nuit est celui qui entraîne le plus d'incidents, et que le risque augmente avec les nuits successives. Reposez-vous bien entre deux quarts.
Que doit faire l'employeur quand l'agent travaille seul la nuit ?
La Loi sur la santé et la sécurité du travail oblige l'employeur à prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé, la sécurité et l'intégrité physique et psychique du travailleur (art. 51). Il doit notamment s'assurer que l'organisation du travail est sécuritaire, fournir un éclairage convenable, de l'eau potable, des installations sanitaires et un matériel sécuritaire en bon état. De son côté, le travailleur doit prendre les mesures nécessaires pour protéger sa santé et sa sécurité et participer à l'élimination des risques (art. 49).
La loi ne contient pas de règle détaillée propre au travail seul. Le CCHST, qui cite expressément les agents de sécurité parmi les personnes travaillant en isolement, recommande :
une procédure de déclaration des présences : une personne-ressource (et un remplaçant), des appels ou messages à heures fixes, et un plan si l'agent ne répond pas
un téléphone chargé et à portée de main, ou un autre moyen (radio, dispositif d'alerte, GPS) là où le réseau cellulaire est douteux
l'évaluation des risques du lieu et la formation de l'agent et de la personne qui doit intervenir.
Comment se déplacer en sécurité la nuit ?
Les rondes et les trajets entre deux sites font partie du quart. Le CCHST recommande qu'une personne de l'organisation connaisse la destination et l'itinéraire, l'heure d'arrivée prévue, l'heure de retour, le moyen de transport et un plan de rechange (mauvais temps, congestion). Après un quart de nuit, la fatigue joue aussi sur la route : si vous êtes trop épuisé pour conduire, mieux vaut s'arrêter que risquer un accident.
Que faire après un incident pendant la nuit ?
La nuit, il y a souvent moins de témoins et moins de supervision : le rapport écrit devient la mémoire de l'événement. Notez les faits dès que possible, avec l'heure exacte, le lieu, les personnes présentes et ce que vous avez fait. Le CCHST recommande aussi de signaler les quasi-incidents où le fait d'être seul a aggravé la situation. Pour la marche à suivre, utilisez notre modèle de rapport d'incident pour agent de sécurité.
Le décret fixe des minimums. Une convention collective ou votre contrat peut prévoir mieux. En cas de doute sur votre paie, le Comité paritaire des agents de sécurité (CPAS) est l'organisme chargé de faire respecter le décret.
Questions fréquentes
Quel est le salaire d'un agent de sécurité de nuit ?
Au Québec, le taux minimum du décret est de 20,60 $ l'heure en classe A et de 20,85 $ en classe B depuis le 28 juin 2026, le même que de jour. La prime de nuit P-11 ajoute 1,00 $ pour chaque heure travaillée entre 22 h et 6 h, ce qui donne 21,60 $ et 21,85 $. Ce sont des minimums : l'employeur peut payer plus.
Comment devenir agent de sécurité de nuit ?
Au Québec, les étapes pour devenir agent de sécurité sont sur notre page comment devenir agent de sécurité. Pour le travail de nuit, le décret prévoit la prime P-11 de 1,00 $ l'heure pour les heures travaillées entre 22 h et 6 h.
La prime de nuit s'applique-t-elle à tout mon quart ?
Non. La prime P-11 de 1,00 $ couvre seulement les heures travaillées entre 22 h et 6 h. Les heures avant 22 h ou après 6 h sont payées au taux normal.
Ma prime de nuit est-elle majorée en heures supplémentaires ?
Non. La majoration de 50 % exclut les primes horaires, sauf P-4 et P-12. La prime de nuit reste à 1,00 $ l'heure.
Ai-je droit à une pause repas payée la nuit ?
Oui : 30 minutes payées par période de 5 heures de travail, même si vous ne pouvez pas quitter votre poste (art. 3.12).
En ligne, à jour : agentdesecuritequebec.com/nouvelles/agent-securite-nuit/
Formation
Comment se passe la formation d'agent de sécurité ?
Modules des 70 h, 15 compétences de l'AEP 4239, secourisme CNESST, admission (TDG) et attestation : ce qui vous attend en formation.
Vous savez qu'il faut suivre une formation d'agent de sécurité pour obtenir votre permis, mais vous vous demandez ce qui se passe concrètement en classe ? Cet article décrit le déroulement de la formation : le contenu des cours, la façon dont on vérifie vos apprentissages, l'attestation remise à la fin et les conditions d'admission. Le but : arriver au premier cours en sachant à quoi vous attendre.
Comment se passe la formation d'agent de sécurité ?
Il existe deux formats dans le réseau public, qui mènent tous les deux au permis de gardiennage : la formation de base d'au moins 70 heures, exigée par le Bureau de la sécurité privée (BSP), et l'attestation d'études professionnelles (AEP) « Sécurité privée – Gardiennage », un programme de 390 heures. Leur déroulement n'est pas le même.
La formation de 70 heures : trois blocs
Selon le BSP, le programme de gardiennage d'au moins 70 heures se divise en trois parties obligatoires :
Module
Durée
Ce qu'on y aborde
Milieu, fonction, législation et normes de comportement
30 h
Le milieu de la sécurité privée, le rôle de l'agent, le cadre légal et les règles de conduite attendues
Procédures en situation d'urgence
24 h
Les façons d'agir quand survient une urgence sur le lieu de travail
Secourisme en milieu de travail reconnu par la CNESST
16 h
Les premiers secours, donnés par un organisme reconnu par la CNESST
Total
70 h
La description de la troisième colonne découle des intitulés officiels. Le plan de cours détaillé varie selon l'établissement. Demandez-le avant de vous inscrire.
Le secourisme de 16 heures
Le BSP précise que le dernier bloc doit être donné par un organisme reconnu par la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST). Le BSP renvoie d'ailleurs à la liste des organismes reconnus par la CNESST pour trouver un cours. Si votre établissement n'inclut pas cette partie dans son prix, vous devrez peut-être la suivre ailleurs : vérifiez-le dès l'inscription.
L'AEP de 390 heures : quinze compétences
L'AEP « Sécurité privée – Gardiennage » (programme 4239) est beaucoup plus détaillée. Selon l'Inforoute de la formation professionnelle, elle compte quinze compétences :
Code
Compétence
Heures
239-011
Se situer au regard de la profession et de la formation
15
239-021
Se conformer aux lois et aux règlements
15
239-032
Observer son environnement
30
239-041
S'orienter dans l'espace
15
239-052
Interagir avec la clientèle en milieu professionnel
30
239-062
Se référer au fonctionnement des systèmes de sécurité et de communication
30
239-071
Appliquer des techniques de premiers secours
15
239-082
Appliquer des procédures en situation d'urgence
30
239-092
Effectuer des activités de prévention
30
239-102
Préserver son intégrité physique et psychologique
30
239-113
Effectuer des activités de surveillance
45
239-122
Intervenir en contrôle d'accès
30
239-131
Contrôler la circulation de véhicules et de personnes
15
239-141
Utiliser des moyens de recherche d'emploi
15
239-153
S'intégrer au milieu de travail
45
Total
390
On y retrouve les thèmes des 70 heures (lois, urgences, premiers secours), mais aussi la surveillance, le contrôle d'accès, la circulation, la prévention, la gestion de son propre stress et de sa sécurité, la recherche d'emploi et une compétence d'intégration au milieu de travail de 45 heures.
Quels sont les tests pour devenir agent de sécurité ?
Il faut distinguer deux choses : les tests pour entrer dans un programme, et les évaluations pendant la formation.
Avant : les conditions d'admission à l'AEP
Pour l'AEP 4239, l'Inforoute indique que le candidat doit remplir deux conditions :
Une condition scolaire, au choix : avoir au moins les unités de 3e secondaire (ou l'équivalent) en langue d'enseignement, en langue seconde et en mathématiques. Ou détenir une attestation d'équivalence de niveau de scolarité (AENS). Ou réussir le test de développement général (TDG).
Une condition de situation, au choix : avoir interrompu ses études à temps plein depuis au moins douze mois. Ou avoir 18 ans à l'entrée en formation. Ou détenir un diplôme d'études secondaires (DES) ou un diplôme d'études professionnelles (DEP).
Le TDG n'est donc pas obligatoire pour tout le monde : il sert à ceux qui n'ont pas les unités de 3e secondaire demandées. Pour la formation de 70 heures, les sources consultées ne mentionnent pas de test d'admission. Renseignez-vous auprès de l'établissement.
Pendant : les évaluations
Les sources officielles consultées ne décrivent pas en détail la forme des examens (écrit, pratique, mise en situation). La formation se termine par une sanction : le BSP indique qu'une attestation est délivrée après la réussite du programme de 70 heures, et l'AEP mène à une attestation d'études professionnelles. Il faut donc réussir le programme, pas seulement y assister. Demandez à votre établissement comment chaque module ou compétence est évalué et ce qui arrive en cas d'échec (reprise, frais).
Le permis du BSP comporte aussi d'autres conditions que la formation, comme la vérification des antécédents. Elles sont expliquées dans notre guide du permis d'agent de sécurité du BSP.
Quelle attestation reçoit-on à la fin ?
Après la formation de 70 heures, le centre remet une attestation de formation : c'est la preuve que vous joindrez à votre demande de permis. Après le programme 4239, vous obtenez une attestation d'études professionnelles (AEP). Dans les deux cas, gardez une copie. Gardez aussi votre carte de secourisme : le secourisme a une durée de validité propre.
Quelle est la meilleure formation pour devenir agent de sécurité ?
Tout dépend de votre situation. Voici les différences objectives entre les deux formats publics.
Formation de base
AEP 4239
Durée
Au moins 70 h
390 h (environ 3 mois)
Contenu
3 modules : législation et comportement, urgences, secourisme
15 compétences, dont surveillance, contrôle d'accès et intégration au travail
Admission
Non précisée dans les sources consultées
Unités de 3e secondaire, AENS ou TDG, plus une condition d'âge ou de situation
Document remis
Attestation de formation
Attestation d'études professionnelles
La formation courte convient à qui veut son permis rapidement. L'AEP prend plus de temps, mais couvre davantage de tâches du métier. Nous ne recommandons aucune école en particulier.
Quelle est la durée de la formation pour devenir agent de sécurité ?
Au minimum 70 heures pour la formation exigée par le BSP (30 h + 24 h + 16 h), et 390 heures pour l'AEP, soit environ trois mois selon l'Inforoute. Le calendrier réel (jour, soir, temps partiel) dépend de chaque établissement.
Comment réussir sa formation ?
Demandez le plan de cours et la façon dont chaque partie est évaluée dès l'inscription.
Révisez les lois : la législation est au cœur du premier module comme de l'AEP. Lire à l'avance sur les pouvoirs d'un agent, par exemple l'arrestation citoyenne, aide à comprendre la matière.
Pratiquez la rédaction : un agent écrit des rapports tous les jours. Notre modèle de rapport d'incident donne une idée du format attendu sur le terrain.
Ne négligez pas le secourisme : il dure 16 heures dans la formation de base et doit être donné par un organisme reconnu par la CNESST.
Soyez présent à toutes les séances : vérifiez les règles de l'établissement sur les absences.
Questions fréquentes
La formation d'agent de sécurité comprend-elle un examen ?
Il faut réussir le programme pour obtenir l'attestation. Les sources officielles consultées ne précisent pas la forme exacte des évaluations. Chaque établissement peut vous l'expliquer.
Faut-il passer le test de développement général ?
Seulement pour l'AEP, et seulement si vous n'avez pas les unités de 3e secondaire demandées ni d'AENS.
Puis-je suivre le secourisme ailleurs ?
Le BSP exige que les 16 heures de secourisme soient données par un organisme reconnu par la CNESST. Vérifiez auprès de votre centre s'il accepte une carte obtenue ailleurs.
Le secourisme est-il compris dans l'AEP ?
L'AEP comprend une compétence de 15 heures intitulée « Appliquer des techniques de premiers secours ». Demandez au centre si elle mène à une carte reconnue par la CNESST.
Comment se déroule la formation d'agent de sécurité ?
Au Québec, la formation de 70 heures exigée par le BSP se déroule en trois blocs : 30 heures sur le milieu, la fonction, la législation et les normes de comportement, 24 heures sur les procédures en situation d'urgence et 16 heures de secourisme. Le centre remet ensuite une attestation, à joindre à la demande de permis. L'AEP de 390 heures compte quinze compétences, détaillées à la section « Comment se passe la formation d'agent de sécurité ? ».
Qui peut faire la formation de sécurité ?
Au Québec, pour la formation de 70 heures, les sources consultées ne mentionnent pas de test d'admission : renseignez-vous auprès de l'établissement. Pour l'AEP 4239, l'Inforoute exige une condition scolaire (unités de 3e secondaire, AENS ou test de développement général) et une condition de situation, par exemple avoir 18 ans à l'entrée en formation. Le permis du BSP a ses propres conditions, expliquées dans notre guide du permis d'agent de sécurité du BSP.
En ligne, à jour : agentdesecuritequebec.com/nouvelles/deroulement-formation-agent-securite/
Salaire et décret
Salaire d'agent de sécurité en 2027 : ce qui est déjà prévu
Hausse du 4 juillet 2027 (21,10 $ en classe A), historique depuis 2023, fin du décret et comparaison avec le salaire minimum de 16,60 $.
Le salaire d'agent de sécurité en 2027 est déjà connu, du moins pour son plancher : le Décret sur les agents de sécurité prévoit une dernière hausse le 4 juillet 2027. C'est aussi la date où le décret actuel arrive à son terme. Voici ce qui est écrit noir sur blanc, ce que ça donne sur une année complète et ce qui pourrait se passer ensuite.
Quel est le salaire d'un agent de sécurité en 2027 ?
Selon l'article 4.07 du décret, le taux horaire minimum passe, à compter du 4 juillet 2027, à :
21,10 $ l'heure pour un agent de classe A (celui qui fait le travail de sécurité)
21,35 $ l'heure pour un agent de classe B (celui qui dirige ou surveille d'autres agents).
Jusqu'au 3 juillet 2027, ce sont les taux du 28 juin 2026 qui s'appliquent : 20,60 $ en classe A et 20,85 $ en classe B. Les primes horaires, elles, ne bougent pas en 2027 : le tableau du décret reprend les mêmes montants que l'année précédente (par exemple 1,00 $ l'heure pour la prime P-10). Le détail des primes se trouve dans notre article sur les primes du décret des agents de sécurité.
Ces taux sont des minimums. Rien n'empêche une agence de payer davantage, notamment pour attirer du personnel dans un secteur où la demande est forte.
Combien ça représente sur une année ?
Pour un agent à temps plein, on peut estimer le salaire annuel brut en multipliant le taux par 40 heures (la semaine normale du décret) et par 52 semaines, soit 2 080 heures. Ce calcul exclut les primes, les heures supplémentaires et l'indemnité de vacances.
Taux minimum
Classe A
Classe B
Depuis le 28 juin 2026
20,60 $ × 2 080 h = 42 848 $
20,85 $ × 2 080 h = 43 368 $
À compter du 4 juillet 2027
21,10 $ × 2 080 h = 43 888 $
21,35 $ × 2 080 h = 44 408 $
Estimation brute, avant impôts et retenues. Un agent qui travaille de nuit, en milieu de santé ou avec une formation en secourisme à jour touchera plus : les primes s'ajoutent au taux de base.
Quelle sera l'augmentation du salaire d'un agent de sécurité au Québec en 2026 et en 2027 ?
Le décret actuel a fixé d'avance une série de hausses annuelles, la première le 2 août 2023. En les mettant bout à bout, on voit que les augmentations ont été un peu plus fortes en 2026 qu'au début de la période.
À compter du
Classe A
Hausse (A)
Classe B
Hausse (B)
2 août 2023
19,34 $
—
19,59 $
—
30 juin 2024
19,69 $
+0,35 $ (1,8 %)
19,94 $
+0,35 $ (1,8 %)
29 juin 2025
20,09 $
+0,40 $ (2,0 %)
20,34 $
+0,40 $ (2,0 %)
28 juin 2026
20,60 $
+0,51 $ (2,5 %)
20,85 $
+0,51 $ (2,5 %)
4 juillet 2027
21,10 $
+0,50 $ (2,4 %)
21,35 $
+0,50 $ (2,4 %)
Sur l'ensemble de la période, le taux de classe A passe de 19,34 $ à 21,10 $, soit 1,76 $ l'heure de plus, ou environ 9,1 % en quatre ans. Les pourcentages sont arrondis à une décimale et calculés par nous à partir des taux du décret.
Pour 2026, la hausse a eu lieu le 28 juin 2026, de 20,09 $ à 20,60 $ en classe A. Notre article sur le taux minimum des agents de sécurité en 2026 présente les taux actuellement en vigueur.
Qu'arrive-t-il au décret après le 4 juillet 2027 ?
L'article 9.01 du décret précise qu'il demeure en vigueur jusqu'au 4 juillet 2027. Ensuite, il se renouvelle automatiquement d'année en année, à moins qu'une des parties contractantes (côté patronal ou syndical) ne s'y oppose par un avis écrit au ministre du Travail et aux autres parties. Cet avis doit être envoyé au cours du mois de mars 2027, ou en mars d'une année suivante.
Deux scénarios sont donc possibles :
Personne ne s'oppose : le décret continue tel quel. Attention, le tableau de l'article 4.07 s'arrête à la colonne du 4 juillet 2027. Sans modification, aucune nouvelle hausse n'est prévue après cette date.
Une partie s'oppose ou souhaite des changements : les parties négocient de nouvelles conditions, qui doivent ensuite passer par le processus officiel de modification du décret.
À ce jour, aucune date de nouveaux taux après juillet 2027 n'est fixée dans le décret. Toute hausse future devra être publiée officiellement avant d'entrer en vigueur.
Comment un décret de convention collective est-il modifié ?
Une partie à la convention adresse une demande au ministre du Travail, avec une copie de l'entente (art. 3 et 4). Pour une modification, ces règles s'appliquent aussi (art. 6.1).
Le ministre fait publier à la Gazette officielle du Québec un avis de réception de la demande avec le projet de décret. Toute personne peut formuler une objection, en principe dans les 45 jours suivant la publication de l'avis dans un journal (art. 5).
À la fin de ce délai, le ministre peut recommander au gouvernement d'adopter la modification, en vérifiant notamment qu'elle ne nuit pas sérieusement à l'emploi ni aux entreprises qui sont en concurrence avec des entreprises de l'extérieur du Québec (art. 6).
Le décret entre en vigueur le jour de sa publication à la Gazette officielle, ou à une date ultérieure qui y est indiquée (art. 7).
Le gouvernement peut aussi, en tout temps, prolonger un décret (art. 8). Pour suivre la suite, la Gazette officielle et le Comité paritaire des agents de sécurité sont les deux endroits à surveiller. Pour comprendre le rôle du comité et les autres règles du décret, voyez le décret des agents de sécurité expliqué.
Quel sera le salaire minimum au Québec à partir du 1er mai 2026 ?
Selon la CNESST, le salaire minimum général au Québec est de 16,60 $ l'heure, en vigueur depuis le 1er mai 2026. Le décret place donc les agents de sécurité nettement au-dessus de ce plancher :
Taux
Taux horaire
Écart avec le salaire minimum
Annuel brut (2 080 h)
Salaire minimum général (1er mai 2026)
16,60 $
—
34 528 $
Agent de classe A (28 juin 2026)
20,60 $
+4,00 $ (24 %)
42 848 $
Agent de classe A (4 juillet 2027)
21,10 $
+4,50 $ (27 %)
43 888 $
La comparaison avec 2027 reste partielle : le salaire minimum général est révisé par règlement, et le taux qui s'appliquera en 2027 n'est pas encore connu. Pour un portrait complet de la rémunération, consultez notre page salaire d'agent de sécurité au Québec.
Questions fréquentes
Mon employeur doit-il m'augmenter le 4 juillet 2027 si je gagne déjà plus que 21,10 $ ?
Non. Le décret fixe un minimum. Si votre taux dépasse déjà 21,10 $ (classe A) ou 21,35 $ (classe B), l'employeur n'est pas obligé de l'augmenter, sauf si votre contrat ou une convention collective le prévoit.
Les primes augmentent-elles aussi en 2027 ?
Non. Selon le tableau de l'article 4.07, les primes horaires du 4 juillet 2027 sont identiques à celles du 28 juin 2026. Seuls les taux de base des classes A et B changent.
Le décret peut-il disparaître après juillet 2027 ?
Il ne prend pas fin automatiquement : il se renouvelle d'année en année. Une partie peut s'y opposer en mars, et le gouvernement peut le modifier ou l'abroger après consultation et publication d'un avis, comme le prévoit la loi. Aucune décision de ce genre n'est publiée à ce jour.
En ligne, à jour : agentdesecuritequebec.com/nouvelles/salaire-agent-securite-2027/
Salaire et décret
Les agents de sécurité les mieux payés au Québec
Classe B, primes cumulables, nuit, heures supplémentaires : les situations qui rapportent le plus selon le décret, avec des exemples de taux horaires.
Qui est l'agent de sécurité mieux payé au Québec ? Dans le gardiennage privé, la réponse se lit dans le Décret sur les agents de sécurité. Le taux horaire minimum est le même pour tous les agents d'une même classe, mais les primes, qui s'additionnent, peuvent faire grimper la paie de plusieurs dollars l'heure. Voici les situations qui rapportent le plus selon le décret, des exemples de taux cumulés et quelques métiers voisins mieux rémunérés.
Quel est le salaire d'un agent de sécurité au Québec ?
Le décret fixe un taux horaire minimum selon la classe de l'agent. Depuis le 28 juin 2026, il est de 20,60 $ pour la classe A et de 20,85 $ pour la classe B. Une hausse est déjà prévue au 4 juillet 2027 : 21,10 $ pour la classe A et 21,35 $ pour la classe B.
Quels sont les agents de sécurité les mieux payés ?
Selon le décret, les mieux payés sont les agents qui cumulent trois choses : une classe supérieure, des primes liées au milieu de travail et des formations à jour. Selon le décret, plus d'une prime à la fois peut s'appliquer.
Les superviseurs (classe B)
Le salarié de classe B est celui qui dirige ou surveille un ou plusieurs agents. Il reçoit 0,25 $ de plus l'heure que la classe A. Quand il dirige ou surveille lui-même des salariés de classe B, il touche encore 0,25 $ l'heure de plus que le taux de la classe B. L'écart reste modeste : ce sont surtout les primes qui font la différence.
Les primes qui rapportent le plus
Voici les primes horaires du décret, de la plus élevée à la plus faible, avec leur condition principale. Les montants sont les mêmes depuis 2023 et le restent jusqu'en 2027.
Prime
Situation
Montant à l'heure
P-7
L'agent a besoin d'un abri et doit utiliser son automobile à cette fin
3,00 $
P-6
Travail avec une arme à feu
2,50 $
P-3
Établissement de santé ou de services sociaux, avec une formation en gestion de crise d'au moins 16 heures suivie dans les 2 dernières années (aussi versée ailleurs si le client exige cette formation)
2,00 $
P-8
Secteur judiciaire ou parajudiciaire (palais de justice, tribunaux, surveillance de détenus, de témoins ou de jurés), avec une formation sur l'usage de la force d'au moins 20 heures suivie dans les 2 dernières années
2,00 $
P-10
Le client ou l'employeur exige l'attestation de l'ASP Construction
1,00 $
P-11
Heures travaillées entre 22 h et 6 h
1,00 $
P-4
Secourisme, RCR et défibrillateur, formation d'au moins 16 heures suivie dans les 3 dernières années
0,60 $
P-2
Utilisation d'un radar ou autorisation de délivrer des constats d'infraction (stationnement ou autre)
0,55 $
P-12
Formation en service à la clientèle d'au moins 4 heures suivie dans les 2 dernières années
0,50 $
P-1
Formation spéciale en lutte contre l'incendie et membre de l'équipe incendie à la demande du client ou de l'employeur
0,35 $
P-9
Aucun uniforme fourni à l'agent
0,15 $
Le décret prévoit aussi une prime P-13 (2,00 $ l'heure depuis le 29 juin 2025), mais elle ne s'applique que lorsque le gouvernement a déclaré l'état d'urgence sanitaire sur tout le territoire québécois. Elle est donc exclue des exemples ci-dessous.
Combien peut gagner un agent qui cumule les primes ?
Le tableau suivant additionne le taux minimum en vigueur depuis le 28 juin 2026 et les primes qui s'appliquent à chaque profil. Ce sont des minimums prévus au décret, pas des salaires réels observés.
Profil
Calcul
Taux minimum à l'heure
Agent de classe A, de jour, sans prime
20,60 $
20,60 $
Agent de nuit, secourisme et service à la clientèle à jour
20,60 + 1,00 + 0,60 + 0,50
22,70 $
Agent au palais de justice, de jour, secourisme et service à la clientèle à jour
20,60 + 2,00 + 0,60 + 0,50
23,70 $
Agent en poste à l'auto (abri), de nuit
20,60 + 3,00 + 1,00
24,60 $
Agent à l'hôpital, de nuit, secourisme et service à la clientèle à jour
20,60 + 2,00 + 1,00 + 0,60 + 0,50
24,70 $
Agent armé, de nuit, secourisme et service à la clientèle à jour
20,60 + 2,50 + 1,00 + 0,60 + 0,50
25,20 $
Superviseur de classe B dirigeant des classe B, à l'hôpital, de nuit, secourisme et service à la clientèle à jour
21,10 + 2,00 + 1,00 + 0,60 + 0,50
25,20 $
En pratique, l'écart entre un poste de jour sans prime et un poste de nuit bien qualifié dépasse 4 $ l'heure. Sur une semaine normale de 40 heures, 4,60 $ de primes représentent 184 $ de plus.
Quelle est la prime de nuit pour un agent de sécurité ?
La prime de nuit (P-11) est de 1,00 $ l'heure. Elle s'applique aux heures travaillées entre 22 h et 6 h, et seulement à celles-là : sur un quart de 18 h à 2 h, quatre heures y donnent droit. Elle s'ajoute aux autres primes. Le décret ne prévoit toutefois aucune prime de soir ni de fin de semaine.
Les heures supplémentaires sont-elles payées à 150 % ?
Oui, mais avec une nuance. Aux fins du calcul, la semaine normale est de 40 heures. Au-delà, le salaire effectivement payé est majoré de 50 %. Les primes horaires sont exclues de cette majoration, sauf les primes P-4 (secourisme) et P-12 (service à la clientèle), qui entrent dans le calcul.
Exemple, au minimum du décret : l'agent de nuit à l'hôpital du tableau ci-dessus reçoit, pour une heure supplémentaire, (20,60 + 0,60 + 0,50) × 1,5 = 32,55 $, auxquels s'ajoutent les primes P-3 et P-11 non majorées (3,00 $), soit 35,55 $ l'heure.
Quels métiers proches de la sécurité paient mieux ?
Certains emplois voisins sortent du cadre du décret et suivent leurs propres échelles. Le plus documenté est celui d'agent des services correctionnels, qui surveille les personnes incarcérées dans les établissements de détention. Selon Québec.ca, le salaire horaire de ce métier, calculé en moyenne de 2023 à 2025, va de 27,93 $ au minimum à 48,08 $ au maximum, avec une médiane de 38,17 $.
Ce métier exige un autre parcours que le permis d'agent de sécurité du BSP. Pour la sécurité privée, le point de départ reste notre guide devenir agent de sécurité au Québec.
Questions fréquentes
Une agence peut-elle payer moins que le décret ?
Non. Le taux horaire et les primes du décret sont des minimums : l'employeur doit verser au moins ces montants. Il peut payer davantage.
Les primes se cumulent-elles vraiment ?
Oui. Le décret indique que plus d'une prime à la fois peut être applicable. Un agent armé qui travaille de nuit reçoit à la fois la prime P-6 (2,50 $) et la prime P-11 (1,00 $).
Qui paie les formations qui donnent droit à une prime ?
En règle générale, une formation exigée par l'employeur ou le client est à ses frais. Le décret fait toutefois exception pour une formation qui permet à l'agent de se qualifier pour une prime ou d'obtenir ou de renouveler son permis : celle-là n'est pas nécessairement payée par l'employeur.
Quel est le poste le plus payant selon le décret ?
Aucun poste n'est désigné comme tel. La prime la plus élevée est celle de l'auto utilisée comme abri (3,00 $), suivie du travail armé (2,50 $). Ce sont les combinaisons de primes, de nuit et de formations à jour qui donnent les meilleurs taux.
Quel métier de la sécurité paye le mieux ?
Au Québec, dans le gardiennage privé, le taux le plus élevé des profils calculés dans cet article est de 25,20 $ l'heure au minimum du décret. Deux profils l'atteignent, secourisme et service à la clientèle à jour : l'agent armé de nuit et le superviseur de classe B qui dirige des classe B à l'hôpital la nuit. L'agent des services correctionnels, un emploi voisin qui sort du cadre du décret, a un salaire horaire médian de 38,17 $ selon Québec.ca, en moyenne de 2023 à 2025. Ce métier exige un autre parcours que le permis d'agent de sécurité du BSP.
En ligne, à jour : agentdesecuritequebec.com/nouvelles/agents-securite-mieux-payes/
Salaire et décret
Salaire net d'un agent de sécurité en 2026 : du brut au net
Du brut au net : retenues 2026 (RRQ, RQAP, assurance-emploi, impôts, CPAS) et estimation du salaire net d'un agent de sécurité au taux du décret.
Le taux du décret, c'est le salaire brut. Ce qui arrive dans votre compte est plus bas : le régime de retraite, l'assurance parentale, l'assurance-emploi, les deux impôts et le prélèvement du comité paritaire passent avant. Voici comment estimer le salaire net d'un agent de sécurité au Québec en 2026, étape par étape, avec les taux officiels de l'année.
Quel est le salaire d'un agent de sécurité au Québec ?
Le Décret sur les agents de sécurité fixe un minimum pour toutes les agences de sécurité. Depuis le 28 juin 2026, un agent de classe A ne peut pas être payé moins de 20,60 $ l'heure (20,85 $ pour la classe B). La semaine normale est de 40 heures. Au-delà, les heures sont payées à 150 %. Les détails sont sur notre page salaire d'agent de sécurité et décret.
Le brut annuel au taux minimum
Pour un agent de classe A à temps plein toute l'année :
40 heures × 52 semaines = 2 080 heures
2 080 heures × 20,60 $ = 42 848 $ brut par année.
Ce calcul suppose 52 semaines payées (vacances comprises), sans heures supplémentaires ni primes. C'est un chiffre « sur 12 mois au taux actuel » : en réalité, les heures faites en 2026 avant le 28 juin étaient payées au taux précédent de 20,09 $, donc le brut réel de l'année civile 2026 sera un peu plus bas.
Quel est le salaire d'un agent de sécurité débutant ?
Le décret ne prévoit pas d'échelon de débutant : le taux de 20,60 $ s'applique dès la première heure à tout agent de classe A. Un employeur peut payer plus, jamais moins. Les primes s'ajoutent dès que la situation y donne droit (nuit, milieu de santé, secourisme…), comme l'explique notre guide des primes du décret des agents de sécurité.
Quelles retenues sont prélevées sur la paie en 2026 ?
Sur un salaire d'environ 43 000 $, six retenues sont obligatoires. Tous les taux ci-dessous viennent de Revenu Québec, de l'Agence du revenu du Canada (ARC) et du Comité paritaire des agents de sécurité (CPAS).
Retenue
Taux ou règle 2026
Qui l'administre
Régime de rentes du Québec (RRQ)
6,30 % du salaire au-delà de l'exemption générale de 3 500 $, jusqu'à 74 600 $
Revenu Québec / Retraite Québec
Régime québécois d'assurance parentale (RQAP)
0,430 % du salaire, jusqu'à 103 000 $
Revenu Québec
Assurance-emploi
1,30 % du salaire (taux réduit du Québec), jusqu'à 68 900 $
ARC
Impôt du Québec
14 % jusqu'à 54 345 $, puis 19 %, 24 % et 25,75 %
Revenu Québec
Impôt fédéral
14 % jusqu'à 58 523 $, puis 20,5 %, 26 %, 29 % et 33 %, moins l'abattement du Québec de 16,5 %
ARC
Prélèvement du comité paritaire
0,30 % du salaire brut
CPAS
RRQ : 6,30 % après les premiers 3 500 $
Le taux de 6,30 % combine la cotisation de base (5,30 %) et la première cotisation supplémentaire (1 %). Les premiers 3 500 $ gagnés dans l'année sont exemptés. Le maximum des gains admissibles est de 74 600 $. La deuxième cotisation supplémentaire (4 %, sur la tranche entre 74 600 $ et 85 000 $) ne touche pas un agent au taux du décret.
RQAP : 0,430 %
La cotisation de l'employé au RQAP a baissé en 2026 : elle est de 0,430 % du salaire, jusqu'à un maximum de revenus assurables de 103 000 $.
Assurance-emploi : 1,30 %
Comme le Québec a son propre régime d'assurance parentale, les salariés québécois paient un taux d'assurance-emploi réduit : 1,30 % en 2026, sur un maximum de 68 900 $ de rémunération assurable.
Impôt du Québec
Le premier palier, à 14 %, couvre le revenu imposable jusqu'à 54 345 $. Le montant personnel de base est de 18 952 $ en 2026 : il donne un crédit de 14 % de ce montant. Un salarié peut aussi déduire la « déduction pour travailleur », plafonnée à 1 450 $ en 2026.
Impôt fédéral et abattement du Québec
Au fédéral, le taux du premier palier est de 14 % en 2026, jusqu'à 58 523 $. Le montant personnel de base est de 16 452 $ (pour un revenu net jusqu'à 181 440 $) et le montant canadien pour emploi, de 1 501 $. Les cotisations de base au RRQ, au RQAP et à l'assurance-emploi donnent aussi un crédit de 14 %. Enfin, les résidents du Québec ont droit à l'abattement du Québec : l'impôt fédéral de base est réduit de 16,5 %.
Le prélèvement du comité paritaire : 0,30 %
Le Règlement sur le prélèvement du Comité paritaire des agents de sécurité oblige le salarié à verser 0,30 % de son salaire brut au CPAS. L'employeur le retient à chaque paie et verse lui aussi 0,30 % de son côté. Cette retenue finance l'application du décret, présentée dans notre article sur le décret des agents de sécurité expliqué. La contribution de 0,20 $ l'heure au REER collectif, elle, est payée par l'employeur et n'est pas retenue sur votre salaire.
