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Conseils

Gérer un client agressif : la désescalade pour agents de sécurité

Signes avant-coureurs, posture, voix, phrases à dire ou à éviter, quand appeler le 911 : la méthode de désescalade pour gérer un client agressif.

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Savoir gérer un client agressif fait partie du quotidien d'un agent de sécurité : à l'entrée d'un commerce, à l'urgence d'un hôpital, dans un bar ou à un événement. La désescalade consiste à faire baisser la tension par la parole, la posture et la distance, avant que la situation ne bascule. Voici une méthode simple, appuyée sur les conseils publics de la CNESST et du Centre canadien d'hygiène et de sécurité au travail (CCHST). Elle ne contient aucune technique physique de contrôle : celles-ci relèvent de la formation donnée par votre agence.

Cet article est informatif. Les consignes écrites de votre agence et de votre client (le site où vous travaillez) ont toujours priorité.

Qu'est-ce que la violence au travail, selon la CNESST ?

La CNESST décrit la violence en milieu de travail comme physique ou psychologique. Elle distingue la violence interne (entre membres du personnel) et la violence externe, qui vient de personnes de l'extérieur : clients, patients, fournisseurs. C'est cette dernière que vit le plus souvent un agent. La CNESST cite aussi des facteurs de risque qui collent au métier : le travail auprès du public, la manipulation d'argent, le travail seul et les établissements où l'on sert de l'alcool.

Le CCHST va dans le même sens : la violence comprend les menaces, la violence verbale et l'intimidation, pas seulement les coups. Une insulte ou une menace est déjà un incident, même si personne n'a été touché.

Quels signes annoncent qu'un client va devenir agressif ?

Le CCHST publie une liste de signes précurseurs. Parmi les signes physiques à surveiller :

  • visage pâle ou rouge, transpiration, tremblements
  • mâchoires ou poings serrés
  • gestes exagérés ou brusques, mouvements répétitifs (faire les cent pas)
  • voix qui monte ou qui change de ton, respiration rapide
  • regard fâché ou fuyant, commentaires méprisants
  • personne qui envahit votre espace personnel.

Un seul signe ne veut rien dire. C'est l'accumulation qui doit vous alerter. Plus vous intervenez tôt, plus vous avez de chances de désamorcer la situation par la parole.

Quelle posture et quelle distance adopter ?

Le CCHST recommande une posture calme, de se placer en angle plutôt que face à face, et de garder environ un mètre d'espace personnel. En pratique, pour un agent :

  • restez de biais, les mains visibles et ouvertes, à la hauteur de la taille
  • gardez toujours une sortie derrière vous ou sur le côté. Ne vous laissez pas coincer dans un coin
  • évitez les bras croisés, le doigt pointé, les mains sur les hanches ou sur votre équipement
  • si la personne avance, reculez d'un pas plutôt que de « tenir votre terrain ».

Comment utiliser sa voix pour calmer la situation ?

Le conseil du CCHST tient en trois mots : parler lentement, doucement et avec confiance, et écouter sans interrompre. Une voix basse et posée incite l'autre à baisser la sienne. Faites des phrases courtes, appelez la personne par son nom si vous le connaissez, et reformulez ce qu'elle vient de dire pour montrer que vous avez compris.

Quoi dire et quoi éviter devant un client agressif ?

À direÀ éviter
« Je vois que vous êtes fâché. Expliquez-moi ce qui se passe. »« Calmez-vous ! »
« Si je comprends bien, vous attendez depuis une heure et personne ne vous a répondu. »« C'est pas mon problème. »
« Je ne peux pas vous laisser entrer, mais je peux appeler le gérant pour vous. »« C'est le règlement, point final. »
« Je veux vous aider, mais j'ai besoin que vous baissiez le ton. »Menacer : « Je vais appeler la police si vous continuez pas de même. » (en premier recours)
« Monsieur Tremblay, on va régler ça ensemble. »Ironie, sarcasme, rire ou soupirs

L'idée : reconnaître l'émotion sans être d'accord avec le comportement, et ne jamais transformer l'échange en lutte de pouvoir.

Pourquoi offrir des choix au client ?

Le CCHST conseille d'être rassurant et de faire remarquer les différents choix possibles, en proposant des solutions précises et réalistes. Une personne acculée réagit plus fort. Une personne qui a une porte de sortie peut reculer sans perdre la face. Par exemple :

  • « Vous pouvez attendre ici, ou revenir demain matin quand le service est ouvert. »
  • « On peut en parler dehors, ou je peux vous donner le numéro du service à la clientèle. »
  • « Vous pouvez sortir par la porte avant ou par la porte de côté, comme vous préférez. »

N'offrez que des choix que vous pouvez réellement tenir : une promesse non respectée relance la crise.

Quand se retirer et appeler du renfort ou le 911 ?

La désescalade a ses limites. Selon le CCHST, si la situation se dégrade, il faut interrompre l'échange fermement mais poliment, dire clairement qu'on n'acceptera pas d'être maltraité, et mettre fin à la conversation. Si la personne refuse de partir, on s'éloigne et on appelle la sécurité ou la police. Le CCHST précise aussi de ne jamais s'interposer dans une bagarre sans formation, et d'appeler la police dès qu'une arme est présente.

  1. Renfort interne : dès que les signes s'accumulent, avisez un collègue ou votre superviseur par radio, avant que ça dégénère.
  2. Retrait : si vous êtes seul face à plusieurs personnes ou que les menaces deviennent précises, éloignez-vous et protégez le public.
  3. 911 : arme, coups, menace de mort ou personne en danger. N'attendez pas la permission.

Retenir une personne de force est une autre affaire, encadrée par la loi : voyez les limites de l'arrestation citoyenne par un agent de sécurité.

Que faire après l'incident ?

  • Rapport : écrivez-le le jour même, avec les faits, les paroles exactes et les témoins. Notre modèle de rapport d'incident pour agent de sécurité vous guide pas à pas. Le CCHST insiste sur l'importance de signaler toute interaction menaçante.
  • Débreffage : revoyez l'événement avec votre superviseur ou vos collègues : qu'est-ce qui a fonctionné, qu'est-ce qui aurait pu être fait autrement.
  • Soutien psychologique : une agression verbale peut laisser des traces. La CNESST mentionne parmi les mesures de soutien les programmes d'aide par les pairs. Demandez aussi si votre employeur offre un programme d'aide aux employés (PAE).
  • CNESST : si vous êtes blessé, physiquement ou psychologiquement, signalez-le à votre employeur et consultez un médecin. Vos recours sont expliqués dans notre article agent de sécurité agressé : vos droits et recours.

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Questions fréquentes

Un agent de sécurité doit-il endurer les insultes d'un client ?

Non. La CNESST considère la violence psychologique comme de la violence au travail. Vous pouvez mettre fin à l'échange, appeler un superviseur et consigner les propos dans un rapport.

Quelle distance garder avec un client agressif ?

Le CCHST suggère environ un mètre d'espace personnel, en se plaçant en angle. Gardez davantage de distance si la personne est très agitée, et toujours une sortie libre.

La désescalade marche-t-elle à tout coup ?

Non. Elle réduit les risques mais ne les élimine pas. Si une arme apparaît ou si des coups sont portés, votre priorité est de vous mettre à l'abri et d'appeler le 911.

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Sources

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