Quel est le salaire net d'un agent de sécurité en 2026 ?
Voici deux exemples arrondis, calculés à partir des taux ci-dessus. Il s'agit d'une estimation pour une personne seule, sans autre revenu, sans enfant, sans REER personnel et sans autre déduction ni crédit. Les crédits remboursables (crédit pour solidarité, TPS, etc.) ne sont pas comptés.
Par année
Jour ou soir : 20,60 $/h
Nuit avec prime P-11 : 21,60 $/h
Salaire brut (2 080 h)
42 848 $
44 928 $
RRQ (6,30 %)
environ 2 480 $
environ 2 610 $
RQAP (0,430 %)
environ 185 $
environ 195 $
Assurance-emploi (1,30 %)
environ 555 $
environ 585 $
Prélèvement CPAS (0,30 %)
environ 130 $
environ 135 $
Impôt du Québec
environ 3 100 $
environ 3 400 $
Impôt fédéral (après abattement)
environ 2 550 $
environ 2 750 $
Salaire net estimé
environ 33 900 $
environ 35 300 $
Au taux minimum, l'agent garde donc près de 79 % de son brut, soit environ 650 $ net par semaine de 40 heures, ou un peu plus de 16 $ net de l'heure. Avec la prime de nuit P-11 de 1,00 $ l'heure (de 22 h à 6 h), le net annuel monte d'environ 1 400 $. Les autres primes jouent de la même façon : la prime P-3 de 2,00 $ en milieu de santé ou la prime P-4 de 0,60 $ pour le secourisme laissent chacune environ les deux tiers de leur valeur brute une fois les retenues payées.
Comment l'impôt a été estimé : au Québec, revenu imposable = brut moins la déduction pour travailleur (1 450 $) et la part de la cotisation RRQ supplémentaire (1 %). Impôt à 14 % moins le crédit de 14 % sur 18 952 $. Au fédéral, impôt à 14 % sur le brut moins la cotisation RRQ supplémentaire, moins les crédits à 14 % (montant personnel de base, montant canadien pour emploi, RRQ de base, RQAP, assurance-emploi), puis réduction de 16,5 %. Votre talon de paie peut différer : les retenues à la source dépendent de vos formulaires TP-1015.3 et TD1, et le vrai solde se règle dans la déclaration de revenus.
Les calculateurs officiels
Pour un calcul selon votre situation :
le calculateur en direct de retenues sur la paie de l'ARC (impôt fédéral et assurance-emploi)
WebRAS de Revenu Québec (impôt du Québec, RRQ et RQAP. Il a remplacé WinRAS en 2021)
le calcul du revenu disponible du ministère des Finances du Québec, qui ajoute les aides gouvernementales selon votre situation familiale.
Quelle sera l'augmentation du salaire d'un agent de sécurité au Québec en 2026 ?
Elle a déjà eu lieu : le taux minimum de classe A est passé de 20,09 $ à 20,60 $ le 28 juin 2026, une hausse de 0,51 $ l'heure, soit environ 1 060 $ brut par année à temps plein. La prochaine hausse est prévue le 4 juillet 2027, à 21,10 $. Pour les dates et les deux classes, voir notre article sur le taux minimum des agents de sécurité en 2026.
Questions fréquentes
Quel est le salaire net d'un agent de sécurité ?
Au Québec, un agent de sécurité payé au taux minimum du décret garde environ 33 900 $ net par année, sur 42 848 $ brut, selon notre estimation pour une personne seule sans autre revenu. Cela représente près de 79 % du brut, soit environ 650 $ net par semaine de 40 heures. Six retenues expliquent l'écart : RRQ, RQAP, assurance-emploi, impôt du Québec, impôt fédéral et prélèvement du comité paritaire.
Le prélèvement du CPAS est-il vraiment retenu sur ma paie ?
Oui. Le règlement du comité paritaire prévoit que l'employeur perçoit, à chaque période de paie, les 0,30 % dus par le salarié et les remet au CPAS avec son rapport mensuel.
Les heures supplémentaires sont-elles plus imposées ?
Non. Elles sont payées à 150 % au-delà de 40 heures par semaine, et elles s'ajoutent simplement au revenu de l'année. Dans les exemples ci-dessus, chaque dollar de plus reste dans le premier palier d'impôt (14 % au Québec et au fédéral).
Combien gagne net par semaine un agent au taux minimum ?
Environ 650 $ net pour 40 heures à 20,60 $ (824 $ brut), selon notre estimation pour une personne seule. Le montant réel de chaque paie dépend de vos formulaires de retenue à la source.
Mon employeur verse 0,20 $ l'heure dans un REER : est-ce compté ici ?
Non. Cette contribution de l'employeur au REER collectif n'est pas retenue sur votre salaire. Elle n'a donc pas été soustraite dans les exemples.
En ligne, à jour : agentdesecuritequebec.com/nouvelles/salaire-net-agent-securite-2026/
Emploi
Transport de valeurs : devenir convoyeur de fonds au Québec
Permis du BSP propre au convoyage, formation armes à feu de l'ENPQ, autorisations fédérales, prime P-6 de 2,50 $ : tout pour devenir convoyeur de fonds.
Le transport de valeurs attire chaque année des candidats qui cherchent un emploi en sécurité un peu différent du gardiennage. Le convoyeur de fonds, qu'on appelle aussi agent de transport de valeurs, déplace de l'argent et d'autres biens précieux entre des commerces, des institutions et des centres de traitement, souvent armé. Au Québec, ce métier a son propre permis, sa propre formation et des règles fédérales sur les armes à feu. Voici ce qu'il faut savoir avant de chercher un emploi en transport de valeurs.
Le transport de valeurs a-t-il son propre permis au Québec ?
Oui. La Loi sur la sécurité privée énumère, à son article 1, six activités de sécurité privée : le gardiennage, l'investigation, la serrurerie, les systèmes électroniques de sécurité, le convoyage de biens de valeur et le service conseil en sécurité. Le convoyage est donc une activité distincte, et le Bureau de la sécurité privée (BSP) délivre un permis d'agent pour cette catégorie, à côté de celui de gardiennage.
Concrètement, un permis de gardiennage ne suffit pas pour faire du transport de valeurs : il faut le permis correspondant à l'activité exercée. Les démarches générales (demande, frais, renouvellement) sont expliquées sur notre page permis d'agent du BSP.
Quelles sont les conditions pour obtenir le permis ?
L'article 19 de la Loi fixe les mêmes conditions de base pour toutes les catégories de permis d'agent. Le requérant doit :
avoir la formation exigée par règlement pour l'activité visée
avoir de bonnes mœurs
ne pas avoir été reconnu coupable d'une infraction criminelle ayant un lien avec l'activité, à moins d'en avoir obtenu le pardon
être âgé d'au moins 18 ans.
Une fois délivré, le permis d'agent est valide pour 5 ans (article 21). Les frais et le renouvellement sont détaillés dans notre article sur les frais et le renouvellement du permis du BSP.
Quelle formation faut-il pour devenir convoyeur de fonds ?
La formation n'a rien à voir avec les 70 heures du gardiennage. Selon la page des formations requises du BSP, la personne qui veut un permis de convoyage de biens de valeur doit avoir réussi une formation sur le maniement des armes à feu et le recours à la force, donnée par un moniteur qualifié par l'École nationale de police du Québec (ENPQ).
Le BSP précise aussi que ces formateurs travaillent avec les agences de convoyage titulaires d'un permis. En pratique, on ne s'inscrit donc pas à cette formation comme à un cours public : on s'informe auprès des agences de transport de valeurs, qui l'organisent pour leurs candidats. Le BSP ne publie pas de durée pour cette formation.
Vous visez d'abord le gardiennage ? Le parcours de 70 heures est présenté sur notre page formation d'agent de sécurité.
Faut-il un permis fédéral pour porter une arme à feu ?
Oui, et c'est une démarche séparée du permis du BSP. Les armes à feu relèvent du fédéral, par la Loi sur les armes à feu et le Programme canadien des armes à feu, géré par la GRC. Deux autorisations entrent en jeu :
Le permis de possession et d'acquisition (PPA). Pour le demander, la GRC exige notamment d'avoir réussi les cours de sécurité obligatoires. Une personne de 18 ans ou plus présente sa demande comme adulte. Au Québec, si le PPA vise les armes à autorisation restreinte, la GRC demande d'y joindre le formulaire SQ-3007 de la Sûreté du Québec.
L'autorisation de port. L'article 20 de la Loi sur les armes à feu permet de délivrer à une personne titulaire d'un permis une autorisation de porter une arme à feu à autorisation restreinte ou une arme de poing ailleurs qu'à l'endroit où elle est gardée, notamment lorsqu'elle en a besoin dans le cadre de son activité professionnelle légale.
Les conditions précises de l'autorisation de port (qui la demande, pour combien de temps, à quelles conditions) relèvent du fédéral et peuvent changer. Votre futur employeur et le Programme canadien des armes à feu sont les meilleures sources pour votre situation.
Le décret des agents de sécurité s'applique-t-il au transport de valeurs ?
Le Décret sur les agents de sécurité s'applique dans tout le Québec (article 2.01) aux agences de sécurité et à leurs salariés (article 2.02). Il définit le travail de sécurité de façon large, notamment le fait de surveiller, garder ou protéger des personnes, des biens ou des lieux. L'article 2.03 énumère les exclusions (agents de la paix, salariés des gouvernements et municipalités, travail fait exclusivement pour les besoins de son propre employeur, etc.). Le transport de valeurs n'y figure pas nommément.
Le décret prévoit une prime pour le travail armé : la prime P-6, versée à un agent travaillant avec une arme (une arme à feu, selon la définition du décret), est de 2,50 $ l'heure. Elle s'ajoute au taux horaire de base, qui est de 20,60 $ pour un salarié de classe A depuis le 28 juin 2026, et elle peut se cumuler avec d'autres primes.
Élément du décret
Montant minimum
Taux horaire, classe A (depuis le 28 juin 2026)
20,60 $
Prime P-6, travail avec une arme
2,50 $ l'heure
Total minimum avec P-6
23,10 $ l'heure
Que le décret vise ou non votre poste dépend de votre employeur et de la nature exacte du travail. En cas de doute, le comité paritaire peut trancher. Pour comprendre l'ensemble des primes, lisez les primes du décret que plusieurs agents ne réclament pas.
Que fait un agent de transport de valeurs au quotidien ?
Collectes et livraisons : ramasser les dépôts des commerces et livrer de l'argent ou d'autres biens de valeur selon une tournée planifiée.
Approvisionnement de guichets : participer au remplissage et au service de guichets automatiques.
Escorte et protection : couvrir le collègue qui transporte les valeurs entre le véhicule et le client, surveiller les abords.
Conduite : le travail se fait souvent en véhicule blindé, en équipe, avec des procédures strictes.
Le convoyeur transporte précisément ce que les voleurs cherchent. Le risque de vol qualifié est réel, et c'est pour cette raison que la formation exigée par le BSP porte sur les armes et le recours à la force. S'y ajoutent les risques plus ordinaires : manutention de sacs et de caissettes, horaires matinaux, conduite en ville et en hiver, stress. Le respect des procédures (ne jamais dévier d'une routine de sécurité, rester en communication avec l'équipe) est la principale protection. Avant d'accepter un poste, demandez quelle formation continue et quel soutien après un incident l'employeur offre.
Questions fréquentes
Peut-on devenir convoyeur de fonds à 18 ans ?
La Loi sur la sécurité privée exige au moins 18 ans pour un permis d'agent. Il faut aussi réussir la formation reconnue par l'ENPQ et obtenir les autorisations fédérales pour l'arme, ce que l'employeur évalue avec vous.
Mon permis de gardiennage me permet-il de faire du transport de valeurs ?
Non. Le convoyage de biens de valeur est une activité distincte dans la Loi, avec sa propre formation. Il faut le permis qui correspond à cette activité.
Où trouver un emploi en transport de valeurs ?
Postulez auprès des agences de convoyage titulaires d'un permis : la formation passe par elles. Consultez aussi nos offres d'emploi d'agent de sécurité.
En ligne, à jour : agentdesecuritequebec.com/nouvelles/transport-de-valeurs-convoyeur/
Emploi
Patrouilleur en sécurité : la patrouille mobile expliquée
Tâches, permis classe 5, prime P-7, indemnité de 0,50 $/km et règles de prudence : ce qu'il faut savoir sur la patrouille mobile en sécurité.
Le patrouilleur en sécurité ne passe pas son quart dans une guérite : il circule d'un site à l'autre, souvent seul et souvent la nuit. La patrouille mobile en sécurité attire ceux qui aiment bouger et travailler de façon autonome, mais elle vient avec ses propres règles : permis de conduire, utilisation du véhicule, indemnités prévues au décret, prudence lors des alarmes. Voici ce qu'il faut savoir avant de postuler comme agent de sécurité en patrouille.
Que fait un patrouilleur en sécurité ?
Le Décret sur les agents de sécurité inclut expressément la patrouille dans les tâches d'un agent : parmi les fonctions énumérées à l'article 1.01 figure le fait de « patrouiller en véhicule motorisé, à bicyclette, à pied ou à cheval ». En pratique, le patrouilleur mobile couvre un circuit de plusieurs clients pendant son quart. Les tâches typiques :
Rondes de plusieurs sites : commerces, entrepôts, chantiers, immeubles de bureaux ou résidentiels visités à tour de rôle, parfois plusieurs fois par nuit.
Vérification des accès : portes, fenêtres, barrières et cadenas, à l'extérieur comme à l'intérieur selon les consignes du client.
Ouverture et fermeture de bâtiments : déverrouiller le matin, verrouiller et armer le système d'alarme le soir, s'assurer que personne n'est resté à l'intérieur.
Réponse aux alarmes : se rendre sur un site lorsque la centrale signale une alarme d'intrusion ou autre, constater la situation de l'extérieur et faire le lien avec la centrale, le client ou les services d'urgence.
Rapports : consigner chaque visite, chaque anomalie et chaque intervention, souvent sur une application mobile ou à l'aide de points de contrôle à balayer.
Quel permis de conduire faut-il pour la patrouille mobile ?
Pour conduire une voiture ordinaire au Québec, c'est le permis de classe 5 qui s'applique. Selon la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ), cette classe permet notamment de conduire une automobile, c'est-à-dire un véhicule à 2 essieux dont la masse nette est de moins de 4 500 kg. La plupart des véhicules de patrouille entrent dans cette catégorie, mais vérifiez la classe exigée si l'employeur utilise un véhicule plus lourd.
Le permis de conduire s'ajoute au permis d'agent délivré par le Bureau de la sécurité privée : il ne le remplace pas. Les employeurs demandent généralement un dossier de conduite propre, car le patrouilleur passe une bonne partie de son quart sur la route.
Le décret prévoit-il quelque chose si j'utilise ma propre voiture ?
Oui, mais lisez les articles avec soin : le décret prévoit deux mesures différentes.
La prime P-7 : l'auto qui sert d'abri
L'article 1.01 du décret définit la prime P-7 comme un avantage versé à l'agent qui a besoin d'un abri et qui doit utiliser son automobile à cet effet. Son montant est de 3,00 $ l'heure dans le tableau des primes. Cette prime vise donc la situation où la voiture sert d'abri pendant le travail. La définition ne parle pas de la conduite d'un site à l'autre. Le fait de patrouiller en voiture ne donne donc pas, à lui seul, droit à la prime P-7 selon le texte de la définition.
L'indemnité de 0,50 $ du kilomètre
L'article 8.01 prévoit qu'une indemnité de 0,50 $ du kilomètre est versée pour tous les kilomètres parcourus lorsque le salarié se sert de son véhicule comme abri et que, à la demande de son employeur, il l'utilise pour faire des rondes, des patrouilles ou un service en véhicule motorisé. Le même article prévoit aussi 0,50 $ du kilomètre pour le salarié qui doit prendre son automobile pour se rendre à un lieu de travail situé à plus de 40 km du bureau de l'employeur, lors d'une grève, d'un lock-out, d'un événement spécial ou d'un contrat de 60 jours ou moins. L'employeur peut alors choisir de fournir lui-même le transport.
Mesure du décret
Situation visée
Montant
Prime P-7 (art. 1.01)
L'agent a besoin d'un abri et doit utiliser son automobile à cet effet
3,00 $ l'heure
Indemnité (art. 8.01)
Véhicule servant d'abri et utilisé, à la demande de l'employeur, pour des rondes, des patrouilles ou un service en véhicule motorisé
0,50 $ du km parcouru
Indemnité (art. 8.01)
Déplacement à plus de 40 km du bureau de l'employeur (grève, lock-out, événement spécial, contrat de 60 jours ou moins)
0,50 $ du km parcouru
Le texte de l'article 8.01 relie les deux conditions par « et » : véhicule utilisé comme abri et pour des rondes ou des patrouilles à la demande de l'employeur. En cas de doute sur votre situation, adressez-vous au Comité paritaire des agents de sécurité, chargé d'appliquer le décret.
Utiliser sa propre voiture pour le travail peut changer l'usage déclaré du véhicule. Les règles varient selon les assureurs et les contrats : avant d'accepter un poste de patrouille avec votre auto, appelez votre assureur, décrivez précisément l'usage (rondes, kilomètres par quart, véhicule stationné sur des sites de clients) et demandez une confirmation écrite que vous êtes couvert. Demandez aussi à l'employeur s'il fournit un véhicule ou une assurance pour ce travail.
Travailler seul et de nuit : qu'est-ce qui change ?
La patrouille mobile se fait très souvent la nuit. Les heures travaillées entre 22 h et 6 h donnent droit à la prime P-11 de 1,00 $ l'heure (art. 1.01 et tableau des primes du décret). Plus d'une prime peut s'appliquer à la fois. Nous détaillons ce sujet dans notre article sur le travail d'agent de sécurité de nuit et la prime P-11.
Le patrouilleur est aussi, la plupart du temps, un travailleur isolé. Le Centre canadien d'hygiène et de sécurité au travail (CCHST) recommande, pour le travail en solitaire, une évaluation des risques et un système de communication et de vérification régulière avec une personne désignée. Demandez à votre employeur comment se font ces vérifications pendant votre quart.
Avant d'arriver, informez la centrale ou votre superviseur de votre position.
Observez de l'extérieur, depuis un endroit sûr, sans entrer.
Si vous voyez une porte forcée, une vitre brisée, une personne suspecte ou de la fumée, composez le 911 et attendez les policiers ou les pompiers.
Ne poursuivez personne et n'entrez jamais seul dans un bâtiment où une intrusion est possible.
Notez les heures, ce que vous avez vu et les personnes jointes.
Comment rédiger le rapport d'une patrouille ?
Le rapport est la trace de votre travail auprès de l'employeur et du client. Il doit être factuel : date, heure, lieu, ce que vous avez constaté, ce que vous avez fait, qui vous avez avisé. Évitez les opinions et les suppositions. Pour un exemple concret, consultez notre modèle de rapport d'incident pour agent de sécurité.
Quelles compétences recherche-t-on chez un patrouilleur ?
Un permis d'agent valide et un permis de conduire de la bonne classe.
De l'autonomie et une bonne gestion du temps pour respecter un circuit chargé.
Du jugement : savoir quand s'arrêter, se retirer et appeler les secours.
Une bonne orientation et de la prudence au volant, de jour comme de nuit et en hiver.
Une écriture claire pour les rapports et une aisance avec les applications mobiles.
Un patrouilleur reçoit-il automatiquement la prime P-7 ?
Non. Selon sa définition, la prime P-7 (3,00 $ l'heure) vise l'agent qui a besoin d'un abri et qui doit utiliser son automobile à cet effet. Patrouiller en voiture ne suffit pas, à lui seul, à remplir cette définition.
Mon employeur doit-il me payer le kilométrage ?
Le décret prévoit 0,50 $ du kilomètre dans les situations précises de l'article 8.01 décrites plus haut. Hors de ces situations, vérifiez votre contrat ou votre convention collective, et le Comité paritaire en cas de doute.
Peut-on être patrouilleur sans permis de conduire ?
Pour la patrouille en véhicule, non. Le décret mentionne toutefois aussi la patrouille à pied et à bicyclette. Certains postes de rondes sur un seul site n'exigent donc pas de conduire.
En ligne, à jour : agentdesecuritequebec.com/nouvelles/patrouilleur-securite-patrouille-mobile/
Droits et sécurité au travail
Agent de sécurité agressé au travail : vos droits et démarches
Plainte pour voies de fait, légitime défense, obligations de l'employeur, CNESST (délai de 6 mois, 90 % du net), stress post-traumatique et CAVAC.
Un agent de sécurité agressé au travail a des droits précis : il peut porter plainte à la police, il a droit à la protection de son employeur et, s'il est blessé, il peut être indemnisé par la CNESST. Une agression contre un agent de sécurité n'est pas « un risque du métier » qu'il faut encaisser en silence. Voici, étape par étape, ce que prévoient le Code criminel et les lois québécoises sur la santé et la sécurité du travail, et les démarches à faire après l'incident.
Cet article est informatif et ne constitue pas un avis juridique. Pour une situation précise, consultez un avocat, votre syndicat ou directement la CNESST.
Que faire tout de suite après une agression ?
Dans les minutes qui suivent, l'ordre des priorités est simple :
Se mettre en sécurité. Éloignez-vous de l'agresseur, demandez du renfort et ne restez pas seul sur le lieu si le danger persiste.
Appeler le 911 s'il y a des blessures, une arme ou une menace qui continue.
Aviser votre supérieur. La Loi sur les accidents du travail et les maladies professionnelles (LATMP) oblige le travailleur blessé à prévenir son supérieur immédiat, ou un autre représentant de l'employeur, avant de quitter l'établissement s'il en est capable, sinon dès que possible (art. 265). L'avis peut être simple : votre nom, l'endroit et les circonstances, en mots ordinaires (art. 266).
Consulter un médecin, même si la blessure semble légère. Le premier professionnel de la santé qui vous prend en charge doit vous remettre une attestation médicale sur le formulaire de la CNESST (art. 199).
Peut-on porter plainte à la police pour voies de fait ?
Oui. Frapper, pousser ou cracher sur un agent est une infraction criminelle comme pour n'importe qui d'autre. Selon l'article 265 du Code criminel, il y a voies de fait quand une personne :
emploie intentionnellement la force, directement ou indirectement, contre une autre personne sans son consentement
tente ou menace d'employer la force, si elle est capable de mettre sa menace à exécution ou si la victime peut raisonnablement le croire
porte ouvertement une arme, ou une imitation, en abordant ou en importunant quelqu'un.
L'article 266 prévoit que les voies de fait peuvent être poursuivies comme acte criminel, avec un emprisonnement maximal de cinq ans, ou par procédure sommaire. Votre rôle est de déposer la plainte, de donner votre version et de conserver vos preuves (rapport, photos des blessures, noms des témoins).
Un agent a-t-il le droit de se défendre ?
Oui. La légitime défense de l'article 34 du Code criminel s'applique à tous, agents de sécurité compris. Trois conditions doivent être réunies :
vous croyez, pour des motifs raisonnables, qu'on emploie ou menace d'employer la force contre vous ou contre une autre personne
vous agissez dans le but de vous défendre ou de protéger cette personne
votre geste est raisonnable dans les circonstances.
Pour juger du caractère raisonnable, le tribunal tient compte notamment de la nature de la menace et de son imminence, des autres moyens disponibles, de la présence d'une arme, de la taille et des capacités des personnes et, surtout, de la proportionnalité de la riposte. Se défendre ne veut pas dire punir : une fois la menace écartée, la force doit cesser. Si vous avez dû retenir l'agresseur, les règles de l'arrestation s'appliquent. Voyez notre article sur l'arrestation citoyenne par un agent de sécurité.
Quelles sont les obligations de l'employeur en matière de violence ?
L'article 51 de la Loi sur la santé et la sécurité du travail (LSST) oblige l'employeur à prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé, la sécurité et l'intégrité physique et psychique du travailleur. Son paragraphe 16° vise directement la violence : l'employeur doit prendre les mesures pour protéger le travailleur exposé sur les lieux de travail à une situation de violence physique ou psychologique, y compris la violence conjugale, familiale ou à caractère sexuel.
Pour un agent de sécurité, cela peut vouloir dire des consignes claires sur quand ne pas intervenir, un moyen de communication fiable, du renfort sur les postes à risque, de la formation et un suivi après un incident, surtout sur les postes isolés comme le travail d'agent de sécurité de nuit. Après une agression, demandez à votre employeur ce qui sera changé pour éviter que cela se reproduise.
Comment réclamer à la CNESST si l'agent de sécurité est blessé ?
Une agression subie pendant le travail peut être un accident du travail au sens de la LATMP : un événement imprévu et soudain, survenu par le fait ou à l'occasion du travail, qui entraîne une lésion professionnelle (art. 2). Une blessure qui arrive sur les lieux du travail pendant que le travailleur est à son travail est même présumée être une lésion professionnelle (art. 28).
Étape
Ce que prévoit la LATMP
Aviser l'employeur
Avant de quitter l'établissement si possible, sinon dès que possible (art. 265)
Remettre l'attestation médicale
À l'employeur, si l'incapacité dure au-delà de la journée de l'accident (art. 267)
Les 14 premiers jours
L'employeur verse 90 % du salaire net pour les jours qui auraient normalement été travaillés (art. 60)
Réclamation à la CNESST
Dans les six mois de la lésion, si l'incapacité dépasse 14 jours complets ou s'il y a une atteinte permanente (art. 270)
Violence à caractère sexuel
Le délai de réclamation est de deux ans (art. 270 et 271)
Même si vous reprenez le travail le lendemain, une réclamation peut être produite dans les six mois (art. 271), par exemple pour faire payer des soins. Déclarez chaque agression, même mineure : si des séquelles apparaissent plus tard, le dossier existe déjà.
Combien la CNESST verse-t-elle pendant l'arrêt de travail ?
Le travailleur qui ne peut plus exercer son emploi à cause d'une lésion professionnelle a droit à une indemnité de remplacement du revenu (art. 44). Elle est égale à 90 % du revenu net retenu que le travailleur tire annuellement de son emploi (art. 45). Pendant les 14 premiers jours complets, c'est l'employeur qui verse 90 % du salaire net, à la date habituelle de la paie, si vous lui avez remis l'attestation médicale (art. 60). Pour comparer avec votre paie normale, voyez notre page sur le salaire d'un agent de sécurité.
Le stress post-traumatique est-il reconnu par la CNESST ?
Oui, la lésion peut être psychologique. Le Règlement sur les maladies professionnelles inscrit le trouble de stress post-traumatique parmi les troubles mentaux, avec une condition : avoir exercé un travail exposant de manière répétée ou extrême à une blessure grave, à de la violence sexuelle, à une menace de mort ou à la mort effective (section VII). Quand cette condition est remplie au jour du diagnostic, le travailleur est présumé atteint d'une maladie professionnelle (art. 29 LATMP).
Pour une maladie professionnelle, le délai de six mois commence à la date où le travailleur apprend qu'il en est atteint (art. 272).
Quelle aide pour les victimes d'actes criminels ?
Les CAVAC (centres d'aide aux victimes d'actes criminels) offrent de l'aide gratuite et confidentielle, que la victime ait porté plainte ou non. On les joint au 1 866 532-2822.
L'IVAC, elle, verse de l'aide financière aux victimes d'infractions criminelles. Quand l'agression donne ouverture à la LATMP, ce qui est le cas d'une agression subie au travail, la victime doit présenter sa demande à la CNESST (art. 68 de la Loi visant à aider les personnes victimes d'infractions criminelles). Si la CNESST vous déclare admissible, vous ne pouvez pas recevoir aussi l'aide financière de l'IVAC pour le même événement.
Peut-on refuser de retourner au même poste ?
La LSST donne au travailleur le droit de refuser un travail s'il a des motifs raisonnables de croire que ce travail l'expose à un danger pour sa santé, sa sécurité ou son intégrité physique ou psychique (art. 12). Il doit aviser aussitôt son supérieur (art. 15). Deux limites (art. 13) : le refus est impossible s'il met en péril immédiat la vie ou la sécurité d'une autre personne, ou si les conditions du travail sont normales dans ce genre de travail. Pour un agent, le droit de refus vise donc un danger anormal, par exemple un poste où les menaces d'un même individu se répètent sans aucune mesure de protection.
Après un arrêt, le travailleur redevenu capable a le droit de réintégrer en priorité son emploi ou un emploi équivalent (art. 236 LATMP). Ce droit s'exerce dans l'année suivant le début de l'absence si l'établissement compte 20 travailleurs ou moins, et dans les deux ans s'il en compte plus de 20 (art. 240). L'employeur ne peut pas vous congédier, suspendre ou sanctionner parce que vous avez été blessé ou parce que vous avez exercé un droit prévu par la loi (art. 32).
Questions fréquentes
Mon employeur me dit de ne pas porter plainte pour ne pas déplaire au client. Est-ce permis ?
La décision de porter plainte à la police vous appartient : c'est la victime qui la dépose. L'employeur peut avoir ses procédures internes, mais si vous êtes blessé, la loi sur les accidents du travail lui interdit de vous sanctionner parce que vous avez exercé vos droits (art. 32). En cas de pression, parlez-en au CAVAC ou à la CNESST.
Combien de temps ai-je pour réclamer à la CNESST ?
Six mois à compter de la lésion (art. 270 et 271 LATMP), ou six mois à compter du moment où vous apprenez être atteint d'une maladie professionnelle (art. 272). Le délai est de deux ans si la lésion résulte de violence à caractère sexuel.
Suis-je payé si je dois arrêter de travailler ?
Oui : l'employeur verse 90 % du salaire net pendant les 14 premiers jours complets, puis la CNESST verse une indemnité de 90 % du revenu net retenu si l'arrêt se prolonge et que la réclamation est acceptée.
En ligne, à jour : agentdesecuritequebec.com/nouvelles/agent-securite-agression-droits/
Emploi
Agent de sécurité immigrant au Québec : statut, permis, formation
Permis de travail, pièces d'identité, antécédents, formation de 70 heures, français gratuit : devenir agent de sécurité au Québec quand on est immigrant.
Vous êtes arrivé au Canada et vous cherchez un premier emploi stable ? Plusieurs nouveaux arrivants pensent au gardiennage. On peut être agent de sécurité immigrant au Québec sans être citoyen canadien, et même avec un permis de travail. Voici ce que la loi et le Bureau de la sécurité privée (BSP) exigent vraiment pour devenir agent de sécurité au Québec quand on vient d'ailleurs : statut, pièces d'identité, antécédents, formation, français et aide financière.
Faut-il être citoyen canadien pour être agent de sécurité ?
Non. Le Règlement d'application de la Loi sur la sécurité privée exige que la personne qui demande un permis d'agent ait l'une de ces trois situations :
la citoyenneté canadienne
le statut de résident permanent
un permis de travail délivré par l'autorité canadienne compétente en matière d'immigration.
Les formulaires du BSP précisent les cas acceptés : on peut aussi cocher le statut d'Indien inscrit, un permis d'études qui comprend un droit de travail, ou un autre droit de travail valide au Canada. Pour un permis de travail ou d'études, le formulaire demande sa date d'expiration.
Les autres conditions sont les mêmes pour tout le monde. Selon l'article 19 de la Loi sur la sécurité privée, il faut avoir au moins 18 ans, avoir de bonnes mœurs, avoir la formation exigée par règlement et ne pas avoir été reconnu coupable d'une infraction criminelle liée à l'activité visée, sauf si on a obtenu le pardon.
Que se passe-t-il si mon permis de travail expire ?
Le titulaire d'un permis doit aviser le BSP sans délai de tout changement qui peut toucher la validité de son permis (article 24 de la Loi). Le formulaire du BSP cite expressément le changement de statut au Canada parmi ces changements. Si votre permis de travail arrive à échéance, occupez-vous de son renouvellement auprès d'Immigration Canada à l'avance et informez le BSP de toute modification.
Le BSP peut vérifier vos renseignements auprès des autorités de citoyenneté et d'immigration : le formulaire vous demande d'y consentir.
Quelles pièces d'identité fournir quand on est immigrant ?
La demande doit comprendre une copie recto verso de deux documents différents :
Ce qu'il faut prouver
Exemples acceptés par le BSP
Votre identité
Permis de conduire canadien (à privilégier si vous en avez un). Sinon carte d'assurance maladie, passeport valide ou autre pièce avec nom, date de naissance, photo et signature, délivrée par un gouvernement canadien ou étranger
Votre statut au Canada
Carte de résident permanent ou confirmation de résidence permanente, permis de travail valide, permis d'études valide avec droit de travail, certificat ou carte de citoyenneté, ou autre document démontrant un droit de travail
Votre passeport étranger peut servir comme pièce d'identité. Toute pièce rédigée dans une autre langue que le français ou l'anglais doit être accompagnée d'une traduction faite par un membre de l'Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec.
Il faut aussi deux photos format passeport. L'une doit être signée par un répondant qui vous connaît personnellement depuis au moins 1 an et qui est citoyen canadien ou résident permanent, âgé de 18 ans ou plus. Si vous êtes arrivé récemment et ne connaissez personne depuis un an, le formulaire prévoit qu'un commissaire à l'assermentation, un notaire ou un avocat peut agir comme répondant.
Le BSP vérifie-t-il mes antécédents à l'étranger ?
Oui, au sens où la question porte sur toute votre vie. La Loi parle d'une infraction au Code criminel dont on a été reconnu coupable « en quelque lieu que ce soit ». Le formulaire demande si vous avez été reconnu coupable, au Canada ou ailleurs, d'une infraction criminelle sans pardon, et si vous faites l'objet d'accusations en ce moment.
Répondez honnêtement. Le BSP explique dans sa foire aux questions qu'il examine s'il existe un lien entre l'infraction et l'activité de sécurité privée avant de décider. Les vérifications passent par la Sûreté du Québec ou d'autres corps de police. Le BSP ne publie pas de liste de documents de police étrangers à fournir : s'il lui faut autre chose, il vous le demandera.
Ma formation de sécurité à l'étranger est-elle reconnue ?
Le BSP ne reconnaît pas d'office une formation suivie hors du Canada. En gardiennage, il exige au moins 70 heures dans un centre de services scolaire, ou une autre formation reconnue par le ministre et suivie après la date de sa reconnaissance. Les 70 heures comprennent trois modules : milieu, fonction, législation et normes de comportement (30 h), procédures d'urgence (24 h) et secourisme reconnu par la CNESST (16 h).
Deux autres voies existent. Si vous détenez un permis valide d'une autre province canadienne, il pourrait vous dispenser de prouver la formation. Et si vous croyez avoir des connaissances et des habiletés équivalentes, vous pouvez demander au BSP une analyse d'équivalence, fondée notamment sur vos formations connexes et votre expérience. En gardiennage, il faut dans tous les cas une preuve de secourisme de 16 heures, délivrée par un organisme reconnu par la CNESST ou équivalente.
Ni la Loi ni le Règlement ne posent de condition de langue pour le permis. Les formulaires du BSP vous laissent choisir le français ou l'anglais comme langue de correspondance.
La formation, elle, se donne dans une langue précise. En plus des 70 heures, les centres de services scolaires offrent l'AEP « Sécurité privée – Gardiennage » de 390 heures : en français sous le numéro 4239, et en anglais sous le numéro 4739 (« Private Security Guarding »), selon l'Inforoute FPT. Sur le terrain, toutefois, vous parlerez au public, rédigerez des rapports et communiquerez avec les secours : un bon français reste un atout réel pour l'embauche au Québec.
Comment apprendre le français gratuitement ?
Le gouvernement du Québec offre, par Francisation Québec, des cours de français gratuits à toutes les personnes de 16 ans et plus domiciliées au Québec. Il existe des cours à temps partiel (de 6 à 20 heures par semaine, de jour, de soir ou la fin de semaine), en ligne et même en milieu de travail.
Pour les personnes immigrantes admises aux cours à temps complet, Québec.ca annonce une aide financière :
une allocation de participation de 230 $ par semaine
un remboursement des frais de garde jusqu'à 25 $ par jour de formation par enfant
une aide au transport de 25 $ par semaine, pour les personnes qui ne reçoivent pas l'allocation de 230 $ parce qu'elles touchent déjà certaines prestations.
Les demandeurs d'asile n'ont pas droit à l'allocation de 230 $. Les personnes qui reçoivent déjà certaines prestations (assurance-emploi, aide sociale) non plus, mais elles peuvent demander l'aide au transport, sauf si elles suivent leurs cours à distance. La demande d'aide se fait au début de la session, au plus tard dans les 60 jours.
Services Québec peut-il payer ma formation d'agent ?
C'est possible. Avec la Mesure de formation de la main-d'œuvre, Services Québec peut financer une formation et rembourser certains frais (garde, transport, formation). Selon Québec.ca, il faut notamment avoir 16 ans ou plus, avoir cessé les études à temps plein depuis au moins 24 mois et démontrer que le manque de formation est un obstacle important à l'emploi. Faites la demande avant de vous inscrire, en ligne ou dans un bureau de Services Québec.
Comment décrocher un premier emploi en sécurité ?
Vérifiez votre statut d'abord. Gardez une copie de votre permis de travail ou de votre carte de résident permanent prête pour la demande au BSP.
Adaptez votre CV au Québec. Mettez en avant votre numéro de permis, votre secourisme et vos langues. Inspirez-vous de notre modèle de CV d'agent de sécurité.
Vérifiez votre fiche au registre du BSP avant le premier quart : le statut doit être « valide ».
Connaissez vos droits. Le taux minimum est fixé par décret, peu importe votre origine : voyez notre page sur le salaire d'un agent de sécurité.
Questions fréquentes
Peut-on être agent de sécurité avec un permis de travail ?
Oui. Le Règlement accepte un permis de travail délivré par l'autorité canadienne d'immigration, et le BSP accepte aussi un permis d'études qui inclut un droit de travail.
Un demandeur d'asile peut-il obtenir le permis du BSP ?
Seulement s'il détient un document qui démontre un droit de travail valide au Canada, comme un permis de travail. Sans ce document, la condition de statut n'est pas remplie.
Mon diplôme de sécurité de mon pays d'origine compte-t-il ?
Pas automatiquement. Il faut suivre la formation de 70 heures ou une formation reconnue, à moins de détenir un permis valide d'une autre province canadienne ou d'obtenir du BSP une analyse d'équivalence de vos connaissances et habiletés.
Puis-je suivre la formation en anglais ?
Oui, certains centres offrent l'AEP en anglais (programme 4739, 390 heures). Le BSP correspond aussi en anglais si vous le demandez.
En ligne, à jour : agentdesecuritequebec.com/nouvelles/agent-securite-immigrant/
Formation
Casier judiciaire et permis d'agent de sécurité : ce qui bloque
Casier judiciaire, absolution, accusations, pardon : ce que le BSP vérifie, quand un permis d'agent de sécurité est refusé et comment contester.
Vous avez un casier judiciaire et vous voulez devenir agent de sécurité ? Un dossier criminel ne ferme pas automatiquement la porte au permis du Bureau de la sécurité privée (BSP). Tout dépend de l'infraction, de son lien avec le travail visé et de ce qui s'est passé depuis (absolution, pardon). Voici ce que dit vraiment la loi, ce que le BSP vérifie, pourquoi un permis BSP est refusé et comment une suspension du casier peut changer la donne.
Cet article est informatif et ne constitue pas un avis juridique. Pour une situation précise, adressez-vous au BSP, à un avocat ou à un organisme d'aide juridique.
Que dit la Loi sur la sécurité privée sur le casier judiciaire ?
L'article 19 de la Loi sur la sécurité privée énumère les conditions pour obtenir un permis d'agent. En plus d'avoir 18 ans et la formation exigée, la personne doit :
avoir de bonnes mœurs
ne jamais avoir été reconnue coupable, où que ce soit, d'une infraction au Code criminel (ou d'une infraction visée à son article 183) ayant un lien avec l'activité pour laquelle elle demande un permis, à moins d'en avoir obtenu le pardon.
Deux idées sont à retenir. D'abord, ce n'est pas n'importe quelle condamnation qui bloque : c'est une condamnation liée à l'activité (gardiennage, investigation, serrurerie, etc.). Ensuite, le pardon efface cet obstacle aux yeux de la loi. La loi ne donne pas de définition des « bonnes mœurs » : c'est un critère que le BSP apprécie au cas par cas.
Qu'est-ce que le BSP vérifie, et comment ?
Selon l'article 27 de la loi, à chaque demande de permis et à chaque renouvellement, le BSP transmet vos renseignements à la Sûreté du Québec, qui vérifie les bonnes mœurs et les antécédents criminels. La SQ communique ensuite le résultat au BSP et donne son avis.
La vérification ne s'arrête pas à la délivrance : la SQ peut faire des vérifications en tout temps pendant la durée du permis. Le BSP précise que les droits annuels comprennent une portion pour cette « veille sécuritaire continue ». Pour les étapes de la demande elle-même, voyez notre guide complet du permis d'agent de sécurité du BSP.
Quelles infractions bloquent le permis ?
Le BSP l'explique dans sa foire aux questions : si vous avez été trouvé coupable d'une infraction criminelle sans avoir obtenu de pardon, vous devez la déclarer dans le formulaire, et la SQ en informera de toute façon le BSP. Le Bureau analyse alors s'il existe un lien entre cette infraction et l'activité demandée. S'il conclut qu'il y a un lien, la demande est refusée.
Le BSP ne publie pas de liste d'infractions « liées ». Le jugement se fait au cas par cas. On comprend toutefois que l'analyse porte sur la nature du travail : un agent de gardiennage protège des personnes, des biens et des lieux, ce qui pèse dans l'évaluation d'infractions de violence, de vol ou de fraude, par exemple. Sans lien établi, une condamnation n'entraîne pas à elle seule un refus, mais le critère des bonnes mœurs reste examiné.
Autre point : selon l'article 20, le BSP peut refuser une demande si, dans les 5 ans précédents, on vous a refusé un permis ou si votre permis a été suspendu ou révoqué.
Une absolution, est-ce que ça compte ?
Oui, pendant un certain temps. Le Code criminel prévoit qu'une personne absoute est réputée ne pas avoir été condamnée. Mais le BSP précise qu'une absolution n'équivaut pas à un pardon et qu'il doit en tenir compte. Il s'appuie sur l'article 6.1 de la Loi sur le casier judiciaire, qui fixe les délais après lesquels le dossier d'absolution ne peut plus être communiqué :
Type d'absolution
Obligation de la déclarer au BSP
Inconditionnelle
Pendant 1 an après la date de l'ordonnance
Conditionnelle (sous conditions)
Pendant 3 ans après la date de l'ordonnance
Pendant ces délais, la SQ informe aussi le BSP de l'absolution. Après, la mention est retirée du fichier de la GRC.
Et si j'ai des accusations en cours ?
La loi parle de personnes « reconnues coupables » : une simple accusation n'est pas une condamnation. Par contre, le titulaire d'un permis doit aviser le BSP sans délai de tout changement pouvant affecter la validité de son permis (article 24). Le BSP donne explicitement comme exemple une accusation ou un verdict de culpabilité pour une infraction criminelle. Ne pas déclarer serait une erreur : la SQ peut vérifier en tout temps.
Le BSP peut suspendre, révoquer ou refuser de renouveler un permis lorsque le titulaire ne satisfait plus aux conditions (article 30). La loi est plus stricte dans deux cas : le BSP révoque le permis d'un agent reconnu coupable d'une infraction liée à son activité ou qui n'a plus de bonnes mœurs. La loi ne prévoit pas de suspension automatique au simple dépôt d'une accusation. Ce que fera le BSP dépend de son analyse.
Comment contester un refus ou une révocation ?
Avant de refuser, suspendre ou révoquer un permis, le BSP doit vous envoyer un préavis écrit et vous laisser au moins 10 jours pour présenter vos observations (article 32), sauf urgence. Sa décision doit être motivée, et votre employeur en est avisé.
Si la décision vous est défavorable, vous pouvez la contester devant le Tribunal administratif du Québec (article 37), à sa section des affaires économiques. Le recours se dépose dans les 30 jours suivant la notification de la décision (article 110 de la Loi sur la justice administrative). En cas de révocation, le permis doit être remis au BSP dans les 15 jours de la décision.
La suspension du casier (pardon) : qu'est-ce que ça change ?
La suspension du casier, encore appelée pardon, est accordée par la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC). Elle ne supprime pas le casier : elle le met à part, de sorte qu'une recherche dans la base de données policière canadienne (CIPC) n'indique plus de casier. Pour le permis, c'est déterminant : l'article 19 exclut les infractions pour lesquelles on a obtenu le pardon. Le BSP suggère, si l'infraction risque d'entraîner un refus, de considérer une demande de permis après l'obtention du pardon.
Quand peut-on la demander ?
Il faut d'abord avoir purgé toutes ses peines : amendes et suramendes payées, emprisonnement et probation terminés. Ensuite commence une période d'attente qui dépend de la date de la première infraction :
Première infraction commise
Mise en accusation
Procédure sommaire
Avant le 29 juin 2010
5 ans
3 ans
Du 29 juin 2010 au 12 mars 2012
5 ans (10 ans pour certaines infractions graves)
3 ans (5 ans pour les infractions de l'annexe 1)
Le 13 mars 2012 ou après
10 ans
5 ans
Certaines personnes peuvent être inadmissibles, notamment pour des infractions de l'annexe 1 de la Loi sur le casier judiciaire ou plus de trois actes criminels avec peine de deux ans ou plus, lorsque la première infraction date du 13 mars 2012 ou après. Une absolution seule ne nécessite pas de pardon.
Combien ça coûte ?
Les frais de demande à la CLCC sont de 50 $ depuis le 1er janvier 2022. Il faut aussi payer soi-même les empreintes digitales, la copie du casier, les documents judiciaires et la vérification policière locale. La CLCC rappelle qu'on n'a pas besoin d'une entreprise privée : passer par elle n'accélère rien et ne garantit rien.
Questions fréquentes
Quel casier judiciaire pour être agent de sécurité ?
Au Québec, un casier judiciaire ne ferme pas automatiquement la porte au permis d'agent de sécurité. Selon l'article 19 de la Loi sur la sécurité privée, il faut avoir de bonnes mœurs et ne jamais avoir été reconnu coupable d'une infraction criminelle ayant un lien avec l'activité visée, à moins d'en avoir obtenu le pardon. Le BSP analyse chaque dossier et refuse la demande s'il conclut qu'il y a un lien.
Un casier judiciaire empêche-t-il toujours d'être agent de sécurité ?
Non. Le BSP refuse lorsque l'infraction a un lien avec l'activité demandée ou que les bonnes mœurs ne sont pas démontrées. Chaque dossier est analysé. Si vous êtes encore en formation d'agent de sécurité, vérifiez votre situation avant d'investir temps et argent.
Le permis temporaire évite-t-il la vérification ?
Le permis temporaire du BSP (120 jours au plus) reste un permis délivré par le BSP. Rien dans les sources consultées n'indique qu'il échappe aux conditions de la loi. Mieux vaut régler la question du casier avant.
Dois-je déclarer une infraction pour laquelle j'ai obtenu un pardon ?
Le BSP demande de déclarer les infractions pour lesquelles vous n'avez pas obtenu de pardon. Une infraction pardonnée n'est pas visée par l'article 19.
Que faire si mon permis BSP est refusé ?
Présentez vos observations dès le préavis, puis, au besoin, contestez la décision au Tribunal administratif du Québec dans les 30 jours. Si l'obstacle est une condamnation, la demande de pardon peut ouvrir une nouvelle demande de permis. Côté frais du permis lui-même, voyez les frais et le renouvellement du permis BSP.
En ligne, à jour : agentdesecuritequebec.com/nouvelles/casier-judiciaire-permis-agent-securite/
Emploi
Agent de prévention des pertes en magasin et centre commercial
Uniforme ou civil, permis du BSP, décret, vol à l'étalage, caméras : ce qu'il faut savoir pour travailler en prévention des pertes au Québec.
L'agent de prévention des pertes travaille là où la marchandise est à portée de main : magasins à grande surface, pharmacies, boutiques de vêtements, épiceries. L'agent de sécurité en centre commercial, lui, veille sur les allées, les entrées et le stationnement. Les deux postes se ressemblent, mais ils ne se vivent pas de la même façon, et les règles changent selon que vous êtes payé par une agence ou par le magasin lui-même. Voici ce qu'il faut savoir sur le permis, le décret, le vol à l'étalage, les caméras et le rapport d'incident.
Cet article est informatif et ne constitue pas un avis juridique. Pour une situation précise, suivez les directives écrites de votre employeur ou consultez un avocat.
Quelle différence entre l'agent en uniforme et l'agent en civil ?
Dans le commerce de détail, on retrouve deux façons de travailler :
Agent en uniforme
Agent en civil (prévention des pertes)
Rôle principal
Dissuader par sa présence visible
Observer discrètement et constater les vols
Poste typique
Entrée du magasin, allées du centre commercial, rondes
Plancher de vente, salle des caméras
Contact avec le public
Constant : renseignements, aide, prévention
Limité, jusqu'au moment d'intervenir
Rapports
Rondes, incidents, objets perdus
Constats de vol, enquêtes internes, suivi des pertes
L'agent en uniforme rassure les clients et décourage le vol avant qu'il se produise. L'agent en civil, souvent appelé agent de prévention des pertes, se fond dans la clientèle pour repérer les comportements suspects. Dans les deux cas, le pouvoir est le même : celui d'un citoyen. L'habit civil ne donne aucun pouvoir supplémentaire, et l'uniforme non plus.
Faut-il un permis du BSP quand on travaille directement pour le magasin ?
Oui, dans la plupart des cas. La Loi sur la sécurité privée définit le gardiennage comme la surveillance ou la protection de personnes, de biens ou de lieux « principalement à des fins de prévention de la criminalité » (art. 1). L'article 16 exige que la personne qui exerce cette activité, ainsi que son supérieur immédiat, détiennent un permis d'agent.
Le même article prévoit une nuance : quand on travaille pour le compte exclusif d'un employeur dont l'entreprise n'est pas la sécurité privée, le permis n'est exigé que si la sécurité est votre activité principale.
La foire aux questions du Bureau de la sécurité privée (BSP) donne l'exemple d'un commerce de détail qui emploie des agents de prévention des pertes : le commerce n'a pas besoin d'un permis d'agence, puisque la sécurité n'est pas son activité, mais les agents à son service doivent être titulaires d'un permis d'agent. Les démarches sont détaillées sur notre page sur le permis d'agent de sécurité du BSP.
Le décret s'applique-t-il si c'est le magasin qui vous paie ?
Généralement non. Le Décret sur les agents de sécurité « s'étend aux agences de sécurité et à leurs salariés » (art. 2.02). Son article 2.03 exclut notamment, au paragraphe 5°, les salariés « qui effectuent du travail de sécurité exclusivement pour le propre service ou les propres besoins de leur employeur ».
Agent d'agence placé dans un magasin ou un centre commercial : le décret s'applique, avec ses taux minimums et ses primes. Voyez notre article sur le décret des agents de sécurité expliqué.
Agent employé directement par le commerce pour ses propres besoins : le décret ne s'applique pas. Le salaire relève du contrat de travail, d'une convention collective s'il y en a une, et des normes du travail.
Le paragraphe 7° de l'article 2.03 exclut aussi les salariés qui travaillent aux opérations d'un parc de stationnement, sauf s'ils surveillent ou protègent des personnes, des biens ou des lieux principalement pour prévenir le vol, le feu et le vandalisme.
Vol à l'étalage : quand l'agent de sécurité peut-il arrêter quelqu'un ?
L'agent de sécurité n'a que le pouvoir d'arrestation du citoyen, prévu à l'article 494 du Code criminel. Le paragraphe (2) est celui qui compte en magasin : le propriétaire d'un bien, ou la personne qu'il autorise, peut arrêter sans mandat quelqu'un qu'il trouve en train de commettre une infraction criminelle sur ce bien ou à son égard. L'arrestation peut aussi se faire dans un délai raisonnable après l'infraction, s'il croit pour des motifs raisonnables qu'un agent de la paix ne peut pas procéder à l'arrestation dans les circonstances. Selon le paragraphe (3), la personne arrêtée doit être livrée « aussitôt » à un agent de la paix.
En prévention des pertes, la pratique prudente repose sur l'observation continue : avoir vu la personne prendre l'article, le dissimuler et dépasser les caisses sans payer, sans l'avoir perdue de vue. Un simple soupçon ne suffit pas. Les conditions, l'usage de la force et les menottes sont expliqués en détail dans notre article sur l'arrestation citoyenne et les pouvoirs d'un agent de sécurité.
Que ne faut-il pas faire face à un voleur à l'étalage ?
Fouiller de force. Le Code criminel ne donne à l'agent aucun pouvoir général de fouille. On peut demander à la personne de rendre l'article ou d'ouvrir son sac, sans l'y obliger. En cas de refus, on attend la police.
Poursuivre dans le stationnement ou dans la rue. Une course entre les voitures met en danger l'agent, le suspect et les clients. Elle peut aussi vous faire sortir du bien que vous protégez, alors que l'article 494(2) vise les infractions commises sur ce bien ou à son égard. Mieux vaut noter la description, la direction et le véhicule, puis appeler la police.
Retenir la personne pour « régler ça » avec le gérant, ou la relâcher contre un paiement. L'article 494(3) exige de la livrer aussitôt à un agent de la paix.
Employer plus de force que nécessaire, humilier la personne devant les clients ou l'interroger pour obtenir des aveux.
Suivez toujours la politique écrite de votre employeur : beaucoup de commerces interdisent tout contact physique et demandent seulement d'observer, de noter et d'appeler la police.
Les caméras et les renseignements personnels : quelles règles ?
Les images de caméras qui permettent d'identifier quelqu'un sont des renseignements personnels. La Commission d'accès à l'information (CAI) rappelle qu'un renseignement personnel est celui qui permet d'identifier une personne, « directement ou indirectement », et qu'il est confidentiel.
La Loi sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé encadre l'entreprise qui les recueille :
elle doit déterminer, avant la collecte, à quelles fins elle recueille ces renseignements (art. 4)
elle ne doit recueillir que ceux qui sont nécessaires à ces fins, par des moyens licites (art. 5)
une personne peut demander à l'entreprise de lui confirmer l'existence des renseignements qui la concernent et d'en obtenir une copie (art. 27).
Pour l'agent, cela se traduit par des gestes simples : regarder les images pour le travail seulement, ne jamais les filmer avec son téléphone, ne pas les publier ni les montrer à des tiers, et remettre toute copie selon la procédure de l'employeur (à la police, par exemple, sur demande).
Que doit contenir le rapport d'incident après un vol ?
Un vol à l'étalage, une arrestation ou même une simple interpellation se terminent par un rapport écrit. Il doit être factuel : date et heure, lieu précis, description de la personne, ce que vous avez vu vous-même (et ce qu'on vous a rapporté, séparément), les articles en cause, les gestes posés, l'heure de l'appel à la police et le numéro d'événement, les témoins et les images conservées. Notre modèle de rapport d'incident d'agent de sécurité vous donne une structure toute prête.
Comment se passe le travail dans un centre commercial ?
En centre commercial, l'agent est le plus souvent en uniforme et couvre un territoire beaucoup plus grand qu'un seul magasin :
Patrouille des allées, des aires de restauration, des toilettes publiques, des quais de livraison et des issues de secours
Stationnement : rondes à pied ou en véhicule, véhicules laissés le moteur en marche, accidents mineurs, accompagnement des employés à leur voiture à la fermeture
Premiers secours et alarmes : malaises, chutes, alarmes incendie, évacuation
Enfants perdus et personnes vulnérables : personne âgée désorientée, personne en crise, personne en situation d'itinérance qui cherche un endroit au chaud.
Avec une personne vulnérable, on demande d'abord si elle a besoin d'aide, on appelle les services d'urgence s'il y a un risque pour sa santé, et on applique les règles du centre avec respect.
Au Québec, l'agent de prévention des pertes est l'agent en civil d'un commerce : il observe discrètement et constate les vols. Son poste typique est le plancher de vente ou la salle des caméras, et ses rapports portent sur les constats de vol, les enquêtes internes et le suivi des pertes. Il n'a que le pouvoir d'arrestation d'un citoyen, prévu à l'article 494 du Code criminel.
Un agent de prévention des pertes en civil a-t-il plus de pouvoirs qu'un agent en uniforme ?
Non. Les deux ont le même pouvoir d'arrestation, celui de tout citoyen prévu à l'article 494 du Code criminel. La tenue civile sert seulement à observer sans être remarqué.
Mon employeur est une chaîne de magasins : ai-je droit aux taux du décret ?
En général, non. L'article 2.03, paragraphe 5°, du décret exclut les salariés qui font du travail de sécurité exclusivement pour les propres besoins de leur employeur. Le décret vise les agences de sécurité et leurs salariés.
Peut-on obliger un client à ouvrir son sac à la sortie du magasin ?
Non. L'agent peut le demander, mais la personne peut refuser. Une fouille faite de force pourrait être considérée comme des voies de fait. Si vous avez vu un vol, la marche à suivre est l'arrestation citoyenne et l'appel à la police, qui décidera de la fouille.
En ligne, à jour : agentdesecuritequebec.com/nouvelles/agent-prevention-des-pertes-magasin/
Conseils
Contrôle d'accès : bonnes pratiques pour l'agent de sécurité
Registre des visiteurs, pièce d'identité, cocardes, caméras : ce que l'agent de sécurité peut demander au contrôle d'accès et ce que dit la loi québécoise.
Le contrôle d'accès est l'une des tâches les plus courantes de l'agent de sécurité : accueillir les visiteurs, vérifier qui entre, tenir un registre des visiteurs, remettre des cocardes et recevoir les livraisons. C'est aussi une tâche où l'agent manipule des renseignements personnels tous les jours, souvent sans y penser. Voici les bonnes pratiques et ce que dit la loi québécoise, vérifié dans les textes officiels.
En quoi consiste le contrôle d'accès ?
Selon le site (tour de bureaux, usine, entrepôt, hôpital, résidence), le poste de contrôle d'accès regroupe généralement :
L'accueil : saluer, demander le motif de la visite et la personne visitée, appeler celle-ci pour confirmer le rendez-vous.
La vérification d'identité : regarder une pièce d'identité quand la consigne du site l'exige.
Le registre des visiteurs : noter l'arrivée et le départ, sur papier ou à l'écran.
Les cartes d'accès et les cocardes : remettre une cocarde de visiteur, la récupérer au départ, signaler toute carte perdue ou non rendue.
Les livraisons : vérifier le bon de livraison, diriger le livreur vers le quai ou la réception, et ne pas lui donner accès aux zones qui ne le concernent pas.
Les consignes de poste viennent du client (le propriétaire ou l'occupant des lieux) et de votre agence. Ce sont elles qui fixent les conditions d'entrée : qui peut passer, à quelles heures, avec quelle pièce. Suivez-les à la lettre et demandez-les par écrit si elles sont floues.
Que peut demander l'agent, et que peut-il refuser ?
L'agent peut demander à un visiteur de respecter les conditions d'entrée du site : s'identifier, signer le registre, porter une cocarde, se faire accompagner. Si la personne refuse, elle n'entre pas. Refuser l'entrée n'est pas détenir quelqu'un. L'agent n'a aucun pouvoir de retenir une personne parce qu'elle refuse de s'identifier. Il la laisse repartir, note l'événement et avise son superviseur. Les rares situations où un agent peut arrêter quelqu'un, et leurs limites, sont expliquées dans notre article sur l'arrestation citoyenne et les pouvoirs de l'agent de sécurité.
Toutefois, la loi limite ce qu'on peut exiger en échange d'un service. L'article 9 de la Loi sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé interdit de refuser un bien ou un service parce qu'une personne refuse de fournir un renseignement personnel, sauf si la collecte est nécessaire à l'exécution du contrat, autorisée par la loi, ou s'il y a des motifs raisonnables de croire que la demande n'est pas licite. La loi ajoute : « En cas de doute, un renseignement personnel est réputé non nécessaire. » Autrement dit, la consigne du client doit elle-même être raisonnable. Ce n'est pas à l'agent d'inventer des exigences.
Que dit la loi sur les renseignements personnels recueillis à l'accueil ?
Un nom, une signature, un numéro de plaque, une photo ou une image de caméra sont des renseignements personnels. Au Québec, les entreprises privées sont soumises à la Loi sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé (RLRQ, c. P-39.1), modernisée par la loi de 2021 souvent appelée « Loi 25 ». Voici les règles qui touchent directement le contrôle d'accès.
Règle
Ce que dit la loi
Au poste d'accueil
Finalité (art. 4)
L'entreprise détermine les fins de la collecte avant de recueillir.
Le registre doit avoir un but précis (sécurité, évacuation, etc.).
Nécessité (art. 5)
On ne recueille que les renseignements nécessaires à ces fins, par des moyens licites.
Pas de date de naissance ou d'adresse « au cas où ».
Information (art. 8)
Lors de la collecte, on informe la personne des fins, des moyens et de ses droits d'accès et de rectification, en termes simples et clairs.
Une affiche ou une mention sur le registre, et une réponse claire si on vous pose la question.
Sécurité (art. 10)
Des mesures de sécurité raisonnables protègent les renseignements.
Registre hors de la vue des autres visiteurs, écran verrouillé.
Utilisation (art. 12)
Un renseignement sert seulement aux fins pour lesquelles il a été recueilli, sauf exceptions ou consentement.
On ne consulte pas le registre par curiosité.
Consentement (art. 14)
Le consentement doit être manifeste, libre, éclairé et donné à des fins spécifiques.
Une signature arrachée sous pression ne vaut rien.
Destruction (art. 23)
Une fois les fins accomplies, on détruit ou on anonymise le renseignement, sous réserve d'un délai prévu par une loi.
Les vieux registres ne s'empilent pas dans un tiroir.
La durée de conservation et la façon de détruire les registres relèvent de l'entreprise, pas de l'agent : suivez la procédure de votre client. Si aucune n'existe, signalez-le à votre superviseur.
L'agent peut-il photocopier ou numériser une pièce d'identité ?
En règle générale, non. Dans sa fiche destinée aux entreprises, la Commission d'accès à l'information (CAI) indique que la simple présentation d'une pièce d'identité suffit généralement pour identifier une personne ou confirmer son identité. En faire une copie, « de quelque façon que ce soit », ou en noter les numéros n'est d'ordinaire pas nécessaire au sens de la loi, sauf exception, par exemple si une autre loi l'exige.
La CAI rappelle aussi que le consentement de la personne ne permet pas de recueillir un renseignement non nécessaire. Elle donne l'exemple d'une entreprise qui notait les numéros des pièces d'identité de ses clients pour vérifier leur âge : elle a dû cesser, puisque la consultation de la pièce suffisait. Elle souligne enfin que certaines pièces servent des buts précis : le permis de conduire prouve qu'on peut conduire, la carte d'assurance maladie sert aux soins de santé.
Le bon réflexe pour l'agent de sécurité devant une pièce d'identité : regarder, comparer la photo et le nom, rendre la carte. Ne pas la garder en échange d'une cocarde, ne pas la photographier avec son téléphone.
Si votre client exige une copie, demandez-lui sur quelle base. C'est à l'entreprise de justifier la nécessité de la collecte, pas à vous.
Quelles règles pour les caméras de surveillance ?
Pour la CAI, l'image d'une personne identifiable captée par une caméra est un renseignement personnel. Ses conseils pratiques sur la vidéosurveillance (2019, document en cours de révision) recommandent notamment :
de n'installer des caméras que si l'objectif est légitime, important, urgent et réel, et si l'atteinte à la vie privée est proportionnelle
d'aviser le public par des affiches bien en vue
d'éviter les endroits où l'attente de vie privée est très élevée, comme les toilettes, les vestiaires ou les salles d'essayage
de verrouiller le local de visionnement et de limiter l'accès aux personnes dont les tâches l'exigent
de détruire les images dès qu'elles ne sont plus nécessaires. La CAI juge qu'une conservation de 30 jours est un délai généralement suffisant et recommandé.
Pour l'agent au poste de surveillance, cela veut dire : ne jamais filmer un écran avec son téléphone, ne jamais montrer des images à un tiers sans autorisation, et consigner toute demande d'accès aux images.
Quels réflexes adopter au poste de contrôle d'accès ?
Jamais par complaisance. Un employé « connu » qui a oublié sa carte suit la même procédure que tout le monde.
Surveiller le talonnage (le « tailgating ») : une personne qui se glisse derrière un employé autorisé. Intervenez poliment et demandez à chacun de présenter sa carte.
Récupérer les cocardes au départ et vérifier que le registre est fermé pour chaque visiteur, utile en cas d'évacuation.
Objets oubliés : les consigner avec l'heure et le lieu, les ranger en lieu sûr, et ne pas fouiller un sac oublié au-delà de ce que prévoit la procédure. Un colis suspect se signale, il ne se manipule pas.
Confidentialité : ce que vous voyez au registre ou à l'écran reste au poste. Ne commentez pas qui visite qui.
Le contrôle d'accès est aussi au cœur du travail en milieu de soins, où les règles d'entrée changent selon les unités : voyez notre article sur le travail d'agent de sécurité à l'hôpital.
Cet article est informatif. Il ne constitue pas un avis juridique. En cas de doute sur une consigne, adressez-vous à votre employeur, ou consultez la Commission d'accès à l'information.
Questions fréquentes
Un visiteur peut-il refuser de signer le registre des visiteurs ?
Oui. L'agent ne peut pas l'y forcer ni le retenir. Si la signature fait partie des conditions d'entrée du site, il peut lui refuser l'accès, puis noter l'événement.
L'agent peut-il garder ma carte d'identité pendant ma visite ?
La CAI indique que la présentation de la pièce suffit généralement pour confirmer l'identité. La copier ou en noter le numéro n'est d'ordinaire pas nécessaire, sauf si une loi l'exige.
Combien de temps garder les images des caméras ?
La loi exige de détruire ou d'anonymiser les renseignements une fois leur but atteint (art. 23). La CAI recommande 30 jours comme délai généralement suffisant pour les images de vidéosurveillance.
En ligne, à jour : agentdesecuritequebec.com/nouvelles/controle-acces-agent-securite/
Conseils
Premier jour comme agent de sécurité : quoi apporter
Permis du BSP, uniforme, consignes de poste, questions au superviseur, première paie : le guide du nouvel agent de sécurité pour bien commencer.
Votre premier jour comme agent de sécurité approche ? Que vous soyez un nouvel agent de sécurité tout juste sorti de la formation ou un agent de sécurité débutant qui change d'agence, une bonne préparation évite bien des maladresses. Voici quoi apporter, comment se déroule l'arrivée sur le site, quelles questions poser au superviseur et comment vérifier votre première paie selon le décret.
Quoi apporter pour son premier jour d'agent de sécurité ?
La pièce la plus importante, c'est votre permis d'agent du BSP. Le Règlement sur les normes de comportement des titulaires de permis d'agent (art. 2) oblige l'agent à présenter son permis lorsqu'une personne lui demande de s'identifier et à porter sur lui toute marque d'identification prescrite. Le Bureau de la sécurité privée le rappelle aussi : le public peut demander à un agent de montrer son permis. Gardez-le sur vous pendant tout le quart.
Votre liste à cocher :
☐ votre permis d'agent du BSP (ou permis temporaire)
☐ une pièce d'identité avec photo
☐ un petit carnet et deux stylos, pour noter les consignes, les noms et les heures
☐ une lampe de poche, surtout pour un quart de soir ou de nuit
☐ des vêtements adaptés à la météo (couches chaudes, bas de rechange), si une partie du poste se fait dehors
☐ des chaussures confortables, si l'employeur n'exige pas de chaussures de sécurité
☐ un repas et des collations, avec une bouteille d'eau : bien des postes n'ont pas de restaurant à proximité
☐ votre cellulaire chargé et son chargeur
☐ l'adresse exacte du site, le nom de la personne à rencontrer et le numéro du répartiteur.
Qui fournit l'uniforme d'un nouvel agent de sécurité ?
Pour les agents d'agence couverts par le décret, c'est l'employeur. Selon l'article 8.02 du Décret sur les agents de sécurité, l'employeur paie l'uniforme et l'équipement qu'il vous demande de porter, sauf les bas, les ceintures et les chaussures. S'il exige des chaussures de sécurité, il les fournit. Chaque année, il fournit au moins 4 chemises et 2 pantalons, et, si les tâches le demandent, un manteau d'hiver avec capuchon ainsi qu'un imperméable et un chapeau de pluie.
Aucune déduction sur votre paie n'est permise en lien avec cet uniforme et cet équipement. À la fin de l'emploi, vous devrez toutefois remettre toutes les pièces fournies. Si l'agence ne vous fournit pas d'uniforme, le décret prévoit la prime P-9 de 0,15 $ l'heure. Les autres primes sont expliquées dans notre article sur les primes du décret des agents de sécurité.
Comment se passe la formation sur le site ?
La formation de base vous a appris le métier. Le premier jour sert à apprendre ce site-là. En général, un agent expérimenté ou un superviseur vous accompagne. Attendez-vous à :
Lire les consignes de poste : ce que le client attend, les accès autorisés, les rondes à faire, ce qui est interdit.
Faire la visite des lieux : entrées, sorties de secours, panneau d'alarme, extincteurs, zones à risque, endroits où le réseau cellulaire passe mal.
Revoir les procédures d'urgence : incendie, évacuation, alarme, personne blessée, intrus. Repérez qui appeler et dans quel ordre.
Apprendre à tenir le registre : le cahier ou l'application où l'on inscrit les rondes, les visiteurs, les clés et les événements.
Mon horaire : quels quarts, quels jours, et comment suis-je avisé des changements ?
Mes pauses et mon repas : l'article 3.12 du décret prévoit une période de repas de 30 minutes payée pour chaque période de travail de 5 heures, que vous soyez autorisé ou non à quitter votre poste. Demandez comment elle se prend sur ce site.
Qui appeler : superviseur, répartiteur, responsable du client, la nuit comme le jour.
Les consignes écrites : où sont-elles, et puis-je en garder une copie ou les relire en tout temps ?
L'équipement : radio, clés, cartes d'accès, à qui les remettre en fin de quart.
Depuis le 28 juin 2026, le taux minimum du décret est de 20,60 $ l'heure pour la classe A et de 20,85 $ pour la classe B (art. 4.07). L'employeur peut payer plus, jamais moins. Les primes applicables s'ajoutent à ce taux.
L'article 4.06 du décret oblige l'employeur à vous remettre, avec votre salaire, un bulletin de paie qui permet de vérifier le calcul. Il doit notamment indiquer :
Élément
À vérifier
Nom de l'employeur, votre nom et votre statut
Le bon statut (permanent A-01, à temps partiel A-02, à l'essai A-03 ou occasionnel A-04)
Date du paiement et période de travail
La période correspond à vos quarts
Heures normales et heures supplémentaires
Toutes vos heures y sont, celles au-delà de 40 par semaine majorées
Taux du salaire
Au moins 20,60 $ en classe A
Nature et montant des primes
Nuit, P-9 si pas d'uniforme, etc.
Salaire brut, déductions, salaire net
Aucune retenue pour l'uniforme
Cumul des congés annuels et du pourcentage de maladie
Arriver juste à l'heure : prévoyez 15 minutes pour trouver le poste et recevoir la relève.
Improviser : en cas de doute, suivez la consigne écrite ou appelez le superviseur.
Oublier le registre : ce qui n'est pas écrit n'a pas eu lieu.
Passer le quart sur son cellulaire : le client remarque tout.
Dépasser son rôle : l'agent doit éviter tout abus d'autorité et ne pas utiliser plus de force que nécessaire (art. 3 du règlement sur les normes de comportement).
Laisser son permis à la maison.
Y a-t-il une période d'essai et un préavis ?
Oui. Le décret définit le « salarié à l'essai A-03 » : celui qui n'a pas accompli sa période d'essai de 480 heures effectivement travaillées ou 150 jours (art. 1.01). Il fixe aussi à partir de quand le préavis s'applique. L'article 3.08 oblige l'employeur à donner un avis écrit avant de mettre fin à l'emploi ou de mettre à pied pour 6 mois ou plus : 1 semaine avec moins d'un an de service continu, 2 semaines de 1 à 5 ans, 4 semaines de 5 à 10 ans et 8 semaines après 10 ans. Selon l'article 3.08.1, cet avis ne s'applique pas au salarié qui n'a pas 3 mois de service continu, ni en cas de faute grave, de force majeure ou de fin d'un contrat à durée déterminée. Les détails sont dans notre article sur le décret des agents de sécurité expliqué.
Questions fréquentes
Dois-je montrer mon permis si quelqu'un me le demande ?
Oui. Le règlement sur les normes de comportement oblige l'agent à présenter son permis lorsqu'une personne lui demande de s'identifier.
Mon employeur peut-il retenir le coût de l'uniforme sur ma paie ?
Non. L'article 8.02 du décret interdit toute déduction sur le salaire en lien avec l'uniforme et l'équipement fournis.
Ma pause repas est-elle payée ?
Oui : 30 minutes payées par période de travail de 5 heures, selon l'article 3.12 du décret, même si vous ne pouvez pas quitter votre poste.
En ligne, à jour : agentdesecuritequebec.com/nouvelles/premier-jour-agent-securite/
Conseils
Radio et codes en sécurité : le vocabulaire à connaître
Alphabet radio, mots de procédure, heure en 24 h, code blanc et autres codes de couleur : le vocabulaire radio que tout agent de sécurité doit maîtriser.
Le premier jour sur un site, la radio peut sembler parler une autre langue : « Bravo Quatre, reçu », « code blanc à l'urgence », « attendez ». Ce guide explique le code radio en sécurité que tout agent devrait maîtriser : les bonnes pratiques pour parler sur les ondes, l'alphabet radio, les mots de procédure, l'heure en format 24 h, les codes de couleur comme le code blanc et la confidentialité. Les règles de base viennent de la circulaire CIR-22 d'Innovation, Sciences et Développement économique Canada (ISDE), qui décrit les procédures générales d'exploitation en radiotéléphonie.
Comment bien parler à la radio ?
Une radio portative ne permet qu'à une seule personne de parler à la fois. Si deux agents appuient en même temps, personne ne s'entend. Les réflexes à prendre :
Écoutez avant d'appuyer. La CIR-22 demande à l'opérateur d'écouter la voie pendant un temps suffisant avant d'émettre, pour ne pas brouiller une communication en cours.
Appuyez, attendez une seconde, puis parlez. Le premier mot est souvent coupé si l'on parle en même temps qu'on appuie sur le bouton.
Identifiez-vous. La forme prévue est : l'indicatif de la personne appelée, puis « ici », puis le vôtre. Par exemple : « Central, ici Patrouille 2 ».
Soyez bref. Préparez votre message avant d'appuyer : qui, quoi, où. Les détails iront dans votre rapport d'incident.
Confirmez la réception. Un simple « reçu » évite qu'on vous répète le message.
Parlez calmement, à un rythme normal, la bouche à quelques centimètres du micro.
Qu'est-ce que l'alphabet radio ?
L'alphabet radio (souvent appelé « alphabet de l'OTAN ») sert à épeler sans erreur une plaque d'immatriculation, un nom ou un numéro de local. Au Canada, la CIR-22 d'ISDE l'appelle l'alphabet phonétique de l'Union internationale des télécommunications (UIT). Notez l'orthographe officielle : Alfa et Juliett.
À ne pas confondre : pour l'Office québécois de la langue française, l'« alphabet phonétique international » (API) désigne le système de symboles qui transcrit les sons des langues, pas la liste Alfa, Bravo, Charlie.
Lettre
Mot
Lettre
Mot
A
Alfa
N
November
B
Bravo
O
Oscar
C
Charlie
P
Papa
D
Delta
Q
Quebec
E
Echo
R
Romeo
F
Foxtrot
S
Sierra
G
Golf
T
Tango
H
Hotel
U
Uniform
I
India
V
Victor
J
Juliett
W
Whiskey
K
Kilo
X
X-ray
L
Lima
Y
Yankee
M
Mike
Z
Zulu
Exemple : la plaque « K4P » se dit « Kilo, quatre, Papa ».
Quels mots de procédure faut-il connaître ?
La version française de la CIR-22 définit des mots de procédure précis. Votre employeur peut en utiliser des variantes. Apprenez celles de votre site.
Mot (CIR-22)
Sens
Roger
J'ai reçu toute votre dernière transmission. Sur le terrain, on dit souvent « reçu ».
Affirmatif
Oui, ou permission accordée.
Négatif
Non, ou ce n'est pas exact.
Dites de nouveau
Répétez tout le message ou la partie indiquée.
Répondez
Ma transmission est terminée et j'attends une réponse.
Terminé
La conversation est terminée, aucune réponse attendue.
Attendez
Je dois faire une pause de quelques secondes ou minutes.
Dans la version anglaise de la CIR-22, on demande une répétition par say again plutôt que par repeat. Beaucoup d'équipes québécoises disent simplement « répétez ». Suivez l'usage de votre poste.
Pourquoi utiliser l'heure en format 24 h ?
Pour éviter toute confusion entre le matin et le soir, surtout lors d'un quart de nuit. La CIR-22 exprime l'heure en quatre chiffres : les deux premiers pour l'heure depuis minuit, les deux derniers pour les minutes. Ainsi, « 0045 » signifie minuit 45 et « 1345 », 13 h 45 (1 h 45 de l'après-midi). Écrivez aussi vos heures ainsi dans le registre et les rapports.
Que veulent dire code blanc, code rouge et code bleu ?
Les établissements de santé du Québec utilisent des codes de couleur pour lancer leurs mesures d'urgence sans alarmer les usagers et les visiteurs. Le CIUSSS du Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal, le CIUSSS de la Capitale-Nationale et le CISSS des Laurentides publient chacun leur liste, d'une douzaine de codes. Voici les principaux codes du CIUSSS du Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal :
Code
Situation
Blanc
Demande d'aide immédiate : personne agressive, risque pour elle ou pour d'autres
Bleu
Personne en arrêt cardiorespiratoire
Rose
Nouveau-né ou enfant (0 à 36 kg) en arrêt cardiorespiratoire
Rouge
Possibilité d'un incendie
Vert
Évacuation d'un bâtiment ou d'un secteur
Jaune
Usager manquant
Noir
Colis suspect ou menace reçue
Orange
Arrivée massive d'usagers ou de sinistrés
Brun
Déversement de matières dangereuses
Gris
Fuite toxique externe
Mauve
Urgence médicale qui nécessite une assistance immédiate
Les listes se ressemblent d'un établissement à l'autre, mais pas toujours mot pour mot : le CISSS des Laurentides décrit par exemple le code rose comme une « urgence pédiatrique », et sa liste comprend le code argent (personne armée). Apprenez la liste affichée dans votre établissement et la marche à suivre pour chaque code. Pour en savoir plus sur ce milieu, lisez notre article sur le travail d'agent de sécurité à l'hôpital.
Les « codes 10 » sont-ils obligatoires ?
Non. Les codes comme « 10-4 » ne figurent pas dans la CIR-22, qui privilégie des mots en clair (« roger », « affirmatif »). Ils ne sont pas normalisés : certaines agences en ont une liste maison, d'autres les interdisent. Ne les utilisez que si votre employeur vous en remet une liste écrite, et demandez-la dès votre arrivée, par exemple sur un contrat d'événement où plusieurs équipes partagent les ondes.
Que peut-on dire sur les ondes ?
Partez du principe que tout le monde peut vous entendre : collègues, clients à proximité d'une radio, parfois des personnes à l'écoute de la fréquence. La CIR-22 rappelle qu'il est interdit de divulguer le contenu des communications radio captées, sauf exception prévue par la loi. En pratique :
pas de nom complet, de date de naissance ni d'adresse sur les ondes. Décrivez la personne (vêtements, lieu)
pas de renseignements de santé
pour un sujet délicat, demandez un appel téléphonique ou une rencontre
pas de conversations personnelles ni de blagues sur le canal de travail.
Foire aux questions
Que veut dire « code blanc » ?
Dans les établissements de santé québécois consultés, le code blanc signale une demande d'aide immédiate parce qu'une personne a un comportement agressif qui présente un risque pour elle ou pour d'autres.
Faut-il dire « Alpha » ou « Alfa » ?
La prononciation est la même. L'orthographe officielle de l'alphabet de l'UIT, reprise par ISDE, est « Alfa » et « Juliett ».
« Reçu » et « terminé », c'est la même chose ?
Non. « Reçu » (roger) confirme que vous avez bien reçu le message. « Terminé » ferme la conversation : aucune réponse n'est attendue.
En ligne, à jour : agentdesecuritequebec.com/nouvelles/radio-codes-securite-vocabulaire/
Conseils
Gérer un client agressif : la désescalade pour agents de sécurité
Signes avant-coureurs, posture, voix, phrases à dire ou à éviter, quand appeler le 911 : la méthode de désescalade pour gérer un client agressif.
Savoir gérer un client agressif fait partie du quotidien d'un agent de sécurité : à l'entrée d'un commerce, à l'urgence d'un hôpital, dans un bar ou à un événement. La désescalade consiste à faire baisser la tension par la parole, la posture et la distance, avant que la situation ne bascule. Voici une méthode simple, appuyée sur les conseils publics de la CNESST et du Centre canadien d'hygiène et de sécurité au travail (CCHST). Elle ne contient aucune technique physique de contrôle : celles-ci relèvent de la formation donnée par votre agence.
Cet article est informatif. Les consignes écrites de votre agence et de votre client (le site où vous travaillez) ont toujours priorité.
Qu'est-ce que la violence au travail, selon la CNESST ?
La CNESST décrit la violence en milieu de travail comme physique ou psychologique. Elle distingue la violence interne (entre membres du personnel) et la violence externe, qui vient de personnes de l'extérieur : clients, patients, fournisseurs. C'est cette dernière que vit le plus souvent un agent. La CNESST cite aussi des facteurs de risque qui collent au métier : le travail auprès du public, la manipulation d'argent, le travail seul et les établissements où l'on sert de l'alcool.
Le CCHST va dans le même sens : la violence comprend les menaces, la violence verbale et l'intimidation, pas seulement les coups. Une insulte ou une menace est déjà un incident, même si personne n'a été touché.
Quels signes annoncent qu'un client va devenir agressif ?
Le CCHST publie une liste de signes précurseurs. Parmi les signes physiques à surveiller :
visage pâle ou rouge, transpiration, tremblements
mâchoires ou poings serrés
gestes exagérés ou brusques, mouvements répétitifs (faire les cent pas)
voix qui monte ou qui change de ton, respiration rapide
regard fâché ou fuyant, commentaires méprisants
personne qui envahit votre espace personnel.
Un seul signe ne veut rien dire. C'est l'accumulation qui doit vous alerter. Plus vous intervenez tôt, plus vous avez de chances de désamorcer la situation par la parole.
Quelle posture et quelle distance adopter ?
Le CCHST recommande une posture calme, de se placer en angle plutôt que face à face, et de garder environ un mètre d'espace personnel. En pratique, pour un agent :
restez de biais, les mains visibles et ouvertes, à la hauteur de la taille
gardez toujours une sortie derrière vous ou sur le côté. Ne vous laissez pas coincer dans un coin
évitez les bras croisés, le doigt pointé, les mains sur les hanches ou sur votre équipement
si la personne avance, reculez d'un pas plutôt que de « tenir votre terrain ».
Comment utiliser sa voix pour calmer la situation ?
Le conseil du CCHST tient en trois mots : parler lentement, doucement et avec confiance, et écouter sans interrompre. Une voix basse et posée incite l'autre à baisser la sienne. Faites des phrases courtes, appelez la personne par son nom si vous le connaissez, et reformulez ce qu'elle vient de dire pour montrer que vous avez compris.
Quoi dire et quoi éviter devant un client agressif ?
À dire
À éviter
« Je vois que vous êtes fâché. Expliquez-moi ce qui se passe. »
« Calmez-vous ! »
« Si je comprends bien, vous attendez depuis une heure et personne ne vous a répondu. »
« C'est pas mon problème. »
« Je ne peux pas vous laisser entrer, mais je peux appeler le gérant pour vous. »
« C'est le règlement, point final. »
« Je veux vous aider, mais j'ai besoin que vous baissiez le ton. »
Menacer : « Je vais appeler la police si vous continuez pas de même. » (en premier recours)
« Monsieur Tremblay, on va régler ça ensemble. »
Ironie, sarcasme, rire ou soupirs
L'idée : reconnaître l'émotion sans être d'accord avec le comportement, et ne jamais transformer l'échange en lutte de pouvoir.
Pourquoi offrir des choix au client ?
Le CCHST conseille d'être rassurant et de faire remarquer les différents choix possibles, en proposant des solutions précises et réalistes. Une personne acculée réagit plus fort. Une personne qui a une porte de sortie peut reculer sans perdre la face. Par exemple :
« Vous pouvez attendre ici, ou revenir demain matin quand le service est ouvert. »
« On peut en parler dehors, ou je peux vous donner le numéro du service à la clientèle. »
« Vous pouvez sortir par la porte avant ou par la porte de côté, comme vous préférez. »
N'offrez que des choix que vous pouvez réellement tenir : une promesse non respectée relance la crise.
Quand se retirer et appeler du renfort ou le 911 ?
La désescalade a ses limites. Selon le CCHST, si la situation se dégrade, il faut interrompre l'échange fermement mais poliment, dire clairement qu'on n'acceptera pas d'être maltraité, et mettre fin à la conversation. Si la personne refuse de partir, on s'éloigne et on appelle la sécurité ou la police. Le CCHST précise aussi de ne jamais s'interposer dans une bagarre sans formation, et d'appeler la police dès qu'une arme est présente.
Renfort interne : dès que les signes s'accumulent, avisez un collègue ou votre superviseur par radio, avant que ça dégénère.
Retrait : si vous êtes seul face à plusieurs personnes ou que les menaces deviennent précises, éloignez-vous et protégez le public.
911 : arme, coups, menace de mort ou personne en danger. N'attendez pas la permission.
Rapport : écrivez-le le jour même, avec les faits, les paroles exactes et les témoins. Notre modèle de rapport d'incident pour agent de sécurité vous guide pas à pas. Le CCHST insiste sur l'importance de signaler toute interaction menaçante.
Débreffage : revoyez l'événement avec votre superviseur ou vos collègues : qu'est-ce qui a fonctionné, qu'est-ce qui aurait pu être fait autrement.
Soutien psychologique : une agression verbale peut laisser des traces. La CNESST mentionne parmi les mesures de soutien les programmes d'aide par les pairs. Demandez aussi si votre employeur offre un programme d'aide aux employés (PAE).
CNESST : si vous êtes blessé, physiquement ou psychologiquement, signalez-le à votre employeur et consultez un médecin. Vos recours sont expliqués dans notre article agent de sécurité agressé : vos droits et recours.
Questions fréquentes
Un agent de sécurité doit-il endurer les insultes d'un client ?
Non. La CNESST considère la violence psychologique comme de la violence au travail. Vous pouvez mettre fin à l'échange, appeler un superviseur et consigner les propos dans un rapport.
Quelle distance garder avec un client agressif ?
Le CCHST suggère environ un mètre d'espace personnel, en se plaçant en angle. Gardez davantage de distance si la personne est très agitée, et toujours une sortie libre.
La désescalade marche-t-elle à tout coup ?
Non. Elle réduit les risques mais ne les élimine pas. Si une arme apparaît ou si des coups sont portés, votre priorité est de vous mettre à l'abri et d'appeler le 911.
En ligne, à jour : agentdesecuritequebec.com/nouvelles/gerer-client-agressif-desescalade/
Droits et sécurité au travail
Syndicat et agents de sécurité au Québec : comment ça marche
Décret ou convention collective, accréditation, cotisation, protection contre les représailles, grève : comment se syndiquer quand on est agent de sécurité.
Vous travaillez pour une agence et vous vous demandez à quoi sert un syndicat d'agents de sécurité, ou comment faire pour vous syndiquer ? Au Québec, le métier a une particularité : un décret fixe déjà des conditions minimales pour tous les agents d'agence, syndiqués ou non. Cet article explique, textes de loi à l'appui, comment le décret et le syndicat s'articulent, comment se passe une syndicalisation et ce qu'elle change concrètement. Il ne prend parti ni pour ni contre : à vous de juger.
Le décret ou le syndicat : qu'est-ce qui s'applique à un agent de sécurité ?
Le décret et la convention collective sont deux outils distincts.
Le décret (Décret sur les agents de sécurité, RLRQ, c. D-2, r. 1) découle de la Loi sur les décrets de convention collective. Son article 2 permet au gouvernement de décréter qu'une convention collective lie tous les salariés et tous les employeurs d'un secteur. Le décret s'applique donc à tous les agents des agences, membres d'un syndicat ou non. Ses dispositions sont d'ordre public (art. 11 de la loi) et il est interdit de payer moins que le salaire qu'il fixe (art. 12).
La convention collective d'accréditation relève du Code du travail. Elle est négociée entre un employeur et le syndicat accrédité pour représenter ses salariés, et elle ne vise que les salariés de cette unité de négociation.
Les deux se superposent : la convention collective peut accorder davantage que le décret, jamais moins. L'article 13 de la loi précise que les clauses qui prévoient une rémunération plus élevée ou des avantages plus étendus que le décret sont valides. Pour le détail des minimums (taux, heures supplémentaires, vacances, préavis), voyez notre article le décret des agents de sécurité expliqué.
Qui négocie le décret des agents de sécurité ?
Le décret repose sur une entente entre des « parties contractantes ». Selon l'article 0.01 du décret, ce sont :
Partie
Organisation nommée au décret
Patronale
Association provinciale des agences de sécurité (A.P.A.S.)
Syndicale
Syndicat des Métallos, section locale 8922 (FTQ)
Ce sont aussi ces parties qui peuvent s'opposer au renouvellement automatique du décret. L'article 9.01 prévoit qu'il demeure en vigueur jusqu'au 4 juillet 2027, puis se renouvelle d'année en année, sauf avis écrit d'opposition d'une partie contractante transmis en mars. Le Comité paritaire des agents de sécurité, lui, administre et fait respecter le décret. Pour ce que la suite pourrait réserver aux taux, lisez le salaire des agents de sécurité en 2027.
Être couvert par le décret ne fait pas de vous un membre du syndicat signataire. L'adhésion à un syndicat et l'accréditation dans votre agence sont des questions distinctes, réglées par le Code du travail.
Comment se syndiquer quand on est agent de sécurité ?
Le point de départ est l'article 3 du Code du travail : tout salarié a le droit d'appartenir à l'association de salariés de son choix et de participer à sa formation et à ses activités. Pour obtenir le droit de négocier une convention collective avec l'employeur, l'association doit être accréditée par le Tribunal administratif du travail (TAT).
Signer une adhésion. Pour compter comme membre, le salarié doit faire partie de l'unité visée, avoir signé une formule d'adhésion datée, non révoquée, et avoir payé personnellement une cotisation d'au moins 2 $ dans les 12 mois précédant la requête (art. 36.1).
Déposer la requête. L'association dépose une requête en accréditation au Tribunal, autorisée par résolution et accompagnée des formules d'adhésion (art. 25). L'employeur doit afficher la requête pendant au moins 5 jours consécutifs, ainsi que la liste des salariés visés.
Vérifier la représentativité. Un agent de relations du travail vérifie les livres de l'association et la liste des salariés (art. 28).
Quelle majorité faut-il ?
L'article 21 accorde l'accréditation à l'association qui regroupe la majorité absolue des salariés de l'employeur (ou du groupe visé). Selon l'article 28 :
plus de 50 % de membres : accréditation sans vote, si l'employeur et l'association s'entendent sur l'unité de négociation
entre 35 % et 50 % de membres : un scrutin est tenu, et l'association est accréditée si elle obtient la majorité absolue des voix des salariés de l'unité
désaccord sur l'unité : l'employeur doit expliquer ses raisons par écrit et proposer une autre unité. S'il ne le fait pas dans les 15 jours, il est présumé d'accord.
Combien coûte la cotisation syndicale ?
Le montant est fixé par l'association, pas par la loi. Une fois l'association accréditée, l'article 47 du Code du travail (souvent appelé formule Rand) oblige l'employeur à retenir la cotisation sur le salaire des membres, et un montant égal sur celui de tous les autres salariés de l'unité de négociation, membres ou non. L'employeur remet ces sommes chaque mois à l'association.
Depuis 2026, la loi distingue une cotisation principale et une cotisation facultative. Certaines activités, comme des campagnes de publicité sur des sujets politiques partisans, doivent être financées uniquement par la cotisation facultative (art. 47.0.1).
La cotisation s'ajoute aux retenues déjà présentes sur votre paie, dont le prélèvement du comité paritaire. Pour estimer l'effet sur votre paie, voyez le salaire net d'un agent de sécurité en 2026.
L'employeur peut-il punir un agent qui veut se syndiquer ?
Non. Le Code du travail prévoit plusieurs protections :
l'employeur ne peut chercher à dominer, entraver ou financer une association de salariés (art. 12)
nul ne peut user d'intimidation ou de menaces pour amener quelqu'un à devenir membre, à ne pas le devenir ou à cesser de l'être (art. 13)
l'employeur ne peut refuser d'embaucher, menacer, sanctionner ou exercer des représailles contre une personne qui exerce un droit prévu au Code (art. 14), mais il garde le droit de sanctionner pour une cause juste et suffisante qu'il doit prouver.
Le salarié congédié, suspendu, déplacé ou visé par des représailles peut porter plainte au Tribunal administratif du travail dans les 30 jours (art. 16). S'il établit qu'il exerçait un droit prévu au Code, il bénéficie d'une présomption : c'est à l'employeur de prouver une autre cause juste et suffisante (art. 17). Le Tribunal peut ordonner la réintégration dans les 8 jours et le versement du salaire perdu (art. 15).
Les agents de sécurité syndiqués ont-ils le droit de grève ?
Oui, selon les règles générales. La grève est interdite tant que l'association n'est pas accréditée et n'a pas acquis ce droit (art. 106). Le droit de grève est acquis 90 jours après la réception de l'avis de négociation, sauf si une convention est conclue ou si les parties choisissent l'arbitrage (art. 58). La grève est interdite pendant la durée d'une convention collective (art. 107).
Des services essentiels peuvent être imposés : si une grève peut mettre en danger la santé ou la sécurité publique, le Tribunal peut ordonner leur maintien dans un service public, ou dans une entreprise dont les activités la rendent assimilable à un service public (art. 111.0.17). C'est le Tribunal qui décide, au cas par cas. Depuis 2025, le Code prévoit aussi des « services assurant le bien-être de la population » (art. 111.22.3 et suivants).
Que peut faire un syndicat de plus que le décret ?
Le décret fixe un plancher pour tout le secteur. Une convention collective peut aller au-delà sur des sujets propres à l'agence ou au site : taux supérieurs au minimum, ancienneté pour les horaires et les affectations, procédure de grief, assurances collectives, etc. Le décret lui-même prévoit qu'une convention collective peut organiser certaines choses autrement, comme l'étalement des heures de travail (art. 3.01.1) ou le début de l'année de référence des vacances (art. 5.01).
En contrepartie, la cotisation est obligatoire pour tous les salariés de l'unité, et la convention lie tout le groupe, y compris ceux qui auraient préféré d'autres conditions. Dans une agence non syndiquée, ce sont le décret, la Loi sur les normes du travail et votre contrat individuel qui s'appliquent. Le Comité paritaire reste votre recours pour le respect du décret. En cas de violence au travail, consultez aussi vos droits si vous êtes agressé au travail.
Questions fréquentes
Quel est le meilleur syndicat pour les agents de sécurité ?
Ce site ne classe pas les syndicats. Au Québec, la partie syndicale nommée au Décret sur les agents de sécurité est le Syndicat des Métallos, section locale 8922 (FTQ), selon l'article 0.01 du décret. Tout salarié a le droit d'appartenir à l'association de salariés de son choix (art. 3 du Code du travail). Le décret s'applique à tous les agents des agences, membres d'un syndicat ou non.
Dois-je être syndiqué pour avoir droit au taux du décret ?
Non. Le décret lie tous les employeurs et salariés de son champ d'application, syndiqués ou non, et il est interdit de payer moins que le salaire qu'il fixe.
Combien de collègues faut-il pour se syndiquer ?
Il faut la majorité absolue des salariés de l'unité de négociation. Avec 35 % à 50 % de membres, un vote est tenu et l'association doit y obtenir la majorité absolue des voix.
Si je ne suis pas membre du syndicat, est-ce que je paie la cotisation ?
Oui, si un syndicat est accrédité pour votre unité : l'employeur retient un montant égal à la cotisation sur le salaire de chaque salarié de l'unité, membre ou non (art. 47).
Cet article est informatif et ne constitue pas un avis juridique. Pour une situation précise, adressez-vous au Tribunal administratif du travail ou à un avocat.
En ligne, à jour : agentdesecuritequebec.com/nouvelles/syndicat-agents-securite/
Droits et sécurité au travail
Heures de travail d'un agent de sécurité : maximum et refus
Semaine de 40 h, étalement, quarts de 12 h, droit de refuser les heures supplémentaires, horaire 5 jours d'avance, repos de 32 h : les règles.
Combien d'heures un employeur peut-il vous demander ? Quand les heures supplémentaires d'un agent de sécurité commencent-elles, et peut-on les refuser ? Les quarts de 12 heures sont-ils permis ? Au Québec, la réponse se trouve dans deux textes qui s'additionnent : le Décret sur les agents de sécurité, appliqué par le Comité paritaire, et la Loi sur les normes du travail (LNT), appliquée par la CNESST. Voici les règles, vérifiées dans les sources officielles.
Quelle est la semaine normale de travail d'un agent de sécurité ?
Selon le Comité paritaire des agents de sécurité, en vertu des articles 3.01, 3.03 et 3.04 du décret, la semaine normale de travail est de 40 heures aux fins du calcul des heures supplémentaires. Chaque heure travaillée au-delà de 40 heures dans la semaine est une heure supplémentaire.
Attention à une source de confusion : la page de la CNESST sur la semaine normale indique 44 heures pour les gardiens employés par une entreprise de sécurité. Ce chiffre vient d'une règle particulière du Règlement sur les normes du travail (art. 9), qui vise les gardiens d'une entreprise de gardiennage. La règle générale de la loi est de 40 heures. Le décret, qui vise les agents des agences de sécurité, fixe un seuil plus avantageux de 40 heures, et c'est celui-là qui compte pour vous.
La CNESST rappelle aussi que la semaine normale n'est pas une limite : elle sert à savoir à partir de quand l'heure est majorée, pas à interdire le travail au-delà. Le taux des heures supplémentaires (150 %) est expliqué dans notre article sur le décret des agents de sécurité expliqué simplement.
L'employeur peut-il étaler les heures sur plusieurs semaines ?
Oui, mais à des conditions strictes (article 3.01.1 du décret). D'après la FAQ du Comité paritaire, l'employeur ne peut pas vous payer plus de 40 heures par semaine à taux simple, sauf si :
vous avez donné votre accord à l'étalement des heures du contrat sur lequel vous êtes affecté
l'étalement est accepté par l'ensemble des salariés du contrat
il vous accorde un bénéfice d'une autre nature pour compenser la perte du paiement des heures supplémentaires.
L'article 3.01.1 du décret ajoute d'autres conditions, dont un avis écrit au comité paritaire. Si elles ne sont pas toutes remplies, chaque heure au-delà de 40 dans la semaine doit être payée en heure supplémentaire.
Les quarts de 12 heures sont-ils permis ?
Rien dans les sources consultées n'interdit un quart de 12 heures, très courant dans le métier. Ce qui compte, c'est le total de la semaine. Selon le Comité paritaire, faire plus de 12 heures sur un quart ne devient pas automatiquement du temps supplémentaire, sauf dans la situation visée au deuxième paragraphe de l'article 3.03 du décret. En règle générale, c'est le seuil de 40 heures par semaine qui déclenche la majoration.
Exemple : quatre quarts de 12 heures dans la même semaine font 48 heures, donc 8 heures supplémentaires, sauf entente d'étalement valide.
Le quart de 12 heures a cependant une limite du côté de la LNT : au-delà de certains seuils quotidiens, vous pouvez refuser de continuer (voir plus bas). Pour la santé et la fatigue lors des longs quarts, lisez aussi notre article sur le travail d'agent de sécurité de nuit.
Peut-on refuser des heures supplémentaires ?
Oui. Selon la CNESST, qui applique l'article 59.0.1 de la Loi sur les normes du travail, une personne salariée peut refuser des heures supplémentaires quand on lui demande de travailler :
plus de 2 heures au-delà de ses heures habituelles de travail par jour
ou plus de 14 heures par période de 24 heures, selon la période la plus courte
plus de 12 heures par période de 24 heures, si ses heures quotidiennes sont variables ou non continues
plus de 50 heures par semaine, sauf si ses heures sont étalées
Le seuil de 60 heures par semaine mentionné par la CNESST ne vise que les lieux isolés et le territoire de la Baie-James.
Concrètement, l'agent dont le quart habituel est de 12 heures et à qui l'on demande de « doubler » peut refuser de rester au-delà de 14 heures de travail dans la même période de 24 heures.
Les exceptions au droit de refus
Selon la CNESST, vous ne pouvez pas refuser si cela met en danger la vie, la santé ou la sécurité d'autres personnes, s'il y a un risque de destruction grave de biens ou un autre cas de force majeure, ou si le refus va à l'encontre de votre code de déontologie professionnelle. En sécurité, cette exception peut jouer : un poste qui ne peut pas rester sans surveillance en situation d'urgence n'est pas un cas ordinaire. En dehors de ces situations, un refus fondé sur la loi ne doit pas vous valoir de sanction.
Combien de temps d'avance doit-on connaître son horaire ?
La CNESST précise qu'une personne salariée peut refuser de travailler si son employeur ne l'a pas informée de son horaire 5 jours à l'avance. Exception : l'employeur peut demander de prolonger la journée le jour même sans ce préavis, et vous ne pouvez pas refuser pour cette seule raison. Les seuils vus plus haut continuent toutefois de s'appliquer. Attention aussi : la loi écarte ce préavis de 5 jours « lorsque la nature de ses fonctions exige qu'il demeure en disponibilité » (art. 59.0.1, 3°). Un agent sur appel aura donc plus de mal à invoquer cette règle.
Quel repos minimum entre deux semaines ?
Selon la CNESST (articles 78 et 79 de la LNT), le travailleur doit avoir une période de repos d'au moins 32 heures consécutives chaque semaine. L'enchaînement de quarts de 12 heures sept jours sur sept n'est donc pas permis.
Que prévoit le décret pour le rappel et le travail sur appel ?
Rappel au travail : si l'employeur vous fait venir et que vous travaillez moins de 4 heures consécutives, le décret vous garantit au moins 4 heures payées (article 3.07). C'est plus que l'indemnité de 3 heures prévue par la LNT pour l'ensemble des salariés.
Présence au bureau : si l'employeur exige que vous passiez à ses bureaux avant d'aller sur le site, vous êtes payé à partir de l'heure où votre présence y est requise, selon le Comité paritaire. Le décret pose le principe à l'article 3.06 : le salarié qui est à la disposition de son employeur sur les lieux du travail et qui doit attendre qu'on lui donne du travail est réputé au travail.
Travail sur appel : le décret prévoit une classe A sur appel, pour les agents sans horaire déterminé. Le décret ne garantit pas de nombre minimal d'heures par semaine. Pour le statut A-01, le Comité paritaire indique que l'agent qualifié au 31 octobre doit conserver une disponibilité 24 h sur 24, 7 jours sur 7, jusqu'à concurrence de 40 heures, sinon l'employeur peut lui retirer ce statut en cours d'année.
Quelles sont les règles en un coup d'œil ?
Règle
Seuil
Source
Semaine normale (calcul des heures supplémentaires)
40 heures
Décret, art. 3.01, 3.03, 3.04
Étalement des heures
Accord de tous les salariés du contrat + bénéfice compensatoire
Décret, art. 3.01.1
Quart de plus de 12 heures
Pas de majoration automatique (sauf art. 3.03, 2e paragraphe)
Comité paritaire
Refus : au-delà des heures habituelles
Plus de 2 h par jour ou plus de 14 h par 24 h
LNT, art. 59.0.1
Refus : heures variables ou non continues
Plus de 12 h par 24 h
LNT, art. 59.0.1
Refus : semaine
Plus de 50 h (sauf étalement)
LNT, art. 59.0.1
Préavis de l'horaire
5 jours
LNT, art. 59.0.1
Repos hebdomadaire
32 heures consécutives
LNT, art. 78
Rappel au travail
Au moins 4 heures payées
Décret, art. 3.07
Repas
30 minutes payées par 5 heures
Décret, art. 3.12
Ces règles sont des minimums. Une convention collective ou votre contrat peut prévoir mieux. En cas de doute sur vos heures, gardez vos horaires et vos talons de paie. Si on vous impose des heures après une agression ou un incident, voyez aussi vos droits et démarches après une agression au travail.
Questions fréquentes
Mon employeur peut-il me faire travailler 60 heures par semaine ?
Il peut vous le demander, mais vous pouvez refuser les heures au-delà de 50 heures par semaine, sauf si vos heures sont étalées. Et toutes les heures au-delà de 40 sont payées en heures supplémentaires, sauf étalement valide.
Un quart de 12 heures donne-t-il droit à du temps supplémentaire ?
Pas en soi. C'est le total de 40 heures dans la semaine qui compte, sauf la situation visée au deuxième paragraphe de l'article 3.03 du décret.
À qui me plaindre si mes heures supplémentaires ne sont pas payées ?
Au Comité paritaire des agents de sécurité, qui applique le décret. Pour un refus d'heures sanctionné ou un repos non respecté, la CNESST reçoit les plaintes en normes du travail. Voyez aussi les primes du décret que plusieurs agents ne réclament pas.
Quels sont les horaires d'un agent de sécurité ?
Au Québec, le métier comporte des horaires atypiques (soir, nuit, fin de semaine, jours fériés), comme le décrit notre guide devenir agent de sécurité. Le quart de 12 heures est très courant dans le métier, et rien dans les sources consultées ne l'interdit. Selon la CNESST, un salarié peut refuser de travailler si son employeur ne l'a pas informé de son horaire 5 jours à l'avance, sauf les exceptions décrites à la section « Combien de temps d'avance doit-on connaître son horaire ? ». Le travail de nuit est décrit dans l'agent de sécurité de nuit.
Quelle est la durée maximale de travail d'un agent de sécurité ?
Au Québec, la semaine normale de 40 heures n'est pas une limite, selon la CNESST. Selon l'article 59.0.1 de la Loi sur les normes du travail, un salarié peut refuser de travailler plus de 2 heures au-delà de ses heures habituelles par jour ou plus de 14 heures par période de 24 heures, selon la période la plus courte, plus de 12 heures par période de 24 heures si ses heures quotidiennes sont variables ou non continues, ou plus de 50 heures par semaine, sauf si ses heures sont étalées. Le seuil de 60 heures par semaine ne vise que les lieux isolés et le territoire de la Baie-James, et le droit de refus a les exceptions décrites à la section « Peut-on refuser des heures supplémentaires ? ». Le salarié a aussi droit à un repos d'au moins 32 heures consécutives chaque semaine, selon la CNESST (LNT, art. 78 et 79).
En ligne, à jour : agentdesecuritequebec.com/nouvelles/heures-travail-agent-securite/
Droits et sécurité au travail
Harcèlement au travail : les droits de l'agent de sécurité
Définition légale, obligations de l'agence, traces à garder et plainte à la CNESST dans les 2 ans : vos droits face au harcèlement au travail.
Un superviseur qui vous rabaisse devant les autres à chaque quart, un collègue qui multiplie les remarques à caractère sexuel, un locataire ou un client qui vous insulte tous les soirs au même poste : le harcèlement au travail touche aussi les agents de sécurité, et la loi québécoise leur donne des droits précis. Ce guide explique ce qu'est le harcèlement psychologique selon la Loi sur les normes du travail, ce que votre employeur doit faire, comment porter plainte à la CNESST et comment garder des traces utiles.
Cet article est informatif et ne constitue pas un avis juridique. Pour une situation précise, communiquez avec la CNESST, votre syndicat ou un avocat.
Qu'est-ce que le harcèlement psychologique selon la loi ?
L'article 81.18 de la Loi sur les normes du travail définit le harcèlement psychologique comme une conduite vexatoire qui se manifeste par des comportements, des paroles, des actes ou des gestes répétés, hostiles ou non désirés, qui portent atteinte à la dignité ou à l'intégrité psychologique ou physique de la personne et qui entraînent un milieu de travail néfaste.
Trois précisions importantes :
Le harcèlement sexuel est inclus. La loi précise que le harcèlement psychologique comprend les paroles, actes ou gestes à caractère sexuel.
Un seul geste peut suffire. Une seule conduite grave peut aussi constituer du harcèlement si elle porte une telle atteinte et produit un effet nocif continu.
Peu importe d'où il vient. L'employeur doit prévenir le harcèlement « provenant de toute personne » (art. 81.19) : un supérieur, un collègue, mais aussi une personne de l'extérieur comme un client ou un visiteur.
Une consigne ferme, une évaluation négative ou une mesure disciplinaire ne sont pas, en soi, du harcèlement. Ce qui compte, c'est le caractère vexatoire, hostile ou non désiré de la conduite et ses effets sur vous.
Quels sont les droits de l'agent et les obligations de l'employeur ?
Selon l'article 81.19, toute personne salariée a droit à un milieu de travail exempt de harcèlement psychologique. L'employeur doit prendre les moyens raisonnables pour prévenir le harcèlement et, lorsqu'une telle conduite est portée à sa connaissance, pour la faire cesser.
Il doit aussi adopter et rendre disponible à ses salariés une politique de prévention et de prise en charge des situations de harcèlement psychologique. Selon le même article, cette politique doit notamment prévoir :
La politique doit prévoir
Ce que ça veut dire pour vous
Les méthodes pour identifier, contrôler et éliminer les risques, y compris un volet sur les conduites à caractère sexuel
L'agence doit agir avant que le problème arrive
Les programmes d'information et de formation offerts
Vous devez être informé de vos droits
Les modalités pour faire une plainte ou un signalement à l'employeur, et la personne désignée pour la prendre en charge
Vous savez à qui vous adresser
Les mesures de protection des personnes concernées et de celles qui collaborent au traitement d'une plainte
Les témoins aussi sont protégés
Le processus de prise en charge, y compris l'enquête
Votre plainte doit être suivie
La confidentialité et la conservation des documents pendant au moins deux ans
Votre dossier ne disparaît pas
Demandez une copie de cette politique à votre agence : c'est souvent la première étape recommandée par la CNESST, qui suggère de suivre la démarche qui y est prévue si les circonstances le permettent.
Agent d'agence affecté chez un client : qui est responsable ?
La plupart des agents travaillent pour une agence et sont affectés sur le site d'un client (centre commercial, tour de bureaux, hôpital, chantier). Le Décret sur les agents de sécurité définit l'agent comme une personne qui effectue un travail de sécurité « pour le compte ou par l'entremise d'une agence de sécurité ». Les obligations de l'article 81.19 visent l'employeur : dans ce cas, votre agence doit prendre les moyens raisonnables pour prévenir et faire cesser le harcèlement, même s'il provient d'un employé du client ou d'un usager du site.
Concrètement, si le harcèlement vient de quelqu'un chez le client, signalez-le d'abord à votre agence, par écrit, en suivant sa politique. La loi ne précise pas quels moyens l'agence doit choisir. Elle exige des moyens « raisonnables ». Pour en savoir plus sur votre statut, lisez notre article sur le décret des agents de sécurité expliqué.
Si un client devient agressif sur le moment, les techniques de notre guide pour gérer un client agressif par la désescalade restent utiles. Mais quand les insultes reviennent chaque semaine, ce n'est plus seulement une intervention difficile : c'est une situation que l'employeur doit prendre en charge.
Comment garder des traces du harcèlement ?
Une plainte se gagne avec des faits. Dès les premiers incidents :
Tenez un journal personnel, chez vous et non sur un appareil de l'employeur : date, heure, lieu, paroles exactes, gestes, personnes présentes, effet sur vous.
Notez les témoins : collègues de quart, employés du client, usagers. La CNESST indique que le nom des témoins reste confidentiel pendant son enquête.
Conservez les écrits : courriels, textos, messages sur les applications de l'agence, horaires modifiés, notes de supervision.
Signalez par écrit à la personne désignée dans la politique et gardez une copie de votre signalement et de la réponse.
Consultez un médecin si votre santé est touchée et gardez les documents médicaux.
Comment porter plainte pour harcèlement à la CNESST ?
Si la situation ne se règle pas avec l'employeur, ou si vous ne pouvez pas en parler à l'interne, vous pouvez déposer une plainte pour harcèlement à la CNESST. L'article 123.6 permet à la personne salariée qui croit avoir été victime de harcèlement psychologique d'adresser une plainte écrite à la Commission. Un organisme sans but lucratif de défense des droits des salariés peut aussi la déposer pour vous, avec votre consentement écrit.
Le délai : deux ans. Selon l'article 123.7, la plainte doit être déposée dans les deux ans de la dernière manifestation de la conduite. N'attendez pas pour autant : les souvenirs et les témoins s'effacent.
Les étapes décrites par la CNESST :
Étape
Ce qui se passe
Dépôt
Questionnaire en ligne « Porter plainte » sur le site de la CNESST
Recevabilité
La CNESST vérifie que vous êtes protégé par la loi et que l'employeur y est assujetti
Médiation
Service de médiation gratuit offert. La CNESST peut vous assister et vous conseiller (art. 123.10)
Enquête
Un enquêteur recueille et vérifie l'information (art. 123.8)
Tribunal
Sans entente, la CNESST peut vous fournir un avocat sans frais devant le Tribunal administratif du travail
Si la CNESST refuse de donner suite à la plainte, vous pouvez, dans les 30 jours de cette décision, lui demander par écrit de la déférer au Tribunal administratif du travail (art. 123.9).
Si le Tribunal juge que vous avez été victime de harcèlement et que l'employeur n'a pas respecté ses obligations, il peut notamment ordonner (art. 123.15) votre réintégration, une indemnité jusqu'à un maximum équivalant au salaire perdu, des mesures pour faire cesser le harcèlement, des dommages et intérêts moraux et punitifs, le financement d'un soutien psychologique ou la modification de votre dossier disciplinaire.
Et si je suis syndiqué ?
Selon l'article 81.20, ces protections font partie de toute convention collective. Le salarié syndiqué doit exercer les recours prévus à sa convention, dans la mesure où un tel recours existe, et le délai de deux ans s'applique aussi. Parlez-en d'abord à votre délégué syndical.
Le harcèlement peut-il être une lésion professionnelle ?
Oui, dans certains cas. La CNESST indique que si le harcèlement a causé une lésion psychologique attestée par un médecin, déposer à la fois une réclamation pour accident du travail et une plainte pour harcèlement peut permettre d'être indemnisé. Ce sont deux démarches distinctes. Les étapes de la réclamation (avis à l'employeur, attestation médicale) sont décrites dans notre article sur les droits de l'agent de sécurité agressé au travail.
La CNESST mentionne aussi qu'il est possible de signaler la situation à un inspecteur, de façon confidentielle ou anonyme, si vous ne pouvez pas en parler à votre employeur ou si rien n'a changé après votre signalement.
Questions fréquentes
Mon superviseur me crie dessus une fois : est-ce du harcèlement ?
Un seul écart n'en est généralement pas, sauf s'il s'agit d'une conduite grave qui produit un effet nocif continu (art. 81.18). Notez l'incident : s'il se répète, il pourra faire partie d'un ensemble.
Combien coûte une plainte à la CNESST ?
Le dépôt de la plainte et la médiation sont offerts sans frais, et si l'affaire va au Tribunal, la CNESST peut vous fournir un avocat sans frais. Vous pouvez aussi engager votre propre avocat, à vos frais.
Mon agence peut-elle m'empêcher de porter plainte parce que le harceleur travaille chez le client ?
Non. Le droit à un milieu exempt de harcèlement vise le harcèlement provenant de toute personne, et c'est votre employeur qui doit prendre les moyens raisonnables pour le faire cesser. Vous pouvez vous adresser à la CNESST dans le délai de deux ans.
En ligne, à jour : agentdesecuritequebec.com/nouvelles/harcelement-travail-agent-securite/
Droits et sécurité au travail
Congédié ou mis à pied : les recours de l'agent de sécurité
Préavis, indemnité, certificat de travail, plaintes à la CNESST et au comité paritaire, relevé d'emploi : vos recours après un congédiement ou une mise à pied.
Votre agence perd le contrat du site où vous travaillez, on vous annonce une mise à pied ou carrément un congédiement : que faire ? Le congédiement d'un agent de sécurité au Québec est encadré à la fois par le Décret sur les agents de sécurité et par la Loi sur les normes du travail. Voici, en langage clair, la différence entre les situations, le préavis auquel vous avez droit, les papiers à exiger et les recours possibles, avec leurs délais.
Cet article est informatif et ne constitue pas un avis juridique. Pour votre situation précise, adressez-vous à la CNESST, au Comité paritaire des agents de sécurité, à votre syndicat ou à un avocat.
Congédiement, mise à pied ou fin de contrat : quelle différence ?
Congédiement : l'employeur met fin à votre emploi de façon définitive, souvent pour un motif lié à vous (conduite, rendement).
Mise à pied : l'employeur arrête de vous donner du travail, en principe temporairement, par manque de travail. Vous restez son salarié.
Perte du contrat du client : en sécurité privée, c'est fréquent. Quand un client change d'agence, votre employeur ne vous congédie pas forcément. Il peut vous replacer ailleurs, vous mettre à pied ou mettre fin à votre emploi. Dans ces deux derniers cas, les règles de préavis ci-dessous s'appliquent.
Fin d'un contrat à durée déterminée : si vous avez été embauché pour une durée ou un mandat précis qui se termine, le préavis du décret ne s'applique pas (art. 3.08.1).
Quel préavis pour un congédiement ou une mise à pied d'agent de sécurité ?
Le décret oblige l'employeur à donner un avis écrit avant de mettre fin à votre emploi ou de vous mettre à pied pour 6 mois ou plus (art. 3.08). La durée dépend de votre service continu : 1 semaine (moins d'un an), 2 semaines (1 à 5 ans), 4 semaines (5 à 10 ans) et 8 semaines (10 ans ou plus). Le tableau complet est expliqué dans notre article le décret des agents de sécurité expliqué.
Ce préavis n'est pas dû si vous avez moins de 3 mois de service continu, si votre contrat à durée déterminée expire, si vous avez commis une faute grave ou en cas de force majeure (art. 3.08.1). Un avis de cessation d'emploi donné pendant une mise à pied est nul, sauf pour un emploi saisonnier (art. 3.08).
Pour une mise à pied de moins de 6 mois, vous devez recevoir un avis écrit d'au moins 1 semaine, sauf circonstances indépendantes de la volonté de l'employeur. Cet avis n'est pas dû à l'occasionnel A-04 ni à la personne qui a moins de 3 mois de service continu (art. 3.11).
Que se passe-t-il si l'employeur ne donne pas de préavis ?
Il doit vous verser une indemnité compensatrice pour la durée de l'avis manquant (art. 3.09). Elle est égale à la moyenne hebdomadaire du salaire reçu pendant votre service continu, sur au plus les 6 mois précédant votre départ.
Situation
Quand l'indemnité est versée
Fin d'emploi ou mise à pied prévue pour plus de 6 mois
Au moment de la cessation d'emploi ou de la mise à pied
Mise à pied d'une durée indéterminée, ou prévue pour moins de 6 mois mais qui dépasse ce délai
À l'expiration des 6 mois
La Loi sur les normes du travail prévoit les mêmes durées de préavis (art. 82 et 82.1). Si l'indemnité ou votre dernière paie n'arrive pas, voyez la section sur la plainte au comité paritaire plus bas.
Puis-je exiger un certificat de travail ?
Oui. À la fin de votre contrat, vous pouvez exiger de l'employeur un certificat de travail (art. 3.10 du décret). Il indique seulement la nature et la durée de votre emploi, les dates de début et de fin, ainsi que le nom et l'adresse de l'employeur. Il ne peut pas porter de jugement sur la qualité de votre travail ou votre conduite. C'est un document utile pour prouver votre expérience à une autre agence, en plus d'un bon CV d'agent de sécurité.
Quels recours si le congédiement est injuste ?
Plainte pour congédiement sans cause juste et suffisante
Si vous avez 2 ans de service continu dans la même entreprise et croyez avoir été congédié sans une cause juste et suffisante, vous pouvez porter plainte par écrit à la CNESST dans les 45 jours de votre congédiement (art. 124 de la Loi sur les normes du travail). Ce recours ne s'applique pas si une autre procédure de réparation est prévue ailleurs, par exemple dans une convention collective : un agent syndiqué passe alors en général par le grief. La CNESST peut proposer une médiation et peut exiger de l'employeur un écrit donnant les motifs du congédiement (art. 125).
Plainte pour pratique interdite
Il est interdit de congédier, suspendre, déplacer ou punir un salarié parce qu'il a exercé un droit prévu par la Loi sur les normes du travail, parce qu'il a fourni des renseignements à la CNESST, parce qu'elle est enceinte, entre autres motifs (art. 122). Ce recours n'exige pas 2 ans de service. La plainte se dépose à la CNESST dans les 45 jours de la pratique reprochée (art. 123). Si vous avez été victime d'une agression au travail, notre article sur les droits de l'agent de sécurité agressé explique les démarches liées à la CNESST.
Plainte pour salaire ou indemnité impayés
Pour l'argent dû en vertu du décret (salaire, heures supplémentaires, indemnité de préavis, primes du décret), c'est le Comité paritaire des agents de sécurité qui veille à son application. Il offre un formulaire de plainte sur son site et répond au 514-493-9105 ou au 1-800-361-5442. Gardez vos talons de paie, vos horaires et l'avis de fin d'emploi.
L'employeur doit-il aviser le BSP de ma fin d'emploi ?
Pas dans tous les cas. Le règlement oblige la personne pour qui travaille un titulaire de permis temporaire d'agent à aviser le Bureau de la sécurité privée lorsqu'elle cesse d'avoir recours à ses services (art. 21 du Règlement d'application de la Loi sur la sécurité privée). Pour tous ses agents, l'agence doit aussi tenir un registre où figure la date de fin d'emploi, conservé au moins 2 ans après cette date (art. 25).
Vous êtes titulaire de votre permis d'agent : vous le gardez si vous perdez votre emploi. Gardez-le valide et renouvelez-le à temps. Voyez ce qu'il en coûte et comment ne pas perdre votre permis du BSP. Si vous travaillez avec un permis temporaire, informez-vous auprès du BSP avant d'accepter un poste dans une autre agence.
Et l'assurance-emploi ?
Pour demander des prestations, il vous faut un relevé d'emploi. Selon le gouvernement du Canada, l'employeur qui le produit par voie électronique doit généralement le faire dans les 5 jours civils suivant la fin de la période de paie où l'interruption de rémunération est survenue. Un autre délai peut s'appliquer au relevé papier. Une mise à pied temporaire et un congédiement donnent tous deux lieu à un relevé d'emploi. N'attendez pas pour faire votre demande à Service Canada.
Si votre demande est refusée ou si vous ne vous y retrouvez pas, des organismes peuvent vous aider. À Montréal, le Mouvement Action-Chômage de Montréal est un groupe de défense des droits des sans-emploi : il donne des séances d'information sur l'assurance-emploi et aide à contester une décision. Sa ligne de service est le 514 755-9240.
Que faire dès l'annonce ?
Demandez que la décision vous soit confirmée par écrit, avec la date de fin ou la durée prévue de la mise à pied.
Calculez votre service continu et le préavis auquel vous avez droit.
Exigez votre certificat de travail et vérifiez votre dernière paie.
Notez la date : les délais de 45 jours pour les plaintes à la CNESST courent vite.
Conservez vos documents : contrat, horaires, talons de paie, courriels.
Questions fréquentes
Mon agence a perdu le contrat : ai-je droit à un préavis ?
Si l'agence met fin à votre emploi ou vous met à pied pour 6 mois ou plus et que vous avez au moins 3 mois de service continu, oui : un avis écrit ou une indemnité compensatrice (art. 3.08 et 3.09 du décret). La perte d'un contrat n'est pas en soi une faute grave de votre part.
J'ai moins de 2 ans d'ancienneté : ai-je un recours ?
Le recours pour congédiement sans cause juste et suffisante exige 2 ans de service continu. Mais la plainte pour pratique interdite (art. 122-123) et la réclamation d'argent au comité paritaire restent possibles sans ce minimum.
Le certificat de travail peut-il mentionner pourquoi j'ai été congédié ?
Non. Selon l'article 3.10 du décret, il ne peut faire état ni de la qualité de votre travail ni de votre conduite.
En ligne, à jour : agentdesecuritequebec.com/nouvelles/congediement-mise-a-pied-agent-securite/
Droits et sécurité au travail
Congés des agents de sécurité : maladie, famille, deuil
Congé maladie, raisons familiales, décès, mariage, naissance : les jours payés selon le décret des agents de sécurité et la Loi sur les normes du travail.
Un parent hospitalisé, un enfant malade, un décès dans la famille : la vie ne s'arrête pas pendant vos quarts de travail. Le congé maladie et le congé décès d'un agent de sécurité sont encadrés par deux textes à la fois : le Décret sur les agents de sécurité et la Loi sur les normes du travail. Dans plusieurs cas, le décret est même plus généreux que la loi. Voici, motif par motif, combien de jours vous avez droit, lesquels sont payés et ce que l'employeur peut vous demander.
Le décret ou la Loi sur les normes du travail : lequel s'applique ?
Les deux. La Loi sur les normes du travail est d'ordre public : une clause d'un décret qui offre moins que la loi est nulle (art. 93). À l'inverse, un décret peut accorder une condition « plus avantageuse » que la loi (art. 94). En pratique, pour chaque congé, vous avez droit à la règle la plus favorable des deux.
Les vacances et les jours fériés sont expliqués dans notre article sur le décret des agents de sécurité et vos droits. Ici, on parle des congés sociaux (section 7.00 du décret) et des absences prévues par la loi.
Combien de jours de congé maladie a un agent de sécurité ?
Le décret prévoit une véritable banque de maladie, mais seulement pour le salarié permanent A-01 (celui qui a terminé sa période d'essai et qui fait en moyenne 30 heures par semaine).
Vous accumulez 2 % de votre salaire gagné du 1er novembre au 31 octobre, incluant l'indemnité des jours fériés et les primes P-4 et P-12.
L'employeur vous informe du montant accumulé au plus tard le 30 novembre.
L'année suivante, chaque jour d'absence pour maladie ou accident est payé à même ce montant, dès la première journée, tant qu'il reste l'équivalent d'une journée complète.
Le solde non utilisé vous est versé au plus tard le 10 décembre de l'année suivante.
Si vous n'êtes pas A-01, ou si votre banque est vide, ce sont les règles de la Loi sur les normes du travail qui s'appliquent : vous pouvez vous absenter jusqu'à 26 semaines sur 12 mois pour maladie, accident, don d'organes, violence conjugale ou violence à caractère sexuel (art. 79.1), et les 2 premières journées d'absence dans l'année sont payées, après 3 mois de service continu (décret, art. 7.01, 6°). Attention : ces 2 jours payés sont partagés avec les absences pour raisons familiales, et pour le A-01 ils sont pris sur la banque de 2 %.
Une blessure ou une maladie causée par le travail (une agression pendant un quart, par exemple) relève de la CNESST, pas du congé maladie. Voyez vos droits si vous êtes agressé au travail.
Peut-on s'absenter pour un enfant ou un parent malade ?
Oui. Le décret reprend la règle de la loi : 10 journées par année pour la garde, la santé ou l'éducation de votre enfant (ou de celui de votre conjoint), ou en raison de l'état de santé d'un parent ou d'une personne dont vous êtes proche aidant. Le congé se prend par journées, ou par demi-journées si l'employeur y consent. Les 2 premières journées de l'année sont payées.
Pour une maladie ou un accident grave d'un proche, la Loi sur les normes du travail permet une absence plus longue, sans salaire : jusqu'à 16 semaines sur 12 mois, ou 36 semaines s'il s'agit d'un enfant mineur (art. 79.8).
Combien de jours pour un décès ou des funérailles ?
Pour un décès, le décret accorde plus de jours payés que la loi, sauf pour un gendre ou une bru (1 jour sans salaire dans les deux textes). Les jours payés doivent être des jours que vous travaillez habituellement, et ils ne sont pas payés s'ils tombent pendant vos vacances ou un autre congé du décret.
Personne décédée
Décret (art. 7.01)
Loi (art. 80 et 80.1)
Conjoint, enfant, enfant du conjoint, père, mère
5 jours payés, plus 1 jour sans salaire, plus 1 jour sans salaire pour les démarches
2 jours payés et 3 sans salaire
Frère, sœur, père ou mère du conjoint, petit-enfant
3 jours payés, plus 1 jour sans salaire, plus 1 jour sans salaire sur demande pour les démarches
Frère, sœur : 2 jours payés et 3 sans salaire. Beaux-parents, petit-enfant : 1 jour sans salaire
Grand-parent, frère ou sœur du conjoint
2 jours payés
Grand-parent : 1 jour sans salaire
Gendre, bru
1 jour sans salaire
1 jour sans salaire
Avisez votre employeur le plus tôt possible (loi, art. 80.2).
Quels congés pour un mariage ou une naissance ?
Votre mariage ou union civile : 2 jours payés selon le décret (le jour même et la veille ou le lendemain), contre 1 seul selon la loi. Pour le mariage d'un enfant, d'un parent, d'un frère ou d'une sœur : le jour même, sans salaire. Préavis d'au moins 1 semaine.
Naissance ou adoption : 5 jours, dont les 2 premiers payés, fractionnables. Le décret vous laisse 30 jours après l'arrivée de l'enfant pour les prendre, alors que la loi n'en laisse que 15. Le même congé s'applique à une interruption de grossesse à partir de la 20e semaine.
Et le congé de maternité, de paternité ou parental ?
Le décret renvoie à la Loi sur les normes du travail pour le congé de maternité (art. 7.09). La loi protège votre emploi, par exemple avec un congé de paternité d'au plus 5 semaines continues, sans salaire (art. 81.2), avec un avis écrit d'au moins 3 semaines. Votre revenu pendant ces congés vient du Régime québécois d'assurance parentale (RQAP) : consultez rqap.gouv.qc.ca pour les prestations et la demande.
Quel préavis et quels justificatifs l'employeur peut-il exiger ?
Maladie (A-01) : l'employeur peut exiger une preuve ou un certificat médical avant de payer, mais vous pouvez prendre 2 journées de maladie par année de votre choix sans certificat (décret, art. 7.03).
Absence de maladie selon la loi : avisez le plus tôt possible. Un document peut être demandé si la durée ou la répétition des absences le justifie, mais pas pour les trois premières absences de trois journées consécutives ou moins sur une période de 12 mois (art. 79.2).
Raisons familiales : un document peut être exigé selon les circonstances, mais la loi interdit d'exiger un certificat médical (art. 79.7). Vous devez aussi limiter la durée du congé par des moyens raisonnables.
Lendemain du jour de l'An ou de Noël : si vous étiez à l'horaire et absent pour maladie, un certificat médical est exigé (décret, art. 6.05).
Tableau récapitulatif
Motif
Durée
Jours payés
Maladie, accident (A-01)
Selon la banque
2 % du salaire de l'année précédente
Maladie, accident, violence conjugale (loi)
Jusqu'à 26 semaines
2 jours par an (partagés avec les raisons familiales)
Obligations familiales
10 jours par an
2 premiers
Décès : conjoint, enfant, parent
5 jours + 2 sans salaire
5
Décès : frère, sœur, beaux-parents, petit-enfant
3 jours + 2 sans salaire
3
Décès : grand-parent
2 jours
2
Votre mariage
2 jours
2
Naissance, adoption
5 jours
2 premiers
Votre paie doit afficher le cumul de votre pourcentage de maladie (décret, art. 4.06). S'il manque, ou si un congé payé ne l'est pas, parlez-en au Comité paritaire. Pour savoir ce que vos absences changent sur votre chèque, voyez aussi le salaire net d'un agent de sécurité en 2026 et les primes du décret.
Questions fréquentes
Mon congé maladie est-il payé si je suis à temps partiel ?
La banque de 2 % est réservée au salarié permanent A-01. À temps partiel (A-02) ou à l'essai, vous avez quand même droit aux 2 premières journées d'absence payées par année prévues par la loi, après 3 mois de service continu.
Combien de jours pour le décès de ma mère ?
Le décret vous accorde 5 jours payés, dont le jour des funérailles, plus 1 jour sans salaire et 1 autre jour sans salaire pour les démarches liées au décès.
Mon employeur peut-il exiger un billet du médecin pour un enfant malade ?
Il peut demander un document qui atteste le motif si les circonstances le justifient, mais la Loi sur les normes du travail lui interdit d'exiger un certificat médical pour ce congé (art. 79.7).
En ligne, à jour : agentdesecuritequebec.com/nouvelles/conges-agents-securite/
Actualités
Permis du BSP : ce qui a changé pour payer et pour le registre
Le BSP n'accepte plus le virement Interac, et un permis en renouvellement n'apparaît plus « Expiré » au Registre public. Ce que l'agent doit faire.
Deux règles pratiques sur le permis du BSP ont changé au Bureau de la sécurité privée : le paiement de vos droits et ce qu'affiche le Registre public pendant un renouvellement. Voici ce qu'il faut savoir, et ce qu'il faut faire.
Fini le virement Interac
Sur sa page des droits payables pour un agent, le BSP indique que les paiements par virement Interac ne sont plus acceptés. Le BSP ne publie pas la date exacte de ce changement sur cette page.
Pour payer en ligne à partir de votre banque, le BSP demande plutôt de l'ajouter comme fournisseur auprès de votre institution financière, comme pour une facture.
Concrètement, si vous aviez l'habitude d'envoyer un virement Interac pour vos droits annuels ou votre renouvellement, arrêtez. Un paiement refusé peut retarder votre dossier. Ajoutez le BSP comme fournisseur dans votre service bancaire en ligne, ou choisissez un autre mode de la liste ci-dessus.
Registre public : plus de statut « Expiré » pendant le renouvellement
Dans un avis daté du 8 juillet 2025, publié à la suite des modifications à la Loi sur la sécurité privée apportées par le projet de loi 85, le BSP a annoncé un changement au Registre public. Le statut d'un permis n'y apparaît plus comme « Expiré » tant que le BSP n'a pas rendu sa décision sur son renouvellement.
La règle s'applique depuis l'été 2025. Elle reste mal connue.
Un employeur ou un client qui consulte le Registre pendant que votre demande est à l'étude ne verra plus un permis « expiré » à votre nom. Cela évite bien des malentendus au moment d'une embauche ou d'une affectation.
Ce changement touche l'affichage du Registre. Il ne remplace pas une demande de renouvellement envoyée à temps.
Rappel : 45 jours avant l'échéance
Le permis est valide 5 ans. Le BSP envoie le formulaire de renouvellement pendant la 5e année, et il faut le retourner au moins 45 jours avant l'échéance. Sinon, il faut recommencer une demande complète.
Ce que vous devez faire
Noter la date d'échéance de votre permis et reculer de 45 jours pour fixer votre propre date limite
Remplir et retourner le formulaire de renouvellement dès sa réception
Payer par un mode accepté, jamais par virement Interac
Conserver la preuve de votre envoi et de votre paiement
Vérifier votre statut au Registre public si un employeur vous pose la question
Au Québec, les droits du permis BSP se paient par carte de débit, carte de crédit ou prépayée, argent comptant, chèque, mandat-poste ou mandat bancaire, selon la page des droits payables du BSP. Le virement Interac n'est plus accepté. Pour payer en ligne à partir de votre banque, ajoutez le BSP comme fournisseur auprès de votre institution financière. Les montants sont dans notre article sur les frais et le renouvellement du permis.
En ligne, à jour : agentdesecuritequebec.com/nouvelles/permis-bsp-paiement-registre-changements/
Actualités
Projet de loi 27 sur les décrets : il meurt avec la dissolution
Le projet de loi 27 aurait simplifié la fin des décrets de convention collective. La dissolution l'a fait mourir. Le décret des agents reste en vigueur.
Le 1er avril 2026, le ministre du Travail a présenté à l'Assemblée nationale le projet de loi 27, intitulé Loi modifiant diverses dispositions concernant les décrets de convention collective et l'industrie de la construction. Ce texte touchait directement le régime des décrets, celui qui fixe les conditions minimales de travail dans la sécurité privée. L'Assemblée nationale a été dissoute avant l'élection générale du 5 octobre 2026, et ce projet de loi n'a pas été adopté. Voici ce qu'il proposait et ce que cela signifie pour les agents de sécurité.
Un projet de loi sur les décrets et la construction
Le projet de loi 27 est un projet de loi public du gouvernement. Il a été présenté pendant la 2e session de la 43e législature, puis réinscrit à la 3e session le 6 mai 2026, selon la fiche de l'Assemblée nationale. Il comportait deux volets : les décrets de convention collective, et les règles de l'industrie de la construction.
Le Décret sur les agents de sécurité est un décret de convention collective. Il étend à toute l'industrie les conditions négociées entre les parties patronale et syndicale. Il fixe le salaire minimum, les heures supplémentaires et les vacances des agents. Pour en savoir plus, consultez notre article Le décret des agents de sécurité expliqué.
Ce que le projet aurait changé pour les décrets
Selon le communiqué du gouvernement du Québec publié le jour de la présentation, le projet de loi visait à alléger les obligations administratives et à accélérer certains processus. Les principales mesures annoncées pour les décrets étaient les suivantes :
Une révision du processus réglementaire, pour que les conditions de travail convenues entre les parties entrent en vigueur plus rapidement
Le pouvoir, pour le ministre, de recommander l'abrogation ou la modification d'un décret lorsque les conditions qui justifiaient son extension ne sont plus remplies
La fin automatique d'un décret lorsqu'une des parties transmet un avis de non-renouvellement
La suppression de certaines obligations imposées aux comités paritaires, afin de réduire leurs dépenses
Le communiqué ne nomme pas le décret des agents de sécurité. Ces mesures auraient toutefois visé l'ensemble des décrets de convention collective, et donc aussi celui de la sécurité privée et son comité paritaire.
Le dernier point est important pour notre industrie. Aujourd'hui, l'article 9.01 du décret prévoit qu'il demeure en vigueur jusqu'au 4 juillet 2027, puis qu'il se renouvelle d'année en année, à moins qu'une partie ne s'y oppose par avis écrit. Le projet de loi aurait fait en sorte qu'un tel avis mette fin automatiquement au décret.
La dissolution met fin au projet de loi
L'Assemblée nationale a été dissoute pour la tenue de l'élection générale du 5 octobre 2026. Le lexique officiel de l'Assemblée nationale explique qu'avec la dissolution, le mandat des députés cesse et que les projets de loi qui ne sont pas encore adoptés disparaissent.
Le projet de loi 27 n'a pas été adopté avant la dissolution. Il ne peut pas devenir loi tel quel. L'élection a eu lieu le 5 octobre 2026. Le gouvernement qui en est issu devra présenter un nouveau projet de loi s'il souhaite reprendre ces mesures, en tout ou en partie.
Ce qui reste en vigueur pour les agents
Pour l'instant, rien ne change. Le décret actuel continue de s'appliquer, avec ses règles de renouvellement et ses hausses de salaire déjà prévues. Le taux horaire minimum passera notamment à 21,10 $ le 4 juillet 2027. Le détail des taux se trouve dans notre article Salaire d'un agent de sécurité en 2027.
Nous suivons les travaux de la nouvelle législature et publierons une mise à jour si un nouveau projet de loi touche les décrets.
Mise à jour du 7 octobre 2026 : l'élection générale a eu lieu le 5 octobre. À cette date, aucun nouveau projet de loi sur les décrets n'a été présenté.
En ligne, à jour : agentdesecuritequebec.com/nouvelles/projet-loi-27-decrets-convention-collective/
Actualités
Arriver 15 minutes avant son quart : ce temps doit être payé
Relève, attente au bureau de l'agence, formation exigée : la CNESST rappelle que tout temps travaillé se paie. Ce que cela change pour les agents de sécurité.
« Votre patron vous demande d'arriver avant votre quart de travail. Serez-vous rémunéré pour cette période? » C'est la première question de la campagne sur les normes du travail lancée par la CNESST le 1er juin 2026. La réponse est oui : ce temps de travail doit être payé. Elle touche de près les agents de sécurité, pour qui la relève, l'attente d'une affectation et les formations exigées font partie du quotidien.
Ce que la CNESST rappelle
Dans son communiqué, la CNESST écrit que tout temps travaillé doit être payé. Elle donne un exemple précis : si l'employeur demande d'arriver 10 ou 15 minutes avant ou de rester après l'heure prévue à l'horaire, ce temps doit être rémunéré.
Cette règle vient de l'article 57 de la Loi sur les normes du travail. Selon cet article, une personne salariée est réputée au travail :
lorsqu'elle est à la disposition de son employeur sur les lieux du travail et qu'elle est obligée d'attendre qu'on lui donne du travail
durant les pauses accordées par l'employeur
durant un déplacement exigé par l'employeur
durant toute période d'essai ou de formation exigée par l'employeur
Ce que dit le décret des agents de sécurité
Les agents d'agence sont aussi couverts par le Décret sur les agents de sécurité. Son article 3.06 reprend la même idée : le salarié est réputé au travail lorsqu'il est à la disposition de son employeur sur les lieux du travail et qu'il doit attendre qu'on lui donne du travail.
Le décret va plus loin sur deux points :
Repas : l'article 3.12 accorde 30 minutes payées pour chaque période de travail de 5 heures, que l'agent soit autorisé ou non à quitter son poste
Formation : l'article 4.07 prévoit que toute formation ou tout renouvellement de formation exigé par l'employeur ou le client est aux frais de l'employeur. Ces frais comprennent la rémunération de l'agent comme s'il était au travail, l'inscription et les autres frais raisonnables
Deux exceptions à la formation payée : celle qui sert à se qualifier pour une prime du décret, et celle qui permet d'obtenir ou de renouveler son permis d'agent. Pour le détail des primes, voyez les primes du décret que plusieurs agents ne réclament pas.
Trois situations courantes
La passation de consignes avant le quart
Votre superviseur exige que vous soyez au poste 15 minutes avant l'heure pour recevoir les consignes de l'agent sortant. Ce temps est demandé par l'employeur. Selon la CNESST, il doit être payé, au même titre que le reste du quart.
L'attente d'une affectation
On vous convoque au bureau de l'agence et vous attendez qu'on vous envoie sur un site. Vous êtes à la disposition de l'employeur et vous attendez du travail : c'est du temps de travail selon l'article 57 de la loi et l'article 3.06 du décret. Le Comité paritaire précise aussi que l'agent qui doit passer aux bureaux de l'employeur avant de se rendre sur le site est payé à partir de l'heure où sa présence y est requise.
La formation exigée par le client
Un client impose une formation sur ses procédures avant que vous puissiez travailler chez lui. Cette formation exigée est payée et ses frais sont assumés par l'employeur, selon l'article 4.07 du décret.
Notez chaque jour l'heure réelle d'arrivée et de départ, et gardez vos talons de paie. Si vous travaillez pour une agence de sécurité, la plainte se fait auprès du Comité paritaire des agents de sécurité, qui applique le décret. Il reçoit les plaintes de façon confidentielle. La marche à suivre est expliquée dans le décret des agents de sécurité expliqué simplement. Pour les questions de normes du travail qui ne relèvent pas du décret, la CNESST demeure la porte d'entrée.
En ligne, à jour : agentdesecuritequebec.com/nouvelles/temps-de-travail-paye-cnesst-2026/
Formation
BSP : le Bureau de la sécurité privée expliqué
Ce qu'est le BSP au Québec, ses pouvoirs, ce qu'il ne fait pas, comment le joindre et comment porter plainte contre un agent ou une agence.
Le BSP, ou Bureau de la sécurité privée, est l'organisme qui encadre la sécurité privée au Québec. Si vous voulez devenir agent de sécurité, il vous délivre votre permis. Le BSP ne fixe pas votre salaire et ne donne pas votre formation. Voici ce qu'il fait, ce qu'il ne fait pas et comment le joindre.
Qu'est-ce que le BSP au Québec ?
Le Bureau de la sécurité privée est institué par la Loi sur la sécurité privée (article 39). La loi précise qu'il est une personne morale. Selon le BSP, cette loi est entrée en vigueur dans son intégralité le 22 juillet 2010.
Sa mission, écrite à l'article 41 de la loi, est de veiller à la protection du public. Le BSP la résume ainsi : accorder aux personnes qualifiées et intègres le privilège d'exercer des activités de sécurité privée au Québec.
Quelles activités le BSP encadre-t-il ?
L'article 1 de la loi nomme six activités de sécurité privée :
Le gardiennage (surveillance ou protection de personnes, de biens ou de lieux)
L'investigation
La serrurerie
Les systèmes électroniques de sécurité (alarmes, surveillance vidéo, contrôle d'accès)
Le convoyage de biens de valeur
Le service conseil en sécurité
Un agent de sécurité au sens courant travaille dans le gardiennage. Les agents de la paix, comme les policiers, ne sont pas visés par la loi (article 2).
Quels sont les pouvoirs du BSP ?
La loi donne au BSP plusieurs rôles précis :
Délivrer les permis d'agence et les permis d'agent (article 41)
Veiller à l'application de la loi et de ses règlements (article 41)
Traiter les plaintes contre les titulaires de permis (article 41)
Autoriser des inspecteurs à vérifier l'application de la loi (article 69) et mener des enquêtes
Tenir à jour un registre des titulaires de permis (article 76)
Suspendre, révoquer ou refuser de renouveler un permis d'agent, par exemple si le titulaire ne paie pas ses droits annuels ou ne remplit plus les conditions (article 30)
Selon l'article 44 de la loi, le BSP est administré par un conseil d'administration de 11 membres :
Quatre membres nommés par le ministre, dont un doit venir du milieu policier
Sept membres nommés par les associations représentatives de la sécurité privée reconnues par le ministre
Le BSP indique que ces associations représentent notamment les agences de sécurité, les enquêteurs privés, les serruriers et le transport de valeurs. L'article 133 de la loi nomme encore le ministre de la Sécurité publique. Ce ministère s'appelle aujourd'hui le ministère de la Sécurité intérieure, et c'est le nom que le BSP utilise.
Qu'est-ce que le BSP ne fait pas ?
Beaucoup d'agents s'adressent au BSP pour des questions qui relèvent d'autres organismes. Ce tableau aide à trouver la bonne porte.
Organisme
Son rôle pour un agent de sécurité
BSP
Permis d'agent et d'agence, registre, plaintes contre les titulaires de permis, inspections et enquêtes
Comité paritaire des agents de sécurité (CPAS)
Applique le décret qui fixe le salaire minimum, les heures et les conditions de travail dans le gardiennage
CNESST
Accidents du travail, santé et sécurité, normes du travail
Sûreté du Québec
Vérifications d'antécédents faites dans le cadre de la demande de permis et veille pendant sa durée
Centres de services scolaires et écoles reconnues
Donnent la formation exigée pour obtenir le permis
Comment porter plainte contre un agent ou une agence ?
Le BSP reçoit les plaintes visant notamment une entreprise qui offre des activités de sécurité privée sans permis valide, une personne qui travaille sans permis, un employeur qui embauche du personnel sans permis ou un agent qui manque de professionnalisme. La plainte se fait avec le formulaire du BSP, envoyé à plaintes@bspquebec.ca ou par la poste à la Direction des enquêtes et inspections, ou par téléphone au 514 748-7480, option 2. Selon les résultats de l'enquête, le dossier peut mener à une poursuite pénale ou à une mesure disciplinaire.
La Déclaration d'une insatisfaction est autre chose. Elle sert à signaler un problème avec les services, les outils ou le personnel du BSP lui-même. Le formulaire signé s'envoie à insatisfactions@bspquebec.ca ou par la poste. Le BSP annonce un accusé de réception en 2 jours ouvrables et un suivi en 30 jours ouvrables.
Questions fréquentes
Quelles sont les missions du Bureau de la sécurité privée ?
Au Québec, la mission du Bureau de la sécurité privée (BSP) est de veiller à la protection du public, selon l'article 41 de la Loi sur la sécurité privée. Il délivre les permis d'agence et les permis d'agent, veille à l'application de la loi et de ses règlements, traite les plaintes contre les titulaires de permis et tient à jour le registre des titulaires. Il ne fixe pas le salaire des agents et ne donne pas leur formation.
Le BSP peut-il m'aider si mon employeur ne me paie pas le bon salaire ?
Non. Le salaire minimum des agents est fixé par décret et son respect relève du Comité paritaire des agents de sécurité. Le BSP s'occupe du permis.
Le BSP donne-t-il la formation d'agent de sécurité ?
Non. La formation exigée se suit dans un centre de services scolaire ou une école reconnue. La loi prévoit seulement que le BSP forme les représentants des titulaires de permis d'agence (article 41).
Le BSP peut-il retirer mon permis ?
Oui. L'article 30 lui permet de suspendre, de révoquer ou de refuser de renouveler un permis d'agent, notamment pour des droits annuels impayés ou des conditions qui ne sont plus remplies.
En ligne, à jour : agentdesecuritequebec.com/nouvelles/bsp-bureau-securite-privee-explique/
Formation
Registre du BSP : comment vérifier un permis d'agent ou d'agence
Le registre public du BSP dit si un agent ou une agence a un permis valide. Comment chercher, lire les statuts et quoi faire en cas de problème.
Le registre BSP, ou Registre des titulaires de permis du Bureau de la sécurité privée, permet de vérifier en quelques secondes si un agent ou une agence détient un permis valide. Il est public, gratuit et accessible en ligne. Voici comment vérifier un permis BSP, ce que le registre montre et quoi faire s'il y a un problème.
Qu'est-ce que le registre public du BSP ?
La Loi sur la sécurité privée l'impose. Selon l'article 76, le Bureau « tient à jour un registre des titulaires de permis ». L'article 81 précise que ce registre est public.
Le BSP le présente comme un outil pour vérifier, en temps réel, si l'agent ou l'agence dont on veut retenir les services est bel et bien titulaire d'un permis valide.
Où trouver le registre BSP ?
La recherche se fait sur registre-public.bspquebec.ca. Le site du BSP a aussi une page d'explication, « Consulter le Registre des titulaires de permis », qui décrit les critères de recherche et les statuts.
Comment chercher un permis d'agent ou d'agence ?
Le BSP indique deux façons de chercher :
Recherche
Agent
Agence
Par numéro de permis
Format GAR 99999999
Format GAR 99999999
Par nom
Nom de famille et prénom
Nom légal ou raison sociale (nom sous lequel elle fait affaire)
Dans l'outil de recherche, le champ « Nom » est le seul obligatoire. Il faut au moins 3 lettres, sauf si on coche la case « Graphie exacte », qui limite les résultats à l'orthographe exacte saisie. Le prénom sert à raffiner la recherche.
Une « Recherche avancée » ajoute deux filtres : l'employeur et la catégorie de permis. L'outil propose sept choix, soit les six catégories de permis de la Loi et « Supérieur immédiat » :
Gardiennage
Convoyage de biens de valeur
Investigation
Serrurerie
Systèmes électroniques de sécurité
Service conseil en sécurité
Supérieur immédiat
Conseil pratique : si une recherche par nom ne donne rien, refaites-la avec le numéro de permis, qui évite les erreurs d'orthographe.
Que signifient les statuts du registre ?
Pour avoir le droit d'exercer, le permis doit afficher le statut valide. Selon le BSP, si le registre indique « suspendu », « révoqué » ou « expiré », le permis n'est pas valide.
Pendant un renouvellement à l'étude, le statut n'affiche plus « Expiré » tant que le BSP n'a pas rendu sa décision. Ce changement est expliqué dans notre article sur le paiement et le registre.
Qu'est-ce qu'on y voit, et qu'est-ce qu'on n'y voit pas ?
Pour un agent, l'article 78 de la Loi prévoit que le registre contient :
le nom du titulaire et le numéro de son permis
le nom de son employeur
la catégorie de permis et sa durée
sa formation
le dispositif des décisions rendues à l'égard de son permis
Pour une agence, l'article 77 ajoute les coordonnées du siège et des établissements, ainsi que le nom du représentant.
Le registre ne montre pas tout le monde. Selon l'article 81, le BSP peut garder confidentiels les renseignements de certains agents d'investigation ou de convoyage de biens de valeur, si leur divulgation risquerait de nuire à leur travail et à leur sécurité. En pratique, selon la foire aux questions du BSP, tous les agents de convoyage de biens de valeur sont exemptés d'apparaître au registre, alors que les agents d'investigation doivent en faire la demande. Une absence au registre n'est pas toujours une preuve d'absence de permis dans ces deux catégories.
Pourquoi vérifier un permis au registre ?
Vous êtes agent : vérifiez votre propre fiche avant une entrevue ou à l'approche du renouvellement. Le nom de l'employeur doit être à jour : l'article 79 vous oblige à informer le BSP de tout changement au plus tard 30 jours après.
Vous êtes une agence : vérifiez qu'un candidat détient un permis valide dans la bonne catégorie avant de l'affecter.
Vous êtes un client : vérifiez que l'agence que vous engagez a un permis valide.
Que faire si votre permis n'apparaît pas ou affiche une erreur ?
Refaites d'abord la recherche avec le numéro de permis. Si le problème persiste, le BSP demande de joindre son service à l'information au 514 748-7480 ou au 1 877 748-7483.
Comment signaler une personne qui travaille sans permis ?
Le BSP traite ces cas comme des plaintes, par la page « Déposer une plainte ». On peut y signaler une personne qui exerce sans permis valide, un agent au comportement non professionnel ou un employeur qui engage du personnel non autorisé. La plainte se fait par formulaire envoyé à plaintes@bspquebec.ca ou par téléphone au 514 748-7480, option 2.
La page « Déclaration d'une insatisfaction » sert à autre chose : se plaindre d'un service, d'un outil ou d'un membre du personnel du BSP lui-même. Le BSP y renvoie les manquements à la Loi vers la section des plaintes.
Questions fréquentes
Comment puis-je vérifier si un permis BSP est valide ?
Au Québec, on vérifie un permis BSP dans le Registre des titulaires de permis du Bureau de la sécurité privée, public et gratuit, sur registre-public.bspquebec.ca. Cherchez par numéro de permis ou par nom. Le permis est valide seulement si le statut affiché est « valide » : selon le BSP, un permis « suspendu », « révoqué » ou « expiré » n'est pas valide.
Le registre BSP est-il gratuit ?
Oui. Le registre est public selon l'article 81 de la Loi sur la sécurité privée, et la recherche en ligne ne demande ni compte ni paiement.
Puis-je chercher avec seulement un nom de famille ?
Oui. Le nom est le seul champ obligatoire, avec au moins 3 lettres, sauf si la case « Graphie exacte » est cochée.
Un permis « suspendu » permet-il de travailler ?
Non. Selon le BSP, un permis suspendu, révoqué ou expiré n'est pas valide. Seul le statut « valide » autorise à exercer.
En ligne, à jour : agentdesecuritequebec.com/nouvelles/registre-bsp-verifier-permis/
Emploi
Signaleur routier au Québec : formation, salaire et travail l'hiver
Formation obligatoire renouvelée aux 3 ans, minimum de 24,50 $ l'heure, équipement, règles au bord de la route et conseils de la CNESST pour le froid.
Le signaleur routier dirige la circulation près d'un chantier, d'un événement ou d'une entrave sur la route. Plusieurs agences de sécurité offrent aussi ce service, et bien des agents se demandent s'ils peuvent le faire avec leur permis. C'est un métier à part, avec sa propre formation, son propre décret et son propre salaire minimum. Et avec l'hiver qui arrive, c'est aussi l'un des postes les plus exposés au froid. Voici les règles, tirées des textes officiels.
Quelle formation faut-il pour être signaleur routier ?
La formation est obligatoire. L'article 10.3.2 du Code de sécurité pour les travaux de construction exige que l'employeur s'assure que le signaleur routier connaît ses responsabilités, qu'il a suivi une formation reconnue par l'ASP Construction, et qu'il porte un vêtement à haute visibilité et les accessoires prévus par les normes de signalisation routière.
Le cours s'appelle simplement « Signaleur routier ». Deux organismes le donnent :
ASP Construction, en salle : 5 h 30 de formation, plus une pause repas. L'organisme précise que la formation est obligatoire pour exercer le métier et qu'elle doit être renouvelée tous les 3 ans
AQTr (centre TransForm), en ligne : 3 h 30 de cours et 45 minutes d'examen, à 294 $ plus taxes en 2026. Il faut un ordinateur, et la certification est valide 3 ans
Le ministère des Transports et de la Mobilité durable exige de son côté que tous les signaleurs qui travaillent sur son réseau soient formés et détiennent une carte de signaleur.
Attention à ne pas confondre : le signaleur routier dirige les usagers de la route, alors que le signaleur de chantier guide les camions et la machinerie à l'intérieur du chantier. Ce sont deux formations distinctes, et l'ASP Construction précise qu'il est interdit de faire les deux fonctions en même temps.
Faut-il aussi le cours de 30 heures de la construction ?
Sur un chantier de construction, oui. L'article 2.4.2 du même Code oblige l'employeur à s'assurer que les travailleurs du chantier ont réussi le cours « Santé et sécurité générale sur les chantiers de construction », qui dure 30 heures. L'AQTr indique que ce cours est exigé pour les signaleurs routiers. Demandez à l'employeur ce qu'il exige avant de vous inscrire.
Un agent de sécurité peut-il faire de la signalisation avec son permis ?
Le permis d'agent de sécurité ne remplace pas la formation de signaleur routier. Ce sont deux cadres différents.
La Loi sur la sécurité privée définit le gardiennage comme la surveillance ou la protection de personnes, de biens ou de lieux, surtout pour prévenir la criminalité et maintenir l'ordre. Elle ne parle pas de diriger la circulation. Le Décret sur les agents de sécurité, lui, exclut en toutes lettres les salariés qui exécutent des travaux de signalisation routière (article 2.03). Ces salariés relèvent d'un autre texte : le Décret sur le personnel de l'industrie de la signalisation routière du Québec.
En pratique, un agent qui veut aussi faire de la signalisation routière doit suivre la formation de signaleur, et son salaire pour ces heures suit le décret de la signalisation, pas celui des agents de sécurité. Pour ce dernier, voyez notre page sur le salaire et les primes des agents de sécurité.
Combien gagne un signaleur routier ?
Le décret de la signalisation routière fixe un taux horaire minimum de 24 $ depuis le 23 février 2025. Il ajoute une prime de 0,50 $ l'heure pour le salarié qui fait un travail de signaleur routier, ce qui donne au moins 24,50 $ l'heure.
Ce que prévoit le décret
Montant ou règle
Taux horaire minimum
24,00 $
Prime de signaleur routier
0,50 $ l'heure
Prime si l'employeur ou le client exige une attestation de l'ASP Construction
0,25 $ l'heure
Bottes de sécurité
0,10 $ par heure régulière
Autres équipements de protection
Fournis gratuitement par l'employeur
Repas
30 minutes payées par tranche de 5 heures consécutives
Présence au travail
Indemnité minimale de 4 heures
Heures supplémentaires
Majorées de 50 % après 40 heures
Le décret ne couvre pas tout le monde. Il ne s'applique pas aux employés des gouvernements et des municipalités, ni aux salariés qui travaillent seulement pour un employeur de la construction, ni à ceux qui font de la signalisation pour les besoins de leur propre employeur. Demandez toujours qui sera votre employeur et quel texte s'applique.
Quel équipement est obligatoire ?
Selon l'aide-mémoire de l'ASP Construction, le signaleur routier doit avoir en tout temps :
un casque de sécurité jaune-vert fluorescent avec une bande rétroréfléchissante blanche
un vêtement jaune-vert fluorescent avec des bandes rétroréfléchissantes à l'avant, à l'arrière et sur les côtés, conforme à la norme CSA Z96
des chaussures de sécurité
le panneau du signaleur, « Lentement » d'un côté et « Arrêt » de l'autre
un moyen de communication, comme une radio, dès qu'il y a plus d'un signaleur
Dans l'obscurité ou par faible lumière, un bâton lumineux rouge peut s'ajouter au panneau. Le ministère des Transports précise aussi que l'endroit où se tient le signaleur doit être éclairé la nuit pour qu'il soit visible de loin. L'ASP suggère d'avoir en plus un sifflet, un imperméable et des gants ou des moufles bien visibles.
Où se place le signaleur, et à quelle distance doit-on le voir ?
La CNESST recommande que le signaleur se tienne debout, face à la circulation, sur l'accotement, à environ 7 mètres derrière le panneau de la ligne d'arrêt, avec une zone de refuge repérée d'avance. Il ne doit pas s'approcher d'un véhicule ni tenter de l'intercepter. Si un conducteur passe outre, on note la plaque et on avise la police.
Les conducteurs doivent pouvoir le voir d'assez loin pour s'arrêter. La distance minimale dépend de la vitesse affichée :
Vitesse affichée
Distance minimale de visibilité
30 km/h
50 m
40 km/h
65 m
50 km/h
85 m
60 km/h
105 m
70 km/h
130 m
80 km/h
160 m
90 km/h
185 m
100 km/h
220 m
Autre règle importante : selon la CNESST et l'ASP Construction, pour les travaux de courte et de longue durée, le signaleur ne doit pas diriger la circulation sur les routes où la vitesse affichée est de 70 km/h et plus. On utilise alors une barrière de contrôle, des feux de circulation pour travaux ou un chemin de détour. Il existe des exceptions, par exemple pour l'arpentage ou à une intersection déjà contrôlée par des feux ou un panneau d'arrêt. La CNESST rappelle d'ailleurs que le recours à un signaleur ne devrait pas être systématique.
Les conducteurs sont-ils obligés d'obéir au signaleur ?
Oui. L'article 311 du Code de la sécurité routière oblige toute personne à obéir aux ordres et aux signaux d'un signaleur chargé de diriger la circulation lors de travaux, d'événements exceptionnels ou de compétitions sportives, même si la signalisation indique autre chose. L'amende pour le conducteur qui désobéit est de 300 $ à 600 $ (article 314.2). Et dans une zone de travaux, l'amende pour excès de vitesse est doublée (article 516).
Travailler dehors l'hiver : ce que recommande la CNESST
Le signaleur reste debout, souvent immobile, pendant des heures. La CNESST nomme la posture statique parmi les facteurs de risque au froid : elle ne produit pas de chaleur. Sa brochure Travailler au froid donne des repères utiles :
La vigilance commence tôt. Dès que la température à l'abri du vent passe sous 5 °C, il faut faire attention
Le vent change tout. À -20 °C avec un vent de 30 km/h, l'indice de refroidissement est de -33. Entre -28 et -39, la peau exposée peut geler en 10 à 30 minutes
Des pauses au chaud. La CNESST propose un régime d'alternance entre le travail et le réchauffement, avec des pauses de 10 minutes dans un endroit chauffé. Pour un travail léger comme celui du signaleur, elle demande d'appliquer le niveau plus protecteur de son tableau
Des couches plutôt qu'un gros manteau. Un sous-vêtement qui éloigne l'humidité, des couches isolantes, une couche extérieure coupe-vent et imperméable. On évite le coton
La tête et les pieds. Une doublure isolante sous le casque, et des chaussures antidérapantes, imperméables et isolées
Boire chaud. Des boissons chaudes et sucrées ou de la soupe. On évite le café et l'alcool
Rester au sec. On ne retourne pas au froid avec des vêtements humides
L'employeur a aussi sa part : un abri chauffé, des écrans contre le vent quand c'est possible, et un moyen de communication pour un travailleur isolé.
Reconnaître une gelure ou une hypothermie
Une gelure se voit à une peau blanchâtre ou cireuse et à un engourdissement. On ne frotte pas la zone, on ne la masse pas et on ne la met pas contre une source de chaleur directe : on la réchauffe graduellement. L'hypothermie, elle, peut survenir même au-dessus du point de congélation. Les signes sont les frissons, la maladresse, une difficulté à parler, de la confusion et de la somnolence. La personne ne s'en rend généralement pas compte : surveillez-vous entre collègues. C'est une urgence médicale.
L'hiver amène aussi la noirceur plus tôt, les précipitations et la chaussée glissante. Le Code de la sécurité routière oblige les conducteurs à ralentir dans ces conditions (article 330), mais le signaleur a intérêt à garder sa zone de refuge dégagée et à vérifier que son poste est bien éclairé avant la tombée du jour.
Un métier à risque
La CNESST a enregistré 215 lésions professionnelles chez les signaleurs routiers en 2022, dont 18 liées à un heurt avec un véhicule ou un équipement mobile. La même année, 822 personnes ont été blessées dans une zone de travaux ou à son approche, dont 8 sont décédées. Outre les heurts, la CNESST nomme parmi les risques l'hypothermie, le coup de chaleur et les agressions verbales ou physiques. Sur ce dernier point, nos conseils pour désamorcer une personne agressive s'appliquent aussi au bord de la route.
Questions fréquentes
Quel est le salaire d'un signaleur routier ?
Au Québec, le décret de la signalisation routière fixe un taux horaire minimum de 24 $ depuis le 23 février 2025. Une prime de 0,50 $ l'heure s'ajoute pour le travail de signaleur routier, ce qui donne au moins 24,50 $ l'heure. Le décret ne s'applique pas aux employés des gouvernements et des municipalités, ni aux salariés qui travaillent seulement pour un employeur de la construction, ni à ceux qui font de la signalisation pour les besoins de leur propre employeur.
Comment devenir signaleur routier ?
Au Québec, il faut suivre la formation « Signaleur routier » reconnue par l'ASP Construction, exigée par l'article 10.3.2 du Code de sécurité pour les travaux de construction. L'ASP Construction la donne en salle et précise qu'elle doit être renouvelée tous les 3 ans. L'AQTr la donne en ligne, et sa certification est valide 3 ans. Sur un chantier de construction, l'article 2.4.2 du même Code exige aussi le cours de 30 heures « Santé et sécurité générale sur les chantiers de construction ».
Quelle est la différence entre un signaleur de chantier et un signaleur routier ?
Le signaleur routier dirige les usagers de la route, alors que le signaleur de chantier guide les camions et la machinerie à l'intérieur du chantier. Au Québec, ce sont deux formations distinctes. L'ASP Construction précise qu'il est interdit de faire les deux fonctions en même temps.
Quel est le prix d'une formation de signaleur routier ?
Au Québec, la formation en ligne de l'AQTr coûte 294 $ plus taxes en 2026, pour 3 h 30 de cours et 45 minutes d'examen. Pour la formation en salle de l'ASP Construction, demandez le prix à l'organisme.
En ligne, à jour : agentdesecuritequebec.com/nouvelles/signaleur-routier-formation-salaire-hiver/
Emploi
Agent de sécurité dans le Grand Nord : salaire, rotations et campements
Mines, Baie-James, Nunavik : le décret s'applique partout au Québec, mais ne prévoit aucune prime d'éloignement. Rotations, logement, impôt et questions à poser avant de partir.
Une mine au Nunavik, un campement à la Baie-James, une centrale au bout d'une route de 620 km : travailler comme agent de sécurité dans le Grand Nord attire ceux qui veulent accumuler des heures et changer de décor. Les annonces parlent de rotations, de logement fourni et de « primes d'éloignement ». Que disent vraiment les textes officiels ? Voici ce qui est garanti par la loi, ce qui ne l'est pas, et les questions à poser avant de monter dans l'avion.
Où travaille un agent de sécurité dans le Nord ?
La région administrative du Nord-du-Québec couvre 706 950 km² de terre ferme, soit plus de la moitié du Québec, pour 47 541 habitants en 2025 selon le portrait socioéconomique publié par le gouvernement. Elle regroupe la Jamésie, le territoire cri d'Eeyou Istchee et le Nunavik. On y travaille surtout sur de grands sites isolés :
les mines. La carte du ministère des Ressources naturelles et des Forêts de février 2026 compte 21 mines actives au Québec et 54 projets miniers. Plusieurs sont dans le Nord ou sur la Côte-Nord : le nickel au Nunavik, l'or à la Baie-James, le fer autour de Fermont et de Schefferville, et plusieurs projets de lithium à la Baie-James
les installations d'Hydro-Québec. Le complexe La Grande, à la Baie-James, compte 11 centrales et 9 réservoirs et produit la moitié de l'électricité du Québec, selon Hydro-Québec. La route qui y mène, de Matagami à Radisson, fait 620 km
les chantiers et leurs campements, où logent les travailleurs pendant leur rotation.
Le travail ressemble à celui d'un grand site industriel du Sud : contrôle des accès à la guérite, rondes, surveillance du campement, application des règles du site. La différence, c'est l'isolement, le froid et l'horaire.
Faut-il un permis du BSP pour travailler dans le Nord ?
Oui. La Loi sur la sécurité privée ne prévoit aucune exception pour un territoire. Son article 16 exige que la personne qui exerce une activité de sécurité privée soit titulaire d'un permis d'agent, où qu'elle travaille au Québec.
Une nuance existe pour la sécurité « maison ». Si vous êtes employé directement par une entreprise dont le métier n'est pas la sécurité, une compagnie minière par exemple, le permis n'est exigé que si la sécurité est votre activité principale. Pour un poste d'agent de sécurité à temps plein, c'est le cas. Les étapes sont sur notre page le permis du BSP.
Le décret s'applique-t-il dans le Nord ?
Oui. Selon l'article 2.01 du Décret sur les agents de sécurité, son champ d'application comprend tout le Québec. Un agent placé par une agence sur un site de la Baie-James ou du Nunavik a droit au même minimum qu'à Montréal : 20,60 $ l'heure pour la classe A depuis le 28 juin 2026, et 21,10 $ à compter du 4 juillet 2027.
Attention à qui vous embauche. Le décret vise les agences de sécurité et leurs salariés. Il exclut les salariés qui font du travail de sécurité exclusivement pour les besoins de leur propre employeur (article 2.03). Autrement dit :
Votre employeur
Ce qui fixe vos conditions
Une agence de sécurité qui vous place sur le site
Le décret : taux minimum, primes, semaine de 40 heures
C'est la première question à poser : « Qui signe ma paie ? »
Y a-t-il une prime d'éloignement ?
Pas dans le décret. Il ne prévoit aucune prime nordique ni prime d'éloignement. Son article 4.15 précise même que seules les primes qu'il énumère sont des primes, et que toute autre rémunération supplémentaire est considérée comme du salaire.
Une agence peut donc payer plus que le minimum pour attirer des agents dans le Nord, et plusieurs annonces le promettent. Mais ce supplément vient de l'employeur, pas de la loi. Il doit être écrit dans votre contrat. Les primes du décret, elles, s'appliquent comme partout ailleurs :
1,00 $ l'heure pour les heures travaillées entre 22 h et 6 h
1,00 $ l'heure si le client ou l'employeur exige l'attestation de l'ASP Construction
0,60 $ l'heure pour l'agent formé en secourisme, RCR et défibrillateur depuis moins de 3 ans
3,00 $ l'heure quand votre propre automobile sert d'abri.
Dans le Nord, on travaille souvent plusieurs semaines de suite, puis on redescend pour un long congé. Le décret contient une seule règle écrite pour ce cas, à l'article 3.04. En temps normal, l'agent permanent (catégorie A-01 du décret) est payé à temps et demi à partir de sa 7e journée consécutive de travail. Mais s'il est assigné chez un client du secteur minier avec hébergement, le temps et demi ne commence qu'à la 15e journée consécutive.
Pour le reste, les règles habituelles du décret tiennent :
la semaine normale est de 40 heures (article 3.01)
les heures au-delà sont majorées de 50 % (articles 3.03 et 3.04)
l'employeur peut étaler les heures sur plusieurs semaines, mais seulement à des conditions strictes : accord des salariés, avantage en échange, moyenne de 40 heures sur un maximum de 4 semaines, et avis écrit au Comité paritaire 60 jours d'avance (article 3.01.1).
Si vous n'êtes pas couvert par le décret, c'est le Règlement sur les normes du travail qui s'applique, et il est moins généreux. Il fixe la semaine normale à 55 heures pour le salarié qui travaille dans un endroit isolé, c'est-à-dire inaccessible par une route carrossable et sans transport régulier, et pour celui qui effectue des travaux sur le territoire de la Baie-James. Les heures supplémentaires ne commencent alors qu'après 55 heures. En cas de doute sur la règle qui vous vise, demandez-le au Comité paritaire ou à la CNESST avant de signer.
La Loi sur les normes du travail prévoit deux protections. Vous pouvez refuser de travailler plus de 14 heures par période de 24 heures (article 59.0.1). Et le repos hebdomadaire minimal de 32 heures consécutives ne peut être mis de côté que par un étalement des heures fait dans les règles (articles 53 et 78). Voir aussi notre article sur les heures de travail de l'agent de sécurité.
Le voyage, le logement et les repas sont-ils payés ?
Le voyage. L'article 57 de la Loi sur les normes du travail dit qu'un salarié est réputé au travail durant un déplacement exigé par l'employeur, et l'article 85.2 oblige l'employeur à rembourser les frais raisonnables d'un déplacement fait à sa demande. Nous n'avons toutefois trouvé aucun texte officiel qui tranche le cas précis du vol nolisé vers un campement. Faites écrire dans votre contrat si les heures de vol et d'attente sont payées, et à quel taux.
Le logement et les repas. Le Règlement sur la santé et la sécurité du travail oblige l'employeur à mettre un campement et des moyens de restauration à la disposition des travailleurs qui exécutent des travaux dans des lieux éloignés sans possibilité d'hébergement (article 158). Et s'il vous fait payer, le montant est plafonné par règlement :
Ce que l'employeur fournit
Maximum qu'il peut exiger
Repas
2,73 $ par repas, jusqu'à 35,69 $ par semaine
Chambre
34,32 $ par semaine
Ces montants sont ceux du Règlement sur les normes du travail (article 6), auquel renvoie l'article 4.12 du décret. Sur la plupart des sites éloignés, le logement et les repas sont offerts sans frais. Vérifiez-le quand même.
L'uniforme. Il est aux frais de l'employeur, y compris un manteau d'hiver avec capuchon lorsque la nature des tâches le requiert (article 8.02 du décret).
Quel est l'effet sur l'impôt ?
Deux règles fiscales reviennent souvent dans les conversations de campement. Voici ce que disent Revenu Québec et l'Agence du revenu du Canada.
Le logement et les repas fournis. Ils ne sont pas un avantage imposable si vos fonctions vous obligent à vous absenter de votre résidence principale pendant au moins 36 heures et que vous êtes sur un chantier particulier ou dans un endroit éloigné. Pour le chantier particulier, il faut que le travail soit temporaire et que votre résidence principale reste à votre disposition, sans être louée. Le transport fourni entre cette résidence et le chantier suit la même logique.
La déduction pour habitants de régions éloignées. Elle exige d'avoir habité dans une zone nordique ou intermédiaire reconnue pendant au moins six mois consécutifs. Pour un travailleur en rotation qui garde son domicile dans le Sud, ce n'est pas automatique. Revenu Québec avertit que si votre principal lieu d'habitation est à l'extérieur de la région, vous pouvez interrompre votre période de résidence chaque fois que vous quittez la région, selon la fréquence, le but et la durée des absences. L'Agence du revenu du Canada prévoit de son côté un cas pour la personne qui habite sur un chantier particulier situé dans une zone reconnue pendant au moins six mois consécutifs. Avant de compter sur cette déduction, vérifiez votre situation auprès de Revenu Québec, de l'ARC ou d'un préparateur de déclarations.
Quels sont les risques du travail en milieu isolé ?
Le travail seul. Quand un travailleur exécute seul un travail dans un lieu isolé où il lui est impossible de demander de l'aide, l'employeur doit appliquer une méthode de surveillance efficace, continue ou intermittente (article 322 du Règlement sur la santé et la sécurité du travail). Demandez laquelle : radio, appels à heure fixe, ronde d'un collègue
Le froid. Si la température ne peut pas être maintenue à un niveau convenable, un endroit chauffé doit être mis à la disposition des travailleurs (article 116 du même règlement). Les conseils de la CNESST pour le travail au froid sont résumés dans notre article sur le signaleur routier et l'hiver
Les secours. L'employeur doit assurer la présence d'au moins un secouriste en tout temps et un moyen de communication immédiat avec les services de premiers soins. Le règlement sur les premiers secours prévoit des exigences plus élevées, dont la présence de personnel infirmier, dans certains milieux de travail situés à plus de 30 minutes par la route d'un service ambulancier ou médical
L'alcool et les drogues. La Loi sur la santé et la sécurité du travail interdit d'exécuter son travail avec les facultés affaiblies par l'alcool ou la drogue, cannabis compris (article 49.1). Les donneurs d'ouvrage ajoutent souvent leurs propres règles. Le code de conduite des fournisseurs d'Hydro-Québec, par exemple, exige que les employés de ses fournisseurs n'aient aucune trace d'alcool ou de drogue dans l'organisme sur ses installations et ses chantiers, et prévoit le dépistage.
L'isolement pèse aussi sur le moral : des semaines loin de la famille, des quarts de 12 heures, souvent de nuit. Notre article sur le travail de nuit donne des repères pour tenir le coup.
Y a-t-il beaucoup d'emplois d'agent de sécurité dans le Nord ?
Il y en a, mais le marché est petit. Selon le Guichet-Emplois du gouvernement du Canada, le salaire médian des agents de sécurité était de 22,00 $ l'heure dans le Nord-du-Québec et de 22,64 $ sur la Côte-Nord, contre 21,56 $ pour l'ensemble du Québec (données mises à jour en novembre 2025). Ce sont des résultats d'enquête, pas des taux légaux. Le même organisme juge les perspectives d'emploi « très limitées » sur la Côte-Nord pour 2025 à 2027. L'écart avec le Sud est donc plus mince que ce que laissent croire certaines annonces : c'est surtout le nombre d'heures qui fait grossir la paie.
Plusieurs sites ont des ententes qui favorisent l'embauche locale. L'entente Raglan de 1995, au Nunavik, garantit par exemple une préférence d'embauche aux travailleurs inuits qualifiés, selon Ressources naturelles Canada.
Quelles questions poser avant d'accepter ?
Qui est mon employeur : une agence de sécurité ou l'exploitant du site ?
Quel est le taux horaire, et le supplément « nordique » est-il écrit dans le contrat ?
Quelle est la rotation, et combien d'heures par jour ?
À partir de quand les heures sont-elles payées à temps et demi ?
Les heures de voyage sont-elles payées ? Qui paie le transport jusqu'au point de départ du vol ?
Le logement et les repas sont-ils gratuits ?
Quel équipement d'hiver est fourni ?
Vais-je travailler seul, et comment suis-je suivi ?
Quelles sont les règles du campement sur l'alcool, les drogues et le dépistage ?
Faut-il une attestation de l'ASP Construction ou une formation particulière, et qui la paie ?
En ligne, à jour : agentdesecuritequebec.com/nouvelles/agent-securite-grand-nord/
Droits et sécurité au travail
Usage de la force par l'agent de sécurité : ce que la loi permet
Arrestation, légitime défense, protection des biens : la force doit être nécessaire et raisonnable. Les limites du Code criminel, les risques pour le permis et la formation.
Un lecteur nous a écrit pour proposer sa façon de maîtriser une personne qui s'en prend physiquement à un agent. La question derrière sa suggestion revient souvent : jusqu'où va l'usage de la force permis à un agent de sécurité quand ça dégénère ? Cet article y répond avec les textes de loi. Vous n'y trouverez aucune prise ni aucune technique. Vous y trouverez ce que la loi permet, ce qu'elle interdit et ce que vous risquez si vous dépassez la mesure.
Cet article est né de la suggestion d'un lecteur, monsieur G. Merci à lui d'avoir pris le temps de nous écrire. Vous avez une idée ? Proposez-la depuis votre profil.
Un agent de sécurité a-t-il le droit d'utiliser la force ?
Oui, mais pas plus qu'un autre citoyen. L'article 3 de la Loi sur la sécurité privée est net : aucune disposition de cette loi ne donne le statut d'agent de la paix au titulaire d'un permis d'agent. L'uniforme et le permis ne vous donnent aucun pouvoir de policier.
Vos droits viennent du Code criminel, qui prévoit quatre situations où une personne peut employer la force :
Situation
Article
La mesure imposée par la loi
Procéder à une arrestation permise par la loi
494 et 25
« la force nécessaire », sur des motifs raisonnables
Se défendre ou défendre une autre personne
34
agir « de façon raisonnable dans les circonstances »
Protéger un bien dont on a la garde
35
agir « de façon raisonnable dans les circonstances »
Empêcher une infraction grave
27
« la force raisonnablement nécessaire »
Dans les quatre cas, le même mot revient : nécessaire, ou raisonnable. La loi ne dresse aucune liste de gestes permis. Elle juge chaque situation après coup, selon les circonstances.
Quelle force est permise lors d'une arrestation ?
L'article 494 permet à toute personne d'arrêter sans mandat quelqu'un qu'elle trouve en train de commettre un acte criminel. Il permet aussi au propriétaire d'un bien, et à la personne qu'il autorise, d'arrêter celui qu'il trouve en train de commettre une infraction criminelle sur ce bien. C'est ce qui couvre l'agent mandaté par le client.
L'article 25 ajoute que la personne autorisée par la loi à faire quelque chose est fondée, si elle agit sur des motifs raisonnables, à employer « la force nécessaire pour cette fin ». La fin, c'est l'arrestation. Rien de plus. Trois limites suivent aussitôt :
l'article 26 rend la personne criminellement responsable de tout excès de force
le paragraphe 25(3) interdit la force de nature à causer la mort ou des lésions corporelles graves, sauf pour se protéger soi-même, ou protéger une personne sous sa protection, contre la mort ou des lésions graves
le paragraphe 494(3) oblige celui qui n'est pas agent de la paix à livrer aussitôt la personne arrêtée à un agent de la paix.
L'article 34 du Code criminel pose trois conditions, qui doivent toutes être réunies. La personne n'est pas coupable si :
elle croit, pour des motifs raisonnables, que la force est employée contre elle ou contre une autre personne, ou qu'on menace de l'employer
elle agit dans le but de se défendre ou de se protéger, ou de défendre ou de protéger une autre personne
elle agit de façon raisonnable dans les circonstances.
C'est la troisième condition qui fait tomber la plupart des défenses. Pour en juger, le tribunal doit tenir compte de plusieurs facteurs, énumérés au paragraphe 34(2). En voici les principaux :
la nature de la force ou de la menace
à quel point l'emploi de la force était imminent, et l'existence d'autres moyens d'y parer
le rôle joué par la personne lors de l'incident
l'usage ou la menace d'une arme
la taille, l'âge, le sexe et les capacités physiques des personnes en cause
la nature et la proportionnalité de la réaction.
Retenez deux mots de cette liste. « Autres moyens » : si vous pouviez reculer, fermer une porte ou attendre du renfort, le juge le saura. « Proportionnalité » : la riposte se mesure à la menace, pas à votre colère. Se défendre ne veut jamais dire punir. Notre article sur l'agent agressé au travail explique vos recours une fois l'incident passé.
Peut-on employer la force pour protéger les biens du client ?
L'article 35 le prévoit, à des conditions strictes. Il protège la personne qui a la possession paisible d'un bien, mais aussi celle qui agit sous l'autorité de cette personne. C'est votre cas quand le client vous confie la garde de ses lieux. Il faut que quelqu'un soit en train d'entrer sans droit, de prendre le bien ou de l'endommager, que votre geste vise à l'en empêcher, et, encore une fois, que vous agissiez de façon raisonnable dans les circonstances.
L'article 27 permet de son côté la force raisonnablement nécessaire pour empêcher une infraction, mais seulement si deux conditions sont réunies : l'infraction permettrait une arrestation sans mandat, et elle serait de nature à causer des blessures immédiates et graves à une personne ou des dégâts immédiats et graves aux biens.
En clair : un paquet de gomme volé ne justifie pas de plaquer quelqu'un au sol. Aucun bien ne vaut une blessure grave, la vôtre ou celle de l'autre.
Pourquoi cet article ne montre-t-il aucune technique de maîtrise ?
Une prise lue sur un écran est dangereuse. Une clé de bras suivie d'une mise au sol peut blesser une épaule, un coude ou une tête. Elle peut aussi mal tourner pour vous. Et surtout, aucune technique n'est « la bonne » d'avance : la loi ne juge pas le geste, elle juge s'il était nécessaire et raisonnable ce jour-là, devant cette personne-là.
Une technique d'intervention physique s'apprend avec un formateur, en pratiquant, puis se réapprend. Ce n'est pas le rôle d'un article. Le ministère de la Justice du Canada résume la règle pour tout citoyen qui procède à une arrestation : éviter de recourir à la force si c'est possible, et y recourir le moins possible si on ne peut faire autrement.
Le lecteur qui nous a écrit terminait d'ailleurs son message par le bon principe : la force ne sert que lorsque c'est nécessaire. C'est exactement ce que dit la loi. Avant d'en arriver là, il y a la parole, la distance et le renfort : voyez notre article sur la désescalade face à un client agressif.
Que risque l'agent qui dépasse la mesure ?
Quatre choses, qui peuvent s'additionner.
Le risque
Ce que disent les textes
Une accusation criminelle
Employer la force contre quelqu'un sans son consentement, ce sont des voies de fait (article 265 du Code criminel). Peine maximale de 5 ans (article 266), et de 10 ans si l'agent utilise une arme, cause des lésions corporelles ou étouffe la personne (article 267). Retenir quelqu'un sans autorisation légitime est une séquestration, passible de 10 ans (paragraphe 279(2))
La perte du permis
Le règlement sur les normes de comportement interdit d'avoir recours à une force plus grande que celle nécessaire (article 3). Le BSP peut suspendre, révoquer ou refuser de renouveler le permis de celui qui a contrevenu à ces normes (article 30 de la Loi sur la sécurité privée). Il révoque le permis de l'agent reconnu coupable d'une infraction criminelle liée à son activité
Une poursuite civile
Toute personne doit réparer le préjudice qu'elle cause par sa faute (article 1457 du Code civil). L'employeur répond de la faute de ses employés, mais il conserve ses recours contre eux (article 1463)
Une plainte au BSP
Une plainte du public au BSP peut mener à une enquête, et une sanction paraît au Registre des titulaires de permis. Si une infraction criminelle semble avoir été commise, le BSP transmet la plainte à la police (article 73)
Un détail qu'on oublie : selon le paragraphe 265(3), la personne qui se laisse faire parce qu'elle cède devant l'exercice de l'autorité n'a pas consenti. Un uniforme n'obtient donc pas un consentement valable à lui seul.
Menottes, bâton, poivre de Cayenne : qu'est-ce qui est permis ?
L'aérosol conçu pour neutraliser une personne (gaz lacrymogène, Mace et produits semblables) est une arme prohibée selon le règlement fédéral sur les armes prohibées. Il en va de même de l'appareil à impulsion électrique de petite taille. Posséder une arme prohibée sans y être autorisé est une infraction passible de 5 ans de prison (article 91 du Code criminel). Nous n'avons trouvé aucune exception pour les agents de sécurité dans les textes consultés
L'arme à feu demande une autorisation fédérale. Le décret prévoit une prime de 2,50 $ l'heure pour l'agent qui travaille avec une arme, et le règlement sur la formation exige, pour le convoyage de biens de valeur, une formation sur le maniement des armes à feu et le recours à la force donnée par l'École nationale de police du Québec ou un moniteur qu'elle a qualifié
Les menottes et le bâton : la Loi sur la sécurité privée permet au gouvernement de réglementer l'équipement des agents, mais nous n'avons trouvé aucun règlement québécois qui le fasse. Ce silence n'est pas une permission. Menotter quelqu'un, c'est employer la force, avec toutes les limites décrites plus haut. Le Code criminel range d'ailleurs parmi les « armes », pour l'infraction de voies de fait armées, toute chose utilisée pour attacher quelqu'un contre son gré. Pour le bâton, les textes que nous avons lus ne tranchent pas pour tous les modèles.
Dans le doute, la règle pratique est simple : ne portez que l'équipement que votre employeur vous a remis par écrit, et pour lequel il vous a formé.
Quelle formation sur l'usage de la force existe ?
La formation obligatoire de 70 heures compte trois modules selon le BSP : milieu, fonction, législation et normes de comportement (30 heures), procédures en situation d'urgence (24 heures) et secourisme (16 heures). Aucun module ne porte sur l'usage de la force comme tel.
Le décret, lui, reconnaît une formation précise. La prime P-8, de 2,00 $ l'heure, est versée à l'agent qui travaille dans le secteur judiciaire ou parajudiciaire et qui a suivi, au cours des 2 dernières années, une formation sur l'usage de la force d'au moins 20 heures, donnée par un formateur reconnu par l'Association provinciale des agences de sécurité. Elle est aussi versée à l'agent d'un autre secteur quand le client exige cette formation.
Qui paie le cours ? Le décret met la formation exigée par l'employeur ou le client aux frais de l'employeur, sauf quand elle sert à qualifier l'agent pour un travail qui donne droit à une prime. Posez la question avant de vous inscrire. Le détail des primes est dans notre article sur les primes du décret.
Quelles sont les obligations de l'employeur ?
La Loi sur la santé et la sécurité du travail oblige l'employeur à prendre les mesures pour protéger le travailleur exposé à une situation de violence physique ou psychologique sur les lieux de travail (article 51, paragraphe 16). La CNESST lui demande entre autres de définir une procédure d'intervention sécuritaire et de former le personnel sur les façons d'agir devant une situation de violence.
Demandez à voir cette procédure. Elle devrait dire quand intervenir, quand reculer et qui appeler.
L'employeur et le client ont aussi une limite à ne pas franchir. Selon l'article 118 de la Loi sur la sécurité privée, quiconque amène un agent à contrevenir à une norme de comportement, par un ordre, un conseil, une directive ou une politique, commet une infraction passible d'une amende de 500 $ à 5 000 $. Une consigne du genre « sortez-le par tous les moyens » ne vous couvre pas, et elle expose celui qui la donne.
Que retenir avant, pendant et après une intervention ?
Avant : connaissez la procédure de votre site, gardez votre distance et votre voix calme, appelez du renfort tôt
Pendant : la force est le dernier recours, seulement ce qu'il faut, et elle cesse dès que la menace cesse
Après une arrestation : appelez la police tout de suite et remettez-lui la personne sans délai
Ensuite : écrivez votre rapport d'incident le jour même, avec les faits, les heures et les témoins, et déclarez toute blessure à votre employeur.
Cet article est une information générale, pas un avis juridique. Si vous faites l'objet d'une plainte ou d'une accusation, consultez un avocat ou votre syndicat avant de faire une déclaration.
Questions fréquentes
Quels sont les pouvoirs d'un agent de sécurité ?
Au Québec, un agent de sécurité a les pouvoirs d'un citoyen, pas ceux d'un policier. L'article 3 de la Loi sur la sécurité privée précise qu'aucune disposition de cette loi ne donne le statut d'agent de la paix au titulaire d'un permis d'agent. Ses droits viennent du Code criminel : procéder à une arrestation permise par l'article 494, se défendre ou défendre une autre personne (article 34), protéger un bien dont il a la garde (article 35) et empêcher une infraction grave (article 27), toujours avec une force nécessaire et raisonnable dans les circonstances. Les conditions de l'arrestation sont dans notre article sur l'arrestation citoyenne.
Qu'est-ce qu'un agent de sécurité n'a pas le droit de faire ?
Au Québec, un agent de sécurité n'a pas le droit d'employer une force plus grande que celle nécessaire. L'article 26 du Code criminel le rend criminellement responsable de tout excès de force, et le règlement sur les normes de comportement l'interdit aussi (article 3). Il n'a pas non plus le droit de retenir quelqu'un sans autorisation légitime, ni de garder une personne arrêtée : le paragraphe 494(3) l'oblige à la livrer aussitôt à un agent de la paix. La liste complète, dont la fouille de force et le fait de se présenter comme un policier, est dans notre article sur l'arrestation citoyenne et les pouvoirs de l'agent.
En ligne, à jour : agentdesecuritequebec.com/nouvelles/usage-de-la-force-agent-securite/
Formation
Formation d'agent de sécurité : les prix de toutes les écoles comparés
De 0 $ à 600 $ : le prix affiché par chaque centre public et chaque école privée reconnue par le BSP, ce qu'il comprend et les pièges à éviter.
Combien coûte la formation d'agent de sécurité au Québec ? Selon l'endroit, de 0 $ à environ 600 $ pour le cours qui mène au permis. Nous avons relevé, le 7 octobre 2026, le prix affiché par chaque centre public et par chaque école privée reconnue par le Bureau de la sécurité privée (BSP). Voici les chiffres, tels qu'ils sont écrits sur le site de chaque établissement.
Aucune école n'a payé pour figurer dans cet article. Les écoles sont en ordre alphabétique et aucune n'est recommandée. Un prix peut changer sans préavis : confirmez-le toujours auprès de l'école avant de payer.
Avant de comparer les prix : quatre pièges
Deux écoles qui affichent « 450 $ » ne vendent pas forcément la même chose. Vérifiez ces quatre points.
54 heures ou 70 heures. Le BSP exige au moins 70 heures : 54 heures de gardiennage et 16 heures de secourisme en milieu de travail. Plusieurs écoles vendent les 54 heures seules. Le secourisme se paie alors à part.
Taxes incluses ou en sus. Un prix « plus taxes » coûte environ 15 % de plus à la caisse. Certains centres publics affichent un prix non taxable.
Le format reconnu. La liste du BSP indique, pour chaque école privée, si la formation est reconnue en présentiel, en ligne en direct (synchrone) ou en ligne à votre rythme (asynchrone). Avant de payer un cours en ligne, vérifiez que ce format figure bien sur la liste pour cette école.
La date de reconnaissance. Une formation privée n'est acceptée que si elle a été suivie après la date de sa reconnaissance par le ministre.
Le réseau public : de 0 $ à 600 $
Les centres de services scolaires donnent la formation courte exigée pour le permis. Les prix ci-dessous viennent du site de chaque centre, sauf mention contraire. Le site agent-de-securite.ca, auquel renvoie le BSP, liste 17 centres, mais plusieurs de ses fiches affichent des dates passées : nous avons retenu les centres dont le prix est publié sur leur propre site.
62 heures en virtuel et 8 heures en classe, de jour
CSS Marie-Victorin (Nova Formation, Longueuil)
495 $, taxes incluses
54 heures, sans le secourisme
En ligne, de soir
CSS du Chemin-du-Roy (Trois-Rivières)
580 $, non taxable
72 heures, secourisme et notes de cours compris
De jour, à temps plein
CSS des Portages-de-l'Outaouais (Gatineau)
600 $, non taxable
70 heures
En classe, de jour, 2 semaines
Deux précisions. À Laval, le 7 octobre 2026, un groupe était complet et un autre, du 7 novembre au 12 décembre 2026, avait encore des places. Aux Affluents et au CSS de Montréal, les dernières dates affichées étaient passées (juin 2026 et mai 2026) : appelez le centre pour connaître le prochain groupe.
L'AEP de 390 heures : de 100 $ à 192 $ en français
L'attestation d'études professionnelles « Sécurité privée – Gardiennage » (programme 4239) dure 390 heures, soit environ trois mois. Financée par l'État, elle coûte moins cher que bien des formations courtes. Voici les coûts affichés par l'Inforoute FPT pour les groupes ouverts.
Centre
Coût affiché
Prochain groupe affiché
CSS des Chênes (Drummondville)
100 $
22 février 2027
CSS Marguerite-Bourgeoys (Verdun)
100 $, plus 180,50 $ pour le permis du BSP
À déterminer
CSS des Découvreurs (Québec)
105 $, taxes incluses
15 février 2027 (le groupe du 13 octobre 2026 est complet)
CSS du Chemin-du-Roy (Trois-Rivières)
130 $, taxes incluses, pour les fournitures et le matériel, selon le site du centre
19 octobre 2026
CSS de la Pointe-de-l'Île (Montréal)
192 $
Groupe commencé le 5 octobre 2026
Lester-B.-Pearson (Lachine), en anglais, programme 4739
685 $
À déterminer
La contrepartie est le temps : trois mois à temps plein, de jour. Pour le détail du programme, lisez comment se déroule la formation.
Les écoles privées reconnues : de 345 $ à près de 600 $
Le BSP reconnaît 16 formations privées en gardiennage. Neuf affichent un prix sur leur site. Les sept autres n'en affichent pas, ou leur site ne répondait pas le jour de notre relevé.
École
Prix affiché
Ce que le prix comprend
Format, horaire et lieu
Académie de sécurité du Québec
557,63 $
Le site ne précise ni les taxes ni si le secourisme est compris
En classe, de jour ou la fin de semaine, à Montréal
Académie de sécurité I.G.S.
475 $, « sans taxes, tout compris »
70 heures, secourisme compris
En classe, de jour, de soir ou la fin de semaine, à Montréal. En français et en anglais
Académie Perceptage
345 $ plus taxes
54 heures, sans le secourisme
En classe, de jour, à Mont-Royal
Archer Guards
Non affiché
54 heures, sans le secourisme
Liste d'intérêt seulement, aucune date
Centre 2000 de formation professionnelle
Non affiché
Non affiché
Montréal. Formulaire de demande d'information
Corps canadien des commissionnaires (division du Québec)
395 $ plus taxes
54 heures et la formation de service à la clientèle, sans le secourisme
En ligne en direct, de jour ou de soir
Detekaction sécurité inc.
495 $ plus taxes
70 heures, secourisme et manuel compris, selon une annonce du site datée de 2025
En classe à Mirabel, ou en virtuel selon le site
Gardium sécurité inc.
Non affiché
Formation réservée à ses futurs employés, selon le BSP
En ligne
Groupe de Sécurité Garda SENC
499 $ plus taxes
70 heures, secourisme compris (385 $ pour 54 heures)
En classe à Montréal (Saint-Laurent) ou en classe virtuelle. En français seulement
Groupe Sûreté inc.
Non affiché
Non affiché
Site inaccessible le jour du relevé
Mika Protection
500 $
70 heures, secourisme compris. Taxes non précisées
En classe, de soir, 3 semaines, à Montréal (Saint-Léonard)
Montréal Élite Sécurité
500 $, taxes incluses
70 heures, secourisme compris
En classe, de jour, de soir ou la fin de semaine, à Mont-Royal. En français et en anglais
Securitas Canada Limitée
Non affiché
Aucune page publique sur cette formation
Non affiché
Sécurité Xguard inc.
449 $, taxes incluses
54 heures. Le secourisme se paie à part : 147,17 $, taxes incluses
En classe à Montréal et à Québec, ou en ligne en direct. De jour, de soir ou la fin de semaine. En français et en anglais
Service professionnel de formation en sécurité et enquêtes (SPFSE)
Non affiché
Non affiché
Site en maintenance le jour du relevé
Stéphane Boucher
Non affiché
Non affiché
Aucun site trouvé
Chez Montréal Élite Sécurité, la page en anglais affiche plutôt 435 $ plus taxes, ce qui donne à peu près le même total, et les dernières dates de cours affichées étaient de 2025. Chez les Commissionnaires, une formule complète de 74 heures est aussi annoncée à 500 $ plus taxes, mais aucune session n'était offerte le jour du relevé.
Le vrai coût pour 70 heures, taxes comprises
Pour comparer ce qui est comparable, voici ce que coûte la formation complète de 70 heures, taxes comprises, là où le site permet de le calculer. Quand le prix est « plus taxes », nous avons ajouté la TPS et la TVQ (14,975 %). Ces totaux sont nos calculs, pas des prix affichés.
Établissement
Total pour 70 heures, taxes comprises
CSS de Laval et CSS des Affluents
0 $
Académie de sécurité I.G.S.
475 $
CSS de Montréal
475 $
Montréal Élite Sécurité
500 $
Detekaction sécurité inc.
Environ 569 $
Groupe de Sécurité Garda SENC
Environ 574 $
CSS du Chemin-du-Roy (72 heures)
580 $
Sécurité Xguard inc. (449 $ et 147,17 $)
596,17 $
CSS des Portages-de-l'Outaouais
600 $
Les écoles qui vendent seulement les 54 heures ne sont pas dans ce tableau, parce que le prix du secourisme dépend de l'organisme que vous choisirez. L'Académie de sécurité du Québec et Mika Protection n'y sont pas non plus : leur site ne précise pas tout ce que le prix comprend.
Ce que ces chiffres montrent
Le public peut être gratuit. Deux centres de services scolaires affichent la formation de 70 heures sans frais. À Laval, un des deux groupes affichés était déjà complet.
Le privé se tient entre 475 $ et 600 $ pour une formation complète. L'écart entre les écoles est plus petit que l'écart entre le public et le privé.
Le privé offre plus d'horaires. Soir, fin de semaine et, dans plusieurs écoles, des départs presque chaque semaine : c'est son principal avantage pour quelqu'un qui travaille déjà.
Pour sept écoles sur seize, nous n'avons trouvé aucun prix en ligne. Dans ce cas, demandez le prix total par écrit avant de vous inscrire.
Au prix de la formation s'ajoute celui du permis : 188,50 $ pour une première demande au BSP. Le détail est dans notre article sur les frais du permis.
Cinq questions à poser avant de payer
Le prix comprend-il les 16 heures de secourisme reconnu par la CNESST ?
Les taxes et le matériel sont-ils compris ?
Le format que je choisis (en classe ou en ligne) est-il celui que le BSP reconnaît pour cette école ?
Que se passe-t-il si j'échoue à l'examen ou si je dois annuler ?
À quelle date vais-je recevoir l'attestation exigée par le BSP ?
Faire payer sa formation
Si vous êtes sans emploi, Services Québec peut payer la formation et verser une allocation pendant le cours, selon votre situation. Faites la demande avant de vous inscrire. Les conditions sont expliquées sur notre page la formation d'agent de sécurité.
Questions fréquentes
Quel est le prix d'une formation d'agent de sécurité ?
Au Québec, de 0 $ à environ 600 $ pour le cours qui mène au permis, selon les prix affichés le 7 octobre 2026. Deux centres de services scolaires affichaient la formation de 70 heures sans frais, et les écoles privées se tenaient entre 475 $ et 600 $ pour une formation complète. Le permis du BSP s'ajoute : 188,50 $ pour une première demande.
Quelle est la meilleure formation pour devenir agent de sécurité ?
Nous ne classons pas les écoles. Au Québec, toute formation d'un centre de services scolaire ou d'une école inscrite sur la liste du BSP, suivie après sa date de reconnaissance, mène au même permis de gardiennage. Pour choisir, comparez le prix total taxes comprises, le secourisme compris ou non, le format reconnu par le BSP et l'horaire.
Quelle est la formation d'agent de sécurité la moins chère ?
Le 7 octobre 2026, la formation de 70 heures était affichée gratuite au CSS de Laval et au CSS des Affluents. L'AEP de 390 heures coûtait de 100 $ à 192 $ dans cinq centres de services scolaires.
Peut-on suivre la formation d'agent de sécurité en ligne ?
Oui, dans certains établissements, pour les 54 heures de gardiennage. Le secourisme de 16 heures comporte une partie pratique et se donne en personne. Vérifiez sur la liste du BSP que le format en ligne est reconnu pour l'école choisie.
La formation la moins chère donne-t-elle le même permis ?
Oui. Toute formation d'un centre de services scolaire ou d'une école inscrite sur la liste du BSP, suivie après sa date de reconnaissance, mène au même permis de gardiennage.
Pourquoi certaines écoles n'affichent-elles pas leur prix ?
Nous ne le savons pas. Certaines forment surtout leurs propres employés, d'autres fonctionnent par demande d'information. Le BSP ne fixe pas le prix des formations.
Combien coûte la formation d'agent de sécurité ?
Au Québec, la formation complète de 70 heures coûte de 0 $ à 600 $, taxes comprises, là où le site de l'établissement permet de le calculer, selon nos calculs sur les prix affichés le 7 octobre 2026. Plusieurs écoles vendent les 54 heures de gardiennage seules, et le secourisme de 16 heures se paie alors à part. Les totaux par établissement sont à la section « Le vrai coût pour 70 heures, taxes comprises ».
Existe-t-il une formation gratuite pour devenir agent de sécurité ?
Oui. Au Québec, le CSS de Laval et le CSS des Affluents affichaient la formation de 70 heures sans frais le 7 octobre 2026. À Laval, un des deux groupes affichés était complet, et aux Affluents la dernière date affichée était passée : appelez le centre pour connaître le prochain groupe. Si vous êtes sans emploi, Services Québec peut aussi payer la formation, selon votre situation.
Sources
Tous les prix ont été relevés le 7 octobre 2026 sur les pages suivantes.
En ligne, à jour : agentdesecuritequebec.com/nouvelles/prix-formation-agent-securite-ecoles-comparees/
Emploi
CDD et CDI au Québec : les statuts d'emploi d'un agent de sécurité
CDD et CDI n'existent pas sous ce nom au Québec. Ce qui compte pour un agent : son statut A-01, A-02, A-03 ou A-04, et ce que chacun change.
« CDD » et « CDI » sont des mots du droit du travail français. Au Québec, on ne les emploie pas, mais les deux réalités existent : le contrat à durée déterminée et le contrat à durée indéterminée. Pour un agent de sécurité, une autre étiquette compte encore plus : le statut que lui donne le Décret sur les agents de sécurité, de A-01 à A-04. Voici comment tout cela se traduit, et ce que chaque statut change pour vous.
Cet article répond à la question d'un lecteur. Merci à lui. Vous avez une question ? Écrivez-nous depuis votre profil.
CDI et CDD : l'équivalent au Québec
Le Code civil du Québec dit simplement que le contrat de travail est « à durée déterminée ou indéterminée » (art. 2086).
En France
Au Québec
Ce que c'est
CDI
Contrat à durée indéterminée
Aucune date de fin n'est prévue
CDD
Contrat à durée déterminée
La date de fin, ou l'événement qui y met fin, est connue dès le départ
Dans les deux cas, le salaire minimum du décret est le même. Le taux horaire dépend de votre classe, pas de la durée de votre contrat.
Ce qui compte vraiment : votre statut selon le décret
Le Décret sur les agents de sécurité, qui s'applique aux agents des agences de sécurité, classe chaque salarié dans un de quatre statuts (art. 1.01).
Statut
Qui c'est
Permanent A-01
Le salarié qui a terminé sa période d'essai et qui a travaillé en moyenne 30 heures par semaine entre le 1er novembre et le 31 octobre, en tenant compte de ses congés et de ses absences autorisées. Il est disponible en tout temps, jusqu'à 40 heures par semaine
Temps partiel A-02
Le salarié qui a terminé sa période d'essai, mais qui ne remplit pas les conditions du A-01
À l'essai A-03
Le salarié qui n'a pas terminé sa période d'essai de 480 heures effectivement travaillées ou de 150 jours
Occasionnel A-04
Le salarié embauché pour remplacer un absent, pour travailler pendant une grève ou un lock-out, pour un événement sportif, culturel, économique ou social d'au plus 4 semaines consécutives, ou pendant une pandémie avec un permis autre que le permis régulier
Si vous cherchez l'équivalent le plus proche : l'agent permanent A-01 ressemble au salarié en CDI à temps plein, et l'agent occasionnel A-04 ressemble au salarié en CDD. Ce n'est qu'une comparaison. Un A-02 à temps partiel peut lui aussi avoir un contrat à durée indéterminée.
Et les classes A, A sur appel et B ?
La classe est une autre étiquette, qui décrit votre travail et fixe votre taux horaire.
Classe A : l'agent qui fait un travail de sécurité. Taux minimum de 20,60 $ l'heure depuis le 28 juin 2026
Classe A sur appel : le même travail, mais sans horaire de travail déterminé
Classe B : l'agent chargé de diriger ou de surveiller d'autres agents. Taux minimum de 20,85 $ l'heure depuis le 28 juin 2026
« Sur appel » ne veut pas dire « à durée déterminée ». Un agent sur appel peut avoir un contrat sans date de fin : c'est son horaire qui n'est pas fixe.
Ce que le statut change concrètement
Avantage
Qui y a droit
Source
Taux horaire minimum et primes
Tous les salariés
Décret, art. 4.07
Congé annuel payé
Tous les salariés, selon leur service continu
Décret, art. 5.02
Contribution de l'employeur au REER collectif (0,20 $ l'heure travaillée)
A-01 et A-02, une fois le formulaire d'adhésion rempli. Si l'employeur ne peut pas prouver qu'il vous a remis le formulaire, la contribution est due depuis la date où vous avez obtenu votre statut
Décret, art. 4.1.02, 4.1.05 et 4.1.06
Banque de congés de maladie (2 % du salaire gagné)
A-01 seulement
Décret, art. 7.02
Heures payées à taux majoré à partir du 7e jour de travail consécutif (15e dans le secteur minier avec hébergement)
A-01 seulement
Décret, art. 3.04
Uniforme renouvelé chaque année avec des vêtements neufs
A-01 seulement
Décret, art. 8.02
Avis écrit d'au moins une semaine avant une mise à pied de moins de 6 mois, sauf circonstances indépendantes de la volonté de l'employeur
Tous, sauf le A-04 et le salarié qui a moins de 3 mois de service continu
Décret, art. 3.11
Pour le salarié qui n'est pas A-01, les règles de la Loi sur les normes du travail s'appliquent en cas de maladie, selon l'article 7.02 du décret. Le détail est dans notre article sur les congés des agents de sécurité.
La fin d'un contrat à durée déterminée
C'est la différence la plus importante entre les deux types de contrat.
Contrat à durée indéterminée. L'employeur qui y met fin doit donner un avis écrit : 1 semaine avec moins d'un an de service continu, 2 semaines de 1 à 5 ans, 4 semaines de 5 à 10 ans et 8 semaines après 10 ans (décret, art. 3.08).
Contrat à durée déterminée. Quand le contrat arrive à son terme, aucun avis n'est exigé (décret, art. 3.08.1). L'emploi prend fin à la date prévue.
L'avis ne s'applique pas non plus au salarié qui a moins de 3 mois de service continu, à celui qui a commis une faute grave, ni en cas de force majeure.
Deux règles protègent le salarié dont les contrats se suivent :
Si vous continuez de travailler cinq jours après la date de fin, sans que l'employeur s'y oppose, le contrat est reconduit pour une durée indéterminée (Code civil, art. 2090).
Des contrats à durée déterminée qui se succèdent sans véritable interruption comptent dans votre service continu (décret, art. 1.01). Ce service continu ouvre droit au préavis, et au recours contre un congédiement sans cause juste et suffisante après deux ans (Loi sur les normes du travail, art. 124).
La période d'essai est de 480 heures effectivement travaillées ou de 150 jours. Une fois l'essai terminé, vous devenez A-01 si vous avez travaillé en moyenne 30 heures par semaine et si vous êtes disponible jusqu'à 40 heures. Sinon, vous devenez A-02.
Les quarts faits comme occasionnel A-04 ne comptent pas pour obtenir un autre statut.
Comment connaître votre statut
Regardez votre bulletin de paie. Le décret oblige l'employeur à y inscrire votre statut, A-01, A-02, A-03 ou A-04 (art. 4.06). S'il n'y est pas, ou s'il vous semble faux, demandez une explication à l'employeur. En cas de désaccord, le Comité paritaire des agents de sécurité applique le décret : 514 493-9105 ou 1 800 361-5442.
Questions fréquentes
Le CDI existe-t-il au Québec ?
Oui, sous le nom de contrat à durée indéterminée. Le Code civil prévoit les deux types de contrat.
Un agent sur appel est-il en CDD ?
Pas nécessairement. « Sur appel » décrit l'horaire, qui n'est pas déterminé. Le contrat lui-même peut être à durée indéterminée.
Un agent occasionnel est-il moins payé ?
Pas pour le taux horaire : le taux minimum et les primes du décret s'appliquent à tous les salariés, quel que soit leur statut. En revanche, il n'a pas droit aux avantages réservés aux A-01 et aux A-02, comme le montre le tableau plus haut.
Combien de temps dure la période d'essai ?
Le décret la fixe à 480 heures effectivement travaillées ou à 150 jours. Passé ce seuil, vous n'êtes plus un salarié à l'essai A-03.
En ligne, à jour : agentdesecuritequebec.com/nouvelles/cdd-cdi-quebec-statuts-agent-securite/
Emploi
Devenir agent correctionnel au Québec : conditions, formation et salaire
Provincial ou fédéral, ce sont deux métiers. Conditions d'admission, formation payée, salaire, et ce qui change pour un agent de sécurité qui veut faire le saut.
Beaucoup d'agents de sécurité regardent vers la prison comme prochaine étape de carrière. Le salaire est plus élevé, l'emploi est dans la fonction publique et l'expérience en sécurité y trouve sa place. Au Québec, il existe deux métiers distincts sous ce nom : l'agent des services correctionnels, au provincial, et l'agent correctionnel, au fédéral. Dans les deux cas, c'est le métier que beaucoup appellent encore gardien de prison. Les conditions, la formation et le salaire ne sont pas les mêmes.
Provincial ou fédéral : deux employeurs, deux métiers
La durée de la peine décide de l'endroit où une personne est incarcérée, et donc de votre employeur.
Provincial
Fédéral
Titre du poste
Agente ou agent des services correctionnels (ASC)
Agente ou agent correctionnel I (CX-01)
Employeur
Services correctionnels du ministère de la Sécurité intérieure du Québec
Un des 17 établissements de détention, aussi appelés prisons provinciales
Un pénitencier, aussi appelé prison fédérale
Personnes incarcérées
Peine de moins de 2 ans
Peine de 2 ans ou plus
Formation à l'embauche
9 semaines, payées
Environ 14 semaines en classe, avec une indemnité
Échelle salariale publiée
54 038 $ à 74 096 $
77 510 $ à 97 266 $
La fiche d'emploi de Québec.ca nomme encore l'employeur « ministère de la Sécurité publique ». Les pages récentes du gouvernement écrivent « ministère de la Sécurité intérieure ». C'est le même réseau de détention.
Agent des services correctionnels au provincial
Le travail
Selon Québec.ca, l'agent des services correctionnels intervient auprès des personnes incarcérées dans le respect de leurs droits, maintient l'ordre et la discipline, observe les comportements et transmet ses observations aux autres intervenants. Il peut avoir à intervenir physiquement. La loi lui confie aussi un rôle d'aide et de soutien à la réinsertion sociale (Loi sur le système correctionnel du Québec, art. 4).
L'horaire est de 40 heures par semaine.
Les conditions d'admission
Avoir terminé deux années d'études postsecondaires qui donnent des connaissances en relation d'aide, en intervention sociale, en animation, en observation et en entrevue
Réussir un examen médical dans l'année qui précède la nomination
Ne pas avoir été reconnu coupable de certaines infractions au Code criminel
Satisfaire à l'enquête de sécurité de l'employeur
Québec.ca précise que les années de scolarité manquantes peuvent être remplacées par deux années d'expérience pertinente à l'emploi. Le ministère décide de ce qui est pertinent. Présentez votre expérience d'agent de sécurité en détail dans votre dossier : contrôle d'accès, interventions, rapports, travail en milieu hospitalier ou auprès de personnes en crise.
Neuf collèges offrent une formation qui mène au métier : les cégeps de l'Abitibi-Témiscamingue, de Lanaudière, de Rimouski, de Sept-Îles, de Shawinigan, de Sorel-Tracy, le Cégep Garneau, le Campus Notre-Dame-de-Foy et le Collège d'Alma.
La formation à l'embauche
Les personnes retenues suivent un programme d'intégration rémunéré de neuf semaines : cinq semaines au Centre de formation et de perfectionnement correctionnel, dans les locaux de l'Établissement de détention Leclerc de Laval, puis quatre semaines dans l'établissement de détention de leur région.
Le salaire et les primes
Québec.ca donne, à titre indicatif, une échelle de 54 038 $ à 74 096 $ par année, en date du 23 mai 2023. L'échelle publiée par le Secrétariat du Conseil du trésor a priorité si elle diffère. Vérifiez le montant en vigueur dans l'offre d'emploi au moment de postuler.
Prime
Montant, en date du 1er avril 2022
Attraction et rétention
4 %
Soir
0,75 $ l'heure
Nuit
11 % à 14 % du taux horaire, selon l'ancienneté
Fin de semaine
4 % du taux horaire
Éloignement
8 %, à l'établissement de Sept-Îles seulement
Agent correctionnel au fédéral
Le travail
Selon le Service correctionnel du Canada, l'agent correctionnel I assure la sécurité d'un établissement fédéral : patrouilles, dénombrements des détenus, escortes, fouilles de cellules, vérifications de sécurité, rapports et premiers soins. Il travaille par quarts, les fins de semaine et les jours fériés, et peut devoir faire des heures supplémentaires.
Dans les établissements pour femmes, dont l'Établissement Joliette, le poste équivalent s'appelle intervenante ou intervenant de première ligne. Il est classé CX-02 et ajoute la gestion de cas à la sécurité.
Les exigences
Un permis de conduire valide et sans restriction. Au Québec, le SCC exige la classe 4A (véhicule d'urgence)
Un certificat valide de secourisme général et de RCR de niveau C, avec la formation sur le défibrillateur
Un examen médical fait par un médecin désigné par Santé Canada : vue, audition, capacité physique et antécédents. Le résultat est valable un an
Une évaluation psychologique : un questionnaire, puis une entrevue avec un psychologue
Un examen de jugement situationnel, qui mesure vos réactions devant des situations de travail typiques
L'offre en cours demande un diplôme d'études secondaires, ou la réussite d'un test d'équivalence. Aucune expérience de travail n'est exigée. Au Québec, le poste se fait en français ou en mode bilingue. Il faut pouvoir porter une arme à feu et obtenir une cote de fiabilité approfondie. Le SCC examine les casiers judiciaires au cas par cas, selon le poste, la date de la condamnation et les circonstances.
Le Programme de formation correctionnelle
Personne ne travaille comme agent correctionnel sans avoir réussi le Programme de formation correctionnelle (PFC). Il se fait en trois étapes.
Étape
Contenu
Durée
1
Formation en ligne
Environ 80 heures, sur 4 semaines
2
Activités préparatoires en ligne et lectures
Environ 40 heures, sur 3 à 4 semaines
3
Formation en classe, principalement à Kingston, en Ontario, ou à Summerside, à l'Île-du-Prince-Édouard
Environ 14 semaines
Pendant l'étape 3, la recrue reçoit une indemnité de 400 $ par semaine, jusqu'à 5 600 $ pour les 14 semaines. Les repas et l'hébergement sont fournis. Les fonctionnaires fédéraux en poste n'ont pas droit à cette indemnité.
Le SCC demande aux recrues de s'entraîner au moins cinq fois par semaine, 40 minutes chaque fois. À la fin du programme, il faut pouvoir courir 5 km.
L'offre d'emploi est conditionnelle : elle précise le lieu de travail et ne tient que si l'étape 3 est réussie.
Le salaire
La convention collective du groupe Services correctionnels fixe les taux annuels. Voici les plus récents, en vigueur depuis le 1er juin 2025.
Niveau
Échelon 1
Échelon 5
CX-1
77 510 $
97 266 $
CX-2
82 122 $
103 079 $
S'y ajoute une indemnité d'agent correctionnel de 243,99 $ aux deux semaines depuis le 1er juin 2025. La semaine normale est de 40 heures. La convention a expiré le 31 mai 2026 : ces taux sont les derniers publiés.
Ce qui change par rapport à agent de sécurité
Agent de sécurité
Agent en milieu correctionnel
Salaire de départ
20,60 $ l'heure, le taux minimum de la classe A du décret. À 40 heures par semaine, cela donne environ 42 850 $ par année
54 038 $ au provincial, 77 510 $ au fédéral, selon les échelles publiées
Formation
70 heures, à vos frais
9 semaines payées au provincial. Environ 14 semaines en classe avec une indemnité au fédéral
Statut
Simple citoyen aux yeux de la loi
Agent de la paix dans l'exercice de ses fonctions
Employeur
Une agence privée, le plus souvent
Le gouvernement du Québec ou du Canada
Le statut est la plus grande différence. L'agent des services correctionnels a le statut d'agent de la paix dans l'établissement de détention et sur son terrain, et à l'égard des personnes dont il a la garde à l'extérieur (Loi sur le système correctionnel du Québec, art. 5). Au fédéral, le commissaire peut attribuer la qualité d'agent de la paix à ses agents (Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition, art. 10). L'agent de sécurité, lui, n'a que les pouvoirs de tout citoyen, comme l'explique notre article sur l'arrestation citoyenne.
Le milieu est aussi plus dur. Vous travaillez enfermé, auprès de personnes incarcérées, de jour comme de nuit, et l'intervention physique fait partie du poste. Les examens médicaux et psychologiques existent pour cette raison.
Comment postuler
Au provincial. Les périodes d'inscription sont ponctuelles. Surveillez le site de recrutement de la fonction publique du Québec et la fiche du poste sur Québec.ca. Joignez vos diplômes et détaillez chaque emploi occupé
Au fédéral. Les offres sont publiées sur Emplois GC. L'offre en cours est ouverte jusqu'au 31 décembre 2026 et vise, au Québec, Cowansville, Donnacona, Drummondville, Laval, Port-Cartier et Sainte-Anne-des-Plaines. Le SCC peut offrir un poste ailleurs que dans vos choix. Obtenez d'avance votre permis de classe 4A et votre certificat de secourisme : ce sont deux conditions que vous contrôlez
Rien n'empêche de postuler aux deux.
Questions fréquentes
C'est quoi un agent correctionnel ?
C'est la personne qui assure la garde des personnes incarcérées et la sécurité de l'établissement. Au Québec, le poste provincial s'appelle agent des services correctionnels et le poste fédéral, agent correctionnel. Au provincial, la loi lui donne le statut d'agent de la paix. Au fédéral, le commissaire peut le lui attribuer.
Quel est le rôle d'un agent correctionnel ?
Il surveille les personnes incarcérées, maintient l'ordre et la discipline, fait des fouilles, des escortes et des rapports, et intervient en cas d'urgence. Au provincial, la loi lui demande aussi d'aider et de soutenir la réinsertion sociale (Loi sur le système correctionnel du Québec, art. 4).
Quel est le salaire d'une agente correctionnelle au Québec ?
Au provincial, Québec.ca indique une échelle de 54 038 $ à 74 096 $ par année pour l'agente des services correctionnels, en date du 23 mai 2023, plus des primes. Au fédéral, l'agente correctionnelle CX-1 gagne de 77 510 $ à 97 266 $ depuis le 1er juin 2025, plus une indemnité de 243,99 $ aux deux semaines.
Quelle est la formation requise pour devenir agent correctionnel au Québec ?
Le Québec demande deux années d'études postsecondaires liées à la relation d'aide ou à l'intervention, que l'expérience pertinente peut remplacer, puis donne un programme d'intégration payé de neuf semaines. Le fédéral demande un diplôme d'études secondaires et exige de réussir le Programme de formation correctionnelle : deux étapes en ligne, puis environ 14 semaines en classe avec une indemnité de 400 $ par semaine.
Comment devenir agent de service correctionnel ?
On postule pendant une période d'inscription, sur le site de recrutement de la fonction publique du Québec. Il faut remplir les conditions de scolarité ou d'expérience, réussir un examen médical, ne pas avoir été reconnu coupable de certaines infractions au Code criminel et satisfaire à l'enquête de sécurité. La formation de neuf semaines suit l'embauche.
Quelle est la mission des services correctionnels du Québec ?
Selon l'article 3 de la Loi sur le système correctionnel du Québec, les Services correctionnels contribuent à éclairer les tribunaux et prennent en charge, dans la communauté ou en détention, les personnes qui leur sont confiées, en favorisant leur réinsertion sociale.
Un agent de sécurité peut-il devenir agent correctionnel ?
Oui, s'il remplit les conditions du poste. Le permis d'agent de sécurité ne donne aucun accès direct, mais l'expérience en sécurité se présente dans le dossier de candidature, et le ministère juge si elle compte comme expérience pertinente.
Peut-on devenir agent correctionnel avec un casier judiciaire ?
Au provincial, il ne faut pas avoir été reconnu coupable de certaines infractions au Code criminel, et il faut satisfaire à l'enquête de sécurité. Au fédéral, le SCC examine chaque casier au cas par cas. Pour le permis d'agent de sécurité, les règles sont dans notre article sur le casier judiciaire et le permis.
En ligne, à jour : agentdesecuritequebec.com/nouvelles/agent-correctionnel-quebec-devenir-salaire/
Emploi
Devenir constable spécial au Québec : rôle, conditions et salaire
Agent de la paix dans un palais de justice, à l'Assemblée nationale ou dans le métro. Ce que dit la loi, les exigences, la formation payée et le salaire.
Au Québec, le constable spécial est un agent de la paix dont les pouvoirs s'arrêtent à un lieu ou à un mandat précis : un palais de justice, l'Assemblée nationale, le métro de Montréal. Pour un agent de sécurité, c'est la marche suivante. Le travail se ressemble, mais avec de vrais pouvoirs, un employeur public et une formation payée. Un diplôme d'études secondaires suffit pour entrer dans les palais de justice. Voici comment le devenir, et le salaire.
Sa mission : maintenir la paix, l'ordre et la sécurité publique, prévenir et réprimer le crime et, selon son acte de nomination, les infractions aux lois ou aux règlements municipaux (art. 105)
Son statut : agent de la paix, dans les limites définies par son acte de nomination (art. 106)
Sa nomination : par le ministre. L'acte précise ses pouvoirs, les conditions de leur exercice, son territoire et la durée de la nomination. Le constable prête serment devant un juge (art. 107)
Son identification : il porte un insigne et garde sur lui son acte de nomination ou une pièce d'identité, qu'il montre sur demande (art. 111)
Une municipalité peut aussi autoriser son maire à nommer des constables spéciaux en cas d'urgence, pour sept jours au plus, ou pour quatre mois au plus avec un règlement approuvé par le ministre (art. 108).
Agent de sécurité, constable spécial, policier
Agent de sécurité
Constable spécial
Policier
Statut
Simple citoyen
Agent de la paix, dans les limites de son acte de nomination
Techniques policières, puis École nationale de police du Québec
L'agent de sécurité n'a que les pouvoirs de tout citoyen. Ils sont expliqués dans notre article sur l'arrestation citoyenne.
Où travaillent les constables spéciaux
Les palais de justice
C'est le plus grand groupe. La Direction de la sécurité dans les palais de justice compte environ 400 constables spéciaux, dans tous les palais de justice du Québec et à la cour itinérante. L'employeur est le ministère de la Sécurité intérieure, que les documents d'emploi appellent encore ministère de la Sécurité publique.
Selon le feuillet du ministère, daté de mars 2026, le constable spécial :
maintient la paix, l'ordre et la sécurité par la prévention, le contrôle, la surveillance, l'escorte et la garde
procède à des arrestations et à des expulsions
effectue et coordonne des évacuations
agit comme premier répondant et donne les premiers soins
Le feuillet précise que la personne titulaire de l'emploi devra être armée.
L'Assemblée nationale
L'Assemblée nationale embauche ses propres constables spéciaux. Son offre d'emploi décrit la surveillance, l'escorte, la garde, la gestion des accès, la réponse aux appels d'urgence et l'inspection du courrier et des marchandises. La sécurité y est assurée 7 jours sur 7, 24 heures sur 24, avec des horaires atypiques.
Le métro et les autobus de Montréal
Depuis 2021, les inspecteurs de la Société de transport de Montréal (STM) sont formés et assermentés comme constables spéciaux. La STM en compte 164, qui patrouillent les réseaux de métro et d'autobus de jour comme de nuit.
Selon la STM, ils peuvent arrêter l'auteur d'une agression ou d'un autre acte criminel et le remettre aux policiers, intervenir auprès d'une personne en crise et donner des constats aux véhicules qui bloquent une voie réservée. Ils ne portent pas d'arme à feu : leur équipement est un bâton télescopique, à usage défensif. Ils relèvent du Commissaire à la déontologie policière.
Devenir constable spécial dans un palais de justice
Les exigences
Détenir un diplôme d'études secondaires
Posséder la citoyenneté canadienne
Réussir un examen médical
Être de bonnes mœurs et satisfaire à l'enquête de sécurité de la Sûreté du Québec
Réussir la formation qualifiante de l'École nationale de police du Québec
Aucun diplôme en techniques policières n'est demandé.
Le processus de sélection
Le ministère le décrit en sept étapes.
Étape
Ce qui se passe
1
Inscription au processus de sélection
2
Analyse de la candidature
3
Examen en ligne
4
Entrevue
5
Test d'aptitudes physiques essentielles (TAPE)
6
Enquête de sécurité et tests médicaux complets
7
Formations
La formation
La formation qualifiante dure neuf semaines, à l'École nationale de police du Québec, à Nicolet. Elle est rémunérée au salaire minimum. Les repas et l'hébergement sont inclus, et l'hébergement est obligatoire du lundi au vendredi. Une semaine de formation dans un palais de justice suit.
Le salaire et les conditions
Le feuillet de mars 2026 donne une échelle de 49 070 $ à 67 270 $ par année, pour 40 heures par semaine. Le salaire exact est établi après la formation. La fiche du poste sur Québec.ca affiche encore l'ancienne échelle, de 46 190 $ à 63 305 $ en date du 1er avril 2022.
Travail de jour, 40 heures par semaine, à l'entrée en fonction
Primes possibles selon la situation : rétention et stabilité d'emploi, organisation du travail, soir, tâches liées à l'incarcération de détenus
20 jours de vacances après la première année
Régime de retraite du gouvernement (RREGOP) et assurances collectives
Uniforme fourni
Pour comparer : le taux minimum d'un agent de sécurité de classe A est de 20,60 $ l'heure selon le décret, soit environ 42 850 $ par année à 40 heures par semaine.
Ailleurs que dans les palais de justice
Assemblée nationale. L'offre exige un diplôme d'études secondaires, la citoyenneté canadienne et, déjà en main, le programme de formation de base des constables spéciaux ou le Programme de formation initiale en patrouille-gendarmerie de l'École nationale de police du Québec. L'emploi offert est occasionnel
STM. La société embauche elle-même ses constables. Le parcours comprend une formation de l'École nationale de police du Québec de 13 à 14 semaines selon la source, une enquête de sécurité et un serment devant un juge de la Cour du Québec. Les exigences du poste sont dans l'offre d'emploi, quand la STM en publie une
L'offre d'emploi de la STM, consultée en octobre 2026, donne ces taux horaires.
Moment
Taux horaire
Par année, à 40 heures par semaine
À l'embauche
31,16 $
Environ 64 800 $
Après 12 mois
32,35 $
Environ 67 300 $
Après 6 ans d'ancienneté
43,55 $
Environ 90 600 $
Les montants annuels sont notre calcul : le taux horaire multiplié par 40 heures et par 52 semaines. L'horaire réel dépend de la convention collective.
Ce que votre expérience d'agent de sécurité vaut
Le permis d'agent de sécurité ne donne aucun accès direct au poste. Votre expérience compte ailleurs : dans l'analyse de la candidature et à l'entrevue. Contrôle d'accès, détection, rapports, gestion de personnes agitées, premiers soins : ce sont les tâches que décrivent les offres.
Trois conditions se préparent d'avance :
La forme physique. Le test d'aptitudes physiques essentielles est une étape du processus de sélection
Les antécédents. Le ministère exige de bonnes mœurs et une enquête de sécurité de la Sûreté du Québec
La disponibilité. La formation se donne à Nicolet, en résidence du lundi au vendredi pendant neuf semaines
C'est un agent de la paix nommé par le ministre pour un mandat précis. Son acte de nomination fixe ses pouvoirs, son territoire et la durée de sa nomination, selon les articles 106 et 107 de la Loi sur la police.
Quelle est la différence entre un constable spécial et un policier ?
Les deux sont agents de la paix. Le policier fait partie d'un corps de police et exerce ses pouvoirs sur tout le territoire de ce corps. Le constable spécial n'exerce les siens que dans les limites de son acte de nomination : un palais de justice, l'Assemblée nationale ou le réseau de la STM, par exemple.
Quel est le salaire d'un constable spécial au Québec ?
Dans les palais de justice, le ministère annonce une échelle de 49 070 $ à 67 270 $ par année pour 40 heures par semaine, dans son feuillet de mars 2026. Des primes peuvent s'ajouter selon la situation.
Quel est le salaire d'un constable spécial STM ?
Selon l'offre d'emploi de la STM consultée en octobre 2026, le taux est de 31,16 $ l'heure à l'embauche, de 32,35 $ après 12 mois et peut atteindre 43,55 $ après 6 ans d'ancienneté. À 40 heures par semaine, cela donne environ 64 800 $ par année au départ et environ 90 600 $ au sommet.
Comment devenir constable spécial ?
Pour les palais de justice, il faut un diplôme d'études secondaires et la citoyenneté canadienne. On s'inscrit au processus de sélection du ministère, qui comprend un examen en ligne, une entrevue, un test d'aptitudes physiques, une enquête de sécurité et des tests médicaux. Les personnes retenues suivent neuf semaines de formation à l'École nationale de police du Québec.
Un constable spécial est-il armé ?
Cela dépend de l'employeur. Dans les palais de justice, le ministère écrit que la personne titulaire de l'emploi devra être armée. À la STM, les constables spéciaux ne portent pas d'arme à feu.
En ligne, à jour : agentdesecuritequebec.com/nouvelles/constable-special-quebec-devenir-salaire/
Conseils
Le langage corporel de l'agent de sécurité : ce que votre posture dit avant vous
Posture, mains, regard, distance : ce que les sources officielles recommandent à l'agent, comment lire les signes chez l'autre, et ce que le langage corporel ne dit pas.
Avant que vous ayez dit un mot, la personne devant vous a déjà lu votre posture, vos mains et votre regard. Le langage corporel de l'agent de sécurité peut calmer une situation ou l'envenimer : c'est le Centre canadien d'hygiène et de sécurité au travail (CCHST) qui le dit. Voici ce que les sources officielles recommandent pour votre propre posture, comment lire les signes chez l'autre, et ce que le langage corporel ne vous dira jamais.
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La posture qui calme
Le CCHST décrit une « attitude corporelle calme ». Elle tient en six points.
Une posture détendue, sans raideur
Les mains relâchées, visibles
Une expression attentive : la personne doit voir que vous l'écoutez
La même hauteur qu'elle. Si elle est assise, assoyez-vous, accroupissez-vous ou penchez-vous, plutôt que de rester debout au-dessus d'elle
Environ un mètre de distance, soit trois pieds d'espace personnel
De biais, plutôt que directement face à elle
La position de biais et la distance vous servent deux fois : elles sont moins menaçantes pour l'autre, et elles vous laissent le temps de réagir.
Les gestes qui provoquent
Le CCHST nomme cinq gestes qui peuvent être perçus comme une provocation. Ce sont souvent des réflexes : on les fait sans y penser, surtout après des heures debout.
Geste à éviter
À la place
Fixer la personne du regard
La regarder quand elle parle, puis laisser votre regard bouger
Les mains sur les hanches
Les mains relâchées, devant vous
Pointer du doigt
Montrer une direction de la main ouverte
Agiter les mains
Des gestes lents et peu nombreux
Croiser les bras
Les bras le long du corps ou les mains jointes devant vous
La colonne de gauche vient du CCHST. Celle de droite est notre façon de l'appliquer, à partir de ses conseils sur la posture détendue et les mains relâchées.
Regarder sans fixer
Le CCHST donne deux conseils qui semblent se contredire : regarder la personne quand elle parle, sans détourner les yeux, et ne pas la fixer du regard. La différence est dans la durée et dans l'intention. Regarder quelqu'un qui vous parle montre que vous écoutez. Le fixer en silence, sans cligner, ressemble à un défi.
Lire les signes chez l'autre
Le CCHST publie une liste de signes physiques qui peuvent annoncer une montée de tension. Ils se regroupent en trois familles.
Où regarder
Signes
Le corps
Visage pâle ou rouge, transpiration, tremblements, agitation, mouvements répétitifs, mâchoires ou poings serrés
La voix et le souffle
Ton plus élevé, respiration rapide et superficielle
L'attitude
Regard furieux ou fuyant, gestes exagérés ou violents, mine renfrognée, personne qui empiète sur votre espace personnel
Le CCHST demande de lire ces signes dans leur contexte et de surveiller surtout deux choses : plusieurs signes en même temps, et une aggravation dans le temps. Une personne qui fait les cent pas depuis dix minutes, dont la voix monte et qui se rapproche à chaque phrase vous en dit plus qu'un seul poing serré.
Quand les signes s'accumulent, on passe à la désescalade. Elle est expliquée pas à pas dans notre article sur le client agressif.
Ce que le langage corporel ne dit pas
Le CCHST est clair : aucun profil type n'existe. Les signes indiquent une tension, pas une intention.
Un signe isolé ne prouve rien. Un visage rouge peut venir du froid ou de l'effort, un tremblement d'un problème de santé, un regard fuyant de la gêne
Les fiches du CCHST ne parlent pas de détecter un mensonge. Elles ne prétendent nulle part qu'un geste révèle ce qu'une personne pense ou cache
L'absence de signe ne garantit rien. Une personne peut rester immobile et calme en apparence
Le langage corporel sert à ajuster votre vigilance et votre distance. Il ne remplace jamais les faits : ce que la personne dit, ce qu'elle fait et ce que vos consignes prévoient. Dans votre rapport, écrivez ce que vous avez vu, comme « il serrait les poings et haussait le ton », et non votre conclusion, comme « il allait frapper ».
Ce que le règlement exige de vous
Le Règlement sur les normes de comportement des titulaires de permis d'agent ne parle pas de posture. Trois de ses règles s'appliquent pourtant à votre façon de vous tenir.
Vous ne devez pas manquer de respect ou de politesse à l'égard d'une personne (art. 1)
Vous ne devez pas faire de menaces, d'intimidation ou de harcèlement (art. 3)
Vous ne devez pas vous présenter comme ayant l'autorité, le statut ou les pouvoirs d'un agent de la paix (art. 6)
Se planter à dix centimètres de quelqu'un pour lui faire peur, lui barrer le chemin les bras croisés ou le toiser en silence : ce sont des gestes, pas des paroles, mais ils peuvent vous valoir une plainte au Bureau de la sécurité privée. La posture calme vous protège aussi là-dessus.
Au quotidien, loin des crises
La plupart de vos échanges ne sont pas des conflits. Les mêmes principes s'y appliquent.
Au poste d'accueil. Levez les yeux et regardez la personne qui arrive. C'est la première chose qu'elle remarque
Devant une personne assise ou en fauteuil roulant. Mettez-vous à sa hauteur, comme le recommande le CCHST
En ronde. Une posture détendue et les mains libres disent que vous êtes disponible. Les mains sur l'équipement disent le contraire
En fin de quart. La fatigue ramène les bras croisés et les mains sur les hanches. C'est le moment d'y penser
Les consignes écrites de votre agence et de votre client ont toujours priorité sur ces conseils.
Questions fréquentes
Quelle posture adopter devant une personne agitée ?
Le CCHST recommande une posture détendue, les mains relâchées, une expression attentive, environ un mètre de distance et une position de biais plutôt que face à face. Si la personne est assise, mettez-vous à sa hauteur.
Faut-il regarder une personne en colère dans les yeux ?
Oui pendant qu'elle parle, pour montrer que vous écoutez. Non si cela devient un regard fixe : le CCHST le range parmi les gestes qui peuvent être perçus comme une provocation.
Pourquoi éviter de croiser les bras ?
Le CCHST cite les bras croisés, les mains sur les hanches, le doigt pointé et les mains qui s'agitent parmi les gestes qui peuvent être perçus comme provocateurs. Gardez plutôt les mains relâchées et visibles.
Peut-on savoir si quelqu'un ment à son langage corporel ?
Les fiches du CCHST ne le prétendent pas. Elles décrivent des signes de tension, à lire dans leur contexte, et rappellent qu'aucun profil type n'existe. Fiez-vous aux faits et à vos consignes.